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02.10.2006
La philosophie a-t-elle tourné le dos à la sagesse ?
Il est de bon ton philosophique, de nos jours, de préférer les questions aux réponses, de placer ces dernières sur un tapis roulant qui les ramène sans cesse vers le podium philosophique actuel, vers les questions. En d’autres lieux de communication, on n’hésiterait pas à dire qu’on entretient là manifestement le doute. En réalité on fait mieux encore : on polit les questions jusqu’à leur donner le plus brillant éclat. Les questions brillent au soleil de la philosophie.
Comme par hasard on trouve pareille préférence (et elle s’enseigne même !) dans la bouche de ceux, philosophes et professeurs de philosophie, qui ont tout intérêt à la pérennité du langage, de leur langage. Préférer la question présente en effet maints avantages : on se voit tout d’abord épargné d'être trop pressé de questions personnelles – « Ben quoi, tout est déjà dans les questions ! ». On a surtout devant soi un forfait illimité de discours possibles... Quand le meilleur est dans la question, forcément tous les « sujets » sont abordables ; tous les sujets, rien que les « sujets ». Cela veut dire : on peut tout aborder sans jamais être importuné sur la question du dire.
Ainsi s’explique notamment le rapport ambigu qu’entretient la philosophie (surtout l’actuelle) avec la sagesse. Comme chacun sait, la philosophie n'est pas la sagesse mais seulement l'amour de la sagesse. Cette distinction, ce décalage déjà étonnant en lui-même, recoupe ici la liberté prise à l’égard de la fonction traditionnelle du langage philosophique qui est, l’aurait-on oublié, de répondre à des questions. L'amour en question est aujourd’hui en effet bien plutôt l'amour de la philosophie (sic), l’amour du discours qui a le champ libre. Liberté prise sur la sagesse du langage même, « liberté d’expression » par excellence…
On comprend mieux la modestie dont font preuve nos philosophes à l’égard de la sagesse. Elle est toute au bénéfice du discours qui-parle-tout-seul : ils ne peuvent même plus désirer la sagesse quand il leur faudrait donner ne fut-ce que des réponses possibles, un exemple plausible. Il ne faut donc pas s’étonner de les voir à l’occasion oser définir l’aspiration à la sagesse comme prétention vaine, et la sagesse même comme savoir, confort ou autre pédanterie, etc. (on en a eu un exemple tout récent). Mais le philosophe actuel a ce privilège de pouvoir s’accorder pareil paradoxe, il peut se permettre de différer indéfiniment la sagesse « en toute humilité » : il a d’autant moins de prétention au trône de Sage que l’institution qui l’encourage tient en main les rênes du dire (philosophique). Il n’a pas la sagesse, alors il enseigne la philosophie et écrit beaucoup de livres…
La philosophie à l’égard de la sagesse, c’est un peu comme le Christianisme qui ferait (le fait-il?) tout, absolument tout pour empêcher le retour du Christ. Et pour cause ! [Voir « Le grand Inquisiteur » dans les Frères Karamazov, Dostoïevski]. Là où il y eut une parole, aujourd’hui une institution gouverne et entend assurer sa pérennité et conserver ses prérogatives. A une échelle plus large, la possibilité même de la philosophie relève d’un ‘Etat d’esprit’ collectif qui imprime sa marque et son autorité sur tous les flux de communication. En matière d’expression et de communication, un régime totalitaire dit en substance à chacun : « Ta gueule ! » ; mais un régime démocratique dit quand même : « Cause toujours ! ». [Chomsky dixit, je cite de tête]. La démocratie, chacun s’en réjouit, favorise le philosophe et la philosophie. Mais que nous disent-ils et que nous offrent-ils – au juste ?
08:20 Publié dans Après l'Etre | Lien permanent | Commentaires (165) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, sagesse, Etat d\'esprit



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Commentaires
Evidemment tu termines par une question j'aurai du parier un café dès le début du texte j'aurai gagné.
Ecrit par : Barbarian | 02.10.2006
@ barbarian : Oui, mais cette question est ouverte....Ouf, il y a, Là, matière à penser ! Et c'est ce que je vais faire de ce pas.
Ecrit par : koan | 02.10.2006
Non, je ne le pense pas fondamentalement, oui mais comment faire une synthèse de la philosophie quand chaque courant de pensées est une anti-thèse des idées qui se dicutent ?
La conclusion qui consisterai à dire que la philo ignore la sagesse pourrait vouloir signifier qu'elle la met en pratique pour tendre toujours plus vers la sagesse.
Euh...Je n'ai lu que le titre, j'avais une idée fixe, ensuite je lirai le billet et les commentaires qui en découlent pour pousuivre la discussion et tenter d'arriver à une opinion si tant est qu'il n'en ait qu'une ! ;)
Ecrit par : eden | 02.10.2006
Varna, vous décrivez un serpent que se mord la queue.
Imaginez maintenant qun philosophe qui affirmerait : " Ceci est cela ! " Il serait tout aussi insupportable que celui qui conclue tout par " a moins que". La question est pour moi : Y a t'il vraiment besoin d'être philosophe (ou religieux) professionnel ?
Ecrit par : koan | 02.10.2006
Un homme tomba dans un trou et se fit très mal.
Un Médecin passa et lui lança deux comprimés d’aspirine.
Une Infirmière s’assit sur le bord et compatit à sa douleur.
Un Journaliste l’interviewa sur ces douleurs.
Un Scientifique calcula la taille de l’individu et la profondeur du trou.
Un Thérapeute l’incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans le trou.
Un Philosophe se pencha et lui dit : Vous n’êtes pas sage, vous auriez dû voir ce trou.
Un Spiritualiste le vit et dit : Vous avez dû commettre quelque péché…
Un Pratiquant de la pensée positive l’exhorta : Quand on veut, on peut !
Un Yogi lui dit : Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur.
Un badaud Optimiste lui dit : Vous auriez pu vous casser une jambe.
Un badaud Pessimiste ajouta : Et ça risque d’empirer.
Puis un croyant passa, et lui tendit la main...
Ecrit par : rosée | 02.10.2006
Un jour un homme déçu de sa vie après des montagnes de souffrance et d'echec entendit parler d'un sage de la montagne qui vivait en ermite dans l'Himalaya. Après des jours et des jours de recherche et de marche dans les lieux sauvages, il parvint enfin à la caverne. En entrant il vit là un viel homme à la barbe sans fin qui dans le froid de la grotte glacée, à demi-nu était plongé dans la méditation. Le chercheur lança avec des accents de désespoir : "Maître, enseignez-moi la vérité !" L'autre ne répondit pas de trois jours, mais son hôte importun ne cessant ses plaintes, il se résolut à lui répondre, laissant tomber :
"L'eau glisse sur la surface du lac ."
{°!°} ???
-C'est tout ? demanda stupéfait le chercheur attéré
-Pourquoi, c'est pas ça ? rétorqua le maître...
Ecrit par : koan | 02.10.2006
L’idée du texte qui nous est proposé est que l’institution politique actuelle, tout en se déclarant démocratique (donc permettant la libre expression) muselle la philosophie,
avec la complicité de ceux qui prétendent la servir : professeurs, universitaires, chercheurs, auteurs de livres. Sous couvert de modestie, ceux-ci font l’apologie de la question et, feignant d’oublier que la philo est recherche de sagesse (donc de valeurs, de choix de vie), ne font que poser des questions, sans jamais donner de réponse. D’amour de la sagesse la philo devient amour du discours. Cette attitude permet une multiplication illimitée du discours, à laquelle ces personnages trouvent intérêt. Elle est comparable à celle de l’Eglise par rapport à la parole du Christ.
