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18.09.2006
Contrepoint
Quantité d’hommes et de femmes chantent pour leur propre plaisir, même s’ils se réjouissent à l’occasion qu’on les entende et apprécie.
Une cantatrice est une actrice. Elle chante mais aussi elle joue.
On pourrait presque dire : chanter est sa qualité, son plaisir, sa joie, en un mot : son émotion ; elle partage cette passion avec d’autres, des anonymes.
Jouer, en revanche, est – son métier.
Or, au dire de certains acteurs [la majorité peut-être ?], le métier de jouer implique de ne pas ressentir soi-même ce qu’on communique ou cherche à inspirer.
Car jouer n’est pas seulement porter un costume, dire un discours et adopter une attitude, il faut aussi exprimer des sentiments. Ceux-ci ne sont pas livrés avec les accessoires.
Ex-primer ? Mais d’où viennent-ils, ces sentiments, si la cantatrice actrice n’a pas à en avoir elle-même ? Comment peut-elle « faire passer » un sentiment qui ne passerait pas par elle ou nous suggérer un sentiment si elle ne ressent pas personnellement celui qui en est le complément ? [Elle « ferait-serait » la méchante pour nous inspirer la colère ou la haine, par exemple].
On l’a dit : elle joue. Elle ne joue pas à ressentir l’émotion x ou y pour que ça trans-paraisse et nous inspire un sentiment quelconque, elle joue à exprimer des sentiments pour que nous les ressentions ou qu’ils nous en inspirent d’autres. La cantatrice n’est pas émue par ce qu’elle chante au moment où elle le chante. Elle nous envoie des signes pleins, croit-on dans le public, d’émotions qui n’émanent pourtant pas, en réalité, de son for intérieur. Elle « feint », et c’est de son jeu seulement que « sort » ce qu’elle exprime. Magie du théâtre.
S’il en est ainsi, c’est un comble, se dit-on alors, que pour le mieux s’exprimer devant un public ou pour se suggérer à son coeur, un sentiment doive être feint !
Notre regard se porte aussitôt plus loin, derrière la chanteuse ; on se met à songer au sort des musiciens qui l’accompagnent… Sont-ils de froids exécutants ? Leur expressivité technique s’en trouverait-elle encombrée si d’aventure ils se laissaient aller à s’émouvoir comme l’auditeur-type auquel ils s’adressent ? L’exécution doit-elle être impeccable, rigoureuse dans le sens ascétique de ces mots ? La musique « joue »-t-elle elle aussi à faire semblant !? C’est effrayant…
Mais une simple explication nous sort un peu de notre désarroi : un acteur professionnel s’inscrit dans la répétition, il joue maintes et maintes fois la même scène. Un sentiment réellement éprouvé dans toute sa pureté ne pourrait être rendu tel qu’une fois. Les fois suivantes seraient trop fastidieuses, forcément il « se la jouerait » à lui-même. C’est inutile. Depuis longtemps déjà, heureusement, on use d’un stratagème. Voici, rien de nouveau : l’acteur se contente de mimer au mieux le réel qui nous inspire, tout comme plus haut (…) l’écrit la parole.
L’acteur est l’hypocrites grec. Qui lui ferait grief du sens moderne qu’a pris ce mot ? Nous-mêmes, public nombreux, ne sommes-nous pas là pour la contrepartie, comme le contrepoint du jeu d’acteur ? Ne sommes-nous pas là, en effet, devant lui – pour jouer à y croire ?
*
Je n’ose pas suggérer de se demander, là encore, où le public et l’actrice se retrouvent. Sans oublier les musiciens. A mon sens : autour du personnage. Voilà qui est clairement dit. Quoique… On applaudit l’actrice avant et après sa prestation, mais elle nous a « collé » pendant le spectacle à un personnage qu’elle n’a fait que mimer. Où est donc le personnage réel ? (sic, sic et sic !). Où est le personnage le plus réel, celui de chair et d’os si ce n’est l’acteur et le public mêlés, uns dans ce jeu respectif de rôles où, là encore (…), c’est à un tiers (ici le personnage joué) qu’est dévolu la fonction de nous fournir pré-texte (de partition et de déclamation) et occasion de nous émouvoir et de nous rencontrer, nous, public et acteur, avec nous-mêmes et avec l’autre ?
La scène du spectacle n’est rien, c’est un écran de fumée. L’actrice n’est rien, si ce n’est le contrepoint, l’autre partie, l’autre moitié du public, mandatée par celui-ci – à moins que ça ne soit l’inverse – dans une fonction qui lie l’un à l’autre, là encore, par un contrat (fut-il tacite).
Nous sommes tous les personnages d’une mise en scène de liens réciproques et complémentaires autour du verbe croire. Le théâtre a fourni depuis des siècles déjà le modèle.
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Commentaires
Si l'émotion passe entre ces deux acteurs (acteur/spectateur), cela doit vouloir dire que les rôles ont été bien interprétés. C'est sans doute là toute la magie de l'art. Qu'il s'exprime réellement ou de manière implicite (illusoire).
Ecrit par : eden | 18.09.2006
Merci Eden. La scène oubliée, la véritable, l'originelle, celle que l'on a depuis tronquée pour un illusoire "face à face" de l'acte (acteur, réalité jouée) et du spectacle (spectateur), n'est-elle pas celle où le spectateur est lui aussi sur la scène ?
[= Le public n'est-il pas Le choeur /sur scène / dans la tragédie grecque ?]
Alors dans la vie aussi peut-être il n'y aurait pas de scènes auxquelles on "assiste", mais uniquement des scènes auxquelles on /participe / ?
