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15.11.2006

Philosophie et / ou connais-toi toi-même ?

[Un prolongement des deux notes précédentes]

 

Quand elle ne cherche pas la vérité en soi,

La philosophie se nourrit d’un paradoxe :

Elle enseigne à chacun comment penser « par soi-même ».

Ce qui signifie, selon elle, penser droit.

 

Ainsi chacun est censé a priori être en mesure  

De penser droit comme on rabote droit une planche

C’est là le savoir-faire du philosophe, il m’enseigne comment faire 

Il veut le faire mien, que ce soit bien « moi ».

 

Mais si je ne suis pas en mesure de penser droit ?

Alors c’est que je suis de travers.

La philosophie vient corriger l’être que je suis, elle rabote mon être

Jusqu’à ce que je sois en mesure de filer droit comme une planche.

 

Me voilà donc ramené dans le droit chemin.

Mais est-ce qu’on pense mieux « par soi-même » quand on est raboté de toutes parts ?

Est-ce qu’on n’est pas plutôt conforme à l’idée du « soi-même » que la philosophie enseigne ?

 

Il suffit. La philosophie est au service de La Pensée,

La Pensée qui dit la norme et prescrit

Elle n’a rien à voir avec mon dire-être

Dire-être par soi-même

S’exprimer tout d’abord à soi-même soi Avant que d’aller penser avec les autres « pour être »

Commentaires

NB/ J'ai toujours le même problème de script et d'interlignes (par exemple la dernière ligne involontairement espacée) indépendant de ma volonté. N'y voyez aucun sens délibéré !

Ecrit par : varna | 15.11.2006

"Il suffit".. (,,,, - j'ade-or !!!!!).
Repris le sérieux, Varna, j'ai un peu de mal avec le dernier paragraphe très à fleur de peau, quelques part..
Pourquoi part-on "penser avec les autres "pour être"" ? La tête germée comme une pomme de terre ? Excusez la figuration, Varna, mais c'est un peu ce à quoi tout cela ressemble, à bien y penser, ne croyez-vous pas ?

Ecrit par : Mastic | 15.11.2006

"La présence du désir comme celle du dieu ignore le philosophe. En revanche le philosophe chatie." (René Char, feuillets d'Hypnos)
on aurait pu écrire castre à la place de chatie.

pour mémoire:
penser: du sanskrit "mens, manas", mesurer.
poésie: du grec "poeien", créer.

l'accès à être ne passe pas par la pensée conditionnée (la nature de la pensée est toujours d'être fragmentaire, conditionnée, voire mécanique).

Ecrit par : gmc | 15.11.2006

Gmc > "La nature" et "la pensée" sont déjà des termes philosophiques. "La présence du désir comme celle du dieu ignore le philosophe" : PensER et Présence suffisent donc, inutile d'en rajouter.

Ecrit par : varna | 15.11.2006

M’astique > Permettez-moi de donner un bref résumé à peu près de ces trois notes :
L’Etat d’esprit qui gère la communication humaine flatte l’amour-propre de chacun parce que plus propice à leurs pérennités respectives que ne le serait une communication fondée sur le préalable individuel suivant : connais-toi TOI-MEME. Encore que j’ai sciemment remplacé dans cette dernière note l’expression épistémologique « connais-toi toi-même » par celle, plus ontologique : « s’exprimer à soi-même à soi »*. Autrement dit, à défaut de s’être soi-même « rencontré » – et c’est par là qu’on se « connaît » – chacun est contraint de chercher quelque moyen « pour être ». Comme par hasard il est crié sur tous les toits que les Zautres justement y pourvoient... Mais j’ai fait allusion à ce qui s’y échange alors, à défaut dudit préalable [sauf respect pour l’être de chacun : je suis prêt à parler même du temps qu’il ne fait pas pourvu d’une rencontre !]. Mais mes notes constituent plus une invite qu’un reproche, une invite à une expression a parte préalable, non point nécessairement une « intériorité » en vue d’une « extériorité », mais une ex-pression de ce que l’on est, « soi ».
Un repère, peut-être : « là où CA te parles [et non pas là où LES AUTRES te parlent…] – tu es ». Notez la différence de « parler » dans les deux cas, comme plus haut au sujet de « connaître ». Les autres, c’est aussi bien la philosophie, par exemple.
Que le soi et bien des dichotomies s’évanouissent alors, j’y ai déjà fait allusion dans un commentaire, mais ça ne fut pas l’objet de ces notes.