Ce que je peux dire c’est que depuis toujours les sociétés humaines sont structurées sur le critère du pouvoir et le pouvoir craint la parole libre, qui risque de le contester, l’exemple édifiant étant la condamnation de Socrate, le premier des philosophes. Mais si d’autres régimes s’imposent par la force répressive, en démocratie la parole est libre. Si le critère du pouvoir n’y est pas contesté, c’est que la majorité de la masse des citoyens l’approuve.
L’individu qui n’accepte pas le pouvoir comme valeur primordiale y reste contraint dans le domaine du travail et ne peut adopter d’autres valeurs que dans sa vie privée.
Ecrit par : rosée | 02.10.2006
La parole en général actuellement, toutes disciplines confondues, semble avoir comme obsession d'être totalement décaféinée...
Comme si elle cragnait de par son énoncé d'engendrer une ombre qui la contredise, son négatif. Le flou artistique favori des parleurs publics a cela de "moderne" qu'il permet que les mêmes terminologies soient utilisées à peu près indifferement quel que soit par ailleurs les sujets abordés, c'est un sorte de lexique minimal sensé décrire en formules "simples" (et donc partiales) des idées qui meriteraient des affirmations tranchées. Sarkosy lui par contre est très à l'aise avec le bien et le mal le blanc et le noir dualistiques qui autorisent une élimination tranquille des noeuds des problêmes à étudier.
Cependant le philosophe qui initie une nouvelle question n'agit-il pas, ce faisant, dans le sens de la révolution perpetuelle de la pensée qui devient hermétique aux simplismes et peut ainsi trouver les ressources pour continuer à penser par soi-même ? Dans le monde de certitudes assénées par le politique, le coin de la question introduit dans la construction commodement inamovible d'une pensée binaire et appauvrissante ne peut il relancer une série de questions affranchissantes ? Penser par soi-même exige plus de questions que de réponses. Le travail prémâché d'une pensée achevée par d'autres n'est-il pas lui aussi très suspect ? Car l'esprit critique nous préserve de bien des emballements collectifs, séduits par la facilité apparente de problêmes expurgés de leurs aspects singuliers et de leurs aspérités colatérales...Penser par moi-même, c'est répondre aux questions qui se posent-avec l'appui de la culture-dans le reccueillement inviolable de mon fors interieur. Alors la question agit comme une ressort que l'on tend et qu'il nous incombe, à nous les questionnés de détendre par nous-mêmes une fois faite notre conviction. En cela, la question est un ferment de sagesse, mais une sagesse à déduire par soi-même. Ce qui ne m'empêche pas de penser que demain, je trouverais le moyen d'affirmer l'inverse, comme je me connais...
Ecrit par : koan | 02.10.2006
"Et le philosophe s'encule soi-même" (Louis Scutenaire)
Ecrit par : Bartlebooth | 03.10.2006
la philosophie est comme une mouche qui se cogne à la vitre et ne voit pas que la fenêtre est ouverte. alors, au lieu de s'envoler, elle vrombit. mais au fond j'ai arrêté de m'y intérésser depuis trop longtemps peut-être.
Rosée, je n'ai pas souvent adhéré à vos commentaires laissés, ici et là. mais là, avec l'histoire de l'homme tombé dans le trou, je révise complètement mes impressions. merci pour ce texte limpide et beau. et de même pour votre réflexion sur le pouvoir.
Ecrit par : kintana | 03.10.2006
merci, Kintana, si je vous ai déçue c'est que j'ai dû me laisser emporter un instant par le gaz hilarant qui circulait dans l'air à un certain moment,
l'histoire de l'homme ne m'appartient pas, elle est d'un anonyme, trouvée sur le net,
pour la philosophie, Pascal considère qu'elle peut être source d'erreur, il ne reconnait que le savoir, qui est donné par la science, et la certitude, qui est donnée par la foi,
personnellement je crois que l'amour de la sagesse finit par déboucher sur l'Amour, qui n'est autre que la foi...
Ecrit par : rosée | 03.10.2006
pour prolonger la réflexion :
après la période grecque, quand elle fut recherche de la vertu
(le vrai, le juste, le beau), la philosophie a laissé la place à la foi chrétienne pour revenir, avec la Rennaissance, à la foi en l'Homme, mais elle a abandonné la vertu pour devenir, avec Machiavel, exclusivement politique
les Lumières l'ont vue comme émancipation de l'homme par la Raison...or, il s'est avéré que la raison seule n'est pas capable d'aider les hommes à bien vivre ensemble, c'est peut-être cette défaite qui génère tant de questions sans réponse chez les auteurs ?...
il me semble évident que l'homme ne peut vivre en harmonie avec autrui tant qu'il vise le pouvoir, qui est pouvoir sur autrui et sur la nature, et ne reconnait pas un principe qui le transcende et qui unit tout ce qui existe, que Platon appelait Bien suprême et, plus tard, la foi chrétienne, Dieu,
or les philosophes des dernières décennies niant Dieu comme impossible à prouver ont aussi trahi Platon, leur initiateur:
je cite du Monde diplomatique :
"Au désengagement théorisé des années 80 a succédé la subtile conversion des détenteurs de la parole experte à la fatalité libérale. Le monde, pour eux, n’est plus saisissable philosophiquement qu’au travers des canons économiques en vogue. Comme tous les nouveaux convertis, ils mettent de l’ardeur à enseigner qu’il n’y a qu’une seule loi possible, celle du marché, que la modernité va de pair avec le culte du Dow Jones, que les acquis sociaux ne sont que des privilèges indus et que les pauvres manquent singulièrement de capacité d’adaptation. A l’instar des économistes de l’école classique critiquée par Karl Marx, ils ne voient dans l’organisation présente du monde que la réalisation d’un ordre naturel.
Les intellectuels n’ont plus à transformer le monde, pas même à l’interpréter. De projet, ils n’ont guère. A toute analyse ils opposent la « complexité ». La « mort des utopies », la « fin des idéologies », les cantonnent dans une étroite fonction de conseiller technique : ils pensent désormais à la petite semaine. La mise en mouvement de la société autour de l’idée de justice sociale leur paraît essentiellement déraisonnable et, donc, condamnable." [... ]
"Roland Barthes soulignait en son temps que la bourgeoisie, grande productrice de mythes, était la classe qui ne voulait pas être nommée pour ce qu’elle était, qu’elle entendait disparaître derrière des catégories anonymes qui la rendraient universellement acceptable (5). La nouveauté des dernières années est que les milieux intellectuels et universitaires ont eux-mêmes largement concouru à cette légitimation. Les éléments constitutifs de la technocratie ont rongé le discours critique. Le libéralisme a mangé les cerveaux. Par un extraordinaire renversement des rôles la parole experte désormais recentrée dénonce dans les revendications populaires un « conservatisme » et prétend voir « le progrès, la réforme » dans la régression sociale."
(www.monde-diplomatique.fr/1996/01/VIDELIER/2251 )
le sujet est vaste...des bibliothèques entières à lire...
ce qui est clair c'est qu'il ne peut pas y avoir d'harmonie sans amour d'autrui,
mais il reste plein de questions : pourquoi cette évidence ne s'impose d'elle-même à chacun ?
pourquoi ne s'impose-t-elle à ceux qui gouvernent les
peuples ?
comment, quand on l'a atteinte personnellement comme sagesse, la vivre dans un environnement qui l'ignore ?
Ecrit par : rosée | 03.10.2006
Une personne de foi lisant le monde diplomatique ça me paraît être la sagesse même...Et je suis sérieux.
