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04.12.2006
Le geste po(ï)étique : un modèle de relations humaines ?
Dans les lignes qui suivent, je voudrais mettre en lumière un point de frottement entre le don po(ï)étique d’une personne (s’il en est) et la volonté de savoir, le besoin d’explication d’une autre, face à son oeuvre. J’espère que la forme non poétique de ces quelques réflexions ne permettront pas de conclure trop vite que j’en donne là une explication rationnelle ;-). Cette note fait suite à la précédente, mais aussi en quelque sorte à « La part de l’autre » et à « Dire-être » dans laquelle la notion de poète « inoffensif » avait suscité quelque injuste raillerie. Il apparaîtra ici peut-être plus clairement que c’est son type de don qui est inoffensif. Quand il ne donne pas, un poète peut très bien prendre les armes !
Au titre d’un possible modèle de relations individuelles, du moins de relation à « l’autre », le don en poésie – le don po(ï)étique selon ce qu’il pourrait être sans doute poussé à l’extrême – traduit, selon moi, ce paradoxe :
« Plus on donne véritablement, moins on est dans la communication ».
L’explication est « en sus », ce qu’on donne à l’autre gratuitement, pour qu’il le prenne, cela aussi. « Pour que » : en quelque sorte le supplément gratuit, l’offre promotionnelle : « Pour vous remercier de votre visite / ceci en cadeau ». Ben quoi, dira-t-on, le lecteur la mérite bien puisqu’il s’in-té-resse ! On ne saurait la lui refuser sans se l’aliéner ! « Voilà pour vous l’explication demandée, pas de problème… je vous en prie… mais non, c’est tout naturel ».
Mais parmi les esprits un peu poètes, qui ne voit que l’explication est ici un corps étranger, un élément, un dire hétérogène ? Qui ne voit qu’elle appartient à un autre milieu, ce milieu intellectuel où chacun gave volontiers l’autre de ce qu’il sait ?
- Eh, poète ! Un auteur peut simplement vouloir expliquer ce qu’il a fait, ce qu’il a voulu dire, et pas nécessairement qu’il sait ou ce qu’il sait !
- Soit ! Il n’empêche que c’est là un supplément. Pourquoi l’œuvre ne la contient-elle pas, cette explication, si ce n’est justement parce qu’elle n’a rien à y faire ? N’est-ce point reconnaître implicitement que l’œuvre est une chose – la communication une autre ? Chacune a manifestement son espace, chacune son rôle vis-à-vis de l’autre. L’œuvre et l’explication : entre les deux se trame une sorte de négociation dans le cadre d’une nécessaire – public relation.
« On aurait aimé plus d’explications », dit-on justement dans les milieux intellectuels quand un auteur a le malheur de paraître confus. Mais le poète dit ici (de quoi il se mêle est toute la question) :
« Mais l’explication pour quoi ? Pour plus de dire de ta part ou pour moins de dire encore ? »
- Que veux-tu dire, poète ?
- Eh bien, je ne refuse pas de donner des explications, mais je voudrais qu’elles ne soient pas une aliénation des propres capacités créatrices d’autrui.
- Que dis-tu là ? Comment une explication honnête pourrait-elle aliéner la créativité de chacun ?
- Certains personnes parmi nous préfèrent chercher à créer que chercher à savoir, elles préfèrent créer pour comprendre. C’est là leur façon à elles de chercher à comprendre. Donner explication à une personne qui la demande c’est peut-être donc l’enfoncer, ou du moins la conforter dans l’idée que le savoir qu’elle cherche est supérieur et préférable à la compréhension qui résulterait de ce qu’elle pourrait, peut-être, créer elle-même. Or qui peut en décider pour elle ? Que la personne qui sait lui explique, mais que celle qui crée – lui donne ! Chacune des deux ainsi suscitera, mais à condition qu’une seule explique…
Je sais, j’explique / je crée, je donne.
Ah mais bien sûr il n’est pas question de faire de chacun un artiste ! Il est juste que recueillent leurs propres fruits ceux qui s’en donnent la peine, qui n’attendent pas que ça tombe du ciel, qui ne se sentent pas aussitôt acculés ou diminués, qui ne sont pas d’emblée dans un rapport de force et de pouvoir, qui ne craignent pas qu’on leur prenne quelque chose aussitôt qu’on leur donne – sans autre forme d’explication. Car si on n’assouvit pas leur besoin de savoir, et que pour cette raison même ils nous en font grief, eh bien ils sont pourtant livrés à eux-mêmes, face à eux-mêmes – condition première pour faire leur choix !
Car il en est parmi nous qui ont quelque faculté d’expression et persévèreront dans leur propre recherche créatrice pour comprendre [je dis bien pour comprendre ; je laisse ici de côté la création pour devenir célèbre...]. Nous n’avons pas le droit de les détourner de leurs champs de recherche par nos explications et notre engouement pour le savoir. Ceux-là sentent d’instinct l’appel d’air que provoque en eux tout don qui leur ait fait. Ils savent d’instinct qu’ils ont quelque chose à faire ou à dire. Quoi ? – c’est ce qu’il leur faut d’abord trouver et constitue leur premier tourment. Ils lisent par exemple « utile », comme il fut dit récemment en guise de critique, or tout le monde sait que chacun guette partout et à tout instant la moindre occasion de dire !