On n'a pas fini de se com-prendre !
Allons, spectateur, le rideau est tombé ! Retourne dans ta loge ! ;-)
Ecrit par : varna | 18.09.2006
cf Artaud, le théâtre et son double .
Ecrit par : | 18.09.2006
je ne suis pas d'accord, il me semble, avec "le métier de jouer implique de ne pas ressentir soi-même ce qu’on communique ou cherche à inspirer.
" et "Elle « feint », et c’est de son jeu seulement que « sort » ce qu’elle exprime"
L'acteur s'exprime, il usera de son corps, de son esprit, pour interpréter et transmettre.
L'acteur se doit d'être sincère. Il a percé les mystères de son personnage, sa complexité, ses sentiments, et s'y retrouve lui-même dedans ; il a besoin de transmettre.
Tout comme un peintre, il dira qu'il lui semble toucher; sentir, percé les mystères de ce qu'il regarde, il usera de son pinceau pour transmettre (ça me fait penser "le corps et l'esprit" de Merleau-Ponty)...comme chaque artiste.
L'acteur a en lui cette notion d'humanité, ils sont heureux de découvrir un personnage et toute l'humanité qui le traverse, se plaisent à l'interpréter pour l'avoir compris, une découverte qu'ils veulent transmettre.
Ecrit par : anne | 19.09.2006
il est vrai qu'ils interprète..cela d'après moi et vrai pour tout ce qui est expression
Ecrit par : anne | 19.09.2006
l'expression ne peut pas être froide, simplement technique, sinon elle n'exprime rien
Ecrit par : anne | 19.09.2006
l'acteur quand il répète cherche la justesse, comme lorsque vous réécrivez votre phrase pour qu'elle soit ke plus juste possible en adéquation avec le sens
(excusez moi, j'écris en plusieurs fois, j'ai besoin de valider chaque idée, c'est moins brouillon comme ça pour moi)
Ecrit par : anne | 19.09.2006
la scène n'est pas grand chose, une feuille blanche, un contrat oui, entre spectateur et acteur, où vont s'animer des mots, des gestes, pour révéler un fond de vérité..(?)..
Un acteur sent très bien si cela a plu ou non, si le message est passé (contrat signé ou non), il a alors bien interprété et a transmis l'essence de son personnage, sa vérité, son humanité..
(vous ai-je bien compris ? : mon obession, désolée, toujours peur de mal comprendre)
..ne dit-on pas interpréter les dires de quelqu'un ?
Ecrit par : anne | 19.09.2006
dites le, si je suis à côté de la plaque, c'est fort possible..! ça ne me dérange pas.
je ne veux être qu'un témoignage, une petite pensée qui passe, je crains de couper court à le réflexion, ce serait dommage !
Ecrit par : anne | 19.09.2006
Ressentir, expurger, rendre.
Anne > Je ne vous réponds que sur un point pour ne pas faire trop long : c’est bien une cantatrice dont j’ai oublié le nom qui disait un jour à la télé qu’il ne fallait surtout pas ressentir soi-même ce qu’on exprimait, qu’il fallait s’appliquer tout entier à l’expression, c’est-à-dire au jeu. Ce qui choque là, c’est qu’il puisse y avoir ex-pression sans « pression » si je puis dire, c’est-à-dire sans émotion autre qu’imaginée. Car en effet (mais est-il besoin de le rappeler ?) l’expression de l’acteur ne vient pas de l’émotion suscitée par l’évènement même aux prises duquel seul le personnage se trouve réellement. Elle vient de son désir d’imiter son expression.
Si l’acteur est à l’auteur et au metteur en scène ce que les notes sont au musicien ou les couleurs au peintre, est-il donc autre chose qu’un instrument ? Or les couleurs ressentent-elles ? Les notes souffrent-elles ? Les images parlent-elles ? L’acteur ressent-il ?
Se mettre « dans la peau d’une personne », c’est de la compassion, mais la compassion n’a pas pour but de se donner en spectacle…
En revanche, se mettre « dans la peau d’un personnage », c’est chercher à en restituer « l’expression » (voyez les guillemets), c’est-à-dire que, dans le but « d’exprimer » comme lui (= de donner à voir, même si par exemple celui qui souffre ne donne rien à voir ; « ça se voit », c’est tout différent), on va s’attacher à ce qu’il « exprime » et non directement à ce qu’il ressent.
On cherche ici à donner à voir ce qui se voit habituellement sans se donner.
[De la pornographie là où /fut / l’érotisme ?]
Ce décalage ne permet-il pas de faire la différence entre l’expression véritable, toujours immédiate, et le /rendu /, « expression »…. mimée ? Singée ?
De l’émotion à l’expression il y a tout un monde, décalage quand il n’y a pas simultanéité, immédiateté – même chez une seule et même personne. Ce qui /fut/ émotion est maintenant « rendu », transformé, mis en lignes, logicisé (raisonné), mis en scène, en couleurs, en sons, etc. Une personne qui souffre « ça se voit » sans qu’elle aie à l’exprimer par des mots ou tout autre chose. Se met-elle à VOULOIR l’exprimer, comme tout un chacun elle sait qu’une souffrance qui s’ex-prime c’est alors déjà un peu de souffrance en moins. [Ou en tout cas que c’est de la souffrance « utile » pourvu que son expression plaise et inspire un public]. Mais choisit-elle les mots, les images, la peinture ou la scène, ceux-ci ne peuvent que / rendre /. On voit par là, je crois, combien le sens du mot ex-primer est ici tout différent, déjà, de ce qui se voit, de ce « qu’exprime » l’émotion : il s’agit ici d’ex-purger et de rendre beau, tout en rendant beau.