Ecrit par : koan | 03.10.2006
Je m'absente quelques jours.
Ecrit par : varna | 03.10.2006
Que nous offrent les philosophes ? La possibilité de poursuivre à notre tour et chacun de nous selon ses aptitudes. Ils nous donnent à réfléchir sur des presques rien qui ainsi prennent de l'ampleur, de la consistance.
Cela dit un philosophe est à la fois penseur, chercheur invétéré en science de la vie, poète, voir musicien au travers de ces oratoires.
Ecrit par : eden | 03.10.2006
moi aussi je m'absente quelques jours
Ecrit par : anne | 03.10.2006
La question est souvent une affirmation déguisée. J'interroge en avancant ma vérité. Le fait de laisser ouvert le débat par le questionnement peut dans ce cas être considéré comme une politesse : j'affirme, mais loin de moi l'idée de vous asséner mon opinion, la porte est grand ouverte à la contestation. Ce mode de communication n'est-il pas d'une grande sagesse ? ;-)
Ecrit par : Jean Christophe Bataille | 03.10.2006
La sagesse , ce bras de fer entre le désir et la folie dans un corps de philosophe, ne peut être objet de débat .
Ecrit par : | 03.10.2006
Quelle sagesse, quel désir, quelle folie et de quel philosophe ?
Ecrit par : koan | 03.10.2006
Pensez au bras de fer de Nietzsche...par exemple .
Ecrit par : | 03.10.2006
Ah, bien. Mais j'ai du mal avec les surhommes...
Ecrit par : koan | 03.10.2006
Quel surhomme ?
Ecrit par : | 04.10.2006
Hi hi hi... Celui de Nietzsche...Bon sang mais pourquoi faut-il que les philosophes aient toujours des noms impossibles à écrire ?
Ecrit par : koan | 04.10.2006
;)
Ecrit par : eden | 04.10.2006
s'il n'y avait que le nom...mais ils ont aussi des écritures impossibles à lire
Ecrit par : rosée | 04.10.2006
Où impossible à vivre Rosée du matin ?
Ecrit par : | 04.10.2006
anonyme
( malgré les protestations, j'avais bien raison de parler de facéties... ;-)
je suppose que vous voulez dire "impossibles à lire parce que impossible pour le lecteur de les vivre"...
sans doute...
mais si elles étaient possibles à vivre, le philosophe pourquoi les écrirait-il ? cela ne devrait pas lui suffire de les vivre ?
Ecrit par : rosée | 04.10.2006
Il est quand même plus facile de lire Nietsche*zt?! que de le vivre...
Ecrit par : koan | 04.10.2006
L'impossibilité c'est le déni qu'apporte la lecture ordinaire à la pensée affirmative . Mais Nietzsche Il n'en avait rien à foutre des lecteurs ordinaires ...
Ecrit par : | 04.10.2006
Vivre , penser , transmettre c'est faire acte de philosophe . La philosophie c'est "la vertu qui donne"
Ecrit par : | 04.10.2006
Les lecteurs ordinaires, pour autant qu'ils existent, sont en effet occupés à survivre au merdier infernal que les prétentions de surhommes enfiévrés et pompeux ont répandu de partout sur la terre dans une atmosphère de dépotoir mondialisé qui empeste la bétise triomphante à plein nez. Ils n'ont plus trop le temps de lire...Du coup, ils n'en n'ont pas grand-chose à faire de Nietzsche... Juste retour des choses ? Que la solitude soit la récompense du mépris, voilà bien ce qui semble avoir échappé
à notre penseur.
Ecrit par : koan | 04.10.2006
C'est dingue ce qu'ils en ont fait de cette notion de surhomme , sans même s'apercevoir que c'est la définition que Nietzsche donnait du "dernier homme
"
Quand Zarathoustra eut dit ces mots, il considéra de nouveau le peuple et se tut, puis il dit à son coeur : "Les voilà qui se mettent à rire ; ils ne me comprennent point, je ne suis pas la bouche qu'il faut à ces oreilles.
Faut-il d'abord leur briser les oreilles, afin qu'ils apprennent à entendre avec les yeux ? Faut-il faire du tapage comme les cymbales et les prédicateurs de carême ? Ou n'ont-ils foi que dans les bègues ?
Ils ont quelque chose dont ils sont fiers. Comment nomment-ils donc ce dont ils sont fiers ? Ils le nomment civilisation, c'est ce qui les distingue des chevriers.
C'est pourquoi ils n'aiment pas, quand on parle d'eux, entendre le mot de "mépris". Je parlerai donc à leur fierté.
Je vais donc leur parler de ce qu'il y a de plus méprisable : je veux dire le dernier homme."
Et ainsi Zarathoustra se mit à parler au peuple :
Il est temps que l'homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l'homme plante le germe de sa plus haute espérance.
Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.
Malheur ! Les temps sont proches où l'homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !
Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.
Malheur ! Les temps son proches où l'homme ne mettra plus d'étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.
Voici ! Je vous montre le dernier homme.
"Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu'est cela ?" — Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l'oeil.
La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps.
"Nous avons inventé le bonheur," — disent les derniers hommes, et ils clignent de l'oeil.
Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l'on se frotte à lui : car on a besoin de chaleur.
Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s'avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !
Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.
On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l'on veille à ce que la distraction ne débilite point.
On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles.
Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d'autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.
"Autrefois tout le monde était fou," — disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l'oeil.
On est prudent et l'on sait tout ce qui est arrivé : c'est ainsi que l'on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt — car on ne veut pas se gâter l'estomac.
On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.
"Nous avons inventé le bonheur," — disent les derniers hommes, et ils clignent de l'oeil. — " (prologue de Zarathoustra)
Ecrit par : | 04.10.2006
Je rends hommage à votre patience, et on dirait (sans mauvais esprit) le journal de Claire Chazal...Excellente description du monde actuel s'il en est...Quand au dernier homme, il est peut-être le dernier homme de CE monde, de CE système de valeurs. Charlatanisme, illusionisme. On dirait la description d'un monde engendré par des psychiâtres d'état...
Un bonheur rose et ecoeurant. Pouacre...
Donc ou je n'ai rien compris-ce qui n'a rien d'exceptionnel- ou bien nous sommes d'accord...
Ecrit par : koan | 04.10.2006
"Un bonheur rose et ecoeurant. Pouacre..."
Alors mon ami , vous êtes peut-être enfin prêt à entendre le début du prologue ... sur le surhomme :
Lorsque Zarathoustra arriva dans la ville voisine qui se trouvait le plus près des bois, il y vit une grande foule rassemblée sur la place publique : car on avait annoncé qu'un danseur de corde allait se montrer. Et Zarathoustra parla au peuple et lui dit :
Je vous enseigne le Surhumain. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu'avez-vous fait pour le surmonter ?
Tous les êtres jusqu'à présent ont créé quelque chose au-dessus d'eux, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et plutôt retourner à la bête que de surmonter l'homme ?
Qu'est le singe pour l'homme ? Une dérision ou une honte douloureuse. Et c'est ce que doit être l'homme pour le surhumain : une dérision ou une honte douloureuse.
Vous avez tracé le chemin qui va du ver jusqu'à l'homme et il vous est resté beaucoup du ver de terre. Autrefois vous étiez singe et maintenant encore l'homme est plus singe qu'un singe.
Mais le plus sage d'entre vous n'est lui-même qu'une chose disparate, hybride fait d'une plante et d'un fantôme. Cependant vous ai-je dit de devenir fantôme ou plante ?
Voici, je vous enseigne le Surhumain !
Le Surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhumain soit le sens de la terre.
Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d'espoirs supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs, qu'ils le sachent ou non.
Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, de ceux dont la terre est fatiguée : qu'ils s'en aillent donc !
Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème, mais Dieu est mort et avec lui sont morts ses blasphémateurs. Ce qu'il y a de plus terrible maintenant, c'est de blasphémer la terre et d'estimer les entrailles de l'impénétrable plus que le sens de la terre !
Jadis l'âme regardait le corps avec dédain, et rien alors n'était plus haut que ce dédain : elle le voulait maigre, hideux, affamé ! C'est ainsi qu'elle pensait lui échapper, à lui et à la terre !
Oh ! cette âme était elle-même encore maigre, hideuse et affamée : et pour elle la cruauté était une volupté !
Mais, vous aussi, mes frères, dites-moi : votre corps, qu'annonce-t-il de votre âme ? Votre âme n'est-elle pas pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même ?
En vérité, l'homme est un fleuve impur. Il faut être devenu océan pour pouvoir, sans se salir, recevoir un fleuve impur.
Voici, je vous enseigne le Surhumain : il est cet océan ; en lui peut s'abîmer votre grand mépris.
Que peut-il vous arriver de plus sublime ? C'est l'heure du grand mépris. L'heure où votre bonheur même se tourne en dégoût, tout comme votre raison et votre vertu.
L'heure où vous dites : "Qu'importe mon bonheur ! Il est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même. Mais mon bonheur devrait légitimer l'existence elle-même !"
L'heure où vous dites : "Qu'importe ma raison ? Est-elle avide de science, comme le lion de nourriture ? Elle est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même !"
L'heure où vous dites : "Qu'importe ma vertu ! Elle ne m'a pas encore fait délirer. Que je suis fatigué de mon bien et de mon mal ! Tout cela est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même."
L'heure où vous dites : "Qu'importe ma justice ! Je ne vois pas que je sois charbon ardent. Mais le juste est charbon ardent !"
L'heure où vous dites : "Qu'importe ma pitié ! La pitié n'est-elle pas la croix où l'on cloue celui qui aime les hommes ? Mais ma pitié n'est pas une crucifixion."
Avez-vous déjà parlé ainsi ? Avez-vous déjà crié ainsi ? Hélas, que ne vous ai-je déjà entendus crier ainsi !
Ce ne sont pas vos péchés — c'est votre contentement qui crie contre le ciel, c'est votre avarice, même dans vos péchés, qui crie contre le ciel !
Où donc est l'éclair qui vous léchera de sa langue ? Où est la folie qu'il faudrait vous inoculer ?
Voici, je vous enseigne le Surhumain : il est cet éclair, il est cette folie !
Quand Zarathoustra eut parlé ainsi, quelqu'un de la foule s'écria : "Nous avons assez entendu parler du danseur de corde ; faites-nous-le voir maintenant !" Et tout le peuple rit de Zarathoustra. Mais le danseur de corde qui croyait que l'on avait parlé de lui se mit à l'ouvrage.
[modifier]4.
Zarathoustra, cependant, regardait le peuple et s'étonnait. Puis il dit :
L'homme est une corde tendue entre la bête et le Surhumain, — une corde sur l'abîme.
Il est dangereux de passer de l'autre côté, dangereux de rester en route, dangereux de regarder en arrière — frisson et arrêt dangereux.
Ce qu'il y a de grand dans l'homme, c'est qu'il est un pont et non un but : ce que l'on peut aimer en l'homme, c'est qu'il est un passage et un déclin.
J'aime ceux qui ne savent vivre autrement que pour disparaître, car ils passent au delà.
J'aime les grands contempteurs, parce qu'ils sont les grands adorateurs, les flèches du désir vers l'autre rive.
J'aime ceux qui ne cherchent pas, derrière les étoiles, une raison pour périr ou pour s'offrir en sacrifice ; mais ceux qui se sacrifient à la terre, pour qu'un jour la terre appartienne au Surhumain.
J'aime celui qui vit pour connaître et qui veut connaître afin qu'un jour vive le Surhumain. Car c'est ainsi qu'il veut son propre déclin.
J'aime celui qui travaille et invente, pour bâtir une demeure au Surhumain, pour préparer à sa venue la terre, les bêtes et les plantes : car c'est ainsi qu'il veut son propre déclin.
J'aime celui qui aime sa vertu : car la vertu est une volonté de déclin, et une flèche de désir.
J'aime celui qui ne réserve pour lui-même aucune parcelle de son esprit, mais qui veut être tout entier l'esprit de sa vertu : car c'est ainsi qu'en esprit il traverse le pont.
J'aime celui qui fait de sa vertu son penchant et sa destinée : car c'est ainsi qu'à cause de sa vertu il voudra vivre encore et ne plus vivre.
J'aime celui qui ne veut pas avoir trop de vertus. Il y a plus de vertus en une vertu qu'en deux vertus, c'est un noeud où s'accroche la destinée.
J'aime celui dont l'âme se dépense, celui qui ne veut pas qu'on lui dise merci et qui ne restitue point : car il donne toujours et ne veut point se conserver.
J'aime celui qui a honte de voir le détomber en sa faveur et qui demande alors : suis-je donc un faux joueur ? — car il veut périr.
J'aime celui qui jette des paroles d'or au-devant de ses oeuvres et qui tient toujours plus qu'il ne promet : car il veut son déclin.
J'aime celui qui justifie ceux de l'avenir et qui délivre ceux du passé, car il veut que ceux d'aujourd'hui le fassent périr.
J'aime celui qui châtie son Dieu, parce qu'il aime son Dieu : car il faut que la colère de son Dieu le fasse périr.
J'aime celui dont l'âme est profonde, même dans la blessure, celui qu'une petite aventure peut faire périr : car ainsi, sans hésitation, il passera le pont.
J'aime celui dont l'âme déborde au point qu'il s'oublie lui-même, et que toutes choses soient en lui : ainsi toutes choses deviendront son déclin.
J'aime celui qui est libre de coeur et d'esprit : ainsi sa tête ne sert que d'entrailles à son coeur, mais son coeur l'entraîne au déclin.
J'aime tous ceux qui sont comme de lourdes gouttes qui tombent une à une du sombre nuage suspendu sur les hommes : elles annoncent l'éclair qui vient, et disparaissent en visionnaires.
Voici, je suis un visionnaire de la foudre, une lourde goutte qui tombe de la nue : mais cette foudre s'appelle le Surhumain.
Ecrit par : | 04.10.2006
vivre, penser, transmettre est l'acte du philosophe...
d'accord,
seulement, il y a une multitude de philosophies, autant que de philosophes,
comment savoir laquelle est la véritable ?
Ecrit par : rosée | 04.10.2006
En étant soi-même philosophe .
Ecrit par : | 04.10.2006
m'est avis que Nietzsche a nié Dieu pour prendre la place du Christ
Ecrit par : rosée | 04.10.2006
Il a nié le Dieu du christ, pas celui de Jésus et s'il jalousait un dieu c'était Dionysos ....
Ecrit par : | 04.10.2006
Prendre la pace de Dieu, c'est le passe-temps de tout le monde depuis Adam . En cela, c'était un monsier tout le monde ! :))
Ecrit par : koan | 04.10.2006
Mai oui c'était un monsieur tout le monde et il écrivait des livres "pour tous et pour personne" (sourire)
Ecrit par : | 04.10.2006
n'empêche, il a très mal fini... (sourire)
Ecrit par : rosée | 04.10.2006
pour les ignorants, quelle différence entre Jésus et Christ ?
Ecrit par : rosée | 04.10.2006
Il a passé le pont avant sa mort biologique . Je ne sais si on peut appeler ça "mal finir" .
