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12.11.2006

Les deux envers d'un droit

(Prolongement de la note précédente)

L’Inter-dire (définition) : La Loi et l’usage en matière de dire. [Rappel : nul n’est censé ignorer la Loi].

Par exemple :

1) Tu aimeras les contacts humains comme toi-même. [Ca tombe bien, j’ai besoin de m’aimer au contact des autres !]

2) Tu t’efforceras d’avoir l’esprit de communication : c’est moins important ce que tu penses que de le dire à quelqu’un.[Ca tombe bien, ce que je veux avant tout, c’est de faire savoir aux autres !]

3) L’important pour chacun est de ne point rester seul. [Ca tombe bien, seul je m’insupporte !]

4) Tu as le devoir de répondre. [Ca tombe bien, j’ai un amour-propre à défendre !]

5) Voilà, tu as maintenant le droit à l’expression. [Ah, à moi, à nous deux le monde !]

 

<> 

Sous couvert de son droit à l’expression et de son intérêt aux contacts humains, chacun est soumis en fait à l’obligation (plus importante, plus nécessaire collectivement) de se mêler très tôt, trop tôt aux autres et de répondre à tout sans préalable : répondre de ses actes, répondre quand on lui parle. « Je te parle, quoi que je te dise tu as obligation de me répondre".

Répondre de ses actes en toutes circonstances, Répondre à tout interlocuteur quel qu’il soit.

Autrefois c’était l’honneur du clan, aujourd’hui c’est l’amour-propre de chacun qui est ainsi titillé dès l’enfance et relève insidieusement d’un usage strictement collectif de chaque « moi ». L’amour-propre de chacun est en effet flatté et aiguisé par une liberté d’expression  en guise de connais-toi toi-même. « Tu vis en société, tu n’as pas le droit de t’isoler. S’isoler est lâche. Tu n’es rien sans nous, nous seuls pouvons t’aider à être toi. Voilà.   –  Mais tu as le droit de t’exprimer !…. ».

Mais c’est un véritable mot d’ordre, ça ! Et si je n’en veux pas de votre manigance !? Et si je préfère me taire ? « Pourquoi le dire  si on peut le taire ? » - voilà une formule bien imprudente ! N’a-t-on pas le droit de comprendre qu’il s’y cache peut-être un trésor !? Serions-nous pour autant des abrutis, des aliénés, des parias, des solitaires, des tours d’ivoire ? Question : le droit d’expression, c’est juste un questionnaire ou bien c’est déjà un interrogatoire ?  

 

Permettez !  –  avant d’user de ce droit, laissez-moi d’abord éclore 

Eclore, c’est l’art d’approcher et de bien user du droit aux autres 

Eclore, car alors seulement se présente le véritable choix : 

(parce qu’)On s’est connu seul avec soi, 

On s’applique maintenant à de vraies rencontres

 

<>

Dit autrement : Par sa façon de flatter l’amour-propre de chacun avant même que celui-ci soit (‘lui-même’), la liberté d’expression  –  une Loi de l’Inter-dire, une de ces pirouettes juridiques « façon Droit » destinée à imprimer dans les esprits l’idée d’un devoir, en contrepartie, de répondre   –   précipite chacun de nous sur les autres, le prive ainsi de tout préalable ‘connais-toi toi-même’…  Le seul « soi » promu et qui « intéresse » vaut en tant qu’amour-propre : plus on est nombreux plus on (se) partage. Plus grandes seront la confusion et l’absence, meilleur sera le mélange….

Chacun croit ainsi « s’enrichir » sans préalable au contact de l’autre ; en réalité il cherche avec les autres comment commercer ensemble en dépit de l’absence et du manque... [On n’a rien à dire, mais on le partage]

Les deux offres à l’envers d’un même Droit : 

« Tu n’es qu’amour-propre 

Tu dois aller vers les autres car tu es absent, 

Vois, je te jette sur eux, tu es libre de leur répondre.                                                                                              

Je t’offre ainsi de te connaître, 

De suppléer par les autres à ton manque 

Sans plus besoin de « connais-toi » signé « toi-même » 

Juste ce qu’il faut de toi-même pour pouvoir te défendre »

 

<>

 

 

Imaginons un dire qui ne soit ni d'amour-propre ni de riposte : dire-être au monde !?

                                                                                                                          [[autre prolongement suit]

Commentaires

"Imaginons un dire qui ne soit ni d'amour-propre ni de riposte : dire-être au monde !?"

ça ne s'imagine pas, ça se vit .