Le metteur en scène veut également rendre. Il n’expurge donc a priori rien de lui-même. Mais même en admettant qu’il veuille à la fois expurger et rendre (souffrir et créer vont si bien ensemble !), il aura beau avoir percé le mystère de son personnage (= lui-même !), de sa complexité, de ses sentiments, (je reprends vos mots), il aura beau s’être imprégné au mieux de son moi pour en faire un personnage, il aura beau chercher la plus grande justesse « de l’expression », il n’habillera jamais qu’un masque, masque de l’immédiateté, sosie de son authentique visage.
Le masque est tout aussi vrai, c’est en cela qu’il nous envoûte, mais il n’est pas authentique.
Voilà ce que VOUS m'avez inspiré, Anne ! Désolé de vous avoir fait attendre.. ;-)
Ecrit par : varna | 19.09.2006
Voilà Varna ce que m'a inspiré mon quotidien, je realise une mise en scène à mon petit niveau en quelque sorte.
Libre à chacun d'interpréter... http://blog.edenlys.fr/post/2006/09/18/Je-de-maux-de-tete
Ecrit par : eden | 19.09.2006
d'accord, ça m'intéresse, je vous répondrai demain !
Ecrit par : anne | 19.09.2006
un détail, je pense que l'acteur a pour instrument son corps, et qu'il a son esprit pour interpréter, au même titre qu'un musicien et son instrument, un peintre et son pinceau, il exprime lui aussi en touchant une cible, qu'il touche puis restitue, comme le metteur en scène (travail d'équipe).
Pour moi, toute expression est interprétation, et cela en effet en restituant un masque, les mots en sont aussi, les masques ont, comme vous dites, une réelle puissance d'évocation, ils touchent de près, c'est énorme, si l'on touche juste.
dans "le corps et l'esprit", Merleau Ponty dit (je vais dire ça avec mes mots, j'espère être juste) que le peintre touche l'essence même de ce qu'il peint, ce n'est plus une simple forme, il en tire toute une puissance, un sens qu'il restitue sur sa toile. Je crois en ça, et pour tout artiste.
Ecrit par : anne | 20.09.2006
Anne > Nous avons pris une autre voie. C'est ce qui est bien, aussi, dans les coms. Pour votre réflexion, si vous voulez :
"Là où ça dit, il y a sûrement quelque chose à apprendre.
Là où ça te parle - tu /es/".
Quelles oeuvres nous disent, quelles oeuvres nous parlent (à nous spectateurs) ?
Quelle expérience parle à tel artiste, quelle autre expérience tel autre ?
Toujours la parole seule, nous tous, inspire.
Pourquoi donc le monde veut-il entendre /dire/ ? Parce qu'il ne veut pas créer, il veut savoir, il veut la vérité !
Ecrit par : varna | 20.09.2006
Quelqu'un a dit que plus que la vérité, nous cherchons la certitude... Je ne vais jamais au théatre, je n'aime pas ça. Je pense que c'est un problême de pudeur. Je suis horriblement malheureux dans une salle de théatre, et comme déjà j'ai peine à rester sur place le temps d'un film au cinéma, au théatre, ça m'est impossible. Je ne projette rien au théatre, je perds le fil, ça n'accroche jamais. Qu'est ce qui n'accroche pas ? Toute la question est là. Je suppose que je n'y crois pas. Je serais peut-être mieux disposé pour la danse, grâce à la musique, ce qui n'est pas dans le cadre de votre thème, la parole.
Ecrit par : koan | 20.09.2006
Koan > J’aurais dû préciser que « ça parle » est une in-vocation de quelque /chose / - « ça » - et non pas nécessairement parole émanant d’un /sujet / au sens le plus trivial du mot, lequel sujet /dit/.
« Ca me parle », je l’entends comme : je prête voix à ce qui va chez moi dé-boucher sur autre chose, ce qui donc m’inspire et dans lequel je me reconnais et connais.
Ainsi la musique et la danse, souvent plus que toute autre « chose », nous parlent, me parlent. Je suis disposé à écouter la danse (sic) pourvu que « ça me parle » ; je suis disposé à voir la musique pourvu que « ça me parle » ; je serais même disposé à me connaître moi-même dans le silence pourvu que le silence me parle. Le discours philosophique pur ne détient que la vérité d’un certain dire, vous le savez aussi bien que moi. Je voudrais sortir mon dire de ce discours là / par le contenu même /. Un incroyable défi, peut-être. Quelque chose me parle et voudrait dé-boucher sur l’air que l’on respire…
Pourquoi n’accrochez-vous pas au théâtre ? Parce que vous cherchez la certitude et vous accommodez mal de toute représentation ? J’imagine l’œil critique de Solon à propos de la tragédie. On allait corrompre les gens disait-il, je crois, en substance. Sans doute « n’accrochait »-t-il pas au théâtre pour la simple raison qu’il / n’adhérait / pas à son « esprit » ? Y a-t-il chez vous un pareil refus ?
PS/ Merci à vous, mais de grâce, plus de massacre ! Si ça vous agace, dîtes simplement « ça ne me parle pas » ! ;-)
Ecrit par : varna | 20.09.2006
varna, a tant raisonner vous reste t il le temps de ressentir
Ecrit par : acteur de sa vie | 20.09.2006
Sans doutes, c'est une certitude= Je ressens pleinement le "message" de l'actrice, je me fonds dans le personnage. De là à penser que cela soit un syndrôme, il n'y aurait qu'un pas.