La folie lui fut sans doute bien douce.
Ecrit par : | 04.10.2006
Jésus a évangélisé (principe actif)
Christ a été crucifié (principe passif)
Ecrit par : | 04.10.2006
Je ne me rejouis pas de la souffrance de mon pire ennemi, et Nietzsche n'était pas mon pire ennemi. Savez-vous rosée, que le meilleur moyen de "vaincre" un ennemi, c'est de s'en faire un ami ? Vous semblez très jalouse de l'honneur à rendre à Jesus, soit, mais Jesus est celui qui a dit "aimez vos ennemis..."
Je suis près à taquiner les amateurs de Nietzsche parce que parfois la lecture des philosophes nous inspire de faire de grandes phrases, mais décidément, la fin de cet homme ou d'un autre ne me consolera jamais de rien. De plus, il me semble n'avoir rien compris de probant chez Nietzsche, ce qui limite d'emblée mon arrogance. Il faut que les chrétiens (et les autres ) entendent cela une fois pour toute : LA LIBERTE EST INALIENABLE. On peut ne pas approuver Nietzsche, mais on ne peut jamais lui reprocher ses choix, ceci n'est pas de notre ressort. On peut le cas échéant le plaindre, mais en aucun cas le condamner...(De plus, je ne vois pas l'Agneau immolé tuer ses ennemis, après être mort pour eux !) Je ne sais pas qui était Nietzsche dans le secret intime de son fors intérieur, mauvais juge, car foncièrement superficiel, je ne puis condamner quiquonque. Cela ne relève pas de ma liberté. Ma solidarité d'homme m'oblige, non à applaudir à tout, mais à respecter le mystère de l'autre. Peut-être Nietzsche a t-il nié Jesus, mais est-ce que je l'ai vu ou entendu, et si c'était le cas, que voulez-vous que j'y fasse ? Et est-ce que je suis capable d'évaleur la portée, ou l'absence de portée, de son choix ? Non. Il ne m'est pas spécialement sympathique, mais si je vouais aux enfers tous ceux qui ne me sont pas sympathiques, je serai le pire monstre de toute l'histoire...
Bien des rois chrétiens se sont comportés comme des porcs, et probablement bien des philosophes aussi; allons nous dresser des bûchers dans tous les coins ? Ca suffit ! Que si la vérité est puissante, elle est bien assez grande pour se défendre elle-même !
Ecrit par : koan | 04.10.2006
"la possibilité même de la philosophie relève d’un ‘Etat d’esprit’ collectif qui imprime sa marque et son autorité sur tous les flux de communication".
Cher Varna, est-il besoin de dire que je ne souscris pas du tout? Tant qu'il y aura des "Etats d'esprit" collectifs qui impriment leur marque, mon refuge sera la philosohie.
La philosophie contient de quoi sauver notre solitude de tous les flux de communication et de quoi lui donner sens.
Pour ce qui est des questions philosophiques, je ne vois pas comment on pourrait les poser sans viser des réponses. C'est la visée de la réponse qui donne idée de la question. Par exemple, je sais que l'humanité est en elle même une énigme déroutante, mais fascinante (c'est la réponse visée), alors je pose la question : "Qu'est-ce que l'humanité?". Je sais qu'exister me rend perplexe, je ne vois pas du tout quelle possibilité au juste il y a là. Alors, je pose la question : "qu'est-ce qu'exister?"
Je ne comprends pas très bien ce que pourrait être une question sans un immense intérêt pour des types, des domaines de réponses. En fait, on ne pose des questions que parce qu'on a des domaines, des commencements de réponse dans la tête.
Ecrit par : sancho | 04.10.2006
Nietzsche cité en long et en large en commentaire sur un blog, quelle audace (que je salue amicalement) !
Ecrit par : Fleur | 04.10.2006
Fleur, j'en étais sûr :))
Ecrit par : koan | 04.10.2006
Par delà le bien et le mal il n'y a pas de choix dans le sens où vous l'entendez Koan , mais une attention extrême au travail de la volonté de puissance qui détermine la visée d'un but, la ligne droite d'une destinée.
Ecrit par : | 04.10.2006
La volonté de puissance a hélas fait ses preuves à de nombreuses reprises dans l'histoire. Elle est pour moi la cause majeure des malheurs de l'humanité. Pour illustrer mon propos : Après son jeûne de 40 jours, le diable présente l'univers entier à jesus en lui disant " Si tu te prosternes devant moi je te donnerai la GLOIRE et la PUISSANCE de ces royaumes, car elle m'appartient et je la donne à qui je veux". Jesus répond : "Retire-toi satan". Je trouve intéréssant de constater que ce n'est que lors de la réponse à cette seule troisième tentation que jesus prononce le nom de satan : son nom est directement, nommément et personnellement relié à la volonté de puissance...Une destinée peut aller droit...dans le mur. Mais je ne peux rien dire de l'attitude que Nietzsche a pris vis à vis de cette volonté de puissance, car je ne l'ai pas lu. De là cependant ma méfiance à l'égard des concepts de puissance, mérite, richesse, gloire, grandeur, et autres pompoms de manège qui tournent la tête des faibles qui cèdent à ces chimères...
Ecrit par : koan | 04.10.2006
Vous ne l'avez pas lu ? Alors taisez-vous, car vous faites là un monstrueux contre-sens, hélas attaché aux épaules de ce penseur, comme la croix qu'il aura si fort combattue . Au fait , pour rester à votre niveau, saviez-vous Qu'hitler préparait ses harrangues appuyé sur la canne de marcheur que la mère de Nietzsche lui avait généreusement offert ?
Ecrit par : | 04.10.2006
Il a peut-être combattu la croix, mais force est de reconnaître qu'il a échoué, il s'est peut-être même trompé de cible, allez savoir. Après tout, il est mort en demandant pardon au Crucifié (en s'adressant à un cheval qui passait dans la rue) et je me dis que c'est l'intention qui compte. :))
Quand à la canne, je ne le savais pas, mais au fond, c'est un peu people non ? :))
Je suis bien persuadé qu'un tel penseur mérite mieux qu'un regard superficiel, ce qu'est le mien puisque je ne l'ai pas lu; simplement, songez que sans mes réticences, vous n'auriez pas eu l'occasion de manifester votre admiration pour lui comme je vous en ai, par ma candeur de béotien, donné le loisir. Je ne dis pas que ce n'était pas un homme admirable, je dis que la raison pour laquelle il aurait peut-être souhaité que je l'admire me fournit précisément des arguments pour combattre ce qu'on dit qu'il défendait. Je lui dois beaucoup, mais pas ce qu'il aurait souhaité que je lui doive, et voilà tout.
Ecrit par : koan | 04.10.2006
Vous lui devez quoi exactement, puisque vous ne l'avez pas lu ?
Ecrit par : | 04.10.2006
On m'en a quand même beaucoup parle et j'ai commencé "zarasoustra" qui m'a assez vite découragé. Son chant de l'eternel retour "ewigkleit ewigkleit" m'a surtout aidé à trouver un argument contre les mythes de l'éternel retour d'origine indo-Européènne dont ils sont issus et qui chante surtout la captivité supposée de l'homme dans ce cercle vicieux supposé...
Mais j'ai ecris plus haut "pour combattre CE QU'ON DIT QU'IL defendait". D'autre part, ce n'est pas mon passe-temps favori que de combattre le philosophe que j'ai à peine lu, c'est juste que comme je sais que l'eternel retour n'est qu'un mythe qui conduit au désespoir, quand on me le chante, j'écrase un rictus incrédule...Et maintenant, hop, dodo...