A quoi sert-il de lire si ce n’est pour écrire à son tour ?
Il en est d’autres à l’inverse qui penseront qu’une pareille note par exemple, simplement « donne à réfléchir » (comme ils disent). Sauf que, sempiternelle volonté en eux de savoir oblige, ladite réflexion ne fera jamais qu’alimenter la grande chaudière du savoir, sorte de « centrale ontologique » pour eux, au fronton de laquelle il est écrit :
« Savoir c’est être et inversement ».
C’est pourquoi ils continueront toute leur vie à chercher là, et uniquement là, pitance.
« J’aurais voulu être un artiste…. – tais-toi et alimente ! » ;-)
- Bien ! Mais tu ne peux tout de même pas renoncer à plaire !? [dit l’autre avec malice]
- Chercher à te plaire ? Mais si j’ai quelque chose « à dire » (à créer), il n’y a pas nécessité incontournable pour moi de te plaire. J’ai bien plutôt à me mettre au travail ! Autopoïétique, du mieux que je peux ! C’est ainsi que je te donnerai le plus ! C’est ainsi que tu prendras le plus – si ta propre compréhension t’inspire ! Eh quoi…
… Donner tout à l’autre – n’est-ce pas lui enlever sa part de lui-même ? *
<>
A ce stade de ce court échange imaginé entre les deux positions et entrecoupé de réflexions, je suppose l’interlocuteur rationaliste et savant resté coi, mais c’est seulement parce que je n’ai pas d’arguments à fournir à sa place. Don poïétique : Au fond, ceux qui ne comprennent pas ont encore toutes leurs chances, car quelle mauvaise conscience ce doit être d’avoir choisi de beaucoup savoir quand c’est à défaut d’avoir su créer !;-) Eh, les Djeuns ! N’apprenez pas trop tant qu’il est encore temps pour vous de comprendre par vous-mêmes ! Ne vous ruez pas trop vite sur le savoir ; tout savoir est politique, seul le croire et le créer sont identité !
(*)On remarquera au passage que la sentence ne s’applique pas qu’à l’explication. Par exemple : donner tout pour le plus grand amour ? Les dames comprendront, les mères aussi… ;-)
08:05 Publié dans s'entredire | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note | Tags : Don poïétique, épochè de l’explication, susciter l’autre façon de savoir, créer pour comprendre.



Commentaires
Je serai très peu cette semaine sur le net. :-(
Ecrit par : varna | 04.12.2006
c'est dommage, j'espère que les interventions vont affluer.. j'aime bien ce qui est écrit là..
Ecrit par : (anne) | 04.12.2006
Varna > Texte provocateur s'il en est, par au moins trois fois.
"donner tout pour le plus grand amour......... seul le croire... "
font "deux", pour moi : des termes irréfutables, non négociables, innondables mais incontournables... indifférenciables et qui ne laisseront pas indifférent.
En trois :
"Ah mais bien sûr il n’est pas question de faire de chacun un artiste ! Il est juste que recueillent leurs propres fruits ceux qui s’en donnent la peine, qui n’attendent pas que ça tombe du ciel, qui ne se sentent pas aussitôt acculés ou diminués, qui ne sont pas d’emblée dans un rapport de force et de pouvoir, qui ne craignent pas qu’on leur prenne quelque chose aussitôt qu’on leur donne – sans autre forme d’explication.
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Car si on n’assouvit pas leur besoin de savoir, et que pour cette raison même ils nous en font grief, eh bien ils sont pourtant livrés à eux-mêmes, face à eux-mêmes – condition première pour faire leur choix !"
QUI est QUI ? Je suis troublée par la césure (que j'ai (re)créée artificiellement en coupant le paragraphe et en espaçant).
(En première partie... c'est le summum du déréalisme cher à métalogos !
épuisant.)
Vous dîtes tout à l'envers de l'endroit, Varna... comme un tissage hors décryptage.
vous cumulez les dires et entre-dires...
bye...
(j'ai décidé de ne pas m'expliquer d'avantage sur la vision des entre-chats par lesquels Varna nous montre les deux "populations" pourtant distinctes, au coeur même d'un seul et même paragraphe... alors comme fossoyé ; on peut lire tout - et son contraire, mais rien n'empêchera de "voir" la scène et de l'assumer peut-être même plus en silence... on a le droit de tousser dans la salle et sur scène, et tant pis pour les enregistrements live !!!).
Ecrit par : Mastic | 04.12.2006
bonze...
Ecrit par : Léonie | 04.12.2006
Je ne sais rien et je n'explique rien ... je créé pour moi d'abord et je donne à celui qui entend, comprend ce qu'il peut comprendre en lui-même sans pour autant effleurer éventuellement et même une seconde ce que je créé et qui peut-être d'ailleurs échappe à ma propre compréhension.