La certitude ici est de douter du jeu de rôle de l'actrice, de devoir interpréter ce qu'elle interprète au détriment de l'émotion qui est donnée à partager.
Que l'actrice ne ressente pas, je ne l'exclue pas, mais j'en doute un peu, elle peut se mentir, dans le cas contraire, le sachant, y a t-il une incidence sur mon ressenti ? C'est un doute qui s'exprime, voilà bien une certitude encore...donc j'assiste au spectacle et je resssens. Emetteur/recepteur=communication, le message passe c'est une certitude. Ensuite nous sommes dans l'impalpable, l'insondable, l'indicible d'un instant T. Ca me parle ou pas quoi, et comment le dépeindre autrement que par le langage ? J'ai un doute encore, c'est une certitude. Je tourne en rond Varna, mais je vais bien, ça me rassure. Euh..C'était juste pour terminer avec le sourire, le clou du spectacle, une emotion à partager. Ensuite...
Ecrit par : eden | 20.09.2006
@A varna. Non, il n'y a pas de refus. C'est la gène de la proximité des acteurs : ils n'effacent pas assez leur personne, Ce n'est jamais le personnage qui raconte son histoire que je vois, mais toujours la personne entrain de jouer, le charme ne prend absolument pas, j'ai envie de pouffer, je les trouve ridicules. Mais par contre, au cinéma, ça marche.
Ecrit par : koan | 21.09.2006
Eden > tourner en rond n'est pas une errance quand la taille du rond est respectable : le soleil par exemple ! ;-) Merci pour le clou, j'en avais justement besoin pour la dernière planche...
Koan > En quelque sorte le personnage "sent" trop la personne, c'est ça ? Au cinéma, l'acteur a beau "crever l'écran", il n'arrive pas à être à notre proximité immédiate, il reste lui aussi un personnage. J'ai bon ? ;-)
Ecrit par : varna | 21.09.2006
..étrange, peut-être Koan n'êtes vous pas allé voir de bonnes pièces de théâtre avec un bon metteur en scène et de bons acteurs.. vous m'auriez donc trouvé ridicule, dans mon personnage de clown, ou alors dans celui du bouffon du roi Lear, à la gare, en retard, en maître mime avec son élève,... (mais je ne vous en veux pas bien sûr)
un acteur offre son coeur, sa voix, en interprétant. Pour moi oui un instant il est véritablement son personnage, il n'est plus acteur. C'est ainsi qu'il se retrouve après le spectacle plus entier que jamais...
Ecrit par : anne | 21.09.2006
je ne sais pas si j'arriverai à développer plus que ça.. je continue à vous lire pour ça
Ecrit par : anne | 21.09.2006
J'ai vu Desartes une fois, pas mauvais, mais je sentais trop l'artifice, je suis à l'affut de tout ce qui laisse tranparaître l'homme derrière le personnage. Je ne suis jamais entraîné, je ne lâche pas le réèl borné. Impossible de suivre le scénario. Je vois le JEU, la triche. Je surprend toutes les expressions qu'on cherche à masquer sous le rôle, et je m'ennuie très vite, c'est comme un décor dont les éléments seraient bâclés. Je suis un très très mauvais public de théatre.
Un jour je suis allé à l'opéra (Wagner). Je suis sorti bien vite, j'avais envie de déclancher une bagarre, ce que d'ailleurs mon père savait très bien faire...Je n'ai jamais aimé, et même simplement supporté le théatre. Je ne vois que des gesticulations grotesques...Ah, si Madeleine Renaud jouant " des journées entières dans les arbres "de Duras; mais je l'ai vu à la télé...
Ecrit par : koan | 21.09.2006
Je sens trop le truc, alors je m'ennuie comme un rat mort. C'est comme si on me racontait un histoire pour endormir les petits, je
ne marche pas. Je vois toutes les expressions qui trahissent l'homme derrière l'acteur, rien n'a faire, ça ne me gagne jamais...Une fois si j'ai vu Madeleine Renaud jouant " Des journées entières dans les arbres de Duras", mais c'était à la télé...Sinon, je suis allé à l'opera (Wagner) j'ai du sortir avant de déclancher une bagarre...
Ecrit par : koan | 21.09.2006
C'est surjoué en sommes ?
Ecrit par : eden | 21.09.2006
Comme une fausse évidence, tu n'y crois pas, c'est une certitude et l'émotion ne passe pas. Sans contre, juste un point à la ligne.
Ecrit par : eden | 21.09.2006
Bonjour Varna, l'idée est intéressante car universelle. Artiste ou pas, on vend toujours quelque chose. Contre espèces sonnantes et trébuchantes ou contre la considération de l'autre, son regard bienveillant. Il y a toujours un troc ... Pas mercantile, mais il y a échange. Après tout que vend-on : Soi ? Une image de soi ? Ou une image totalement construite ? Je crois que cela dépend de ce qu'on fait. Tu as bien décrit le métier d'acteur. Dans celui de médecin qui est le mien, on vend de la technique puisqu'il faut bien guérir, de l'écoute parce que les malades en ont besoin, de la compassion parce que c'est comme ça qu'on nous imagine. Est-ce que ces sentiments sont vrais ? Je ne le crois pas ! Pour la simple raison q'un médecin ne peut travailler dans la moiteur de l'angoisse de ses patients. Une distanciation est nécessaire à la qualité technique des soins. C'est peut être ça le professionnalisme. Il faut avoir accompli ses humanités. C'est pour cela que je suis incapable de soigner mes proches.