NB / Nombreux sont les logiciens qui voient dans le mot « être » un mot de trop. Je leur suggère de déplacer leur rejet (ou leur bêtise ?) vers l’expression : « pour être ».

(*) Expression qui a le défaut immédiat de suggérer un « recentrement sur soi ». Ca n’est pourtant pas ça, voyez plus loin.

Ecrit par : varna | 15.11.2006

varna,

"toutes choses sont libres du langage"

penser est un processus mécanique, seule suffit la présence.

or la pensée ne peut expliciter la présence d'où le "chatie" du philosophe (le philosophe est créé par la pensée, non l'inverse, jamais un penseur n'a créé une pensée, ceci est on ne peut plus clair dans l'observation objective du processus de la pensée).

Ecrit par : gmc | 15.11.2006

Varna > cela reviendrait à profiter de la "donne" que représenterait le silence faisant alors office de "répétiteur" bienveillant au sein de ce que l'on qualifierait grossièrement - sans l'autorisation préfectorale et donc par dérision... de " conversation intestine" ?
En fait une réalité à la base de toute intimité, en préalable à la rencontre, alors profitable à chacun ?

Ecrit par : Mastic | 15.11.2006

Le préalable à une rencontre profitable est déjà une rencontre, fut-elle ancienne, fut-elle profondément enfouie : deux morceaux d'un symbole brisé se souvenant de l'entité accèdent alors à plus de connaissance ( ça nous parle, en effet, ça revient nous parler de nous) .

Ecrit par : | 16.11.2006

(Cela me rappelle la première semaine passée chez mon mec, où j'ai pêté la boule sur la tête à Shinta en passant l'aspir...).

Ecrit par : Astrid | 16.11.2006

| > Donner à entendre qu'on a aussi un nom et un lieu propres (...) et pas seulement des idées anonymes à échanger permet aussi de nous rencontrer à "l'étage véritable" : les deux morceaux à recoller ne sont pas ici symboliques. Ils sont tous deux à décoller, à mon avis, de cette sempiternelle sphère noétique où même les organes sensoriels se disent ! Un comble ! Marie le dit-elle aussi en un mot : "présence" ? Mais pas de confusion ! : il n'y est pas même question de sentiments ! Je n'ai encore rien dit du préalable spatial de la rencontre profitable... Vous en touchez un mot par votre type de présence. Mais ne le prenez pas mal, s'il vous plaît !

Ecrit par : varna | 16.11.2006

Ai-je parlé de sentiment ? Mais je vous écoute ...

Ecrit par : | 16.11.2006

Marie ?

Ecrit par : Astrid | 16.11.2006

...vingt mille lieues sous les mers.

Ecrit par : Mastic | 16.11.2006

|> Non, vous n'avez pas parlé de sentiments, et j'ai voulu à mon tour écarter toute confusion possible.
Astrid > Marie-Gabrielle, je voulais dire.
Mastic > Vous enrichissez notre espace.

Ecrit par : varna | 16.11.2006

La philosophie n’enseigne aucun « soi même » bien au contraire, elle est scepticisme, elle est le scepticisme profond, radical si essentiel qui n’est pas de croire que rien n’est vrai, que tout les discours de vérité se valent, que toutes les vérités sont relatives, mais qu’il n’y a de profondément vrai que le mouvement de la pensée qui fait passer d’un discours de vérité a un autre.
Cette remise en cause propre à l’acte de philosopher ne peut que nous amener en premier lieu à remettre en cause l’égo, cette « ombre de soi » comme dit Ramana Maharshi, ombre que vous semblez sans cesse vouloir mettre en avant dans une relation à l’autre. La philosophie, en cultivant l’attention, la vigilance permet de reléguer cet égo à ce qu’il est, une ombre de soi.
Que devient l’inter dire une foi relégué l’égo au rang d’image instantanée en mutation permanente, agrégat de particules en mouvement ? Comment ne pas y voir une forme, non pas de conscience de soi, mais de conscience de nous….Nul besoin de rencontre, ni de recoller des morceaux, il suffit d’un peu de philosophie (de déréalisme) pour redonner corps à ce que l’égo avait atomisé.