Ecrit par : | 12.11.2006

LIRE A L'ENDROIT LES REVERS

L'Homme, debout dans la plénitude de l'Être, n'a nul besoin de salamalecs prétentieux pour faire partager aux autres la qualité de son rayonnement intérieur. Celui-là sait que les offres de service dans ce registre sont pure intentionnalité guidée par ce qui n'est pas énoncé dans le discours de surface. La seule Loi en exercice dans ce monde réside dans "aide-toi et le ciel t'aidera", les naïfs et les indigents seuls croient que les prédateurs peuvent leur apporter quelque chose, aussi personne ne pleure-t-il sur le sort de ces victimes qui ignorent souvent les clins d'oeil qui leur sont adressés.
Tant que l'individu supposé n'est pas arrivé au bout de lui-même, sa seule attention ainsi que tous ses efforts doivent résider dans "commence par ta propre personne". Le jour où il atteint le bout de lui-même, il n'a plus besoin des prétendues générosités soi-disant offertes - mais en réalité vendues, les naïfs seuls croient aux cadeaux - , épanoui qu'il est dans la contemplation sereine et la connaissance que lui apporte sans contrepartie l'univers.
Les maquereaux de la vie trafiquent et détournent les énoncés d'une Loi sans règle, poursuivant des buts illusoires en s'intoxiquant de leur propre vanité. La lucidité, quand elle croise leur chemin, rit de ces fous agitant des breloques misérables dans le vent creux et rouillé de leur désespoir tout comme elle rit à l'énoncé des délires de leur discours alambiqué n'ayant pour but que de séduire des proies aspirant à la victimisation.

Ecrit par : gmc | 12.11.2006

Ce n'est qu'en allant au bout de lui-même que l'amour rompt avec l'amour propre . C'est une longue explication . Un long rapport de forces !

Ecrit par : | 12.11.2006

anonyme,
gmc ne voit pas ta réponse, sorry

Ecrit par : gmc | 12.11.2006

Varna > Avez-vous choisi ce terme d'amour-propre, à distinguer de l'orgueil ? C'est important de le savoir pour ne pas se tromper de niveau de lecture.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 12.11.2006

gmc devrait chausser des lunettes parfois avant de répondre .

Ecrit par : | 12.11.2006

Marie-Gabrielle > je crois que l'orgueil est un sentiment dont on a davantage conscience que l'amour-propre. Celui-ci est plus naturel - "chacun se donne à tout moment raison d'être comme il est : c'est à cela que sert le langage..." - mais aussi plus en profondeur, plus sournois. Et il est peut-être même objet d'une "éducation" : c'est là l'ironie de ma note. Un amour-propre qui serait encouragé par l'état d'esprit de la communication. Pourquoi est-il préféré à "l'orgueil" de qui se connait soi-même..., c'est bien là la question !

Ecrit par : varna | 12.11.2006

quelle utilité un aveugle peut-il trouver dans une paire de lunettes? surtout quand il pratique une absence de lecture et que cette lecture est essentiellement olfactive et morphogénétique.

par ailleurs, si c'est le cas, le spécialiste de la communication à l'origine de cette note ne manquera pas de répondre au commentaire de gmc, histoire de bien lui montrer qu'il s'est mépris sur le sens de ses propos.

il semble que "tu aimeras les contacts humains comme toi-même" n'ait pas le signifiant, loin de là, que "tu aimeras ton prochain comme toi-même", etc...etc...

Ecrit par : gmc | 12.11.2006

"on a rien à dire mais on le partage" oui ,oui et oui!
Aborder le sujet du temps qu'il fait avec quelqu'un...Les cyniques considèrent ce sujet comme banal, mais il est vrai qu'aucun autre n'incite aussi bien à la conversation. Prends la peine d'y réfléchir un instant, et tu découvriras le caractère métaphysique, voire religieux de l'intérêt porté à l'arrivée de vents froids ou à l'accumulation de la neige tombée. Le temps qu'il fait, c'est le grand égalisateur. Personne n'y peut rien, et il nous affecte tous de la même manière - riches et pauvres, Noirs et Blancs, bien portants et malades. Il ne fait aucune distinction. Quand il pleut sur moi, il pleut sur toi aussi. Contrairement à la plupart des problèmes auxquels nous avons à faire face, ce n'est pas une situation crée par l'homme. Discuter du temps qu'il fait avec un inconnu, c'est lui tendre la main et ranger les armes. C'est un signe de bonne volonté, un témoignage d'humanité partagée avec la personne à qui tu parles. Alors que tant de choses nous séparent, qu'il y a parfois dans l'atmosphère tant de discorde, il est bon de se souvenir des choses qui nous rassemblent..."