Ecrit par : Jean Christophe Bataille | 21.09.2006
Je n'ai rien contre. Je n'ai rien contre un caillou quelquonque au bord de la route.
Ecrit par : koan | 21.09.2006
Je me souviens, je jouais un personnage dans une pièce comique, et sur une de mes répliques, des enfants ont ri à grand éclat, dans les premiers rangs des spectateurs, j'ai senti alors mon coeur se réjouir, et mon personnage partir.
Ecrit par : anne | 21.09.2006
Jean-Christophe > "Artiste ou pas" ? je ne crois pas que toute expresion soit forcément intéressée ; il suffit de considérer le temps de "l'oeuvre", aussi modeste soit-elle, du temps de sa "négociation" auprès d'autrui. Le journal intime est l'exemple d'une expression sans "négociation". Et nombre de poètes seraient mieux inspirés d'écrire autrement s'ils cherchaient autant que les "artistes ou pas" quelque considération sonnante ou reconnaissante! En outre, l'inutile que "pronent" certains artistes s'accommode a priori assez bien avec l'invendable ; Mais bon, "tous les fleuves mènent à la mer" 'est une logique de marché et de géographie. Elle s'applique donc à l'art... ;-)
"D'abord on crée, ensuite on voit"... serait plutôt ma devise !
PS/ j'aime beaucoup votre blog !
Ecrit par : varna | 21.09.2006
Koan > un caillou au bord de la route : c'est un peu l'idée d'Héraclite, laissant paraît-il son enseignement sous une pierre près du temple car préférant aller jouer avec les enfants !
Anne > eh oui, voilà ce que c'est de ne point exécuter / froidement / son rôle ! ;-) Brrr...! le même mot pour désigner quelqu'un qu'on exécute à la même température... Brrr... ! C'est un signe ? On éxécuterait son personnage comme on exécute une personne ? Brrr.... les acteurs ont-ils l'humour noir ?
Ecrit par : varna | 21.09.2006
L'echange vaut par lui-même, ce n'est pas que du commerce. On ne "vend" pas un sourire, on le communique et la communication est réussie quand vient un sourire en retour. Je sais bien que la mode est à l'homme réifié en "consommateur", mais il y a des contre-exemples. A un certain degré le désintéressement n'existe pas, mais son inverse n'est pas l'interèssement, car il s'agit d'un échange. Car si tout n'est qu'intérêt : " préférer la destruction du monde à une égratignure au doigt n'est pas contraire à la raison " (David Hume). Cette conception est vraie, mais partielle...
Ecrit par : koan | 21.09.2006
Anne > L'étymologie du mot "amateur" renfermerait-elle une douce ironie ? Celui qui aime, oui, mais plus encore : celui qui aime ENCORE... ? ;-)
D'où vient le mot "profession" ? Certainement de "professer"...
Koan > Dur d'arracher en effet l'idée d'échange de l'esprit de l'économie ! Pire, c'est l'économie la première qui parle à tout bout de champ "d'échanges" ! Ah... "être intéressé ou n'être pas" ! ;-(
Ecrit par : varna | 21.09.2006
je ne sais pas..je n'ai toujours pas réussi à m'affirmer dans un métier..je fais tout en amateur
(je réfléchis)(plus ça me touche moins je peux exprimer on dirait)
Ecrit par : anne | 21.09.2006
Anne > Mais vous touchez au coeur de l'antinomie susdite !! "Moins ça me touche, plus j'ai de facilité à en parler" = n'est-ce pas là ce qu'avoueraient les (froids) spécialistes (professionnels) de tout bord ?
Aïe !...
"Aimez et ne sachez comment dire !" Tiens, ça pourrait être dans la bible ça, non ? ;-)
Ecrit par : varna | 21.09.2006
Ben, j'ai trouver un intérêt à suivre vos raisonnements, celui de prolonger chez Métalogos. Et cela suffit à me faire sourire !
Ecrit par : eden | 21.09.2006
connaissez-vous le blog d'Anaximandrake, Varna ? Peut-être vous plairait-il et pourrez vous discuter avec lui ?
Ecrit par : Fleur | 22.09.2006
Eden > Faut-il que je vous y suive pour voir, que je vous y poursuivre et y pourvois, ou bien que je m'enmêle dans le métabolisme ? ;-)
Fleur > Oui, ben quoi, c'est pas ici le s'entredire !? ;-) D'ailleurs, La dernière note date de juillet, semble-t-il...
Ecrit par : varna | 22.09.2006
Tiens je repasse par ici et je me suis dis encore qu'il y avait plus d'un miroir qui pouvait réfléchir, par contre me suis retrouvée face à un mur. Zeus ! Nom d'un dieu ! Mais reviens sur tes pas ma fille...Le serveur ne veut rien entendre, je vais donc reposter mon com ici et je verrai bien si cette fois mon message passe ;) Ah ! Les voix divines du langage...Sans doute me jouent des tours que j'aurais ouies. Alors mon point de vue sur la question de Fleur, revenons à nos moutons... Un tout par ici en passant chez Varna, vu le petit caillou déposé par Koan, vu aussi dans les notes de Métalogos et bien d'autres que ce qui présente un intérêt à nos échanges virtuels pas si virtuels (en faits accomplis), c'est tout l'esprit qui en ressort, ce que l'on s'évertue à définir, l'âme. Mon pseudo est lourd de sens, j'avais choisis au départ, Edenlys qui s'est transformé en éden, il est en passe de devenir ED...Tout une image, aller vers mon moi le plus profond sans haine...Selon la formule consacrée : "aide toi toi-même et le ciel t'aidera", tous notre chemin à traverser, notre énigme à découvrir seul ou accompagné, c'est mieux parceque cela nous fait grandir, avancer encore plus loin que tout ce que nous aurions pu imaginer. Une phrase de Misstic circule sur le net "je ne croyais plus en rien, et j'y crois". Voilà ce qu'est mon chemin de croix, trouver un sens à ce qui nous anime.