SAVOIR n'est pas ETRE en aucun cas, jamais ! car si l'ETRE n'était que le SAVOIR quelle limitation, quelle petite existence, quelle médiocre désespérance ..
Quant à donner tout pour le plus grand amour ??? Le plus grand amour ??? là j'aimerais une explication, l'idée m'échappe totalement ...
merci
cat
Ecrit par : cat | 04.12.2006
Le club des poètes faut pas y toucher Varna ;-)
Ecrit par : | 04.12.2006
Plutôt le tout que le rien et le dialogue au monologue stérile encore qu’un apparent monologue puisse chercher essentiellement et presque tragiquement le dialogue … Mais le dialogue en est-il un quand les mots prononcés ne font que se cogner aux absences ou aux silences de l’autre ? N’est-il pas finalement un monologue dialogué ? Et n’est-ce pas une constante de tenter le dialogue en sachant que l’autre entend en réalité que ses propres vérités ? Comment appréhender ce que l’on ignore soi-même ?
Etre passeur dans ce goulet d’étranglement entre la parole et le silence, entre l’absence ici et la présence là bas, entre l’Alpha et l’Omega comme s’il s’agissait de les fixer quelque part … et accepter pour ce faire des allers-retours constants entre la voie d’espérance et la voie de désespérance … refuser de se réfugier dans cet ailleurs, seul, sans y amener le plus grand nombre, pauvres ou riches, vieux ou jeunes, grands ou petits et de quelle hauteur s’agit-il là en effet … d’où et comment puis-je regarder l’autre comme autre que moi, comment puis-je dire Je et pire moi je ? Et ces deux mondes apparents et qui pourtant n’en sont qu’un probablement, qui tirent, qui écartèlent sans qu’il soit possible d’être ni d’un côté ni de l’autre mais dans les deux à la fois dans un déchirement constant et ne pas même trouver peut-être, juste infime, la toute petite porte, voie du milieu que possiblement dans mes divagations j’entrevois à peine et encore que je finisse par douter de son existence ?
S’agit-il là d’errances intellectuelles couchées pour faire joli sur un papier offert à l’autre ? D’une volonté farouche et tentaculaire de briller, de se montrer et auprès de qui d’ailleurs et surtout pourquoi ? Ou d’un ressenti profond du cœur, d’une aspiration de l’âme qui sait que tout le danger réside justement dans l’identification a un ego qui se désire et se créé tout puissant ? Quel dialogue peut-il s’instituer alors dès lors que cette question essentielle ne trouve pas réponse ?
L’emphasage en écriture est facile et ne nécessite juste qu’un faible effort de l’intellect et nul écrivain ne saura démontrer si les mots jaillissent là de son cœur, de sa déchirure, de son cri ou simplement de son ego … Seul le lecteur dans sa sensibilité sait, sent … seul le lecteur perçoit l’amour ou s’il ne s’agit juste que d’un vent malsain destiné à flatter et à appauvrir les émotions, seul le lecteur est maître du dialogue … et c’est bien ainsi !
Ecrit par : cat | 04.12.2006
Dans le dialogue il n'y a pas un lecteur et un auteur mais un chassé croisé constant entre le lecteur que l'on est - l'auteur qu'est l'autre, l'auteur que l'on est - le lecteur qu'est l'autre . Autrement ce n'est pas un dialogue .
Ecrit par : | 04.12.2006
D'ailleurs un écrivain qui se la joue écrivain ne fuit-il pas (en général * ) le dialogue comme il fuirait la peste de son écriture ?
* Je pense à Georges Bataille surtout, pour l'exception .
Ecrit par : | 04.12.2006
Une intention sous-jacente et consciente non livrée , pour qui a vraiment souci d'un dialogue rend celui -ci nul et non avenu d'emblée . Forcément .
Ecrit par : | 04.12.2006
"donner tout pour le plus grand amour ? Les dames comprendront, les mères aussi…"... Je suis loin de partager les revendications féministes, j'ai même tendance à la misogynie, mais là, cette affirmation m'agace.
Ecrit par : Kate | 04.12.2006
Il faut bien des clichés pour alimenter la misogynie Kate .Ceux là ou d'autres ...
Ecrit par : | 04.12.2006
Cat > Vous dites tout d'abord : " Je ne sais rien et je n'explique rien ... je créé pour moi d'abord et je donne à celui qui entend, comprend ce qu'il peut comprendre en lui-même....""
Je vous comprends, enfin je me comprends "en moi-même" ;-)
Mais vous finissez pourtant par ces mots :
""(....) là j'aimerais une explication, l'idée m'échappe totalement ...""
Cela ne fait-il pas deux poids, deux mesures - l'une pour vous, l'autre pour votre possible semblable ?
Ecrit par : varna | 05.12.2006
Cher Varna, il y a un premier chapitre que vous avez évoqué complet en lui-même
... puis un deuxième où je reprends ce que vous dites à savoir : "donner tout pour le plus grand amour"
et là je dis qu'en moi-même aucun echo à ce propos qui ne génère en moi qu'un vide béant pas nécessairement à remplir d'ailleurs mais je vous pose la question : que voulez-vous dire par là ??
les deux paragraphes ne sont pas à lier ... suis-je claire ?