(d'aprés le Gotham Book de Paul Auster repris dans Constat d'accident.)

Ecrit par : Elle | 12.11.2006

Elle > Toutes les occasions sont bonnes, même par mauvais temps, OUI ! Mais vous ne m'avez pas demandé le temps qu'il a fait ici aujourd'hui. Sans doute est-ce à dire que vous avez dit quelque chose ;-))

Ecrit par : varna | 12.11.2006

Varna > je me suis senti les jambes coupées à la lecture de cet article, et mes mains en tremblent encore... je n'avais pas encore eu le temps de le lire entièrement, et vous remercie de ce présent.

Cependant, deux registres sont en présence. D'où la difficulté à vous suivre car, comme pour le narcissisme, je crois que l'amour-propre aurait encore sa véritalble définition.

Or, la communication réitère un état d'être toujours premier. A partir de là, considérons donc l'intention...

Il me fut dit plus jeune par une personne chargée de mon éducation : "toi, tu n'as que de l'amour propre, moi, j'ai de l'orgueil". Un peu plus tard : "quelle est cette petite vermine qui se permet de... " .

J'aurais stratifié votre trame qui est un écho du corps pour moi, que je saurais la lire... encore, et volontiers.

Alors, Varna... Maestro !?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 13.11.2006

Grand Bonjour,
Je voudrais vous remercier pour avoir répondu au « devoir de vacances » que je proposais le 3/11. Mon idée était de faire un résumé circonstancié des réponses à l’intention de tous mais je me rends compte que c’est peine perdue: les contributions sont tellement variées et originales qu’il est impossible d’en faire un résumé. Et même si c’était possible, le résultat, forcément réducteur, ne rendrait vraiment justice à personne. Je préfère donc vous suggérer de passer quelque temps à prendre connaissance de toutes les contributions. Elles sont toutes intéressantes !
J’espère que, comme moi, vous en tirerez des enseignements qui vous seront profitables.
Sauf imprévu, je me permettrai de vous recontacter lors des prochaines vacances pour un autre « devoir » que j’ai déjà imaginé. Entretemps, portez-vous bien. Au plaisir de vous lire régulièrement.
Marc

Ecrit par : Marc | 13.11.2006

Marie-Gabrielle > Votre remarque au sujet de la distinction amour-propre / orgueil m’a parue tout à fait pertinente par leur différence de « niveau » [comme vous disiez précédemment] au sein de notre conscience individuelle. Ainsi, la première réflexion qu’on vous a faite et dont vous parlez plus bas [« toi tu n’as que de l’amour-propre, moi j’ai de l’orgueil »] référait manifestement à une différence de mérite, comme si l’amour-propre « relevait » sans faillir de la nature, et l’orgueil de la Culture.
Ici vous auriez pu cependant rétorquer (n’était votre âge d’alors) en citant Nietzsche contempteur d’esprits, lequel dit en substance, relevant par là un négatif : « Il y a quelque chose dont il – le dernier homme – est fier… : la Culture ». L’amour-propre, l’instinct, le spontané, l’irréfléchi, seraient alors à ôter du tableau de chasse de la Culture pour les remettre dûment aux mains de l’être véritable…
Du reste, le mépris affiché par la personne dans la seconde remarque que vous relatez [« Quelle est cette petite vermine qui se permet de... »] permet de mettre en doute la « qualité » de l’orgueil déclaré : un orgueil « mérité » n’a nul besoin de se manifester ainsi par le mépris. Il reflète malgré lui une dépendance qui ne l’honore pas, bien plus : le trahit.

Reste à départager lesdits sentiments face à la communication…

Je n’ai certainement pas épuisé les différences amour-propre / orgueil, et n’ai souligné dans ma note que l’aspect utilitaire [pour l’Inter-dire] de l’amour-propre malicieusement flatté au détriment d’une AUTRE conscience de soi – pas nécessairement orgueilleuse du reste – plus dans la retenue, et pour cette raison même, plus féconde. Que cet « état d’être » conduise par la suite à se déjouer de soi et à faire ainsi disparaître bien des dichotomies, c’est là ce qu’il reste sans doute à découvrir, et que ma note ne dit pas.

Sans chercher la véritable définition de l’amour-propre, je crois que celui-ci n’est pas nécessairement le seul à l’origine du don (je crois entendre ce mot quand vous prononcez « communication ») : celui-ci peut aussi bien naître d’un abandon de soi, voire, peut-être, d’un mépris de soi… Est-ce qu’on nous enseigne ce dernier ? Le désir de communiquer est géologique. Ses eaux seules sont phréatiques ;-)
L’état d’être toujours premier que la communication sans cesse réitère [pour reprendre vos mots] me semble tout sauf clair. Supposer l’amour-propre seul à son origine, ou à défaut tenter de saisir l’intention [comme vous le faîtes juste après, je crois], c’est tomber dans le registre de la justification [envers qui ?] ou d’un égarement dans la strate purement intellectuelle, sécessionniste par définition [intellectualisme].