Varna, Vous faites ce que vous voulez quand comme bon vous semble sans que vous ne vous sentiez obligé de croire que je vous y conduise de force, juste une perche tendue à saissir ou pas pour essayer de faire tomber des murs d'incompréhensions. Nous pourrions nous y retrouver ou s'y perdre de vue.
Ecrit par : eden | 22.09.2006
Tiens je repasse par ici et je me suis dis encore qu'il y avait plus d'un miroir qui pouvait réfléchir, par contre me suis retrouvée face à un mur. Zeus ! Nom d'un dieu ! Mais reviens sur tes pas ma fille...Le serveur ne veut rien entendre, je vais donc reposter mon com ici et je verrai bien si cette fois mon message passe ;) Ah ! Les voix divines du langage...Sans doute me jouent des tours que j'aurais ouies. Alors mon point de vue sur la question de Fleur, revenons à nos moutons... Un tout par ici en passant chez Varna, vu le petit caillou déposé par Koan, vu aussi dans les notes de Métalogos et bien d'autres que ce qui présente un intérêt à nos échanges virtuels pas si virtuels (en faits accomplis), c'est tout l'esprit qui en ressort, ce que l'on s'évertue à définir, l'âme. Mon pseudo est lourd de sens, j'avais choisis au départ, Edenlys qui s'est transformé en éden, il est en passe de devenir ED...Tout une image, aller vers mon moi le plus profond sans haine...Selon la formule consacrée : "aide toi toi-même et le ciel t'aidera", tous notre chemin à traverser, notre énigme à découvrir seul ou accompagné, c'est mieux parceque cela nous fait grandir, avancer encore plus loin que tout ce que nous aurions pu imaginer. Une phrase de Misstic circule sur le net "je ne croyais plus en rien, et j'y crois". Voilà ce qu'est mon chemin de croix, trouver un sens à ce qui nous anime.
Varna, Vous faites ce que vous voulez quand comme bon vous semble sans que vous ne vous sentiez obligé de croire que je vous y conduise de force, juste une perche tendue à saissir ou pas pour essayer de faire tomber des murs d'incompréhensions. Nous pourrions nous y retrouver ou s'y perdre de vue.
Ecrit par : eden | 22.09.2006
Bien, il y a de la redondance dans l'air de ma musique mais bon, je vois que mon message est passé. Rien sinon plus et c'est un tout qui me laisse à penser que l'espace qui nous sépare se reduit considérablement à petits pas.
Bien à vous.
Ecrit par : eden | 22.09.2006
Eden > il me faut sourire de vous voir crier "haro sur l'incompréhension" quand vous manifestez si bien la vôtre ! ;-)
J'avais lu votre note chez Fleur avant de vous répondre, et votre message précédent m'ayant fait sourire, j'ai voulu vous faire le clin d'oeil que vous aimez tant. Je n'ai pas senti que vous me pressiez de quelque façon au point que vous vous sentiez obligée de préciser (je reprends expièglement vos mots) que je ne suis pas obligé, etc.
Allez, maintenant on rigole ensemble du malentendu, n'est-ce pas !
Mais bien sûr on rigole aussi de ce que là, présentement, m'aura échappé ! Vous voyez ! C'est fou ce qu'on est d'accord parfois sans se comprendre ! ;-)
Ah, qu'est-ce qu'on s'aime !
Ecrit par : varna | 22.09.2006
Oui, et que l'on parvienne à en débattre d'une manière ou d'une autre ce qui représente (présentement) tout l'attrait du propos !
Ecrit par : eden | 22.09.2006
Je dois avouer que je n'ai pas eu le courage de lire tout le thême de cette note, mais je me suis dis que c'est à la cantatrice de dire où est le métier et où est le jeu. je suis bien persuadé que si l'on interrogeait plusiers cantatrices sur le sujet, on obtiendrait plusieurs réponses différentes.
Certains acteurs seulement disent ne pas éprouver pour jouer. mais devraient-ils jouer un personnage éprouvant un sentiment qu'il n'ont jamais éprouvé, comment feraient-ils ? Ils ne l'éprouvent peut-être plus au moment du jeu, mais se souviennent sans doute de ce sentiment qu'ils ont éprouvé dans le passé. Vous parlez sans cesse de la soif de communion dans vos billets, soif telle que l'illusion (la projection) patente que constitue l'objet (émotion, sentiment ) projeté n'est que le MOYEN (la mise en scène) de cette communion.
Arrivé à un certain âge, les gens ont facilement la larme à l'oeil : (On les soupçonne de sensiblerie) Ils ont connu / croisé/éprouvé / tant de sentiments qu'ils peuvent communier/ reconnaître/investir tous ceux qu'on leur présente. Ils revivent les évènements. Ils se projettent dans l'émotion. Ils font un avec elle. Ce sentiment d'unité, c'est cela que j'appelle communion.