Ecrit par : cat | 05.12.2006
en privé ?? mais pourquoi donc ... je n'y vois aucune nécessité, tout ou rien d'ailleurs pouvant se débattre ici !
la sphère privée doit rester ce qu'elle est ... privée !!
Ecrit par : cat | 05.12.2006
Bonjour à tous,
Cher Varna...
J'ai eu beau survoler et puis encore lire... je n'ai pas su retrouver au petit matin le pendant à cette "étoile du berger" qui - hier encore... nous aurait fait converser (le grand amour... le seul croire... ; converser ? encore ce matin ? Toujours !!!!!!!!!!!)
Je ne fais cependant que m'en étonner, étant donné que j'aurai moi-même joué à faire des "bulles" sur le texte laissé actuellement sur mon blog... avec le plaisir - finalement intense, de le voir respirer de ces quelques corrections que je lui aurais apportées... directement - sur la chaîne/scène de nos "échanges"...
Voici mon extrait préféré pour la journée, extrait de chez vous, Max :
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"Ceux-là sentent d’instinct l’appel d’air que provoque en eux tout don qui leur ait (été)/est* fait. Ils savent d’instinct qu’ils ont quelque chose à faire ou à dire. Quoi ? – c’est ce qu’il leur faut d’abord trouver et constitue leur premier tourment.
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Ils lisent par exemple « utile », comme il fut dit récemment en guise de critique, or tout le monde sait que chacun guette partout et à tout instant la moindre occasion de dire !"
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Vous saurez sans doute à quoi correspond l'ouverture - en cas d'incendie, Max... c'est un "appel d'air" (comme vous dîtes) - qui intensifie la flamme !!
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Les tirets/barettes ne sont pas très sexy(es), Max, mais ils/elles soulignent la nécessité de suivre un ordre séquentiel dès lors que des objets/personnes, et non plus seulement des mots/récits/fonctions - prétendraient jouer " un rôle, subliminal"... réalité que vous semblez vouloir/pouvoir approcher, Max... ?
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* je me suis autorisé la correction... qui n'est qu'une suggestion, bien sûr.
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Dans le cas possible où mes yeux m'auraient fait perdre le "fil" (...mais non ! pas dentaire !), et me faire "ignorer" les mots que je (re)cherchais, veuillez me le pardonner... En tous les cas, je ne pourrai plus suivre le fil de la discussion bien longtemps : la cause à mes activités...
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Bonne journée !!
Ecrit par : Mastic | 05.12.2006
Parler n'a trait à la réalité des choses que commercialement: en littérature, cela se contente d'y faire une allusion ou de distraire leur qualité qu'incorporera quelque idée.
A cette condition s'élance le chant, qu'une joie allégée.
Cette visée, je la dis Transposition – Structure, une autre.
L'oeuvre pure implique la disparition élocutoire du poète, qui cède l'initiative aux mots, par le heurt de leur inégalité mobilisés; ils s'allument de reflets réciproques comme une virtuelle traînée de feux sur des pierreries, remplaçant la respiration perceptible en l'ancien souffle lyrique ou la direction personnelle enthousiaste de la phrase.
Une ordonnance du livre de vers point innée ou partout, élimine le hasard; encore la faut-il, pour omettre l'auteur: or, un sujet, fatal, implique, parmi les morceaux ensemble, tel accord quant à la place, dans le volume, qui correspond. Susceptibilité en raison que le cri possède un écho – des motifs de même jeu s'équilibreront, balancés, à distance, ni le sublime incohérent de la mise en page romantique ni cette unité artificielle, jadis, mesurée en bloc au livre. Tout devient suspens, disposition fragmentaire avec alternance et vis-à-vis, concourant au rythme total, lequel serait le poème tu, aux blancs; seulement traduit, en une manière, par chaque pendentif. Instinct, je veux, entrevu à des publications et, si le type supposé, ne reste pas exclusif de complémentaires, la jeunesse, pour cette fois, en poésie où s'impose une foudroyante et harmonieuse plénitude, bégaya le magique concept de l'oeuvre. Quelque symétrie, parallèlement, qui, de la situation des vers en la pièce se lie à l'authenticité de la pièce dans le volume, vole, outre le volume, à plusieurs inscrivant, eux, sur l'espace spirituel, le paraphe amplifié du génie, anonyme et parfait comme une existence d'art.
Chimère, y avoir pensé atteste, au reflet de ses squames, combien le cycle présent, ou quart dernier de siècle, subit quelque éclair absolu – dont l'échevèlement d'ondée à mes carreaux essuie le trouble ruisselant, jusqu'à illuminer ceci – que, plus ou moins, tous les livres, contiennent la fusion de quelques redites comptées: même il n'en serait qu'un – au monde, sa loi – bible comme la simulent des nations. La différence, d'un ouvrage à l'autre, offrant autant de leçons proposées dans un immense concours pour le texte véridique, entre les âges dits civilisés ou – lettrés.