La chair est triste d’avoir lu tous les livres ? Lisant, le corps s’assagit-il ? Et au réveil, riche de quoi ?

Vous avez bien fait de stratifier ma trame ; vous donnez ainsi au corps en écho sa troisième dimension. La quatrième s’impose – corps dans l’espace physique de la présence qui est AUSSi celui de la communication – mais il n’est point « écrit » qu’il faille heurter la chair contre l’esprit. Je ne crois pas qu’ils s’opposent, ni même nécessairement se « complètent » - ce serait là avouer leur hétérogénéité de sens : le verbe être bien compris, bien senti, bien agi, les réconcilie bien plutôt. (clin d’œil à votre blog). Pour ceux que le mot « être » gêne, entendez « présence ».
J’espère avoir répondu à votre interrogation.

Ecrit par : varna | 13.11.2006

oui

Ecrit par : Marie Gabrielle | 13.11.2006

encor juste une petite question comme ça...

"il (le don) peut aussi bien naître d'un abandon de soi, voire d'un mépris de soi"

+

"Supposer l’amour-propre seul à son origine, ou à défaut tenter de saisir l’intention, c’est tomber dans le registre de la justification [envers qui ?] ou d’un égarement dans la strate purement intellectuelle, sécessionniste par définition [intellectualisme]."

=

Question : why not, si le refus du don, donc de l'amour, donc de l'acceptation du don en font un passage obligé,
Question : où est le pb ?
Question : ça fait mal ?
Question : on y perd sa féminité ?

Ne vous attardez pas au ton de cet interrogatoire, Varna, je vous en prie..

Ecrit par : Marie Gabrielle | 13.11.2006

Le don ne s'éprouve comme tel (ne fait l'épreuve de lui-même ) que dans la résistance qui lui est faite. On ne se débarrasse qu'alors vraiment du collant manteau de roi(de reine ) de l'amour propre.Sans doute .

Ecrit par : | 13.11.2006

et vive l'énergie du désespoir...

Ecrit par : Mastic | 13.11.2006

"Vous qui entrez ici, laissez tout espoir "

(Lautéamont, poésies)

Ecrit par : | 14.11.2006

Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c'est qu'elle blesse la nôtre.


Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés.

Ecrit par : l | 14.11.2006

Marie-Gabrielle > Pourquoi ne pas justifier le don par des mots, voire par l’intellectualisme, quand il se voit refusé par autrui ? Si c’est bien là votre question, le « passage obligé » dont vous parlez indique clairement que le don souffre de ne pouvoir s’accomplir. Je ne sais plus, à ce niveau là, s’il y a une différence entre le don et l’amour ; ce qui me paraît sûr c’est que dans ces conditions, réussissant enfin à se faire accepter, le don(neur) ne peut alors que remercier celui qui l’accepte. Ainsi a-t-on toute raison de remercier l’Autre (comme dit Kate, avec un grand A, le même que pour l’Amour) de se laisser aimer. Ce type de don n’est pas sans contrepartie puisque celui (pardon celle, lol) qui donne, lui aussi, remercie. Je n’ai rien moralement contre, mais il y a un hic sur la définition. Plutôt que don, il faudrait dire « troc » ? Berk ? Mais l’échange de bons sentiments ne déshonore pas les rapports humains, et c’est tout de même ce qui s’oppose le mieux à leur trafic commercial, non ?

Face à un mendiant, j’ai remarqué que ceux qui donnent ne s’embarrassent pas de justifications. Ils donnent et c’est tout. A l’inverse, ceux qui ne donnent pas ne sont pas avares de mots, comme s’ils se trouvaient devant une situation qui les force mais à laquelle ils croient bon de résister. Le don se range donc cette fois du côté de la spontanéité irréfléchie (« le cœur »), et laisse les discours au « non » de ceux qui croient devoir se défendre.