Ecrit par : koan | 04.10.2006
" O comment ne serais-je pas ardent de l'éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, l'anneau du devenir et du retour ?
Jamais encore je n'ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n'est cette femme que j'aime : car je t'aime, ô éternité !
Car je t'aime, ô Éternité ! ". (Zarathoustra)
......
" Pour la bonne volonté d'aider, de compatir, de se soumettre, de renoncer aux attaques personnelles, les hommes insignifiants et superficiels deviendront peut-être pour l'oeil quelque chose de supportable : il ne faut à aucun prix leur ôter l'idée que cette volonté est "la vertu même".
(fragments posthumes) ....
Ecrit par : | 05.10.2006
Pour parler sérieusement et sans volonté de polémique qui tôt ou tard devient lassante et ne fait plus que manifester l'égotisme de chacun, je me pose cette question tout à fait philosophique et en toute bonne foi : Nietzsche a t'il chanté dans ce texte exalté l'eternité, ou la perpétuité ? Je vous pose vraiment la question (qui d'ailleurs n'appelle pas obligatoirement de réponse).
Ecrit par : koan | 05.10.2006
Ces deux termes coïncident .
Il n'y a d'éternel retour ("la doctrine du retour est le point solsticial de l'histoire") , que de ce qui mérite le retour , (sélection par la "volonté de puissance") . Tout le reste doit périr dans cette lutte au sein de l'être . C'est pour cela que l'éternel retour rompt avec les hasards horribles de l'histoire car il passe et repasse par les instants de joie et d'accroissement ...Ceci, étant de l'ordre de l'expérimentation personnelle est difficilement communicable, voire impossible à celui qui n'en a eu la révélation , et cela, mais Nietzsche le savait, est la tache noire d'une pensée qui tourne pourtant autour d'elle, comme autour de son seul soleil. J'ai lu longtemps Nietzsche en le soupçonnant moi-ême d'imposture, jusqu'au jour où cette tache noire est devenue pour moi-aussi (l'étant déjà mais je l'ignorais) Soleil .
Ecrit par : | 05.10.2006
Il n'y a pas de meilleure métaphore à la volonté de puissance que celle du soleil , vérité que l'on ne découvre qu'en devenant monde soi même ...au terme d'une quête aveugle ...mais sans relâche.
Alors:
"Elle est retrouvée
Quoi?
L'éternité
C'est la mer allée
avec le soleil ."
Ecrit par : | 05.10.2006
Il y a bizarement une description impressionnante de l'éternel retour dans le livre Biblique de l'Ecclésiaste..." Tout ce qui s'est fait se refera, IL N'Y A RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL".
Cependant, loin de là, dans l'apocalypse, se trouve aussi la phrase la plus "gonflée" de toute l'histoire du langage et qui affirme : "Voici, je fais l'univers nouveau"...
Comme Varna le regrettait, je ne peux poser pour commenter l'extraordinaire puissance de ce contraste la moindre affirmation péremptoire. Mais je pose la question : Vu comme ça, ce rapprochement ne valait-il pas au moins la peine d'être lu ?
Ecrit par : koan | 05.10.2006
A chaque fois qu'un monde se constitue autour du soleil l'univers peut être dit " nouveau ", auroral .
Ecrit par : | 05.10.2006
Avec cet ajout : "Il n'y aura plus besoin de la lumière du soleil, car l'agneau sera leur lampe". Comme si le texte voulait dire : les lumières apportées jusque là par la contemplation de la nature s'éffaceront devant la contemplation d'une personnalité sur-naturelle...Je dois dire que je ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit, mais ma relative érudition biblique me permet un jeu passionnant où les versets se répondent, se font écho, s'éclairent l'un l'autre d'un bout du livre à l'autre, tous révélant l'éclat de tous, en une sorte de grand-rose dont l"unité est présente en chacune des parties...
Laisser parler le texte, plutôt que de lui appliquer aussitôt le "traitement" de notre pensée, avec ses revendications, ses raccourcis, ses interprétations, le jeu fantasque de son imagination...C'est un jeu vertigineux qui peut aboutir, qui sait, à la contemplation. Mais que cela ne m'empêche pas de vous écouter, d'essayer de saisir ce que vous voulez me dire sur cet auteur; il ne s'agit pas d'exclure, mais bien d'inclure. Il s'agit pour moi de repérer la place de cette pensée dans le panorama grandiose que je crois discerner dans la Bible qui va du monde souterrain aux splendeurs celestes les plus illuminées.
Ecrit par : koan | 05.10.2006
Oui vous avez raison: laisser parler le texte , les parties dans le tout, les mondes dans l'univers, les singularités comme autant de mondes, et penser, non pas en traitant telle ou telle pensée consignée mais à l'instar de ces pensées , dussions nous en rejeter les limites , pour exister dans un temps qui depuis Nietzsche a tourné , et à une telle vertigineuse vitesse !
Merci pour cet "entre-dire" Koan, et "Bonne journée " .
Simone
Ecrit par : | 05.10.2006
J'ai eu beaucpup de plaisir à partager avec vous.
Ecrit par : koan | 05.10.2006
Pour en revenir à nos moutons, je me demande, Varna, si du
"Que sais-je ?" la philo n'a pas fait une methode...
Ecrit par : koan | 05.10.2006
simone, si je vous comprends bien, tout a été dit par Nietzsche ?
Ecrit par : rosée | 05.10.2006
Rosée, il semblerait qu'à ses yeux beaucoup de choses aient été dites par Nietzsche, mais les yeux peuvent changer; les miens sont restés longtemps sans rien voir et pourtant, ça n'a rien empéché. Les bergers qui bousculent les brebis en l'absence du maître se trompent lourdement. Doucement, lentement, gentiment, patiemment la parole se partage puis doucement, lentement, patiemment elle chemine. Qu'elle affruite ou non n'est pas de notre ressort, ne pensez-vous pas ?
Ecrit par : koan | 05.10.2006
koan, tout à fait d'accord,
pourriez-vous toutefois expliciter cette phrase : "Les bergers qui bousculent les brebis en l'absence du maître se trompent lourdement."
Le berger serait ici Nietzsche ? c'est ce que je crois comprendre...
si c'est le cas, vous pointez, brillammant, ce qui m'apparait tout à coup, grâce à cette phrase, comme le maillon faible de la pensée de N...
car, je me le demande, inspiré par QUI est N., dans son exhortation ?
d'où lui vient cette idée de la nécessité du dépassement ?
de lui-même, simple mortel lambda ? dans ce cas, quel poids peut-elle avoir ? n'importe quel autre lambda pourrait proclamer son idée à lui, y compris l'idée contraire !
N. a senti ce manque de poids et a cru pouvoir y pallier en la mettant dans la bouche de quelqu'un qui puisse faire impression : il a confectionné le personnage d'un prophète :
et hop ! je leur sors du chapeau un prophète, s'est dit le grand N. !
( et de manière ô combien fantaisiste, car il lui a donné le nom du prophète perse Zarathoustra, personnage historique dont la doctrine n'a rien avoir avec les idées de N. ! )...
outre cette naïveté, la question reste entière : ce prophète qui a passé dix ans de solitude dans la montagne et descend maintenant partager sa sagesse aux humains, par QUI a-t-il été inspiré ?
N. ne nous en dit rien.
Apparemment ( et bizarrement ! ), il ne se pose pas cette question essentielle.
Pourquoi ? Eh bien, parce que cela l'amenerait nécessairement à reconnaître que cette inspiration vient d'une réalité qui transcende l'homme ( Dieu ), et à se questionner sur cette réalité.