Ecrit par : koan | 22.09.2006
> Varna "Le journal intime est l'exemple d'une expression sans "négociation" Oui mais le journal intime n'est qu'une expression destinée à soi. Il n'y a pas représentation. Lorsqu'il existe un vrai rapport à l'autre quelque soit l'objet de cette représentation, n'existe-t-il pas nécessairement transaction implicite consciente ou pas entre l'artiste et celui qui regarde/écoute l'oeuvre ? N'est ce pas ce qui lui donne le droit de jouer un role sans être nécessairement lui-même.
Ecrit par : Jean Christophe Bataille | 22.09.2006
La communication "spectaculaire" est une fusion contrôlée par ce rapport de force, c'est peut-être en partie pour cela que l'émotion en patit.
Ecrit par : eden | 23.09.2006
Jean-Christophe > je crois qu’il est bon de chercher la scène à travers les outils. A mon sens, le langage est déjà une orientation préétablie. On n’apprend pas le langage en vain, il est tel qu’il nous relie forcément aux autres. Ainsi, qui use du langage, fut-ce pour soi-même (journal intime) parle déjà, malgré lui, à quelqu’un. Car il n’est pas si sûr que le « soi-même » auquel on parle alors recoupe exactement celui qui parle. On écrit son journal intime en con-voquant intimement l’autre, voilà tout. La représentation est /privée/ en quelque sorte, mais elle n’en est pas moins « réelle ». Le papier, le cahier sont le rideau que tireront un jour peut-être, ceux qui viendront y lire. On est d’abord soi-même son premier spectateur.
Un « vrai rapport à l’autre » est-il nécessairement « transaction » ? D’un point de vue économique sûrement. Mais si en effet entre l’artiste et le spectateur quelque chose passe dans un sens et autre chose (autre chose !) dans l’autre, on ne peut pas dire que ce soit donnant-donnant. C’est plutôt, je crois, de l’ordre du donnant-prenant (sinon même du donnant-volant... avec de l'argent, quand on achète un tableau par exemple). Il n’y a, je pense, aucune commune mesure entre l’effort de longue haleine et le tourment de l’artiste et le plaisir immédiat (insolent ?) du recevant. Entre eux il y a forcément injustice, quelque chose d’incommensurable qui fait pourtant l’objet d’un – échange.
Mais je ne comprends pas bien votre dernière question. Notre cantatrice est liée à son spectateur par un contrat tacite : « bien qu’elle feint, l’autre prend, il y croit ». Ainsi, comme vous le dîtes, il lui est accordé de jouer son rôle sans être nécessairement elle-même, non ?
Ecrit par : varna | 23.09.2006
Cher Varna, heureux de te retrouver sous une autre perspective. J'ai lu attentivement et me suis laissé prendre. Sauf, que je reste sur cette question : quand un acteur joue, où est le personnage 'réel', qui est le personnage 'réel'? Et quand je joue, moi-même?
Ecrit par : sancho | 23.09.2006
Sancho > Heureux, et moi donc ! J'aime ton travail sur le blog, ton application, ta verve, ton enthousiasme ! Et en plus je te tutoie, c'est dire ! ;-)
[Désormais je tutoierai qui m'y invite en me tutoyant lui-même. Mais le vouvoiement ne me pose aucun problème]
Quand tu joues toi-même ? Eh bien à mon avis tu ne sais pas forcément tout de ce qui se joue entre toi et ton auditoire. Je ne dis pas que c'est forcément nécessaire, et peut-être même il est des cas où c'est mieux de ne pas le savoir... J'ai bon, là ? ;-)
Ecrit par : varna | 23.09.2006
L'actrice est son "jeu de rôle" ...
Peut-être se définit-il par les attitudes, comportements de son public.
L'attention est à son comble quand le silence s'installe... Nous ressentons souvent cela par l'atmosphère qui s'eb dégage.
Soit le public s'ennuie, il tousse, chuchotte, huent jusqu'à balancer des tomates sur la scène.
Soite, il exprime autrement son approbationpar ci par là en riant, en esquissant quelques sourires, en essuyant une larmes ou deux, en scandant des bis, des encores et envoie des roses sans épines.
Le public communique ses émotions. Voilà toute la gestuelle de l'émotion partagée avec l'actrice. ;)
Ecrit par : eden | 24.09.2006
Vous l'avez dit, une cantatrice nous envoie des signes qui inspirent des émotions, avec souvent beaucoup de personalité.
Ecrit par : philipo | 24.09.2006
Vous l'avez dit, une cantatrice nous envoie des signes qui inspirent des émotions, avec souvent beaucoup de personalité.
Ecrit par : philipo | 24.09.2006
il y a un point de tension là, une rencontre.. celui qui va entrer sur scène doit faire le vide dans sa tête, pour pouvoir donner libre cours à l'histoire... Le spectateur lui s'est préparé, a lu le prospectus, ou bien même observe la scène en attente de quelque chose dont il ignore la teneur exacte..
je parle du théâtre en exemple :
l'acteur communique tandis que le spectateur reçoit oui.. mais là, une puissance se dégage, de la zone scène à celle du public et vice-versa, avec le rapport spectateurs-acteurs (ou autre art de scène), une écoute, captivés ou non, auquelle répond l'acteur...
Voyez une pièce comique, le plus parlant, l'acteur attendra la fin des éclats de rires pour faire repartir son texte, son ton rebondira dessus
quant aux pièces dramatiques, la tension d'écoute est palpable pour l'acteur, il portera, inconsciemment peut-être, son regard, sa voix, d'une manière différente selon le moment
et chaque soir une représentation sera différente, en fonction de chaque partie, scène et public
Ecrit par : anne | 24.09.2006
Je commence une lecture extensive de ces espaces. J'ai la curieuse impression que vous avez développé des réponses aux questions qui me remuent. Sur cette note, je retrouve dans l'attitude de Koan quelque chose que je connais bien quand on me force à aller au théâtre. Je n'y crois pas, je ne vois que de la chair agitée, bruyante et transpirante, cela me désespère... pourtant Shakespeare, Sophocle m'arrachent les tripes quand je les lis. Quand, il y a bien longtemps, j'ai lu "Le paradoxe du comédien", je n'ai plus dormi pendant un certain temps. C'était donc comme ça que les hommes vivaient...