Je finis par un paradoxe qui m’est cher : c’est toujours au nom de valeurs positives (Bien, Beau, Utile, Intérêt, Collectivité, Objectivité, Communicativité, Dieu, etc.) que la plupart des bons sentiments (dont le don ?) tentent de s’imposer partout. C’est là qu’intervient peut-être la meilleure distinction entre le don objectif et l’amour subjectif, car si je donne et remercie à la fois, je peux aussi, par amour, ne pas convoiter l’autre pour qu’il reçoive ce que j’ai à donner…. Comment ! L’amour retient parfois le don !? Alors il n’y a plus que l’aban-don : l’Autre prend ou ne prend pas ce que je lui abandonne, mais ça n’est pas pour lui « prendre »… à l’hameçon !

Ecrit par : varna | 14.11.2006

Hoctus est Mort, Vive Hoctus !

Ecrit par : Tzara2stra | 14.11.2006

varna,

tu t'enfonces dans le très faiblard avec ce dernier commentaire.

"la perte de la vérité, l'oppression de cette ignominie dirigée qui s'intitule "bien" (le mal, non dépravé, inspiré, fantasque est utile) a ouvert une plaie au flanc de l'homme que seul l'espoir du grand lointain informulé (le vivant inespéré) atténue." (René Char)

troc: base originelle du commerce, business aussi donc (échange = même signifiant).
sentiment: névrose générée par une lecture approximative des plans de fabrication et du mode d'emploi.

enfin, le don ne se range pas uniquement CETTE FOIS du côté de la spontanéité irréfléchie mais EN PERMANENCE, il n'a à cette occasion de don que le nom (les autres types de dons supposés n'étant qu'intérêts égotiques déguisés et ornés de fanfreluches); or, "toutes choses sont libres du langage" (Soûtra de l'entrée à Lanka, fayard 2006)

Ecrit par : gmc | 14.11.2006

La vertu qui donne est insoucieuse de contrepartie Varna . Elle remercierait plutôt secrêtement le donataire de la susciter , donc de la mériter .

Ecrit par : | 14.11.2006

Je ne comprends pas bien tout sur la fin, Varna (je vous le rappelle : je ne suis pas un eintellectuelle...) ; néanmoins, je fonce... sans problème.

Il ne faut pas tenir compte des dits "faciès", Varna ! qui chercheraient à vous faire dire ou croire que vous n'auriez fait que donner - sans aucun lieu de résister, fonction consistant (comme nous sommes là loin du Theillard !) à mettre le robinet d'eau sur rouge en France (et bleu ailleurs)... dans un premier ou dernier temps.

Quelle définition de l'entre-dire pourrait donc prétendre échapper à la traction du don, faisant que l'on ne donne pas sans recevoir, rendant ainsi vraie la réciproque ?

Définition de l'entredire, tout clos, tout minuté, tout mielleux, tout faux. L'entre-dire n'est pas un temps mort, il est espace libre, cette sorte de pont sur lequel s'échangent les agents doubles, les prisonniers, les pauvres...

A suivre...

Ecrit par : Marie Gabrielle | 14.11.2006

Pars ailleurs... peut encore (pouvait ?) exister une spontanéité du non, même paradoxale, peut-être équivalente au don. C'est ainsi...

(...) Paris (18)... une dame refusa mes 10,-FF, afin de se faire d'abort écouter : "il faudrait que je me mette du cirage sur la figure..." - disait-elle... sans "Extrême", d'aucune sorte ! à la bouche.

A l'inverse, ce mendiant (en attente AUSSI de drôlerie ou de contact fort et sur le fond), m'aurait volontiers trucidée (sans son copain sobre...), après que je lui ai eu dit "non" - à la énième photo montrée. Je considère pourtant avoir donné.

Qu'auriez-vous à redire, mon cher Varna ?

Sinon, je suis humble devant ces "positions" - que vous semblez avoir adoptées, et sans sagesse aucune à revendiquer, malheureuse - à cette échelle (du moins)...

Ecrit par : Marie Gabrielle | 14.11.2006

...d'abord (?)...

Ecrit par : Marie Gabrielle | 14.11.2006

Sans doute faut-il "d'abord " être mendiant soi-même pour donner à un mendiant . Tant que ce fond commun n'est pas atteint il il a de l'abjection dans la reconnaissance du don et de la vengeance (le "non" fier ?) qui de met à couver des oeufs qui finiront bien par éclore .

Ecrit par : | 14.11.2006

tout est image... (pédagogie actuelle en vogue). N'est-ce-pas, grand anonyme ? Vos mots allument en moi les carrières de sel (cette sorte de concentration en forme de "traçage"), réunissant des rails jadis encore utiles...
Tout peut-il pour autant se mendier ? Et l'amour, notamment ?

Ecrit par : Mastic | 14.11.2006

"des rails jadis encore utiles... "
Je ne retiens de votre com que cette énigme, qui m'interroge .

Ecrit par : | 14.11.2006

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