Certainement, je ne m'assieds jamais aux gradins des concerts, sans percevoir parmi l'obscure sublimité telle ébauche de quelqu'un des poèmes immanents à l'humanité ou leur originel état, d'autant plus compréhensible que tu et que pour en déterminer la vaste ligne le compositeur éprouva cette facilité de suspendre jusqu'à la tentation de s'expliquer. Je me figure par un indéracinable sans doute préjugé d'écrivain, que rien ne demeurera sans être proféré; que nous en sommes là, précisément, à rechercher, devant une brisure des grands rythmes littéraires (il en a été question plus haut) et leur éparpillement en frissons articulés proches de l'instrumentation, un art d'achever la transposition, au Livre, de la symphonie ou uniment de reprendre notre bien:
car, ce n'est pas de sonorités élémentaires par les cuivres, les cordes, les bois, indéniablement mais de l'intellectuelle parole à son apogée que doit avec plénitude et évidence, résulter, en tant que l'ensemble des rapports existant dans tout, la Musique.
Un désir indéniable à mon temps est de séparer comme en vue d'attributions différentes – le double état de la parole, brut ou immédiat ici, là essentiel.
Narrer, enseigner, même décrire, cela va et encore qu'à chacun suffirait peut-être pour échanger la pensée humaine, de prendre ou de mettre dans la main d'autrui en silence une pièce de monnaie, l'emploi élémentaire du discours dessert l'universel reportage dont, la littérature exceptée, participe tout entre les genres d'écrits contemporains.
A quoi bon la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire selon le jeu de la parole, cependant; si ce n'est pour qu'en émane, sans la gêne d'un proche ou concret rappel, la notion pure.
Je dis: une fleur! et, hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l'absente de tous bouquets.
Au contraire d'une fonction de numéraire facile et représentatif, comme le traite d'abord la foule, le dire, avant tout, rêve et chant, retrouve chez le Poète, par nécessité constitutive d'un art consacré aux fictions, sa virtualité.
Le vers qui de plusieurs vocables refait un mot total, neuf, étranger à la langue et comme incantatoire, achève cet isolement de la parole: niant, d'un trait souverain, le hasard demeuré aux termes malgré l'artifice de leur retrempe alternée en le sens et la sonorité, et vous cause cette surprise de n'avoir oui jamais tel fragment ordinaire d'élocution, en même temps que la réminiscence de l'objet nommé baigne dans une neuve atmosphère.
Ecrit par : Réfracteur, pour M. | 05.12.2006
Varna > al/lié : le propos - simplement UTILE, d'A. Bentolila, dans "Le propre de l'homme. Parler, lire, écrire"... ou : de la responsabilité intellectuelle de l'écrivain qui pénètre le cerveau de son lecteur en y laissant forcément quelque empreinte... l'à-moins-d'un-gros-béta ?! Entre autre.
Tchüüss...
Ecrit par : Léonie | 05.12.2006
Varna : ce qui m'embête, c'est votre dualisme créer/savoir. Le savoir, ce n'est pas de la création? Platon n'a-t-il pas créé une façon de savoir (la philosophie), l'historien ne crée-t-il pas du savoir à fouiller dans des liasses de paperasses que personne ne lit?
(...)
Aujourd'hui par exemple, il y a la nécessité de redonner un sens à "chacun". Comment chacun existera, accédera à l'eau, à la culture, au don de créer et de s'exprimer? On est secoué par cette nécessité, ou on ne l'est pas. Si on est secoué, c'est d'agir qu'on est obsédé. L'action est un rouleau compresseur qui écrase les sophistiqueries.
Sinon, il n'y a plus que la littérature, mais alors au plus mauvais sens du terme.
Ecrit par : sancho | 05.12.2006
Ma prochaine note et quelques éclaircissements dès mardi ! Je ne suis pas sur mon ordi. En attendant, je fais un peu de ménage...
Ecrit par : varna | 08.12.2006
Idem pour les mails, je n'accède pas à ma boite aux lettres... (je ne suis pas sur mon ordi, je ne sais si c'est lié).
Ecrit par : varna | 08.12.2006
Varna > Pareil acharnement, pareille idée fixe chez gmc sont le signe d'une pathologie sévère, il le reconnaît. Ce blog n'est pas à vocation thérapeutique, il le sait également. Aussi, il s'en va désormais dire tout le bien qu'il pense de ce blog et du varne - sur son propre blog !
Et même que gmc salue tout le monde, bien gentiment en partant ! ;-)
D'ailleurs le varne est très gentil, il a promis à gmc d'ouvrir un autre blog où ils pourront à loisir échanger.... leurs portraits !
Ecrit par : gmc | 08.12.2006
"Un auteur peut simplement vouloir expliquer ce qu’il a fait, ce qu’il a voulu dire, et pas nécessairement qu’il sait ou ce qu’il sait!" - Celui qui écrit rompt le dialogue. "Écrire est un langage qui est devenu étranger au dialogue. C'est le langage devenu "langage-à-être" (Quignard). Les écrits de Lascaux ont arraché l'homme au monde imaginaire. Maintenant à partir de l'écrit, s'engendre "un langage plus seul, un langage sans contexte, une langue intérieure, le secret" (Quignard). Quant à l'oeuvre... Luis de Miranda a écrit un essai (Ego trip) fort philosophe sur l'"artisterie".