N. ne peut répondre ni à cette simple question logique :
si l'homme est mauvais, comment peut-il être source d'un vouloir être meilleur ?
Je ne veux pas anéantir la pensée de N., je suis tout à fait d'accord avec lui : il y a dans la nature humaine un côté aveugle, borné, égoïste et méchant qui produit des malheurs,
et il serait salutaire qu'elle change.
Mais je ne peux pas me laisser impressionner par ce qui me semble un feu d'artifices : il brille, il est attirant, il est exaltant mais, à le regarder de près, il s'éteint vite...
Que dit-il, en substance ? Que la majorité écrasante des humains sont plus près de l'animal que de l'homme, seuls quelques humains sont véritablement humains : les artistes, les philosophes, les saints, qui sont intermédiaires entre les premiers et l'homme authentique, tel qu'il devrait être et qu'il appelle "surhomme". Que l'individu doit se modeler, se surpasser par un effort de volonté ( c'est cela la volonté de puissance ). Tout cela dans des phrases et des images impressionnantes, bien que souvent énigmatiques, contradictoires ou ambiguës, mais c'est tout ce qu'il dit, rien d'autre. C'est-à-dire, il exhorte au dépassement mais ne se demande pas d'où vient l'idée de dépassement, pourquoi se dépasser et comment ?
Cela me semble bien maigre pour le grand philosophe qu'il passe. Il a beau tonner ( c'est ce qui a impressionné le plus )
s'il ne dit pas d'où vient le tonnerre.
Mon avis est qu'il a confondu Dieu avec l'Eglise et en niant Dieu il niait au fond celle-ci.
Ceux qui lui ont accordé et lui accordent tant d'importance ce sont les athées. Ils ressentent la nécessité du dépassement et trouvent en lui un appui, un argument. Mais eux non plus ne répondent pas à la question: d'où leur vient cette idée ?
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
p.s. je reprends la question exprimée ci-dessus pour mieux en préciser le sens :
N. ne peut répondre ni à cette simple question logique :
si l'homme est mauvais foncièrement, comment se peut-il qu'il veuille être meilleur ?
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
il me semble intéressant de donner ici un texte sur le point de vue d'un bouddhiste sur N.,
bien qu'il soit un peu agaçant par la longuer des phrases et les répétitions, le dernier châpitre, no 8, est le plus intéressant
http://www.centrebouddhisteparis.org/Sangharakshita/Nietzsche/L_evolution_superieure/l_evolution_superieure.html
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
p.s. l'auteur de l'article cité dit que la démarche de N. a quelque chose du bouddhisme, auquel celui-ci aurait fait quelques références dans ses écrits : elle serait celle d'une spiritualité sans Dieu,
et mes excuses de prendre autant de place !
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
*Rosée, 'si l'homme est mauvais....' décidément, je vous 'suis' de mieux en mieux. je n'ai pas ce genre de mots pour exprimer ce que je ressens, mais là est mon espoir et mon envie de faire pencher le regard de l'homme sur l'homme. Nietzsche, lui a brillé dans mon esprit quand j'avais 17 ans, concordant avec ma révolte du 'bien fondé', puis il m'a paru inabouti. alors, j'ai laissé tombé la philo. belle coque, mais où est la noix?merci pour ces commentaires.
Ecrit par : kintana | 06.10.2006
Disons que la mise en scène de zarathoustra n'est probablement qu'une commodité littéraire que l'auteur s'est donnée pour planter un decor. Il faudrait être un peu benêt pour croire qu'il se met en scène comme prophête ou bien met en scène quelque prophète que ce soit. Je pense qu'il y a là une ironie à l'égard d'une certaine littérature un peu exaltée et péremptoire.
Il y a une chose qui est rigolote c'est que dans ce billet de varna où il est question de la philosophie/question, on n'arrête pas de parler de Nitezsche qui ne cesse d'affirmer.
A mes yeux, derrière le "prophétisme" apparent de Nietzsche, j'ai toujours eu cette impression d"avoir à faire à un mentalité de petit adjudant. Tout les poncifs sur le désir de grandeur, le sacrifice pour s'élever, le coté petit gradé atrabilaire, moi, il me semble retrouver tout cela à la sauce tambours et trompettes. En fait, si je suis sincère, au fond Nietzsche, j'ai l'impression qu'il sort d'une caserne, pas de la montagne...Ce sentiment bien sûr est subjectif, je ne veux blesser personne qui y verrait autre chose, mais voilà qui est dit.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Nietzsche, à l'instar des prophètes a porté une parole qui le dépassait . Le plus humble des philosophes !
Une parole qui dépasse touche au loin .
Je pourrais en témoigner mais vous n'êtes pas assez "ruminants" pour cela .
Finalement qu'importe la parole pourvu qu'on ait la croix, n'est-ce pas ?
Je vous laisse au cercle vicieux de vos discours où ne brille même pas de questions mais vos petits "moi" ressentimentaux dès qu'ils se sentent un tout petit peu " dépassés" par un meilleur qu'eux .
Nietzsche , je l'ai entendu , il a changé ma vie . Vous, vous m'ennuyez, mortellement .
Ecrit par : | 06.10.2006
Wille zur Macht par "volonté vers la puissance ". Apparement
nos ressentiments ont la vie dure, c'est bien en quoi consiste notre volonté vers la puissance ! D'ailleurs, un vrai Nietzschéèn ne craint pas la contradiction ou même la douleur à travers laquelle sa puissance s'accroît n'est ce pas ? Partant de là, reconnaissez que vous nous devez plus que vous ne semblez le croire...
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Ps et Deleuze, Foucault, Derrida ?
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Un vrai nietzschéen ne craint pas la contradiction, il la suscite même . Mais quelle contradiction pourrait-il attendre d'un malentendant ? Nos ressentiments ont certes la vie dure Mais la volonté de puissance( bien entendue) est le marteau qui leur casse la gueule . De la puissance, (de l'en- puissance de la liberté) est privé l'homme du ressentiment .
Ecrit par : | 06.10.2006
Ce n'est pas Deleuze qui dira le contraire !
Les autres? connais pas
Ecrit par : | 06.10.2006
Il y a là maintenant un emission sur nietzsche sur france culture
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Qui cause ?
Ecrit par : | 06.10.2006
Sollers bien sûr, des universitaires et un piètre journaliste qui s'enerve d'être un peu dépassé. Sollers est excellent pour moi
dans cette emission. Il pense qu'il faut changer le calendrier à partir de Nietzsche... :)))
On parle du mensonge des idéalismes ("le mensonge aux yeux bleus"). On parle du corps chez Nietzsche-Dyonisos-la danse. Le corps est obscur et le langage n'est que le symptôme. Sollers: "Nietzsche marche 4 heures par jour" et écrit sans cesse chaque jour fécondité comparable à celle de Mozart...
Ecrit par : koan | 06.10.2006
"Je continue". Pour Nietzsche, pas de temps, qui est un concept, mais seulement du devenir.
L'eternel retour n'est pas un fait, mais une pensée, sans quoi on devient idéaliste à son tour..." Vous suivez ?
Ecrit par : koan | 06.10.2006
"Nietzsche cherachait dans la musique l'optimisme opposé à son pessimisme philosophique." (Une cornemuse). Il pressent que sans sensualité, (l'Allemagne refoule ) une menace se dessine.
"Opium Wagnerien"-sollers :)))
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Bofffffffffff !
Sollers, récupérateur en tout genre, me dégoûte .