Ecrit par : Dehorsdedans | 17.02.2007
1. Le métier de l'acteur c'est la captation de l'attention. De ce fait, qu'il soit sincère ou non dans ses émotions au moment ou il les joue; la sincérité émotionelle est faussée. Dans la réalité, qui se soucie, au moment ou il souffre vraiment, de l'attention qui est portée à sa souffrance...?
2. Capter l'attention d'un public c'est, consciemment ou non, prendre une forme d'ascendance sur lui, et c'est par le niveau de cette ascendance qu'on jugera si l'acteur est bon ou pas. Celui qui parle et qui est le centre de l'attention est posé naturellement sur un piédestal, il est idéalisé. Pour peu qu'il soit très talentueux et son autorité sera légitimitée voir démultipliée.
3. Le public ne demande qu'a être conquis. Il ne peut y avoir décrochage du public que si celui ci se positionne en critique, compare ou analyse le déroulement de la pièce. Hors il se trouve que la motivation première du public est de se laisser volontairement transporter là ou le metteur en scène tente de l'emmener. Le public est une victime passive et consentente à la base. Ce qui facilite les choses :-) Aujourd'hui les gens ne vont plus à l'opéra pour juger, faire le choix de huer ou applaudir. Ils y vont pour applaudir uniquement.
4. La captation de l'attention se retrouve à chaque niveau de notre société de consommation. C'est ce qui fait que le marketing est roi, la publicité et la communication au centre de toute démarche de reussite. La forme au dessus du fond etc...Ce qu'il y a dans mon pot de yaourt, ce n'est pas ce qui va motiver mon achat au final. Ce qui va motiver mon achat c'est le comportement de la marque qui produit ce pot de yaourth. Le rayonnage du supermarché est la scène, la marque l'acteur, le publicitaire le metteur en scène. L'acheteur quand à lui était déja venu pour acheter un yaourth.
5. Tout comme au théatre la capacité à capter l'attention fait la valeur d'un acteur, la valeur d'un média se mesure aujourd'hui en "volume et temps de cerveaux mobilisé" autour de lui. C'est donc toujours la mise en scène, l'orchestration méticuleuse, donc la technicité qui fait la reussite d'une relation émeteur - public.
...Bon...Hors sujet je sais, mais j'avais besoin de m'occuper et de divaguer un peu.
Ecrit par : Fishturn | 22.12.2007
Le théâtre comme mise en scène du Nous, caricaturé, sublimé, déformé. Un spectacle, où la chair, poussée par la vanité, se sacrifie pour donner une figure à l'être. Ce cirque repoussant où l'âme fait des grimaces au spectateur, son ombre.
( J'étais pas venu pour écrire ça, je voulais parler du "salaud" au sens de Sartre et puis d'un mot à l'autre, je me suis laissé Deborder.... Bon, je vais faire les courses. Une accolade chaleureuse à tous les 2.)
Ecrit par : Cailou | 24.12.2007
Fishturn, je réponds pour l'heure à ton point 1. C'est pour moi un fait troublant, relatif à notre sujet ici, d'avoir pu constater combien nombre de nos propres émotions, dans la vie, ne se manifestent le plus vivement qu'en présence d'autrui (musique, deuil, etc.). C'est donc le spectacle de soi que l'on donne alors qui nous émeut nous-même ?
Spectateur ému du vécu de notre part sur scène ...
Si le "contrepoint" ici se complique donc, je veux voir en cela un indice que le théâtre et le jeu d'acteur sont loin de seulement pouvoir être cantonnés à quelque mondanité culturelle. (En fait, j'ai l'envergure supposée de la Tragédie grecque en tête).
Et pour faire lien avec ton autre message : et si nous nous rencontrions Caillou, toi et moi pour une impro théâtrale (pour ma part en amateur total), serait-ce une vraie rencontre (par opposition à l'ersatz dont tu parles) ? ;-)
Ecrit par : varna | 26.12.2007
Nous sommes sur la même scène, déclamant nos textes, aveugles et presque sourds...
( ;-))
Ecrit par : Caillou | 26.12.2007
C'est pas du jeu ! On avait dit "improviser" ! Or là tu récites ! (oups, hihi et amitiés)
Ecrit par : varna | 26.12.2007
Quoi que nous fassions qui ne soit dicté par l'instinct de survie, sans véritable mise en danger, nous serons toujours au théatre ;-)
Ecrit par : Fishturn | 30.12.2007
...dans nos rôles.
Ecrit par : Fishturn | 30.12.2007
Mais Fishturn --- c'est précisément dans leurs rôles que certaines personnes se sentent en danger !!!
"Asocial", "livré à soi-même", "sans plus de contacts", "incapable de jouer le jeu" ... il y en a pour qui cela signifie : ENFIN LA PAIX ! ;-))
Ecrit par : varna | 05.01.2008
Tu vois tu le dis toi même :-) Ils "se sentent" en danger. Tu ne dis pas ils "sont".
Avant la conscience l'instinct.
Ecrit par : Fishturn | 19.01.2008
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