Ecrit par : Kate | 08.12.2006
- Anne > Coucou ! Voyez vous-même, ça afflue et ça reflue !
- Cat, Kate, S| > « Donner tout pour le plus grand amour » : Il me semblait jusqu’alors qu’une femme qui aime est capable de donner tout, tout comme une femme qui hait est capable de détruire tout. Je ne savais pas que croire en une telle chose (réalité ?) faisait de moi un misogyne ! Sans doute me suis-je mal exprimé. Je demandais simplement : « donner tout à l’autre – n’est-ce pas lui enlever sa part de lui-même ? ». C’était à peine ironique…
- Cat > « Plutôt le tout que le rien » me semble corroborer la proposition.
- S| > Pas toucher au club des poètes ? Un poète qui parle de « poétiser » n’a sûrement pas tout compris de lui-même et à la poésie ;-)
- Cat 5 déc. > Mailae non grata ? Le privé vous ferait-il peur ? Les choses méchantes à dire y sont pourtant moins méchantes. Ma longue réponse à votre com’ « Plutôt le tout que le rien », je le garde donc pour moi (avec d’autres).
- Mastic > Vous êtes assurément un fidèle de la lecture. J’apprécie. Mais gare aux courants d’air !
- Popée > merci pour votre poïétique don ! Hélas je ne fus pas à la hauteur de la réception.
- Sancho 5 déc. > J’ai tronqué VOTRE commentaire de toute la partie « ad hominem » dans le souci de ne pas donner à VOS élèves l’exemple du prof qui s’autorise à des arguments ad hominem ;-) Oui, le savoir est création ; mais non pas simplement, à mon sens, parce qu’il y a plus d’une « façon de savoir », comme VOUS dites. C’est, je crois, la dualité savoir-croire qui permet d’éclairer l’équation. Le sujet m’est cher, j’y consacrerai plusieurs notes. Pour ce qui est de mes engagements personnels et de mon accès à la création, ils sont bien présents, rassurez-TOI.
- Kate 08 déc. > Oui, l’écriture d’un livre est un temps de monologue, il « rompt le dialogue » - ou plutôt il diffère un possible dialogue ; d’une époque à l’autre, de l’auteur à un lecteur (qui entreprend ce dialogue). Mais ce qui me semble important et intéressant, en comparaison de nous ici par exemple, c’est que ces deux-là au moins ont quelque chose « entre » : un objet commun, une base de dialogue, un travail un PREALABLE. L’un des deux au moins a construit quelque chose ; à l’autre de voir s’il peut dialoguer avec. Le dialogue à cette condition préalable me renvoie à une note précédente…
Le « langage à être » me paraît être d’un auteur voulant ETRE écrivain ou de la séculaire prétention du langage à faire l’être. Laissons au premier la responsabilité de ce désir et à la seconde le soin de convertir encore des millions de personnes. Quand bien même j’écrirais un livre ou deux et prétendrait n’être pas écrivain, le public se chargerait de faire une « lecture » qui ferait de facto de moi un écrivain. Le « langage à être » n’opère pas chez moi, ni en tant que « langage reflet de l’être : ‘C’est’», ni en tant que j’aspire à devenir écrivain. Quignard sans doute exagère.
Quant à « l’artisterie », il serait intéressant de comparer l’auteur et l’œuvre la dénonçant aux œuvres et aux auteurs qu’ils dénoncent. Mais je suppose que Miranda n’a pas voulu mettre tous les arteux dans le même sac !
- Je dois ajouter que je suis étonné que personne n’ait répondu aux deux principales questions de ma note, mais bon – peut-être est-ce entre les lignes ?
- Non, je n’oublie pas Marie-Gabrielle et sa façon bien à elle, très gracieuse, de co-répondre. Merci.
Ecrit par : varna | 12.12.2006
Cat>Varna,
Certaines réponses cher Varna sont une façon de passer incognito et d'y rester ... et ne s'adressent pas toujours et essentiellement à celui qui l'interprête à sa manière ... il est bon parfois de lire entre les lignes où s'y trouvent bien des réponses ...
bien à vous
cat
Ecrit par : cat | 12.12.2006
bonjour Varna. ce matin, j'ai un peu picoré chez vous, puisque la porte était ouverte. j'ai trouvé de douces graines, des petits vers de terre, parfois des petits galets indigestes et là...
"tout savoir est politique, seul le croire et le créer sont identité !"....une claire étoile.
alors je l'ai prise, à ma façon, et dans mon regard je l'ai installée. merci
Bonne vie à vous, cher Varna!
Ecrit par : kintana | 28.12.2006
Kintana > C'est bien comme ça que j'aime être lu, Kintana, chacun n'emportant que ce qui lui "parle" ! C'est là qu'au mieux on profite ! Bien sûr, c'est mieux si l'on comprend tout, mais le plus important c'est qu'on ne se prenne pas la tête ! Et puis, si on a le sentiment d'avoir laissé, raté ou oublié quelque chose, on peut toujours revenir plus tard !