Ecrit par : metalogos | 19.11.2006

Ceci m'intéresse, metalogos.

"la vigilance permet de reléguer cet ego à ce qu'il est, une ombre de soi."

En effet, un corrolaire se trouve être déplacé dont cet autre "nous" hérite : la question de la connaissance de soi.
J'adore le mot "scattered" en anglais, depuis ma première année d'apprentissage de la langue, et cette préférence-là, demeure - quitte à me répéter...
J'avais lu un livre intitulé : "l'oeuf éclaté", qui reléguait l'amour du prochain pour autoriser déjà les affinités électives, alors formulées autrement, mais d'une manière certainement sensible, comme celle que vous exprimez ici.

Alors, est-ce que l'ego atomise ? Je me pose la question sous l'angle du rapport établi avec notre vie/soi comme construction, solide.

Exist-t-il une arche permettant d'oublier que nous oublions, tout en admettant que ce que nous construisons serait beau et susceptible d'être bon ?

Ecrit par : Mastic | 19.11.2006

Metalogos > Réduire la philosophie au "scepticisme profond, radical et essentiel", c'est là sans nul doute le geste d'un ego en conformité avec l'idée qu'IL se fait DE la philosophie. En réalité, comme tu le sous-entends toi-même, il ne me paraît pas légitime qu'aucun ego ait le droit de se l'approprier… ;-)
D’autre part, l'adage "connais-toi toi-même" est un adage philosophique de la première heure. Je ne l’ai pas inventé. Si tu penses qu'il faut maintenant l'extirper de la philosophie, tu peux toujours te faire philosophe. Pour ma part, j'ai simplement voulu relever un paradoxe entre ce vieil adage philosophique qui renvoie chacun à "lui-même" ET la philosophie même qui prétend lui enseigner ce qu’il est "lui-même". Rien de plus. Je me garderai bien de définir « l’ego » comme tu le fais ! Cependant, un lien entre un ego et la philosophie, je reconnais que tu viens d’en redonner un fameux exemple. Il a fait école et mérite toute notre attention ! Reste à savoir de quel côté se tourne ton scepticisme, si c’est du côté de la connaissance ou du côté de l’ego. Attention question piège mais à laquelle on peut répondre ! ;-)

Ecrit par : varna | 20.11.2006

Mastic > « Existe-t-il une arche permettant d'oublier que nous oublions, tout en admettant que ce que nous construisons serait beau et susceptible d'être bon ? » n’est ce pas là une définition de la philosophie ?
Varna > Et bien non, tu ne retourneras pas le discours contre son auteur en lui renvoyant son égo à la figure ;-) Car c’est bien l’égo que la philosophie me conduit à contester.

Ecrit par : metalogos | 20.11.2006

Varna : je n'ai pas compris...

Ecrit par : Mastic | 20.11.2006

metalogos : il me semble que nous venons de nous croiser.

Ecrit par : Mastic | 20.11.2006

Mastic > C'est pas grâve ! "Connais-le, toi-même" - vous le prendrez avec plus tard ! ;-)))

Ecrit par : varna | 20.11.2006

cum, niet.

Ecrit par : Mastic | 20.11.2006

Metalogos > renvoyé à la figure : son ego ou bien l'écho de son ego ? Définir la philosophie c'est déjà prendre pied en elle, non ? Quoi ! Il n'y aurait donc pas de définition objective !? Mais si ! Chez ceux-là même qui l'ont définie... en premier ! ;-)

Ecrit par : varna | 20.11.2006

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