Ecrit par : | 06.10.2006
C'est déjà un sentiment exprimé, le dégoût d'un anonyme. Il est sans nom, identité mais ressent. En apparence, que des reflets et des transparences à mettre en mots dans la philo. Sage est de constater et d'étudier la question.
Ecrit par : eden | 06.10.2006
anonyme, bien que plus ruminant que nous (pauvres), cela ne vous rend pas moins irritable...
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
pour ce qui est de la croix, Dieu n'en a pas besoin nécessairement, si on l'a inventée, c'est parce que les humains qui ont besoin de spectacles poignants pour se laisser pénétrer par l'altruisme
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
Tut tut tut, vos mots vont dépasser votre pensée. J'ai touvé Sollers bon , même si je n'en n'ai strictement rien à foutre à la base, de lui ou de Nietzsche. C'est le seul qui a exprimé franchement l'idolatrie habituelle qui semble accompagner le philosophe.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
"L'amour est la croix sur laquelle on cloue celui qui aime les hommes"
C'est pour cela que Nietzsche préconisait le masque .
Une identité ? Un matricule ? Une légende ? Et puis quoi encore ?
Ecrit par : | 06.10.2006
De l'idôlatrie , pour celui qui a écrit "Le crépuscule des idoles " ce ne serait pas le moindre des paradoxes , dont Sollers ne se prive d'ailleurs pas lui-même dans "Vie divine"
Ecrit par : | 06.10.2006
Je vois bien que vous aimez beaucoup Nietzsche, cher : mais
permettez au moins, avant de jeter des imprécations, que nous ayons (quand nous en aurons trouvé le temps) la possibilité d'en approcher les écrits pour y voir par nous-mêmes ! Je vous assure qu'il n'y a pas que Nietzsche dans ma vie et que pour ce qui est de savoir si je suis fort ou non, la vérité, c'est que vous n'imaginez pas LA FORCE DE PATIENCE qu'il me faut pour rester courtois en toutes circonstances...
Ecrit par : koan | 06.10.2006
koan, je l'ai déjà remarqué, vous avez du flair à saisir très vite là où le bât blesse,
très bien vu, le côté caserne de N.,
bien qu'il voulût combattre l'esprit prussien, s'en est-il laissé imprégné et ne s'en est pas rendu compte ? assez étrange pour quelqu'un qui se prétend lucide...
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
C'est ça , - Allez aux champs ruminer un bon bout de temps....si vous en êtes capables !
Ecrit par : | 06.10.2006
Nietzsche était né prussien et il ne fait pas exception à la rêgle qui veut que quand on chasse le naturel, il revient au galop, dans la langue , dans l'accent . Mais des casernes ma chère , de l'université , des cercles, il s'en est tiré pour penser . Toujours !
Ecrit par : | 06.10.2006
Rosée, calmons-nous. Front contre front ne mène qu'à bosses. Nietzsche a vu dans l'homme soit un faible fuyant dans les encens d'une transcendance hypocrite, soit un fort capable de répondre au réèl de front, justement. C'est tout. Rien de bien nouveau finalement. Il y a l'homo-sexualis de Freud, l'homo-potestatis de Nietzsche mais aussi l'homo-religiosus de jung. Et je ne parle pas de celui de Marx. Tout est une affaire de proportions, une vérité PARTIELLE est toujours une vérité partiale...L'homme est un être composite. L'"homo-polémos" (guerre) n'est pas nouveau lui non plus.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Le problême, avec Nietzsche et son surhomme, et avec la philosophie en général, c'est que ça ne me RASSASIE pas. Le surhomme en fait, me pompe l'air. je n'aime pas son monde et ma force à moi consiste à DESOBEIR à cet espèce d'appétit impérieux de gonfler si possible à l'infini qu'il a l'air de vouloir me présenter en guise de devenir. En fait, je trouve ça chiant comme vision...
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Ecoutez Koan , si la lecture de Nietzsche n'est pas vitale pour vous , oubliez-le !
Ecrit par : | 06.10.2006
Soit. Mais il y a pour finir une chose que je veux vous dire, ma "faiblesse" ne redoute qu'une chose, ce serait d'avoir été inutilement blessant à votre endroit. J'espère que vous aurez compris que la friction de nos echanges n'avait, en tout cas de ma part, rien à voir avec de l'agressivité ou de la colère dirigées contre votre personne.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Il n'y a eu ni échange, ni partage , mais un vol de mouches autour d'un diamand dans un écrin de merde . Je l'ai juste remis à sa place , le diamand . Que les mouches aillent leur destin !
Ecrit par : | 06.10.2006
Quand la muse est à l'oeuvre, à quoi bon résister.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
si le naturel revient au galop quand on le chasse, n'est-ce dire que la volonté de puissance est un mythe ?
mais il y a plus grave, en niant Dieu, N. n'a-t-il pas été à l'origine
des deux sanglants totalitarismes (naziste et communiste)
qui se sont déchaînés au XXe siècle et qui ont voulu mettre l'homme à la place de Dieu ?
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
Rosée, ne serait-il pas SAGE de mettre un terme à cet échange ?
En effet notre interlocuteur a manifesté clairement le désir de tourner la page, me semble t'il.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
Si le naturel revient au galop quand on le chasse cela veut dire que dans le naturel réside en grande part la volonté de puissance . Cela est vrai pour l'homme cultivé, cela est vrai pour la nature domestiquée ! Ne peut-on pas craindre le pire d'une volonté de puissance bafouée ?
Ecrit par : | 06.10.2006
je veux dire que tant qu'il ne croit pas à l'existence d'une réalité qui le transcend et qui est meilleure, l'homme ne peut pas sortir sa condition naturelle, celle du homo homini lupus
il ne peut pas asseoir en sur lui-même ce meilleur, parce que, justement, il est mauvais
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
Nietzsche n'a été à l'origine de rien du tout . Sa parole par contre est oraculaire . Le retour des monothéismes empêcherait alors, dans votre logique les totalitarismes... N'est-ce pas un peu drôle ce que vous dites là ?
Ecrit par : | 06.10.2006
koan, l'idée de la sagesse que vous proposez m'est venue aussi,
mais je me suis dit que, pour nietzschéen qu'il se déclare, notre interlocuteur n'a pas probablement pas atteint le stade du surhomme,
on peut donc lui pardonner...
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
Pour ce qui me concerne, j'essaie de commencer par atteindre un stade humain, pour les superlatifs, on verra plus tard.
Ecrit par : koan | 06.10.2006
anonyme, pourquoi me faites vous dire des choses que je n'ai pas dites ?
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
Ce n'est pas Nietzsche qui est venu vous chercher , mais vous qui venez à sa parole , comme les hommes supérieurs vers la caverne de Zarathoustra ...
Ecrit par : | 06.10.2006
Mon dieu, varna va nous mettre une de ces chasses...Varna, pardon, pardon !!!
Ecrit par : koan | 06.10.2006
anonyme, Jésus ne bafoue pas la volonté de puissance de l'homme que dans ce qu'elle peut avoir de mauvais,
empêcher les marchands s'emparer du temple est-ce bafouer la volonté de puissance ?
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
Non , par ce geste, Jésus empêche les marchands de s'emparer à leur profit de la volonté de puissance divine , inhérante au coeur de l'homme .
Ecrit par : | 06.10.2006
rires...
vous voyez, koan, qui aurait pensé que notre gentil ami varna nous attire dans un piège pour nous flageller, en bon nietzschéen ?
j'en suis déjà flagada, je déclare forfait pour aujourd'hui !
Ecrit par : rosée | 06.10.2006
p.s. [rubrique invisible] : je pense maintenant comprendre ce que cela signifie ! (rires...)
Ecrit par : rosée | 06.10.2006