Merci Kintana de votre visite, j'y vois le signe que vous ne me tenez plus rigueur de maladresses passées... Merci !!
Ecrit par : varna | 28.12.2006
J'ai lu et relu plusieurs textes. Celui-là m'a scotché. Il me parle, tout me dit, exactement. Je ne savais pas que quelqu'un était au courant. J'ai toujours refusé d'apprendre, j'ai toujours répété que j'étais un artiste, je n'ai jamais réussi à considérer les choses autrement. ( j'étais venu pour parler de la scène, de l'improvisation à laquelle tu nous conviais, je suis resté là. )
Ecrit par : cailllou | 13.01.2008
" Donner tout à l’autre – n’est-ce pas lui enlever sa part de lui-même ? "
Autre chose est de se donner entièrement à l'autre ;-)
Ecrit par : . | 14.01.2008
Ce que l'on sait : On apprend, pas le choix, ça vient à nous comme ça, le savoir en pleine poire, on essaie d'esquiver, rien à faire. On se dit : Dieu soit loué j'ai des limites, je ne suis pas si intelligent que ça, sans ça je n'en finirais plus...Je deviendrais cet espèce de receptacle tout juste bon à ressortir des fiches le soir entre l'entrée et le plat principal sous les yeux béats d'une autruche qui finira par ne plus oser demander des mots crus...(Que Malraux me pardonne).
Jusqu'ici c'est facile.
Reste à désapprendre. La souffrance. Oublier, tout oublier pour ne pas dire.
Que celui qui veut creer pour parler avec quelqu'un se jete plutôt du quinzième étage dans la minute. C'est mon avis.
La vie est pleine d'occasion de parler, plein de métiers pour ça, facteur dans un village tiens par exemple, ça c'est très bien.
Ecrit par : Fishturn | 19.01.2008
Tout de même, Fish, il y a L'EFFORT fourni ici ou là, selon que l'on a en vue de savoir ou de créer. Ou encore, en effet, de parler. Dans les trois cas (et d'autres) il y a une volonté, un objectif (fut-il flou et dépendant d'autrui), et le cas échéant une discipline. Pas un truc qui nous "arrive" simplement.
Ce dont tu parles là me semble relever davantage du caractère. Je pense, comme toi sans doute, que personne ne choisit vraiment d'être celui ou celle qu'on est ("le caractère est le destin" dit l'autre). Mais là encore, si tu veux bien le voir, il y a encore à décider. Et il y a toujours, de toute façon, une décision prise !
Dans ce sens, je suis pas loin de suggérer avec Bettelheim que les problèmes que l'on a avec les autres sont NOS problèmes, histoire de dire que nos souffrances personnelles ne nous sont souvent infligées que par nous-même ...
Pourquoi faire ? C'est la question.
Bon week-end !
Ecrit par : varna | 19.01.2008
"Que celui qui veut creer pour parler avec quelqu'un."
parler ou tout simplement relationner. c'est précieux ça relationner .
Tu te doutes des raisons pour lesquelles j'ai du mal avec Bettelheim. Cela dit, en tout nous sommes projetés. Tout nous serait-il miroir ?
"Pourquoi faire ? C'est la question. "
J'ai une hypothèse: Pour la même raison qui fait que les femmes aiment se maquiller; essayer de devenir autre ?
Ecrit par : joruri | 28.01.2008
Joruri > La question double en filigrane (à mon avis!) est celle de la raison de certaines de nos souffrances, la solution possible de certaines autres :
1) Pourquoi l'on a mal aux autres si ce n'est parce qu'on attend d'eux et / ou qu'on a peur d'eux ? C'est donc bien NOTRE problème.
2) Pourquoi l'on souffre "encore" de quelque chose qui est derrière nous, passé ?
1) et 2) pouvant interférer.
Nous en sommes tous là, je crois. Et la validité de la double question (y compris son effet surprise) nous renvoie nécessairement, il me semble, à notre responsabilité sur la pérennité de certaines de nos souffrances.
Il y aurait alors une sorte de décision à prendre. Mais pas forcément pour enrayer ... (le désir d'enrayer est peut-être ce qui explique la pérennité) !
Nous maquiller ? Mais le mot traduit l'artifice, non ?
Bien sûr, il y a les outils connus : "refoulement", "résilience", mais aussi, plus prosaïquement le "faire avec", peut-être le plus efficace.
Mais je n'invente rien.
Pourtant la nécessité pour certains, la ferme volonté pour d'autres - de créer, est une façon de dire OUI à ces souffrances passées et encore présentes. Parce qu'elles nous seraient au fond ... utiles.
Le mot est lâché.
Savoir qu'on exploite nos souffrances devrait alors nous inciter à bien (c'est-à-dire le plus souvent : MIEUX) les utiliser.
Car après tout, si notre esprit (pensée consciente ou inconsciente) a le pouvoir de maintenir en vie ce qui nous gêne, il doit bien pouvoir aussi le conduire plus loin ...
Mais bon, facile à dire, je sais !
Excuse pour la longueur ...
Ecrit par : varna | 29.01.2008
Fish > J'espère mieux te répondre ici : celui qui veut créer pour parler avec quelqu'un manifeste que le parler-avec-quelqu'un habituel n'est pas pour lui le bon.
Alors il en fait SON problème et s'évertue à créer cet espace où l'autre viendra peut-être. Il paraît que c'est là un trait schizophrène (proposer un autre espace) mais venant d'une société qui l'est elle-même et fait des petits, c'est plutôt amusant. Alors qu'importe !
Ecrit par : varna | 29.01.2008
Je reste étranger à ces développements. Je reconnais les mots, mais le sens m'échappe, il ne rentre pas. Je ne vois pas le problème. Vous parlez toujours comme s'il y avait un sens à découvrir, une destination à atteindre, une solution. J'écris parce qu'en écrivant je découvre que j'écris, et l'écriture devient le lieu de l'expérience, elle me détourne du chemin que j'avais emprunté. Je ne cherche rien mais quand je trouve quelque chose, je m'attarde, je prends le temps...
( Je dois être hors sujet...;-))
Ecrit par : Caillou | 30.01.2008
Ok, Varna, j'ai tout bien lu. scusez, Joruri et Fish ... j'en ai pris un peu pour moi.
Donc, c'est la souffrance qui serait à entraîner en pays shizophrène, un pour ne pas s'y rendre, deux pour qu'elle ne se creuse pas en sillon de disque rayé. Bon!
" Là un foyer d'énergie créatrice et motrice du Monde, -où il y a de la peine, bien sûr, - mais plus encore un Feu, le seul Feu capable de faire marcher l'Univers devenu réfléchi..."
Pierre Teilhard de Chardin... en parlant du Coeur du Christ.
:-)))
Ecrit par : kintana | 30.01.2008
Caillou > Tu sembles chercher l'éternité dans l'instant -- au point que ce qui t'amène à lire disparaîtrait aussitôt dans ce que tu écris ? Ecrire se suffirait alors à lui-même, te détournerait du chemin que tu auras emprunté jusqu'à lui (écrire) ?
Pour le sens, la destination et la solution, je te rassure, il est, elles sont chacune plurielle ! ;-)
Sinon, pour accorder l'éternité (de l'instant où l'on s'attarde) à LA solution pour soi, il y a un mot sur lequel tu peux peut-être t'arrêter : accomplissement ! - Non point gai savoir, mais gai mutisme. Tu vois, moi je n'y suis pas, je cause encore ...
Psst... On est jamais hors sujet quand on parle de soi ;-)
Kintana > La suggestion c'est de prendre le taureau par les cornes ("ras le bol !!!") et de lui emprunter ainsi sa puissance, son énergie comme dit Chardin. Ainsi notre peine s'en trouve-t-elle mieux accompagnée ... et inspirée.
Ecrit par : varna | 30.01.2008
je m'amusais de ce "hors sujet" , j'étais content de lui.
Ecrit par : cailllou | 31.01.2008
Jusqu'ici vous êtes tous fous, comme d'habitude :-)
Faut arrêter les livres hein, vous êtes pas biens vous êtes toc toc ! (Langage Deschiens)
Je vous aime bien (Oui j'adore être prétentieux).
Je maintiens.
Je crée parce que le monde, prosaïque et ennuyeux m'afflige.
Je crée pour reprendre le pouvoir.
Je pourrais dire dialogue, relation, partage, ce genre de jolis mots, il n'en restera pas moins que dans ma création je vous aurai enfin "instrumentalisé", et vous vous débaterez (si vous m'en faite l'honneur) dans les contours que j'ai moi même fixé.
Accepter d'être à mon tour l'instrument de l'autre dans sa création, c'est là la seule marque de mon affection.
si vous vous appelez ça du dialogue...
Mon dieu non !
Jamais je ne manifeste la volonté de parler avec quelqu'un !
Je manifeste mon pouvoir de faire parler quelqu'un !
Je manifeste mon pouvoir d'être écouté !
Admettez le ,enfin nous pourrons parler ensemble ;-)
Ecrit par : Fishturn | 01.02.2008
"Je" suis LE MONDE. Tout ce qui n'entre pas dans le champ de mon pouvoir est innacteptable. C'est cet innacteptable qui me fait souffrir. Ce qui me fait souffrir doit devenir "matière". C'est cette matière que je malaxe. Alors seulement je peux continuer à vivre en esclave.
Là est la poèsie.
Ecrit par : Fishturn | 01.02.2008
Je vous invente et quand vous me ressemblez, on peut parler... Voilà, c'est comme ça et vous n'y pouvez rien.
Ecrit par : cailllou | 01.02.2008
Bah, je vais user de mon pouvoir de te démolir, Fish ... "Prière de mordre avant d'aimer" -- ce pourrait être la consigne, non ? ;-))
Je n'ai pas besoin de connaître la mécanique pour conduire une auto, pas besoin de savoir qui baise l'autre pour faire l'amour, pas besoin de savoir qui profite le plus à l'autre dans une amitié ou une collaboration, pas besoin de savoir tout ce qui se cache derrière les mots, les images, les coups de gueules, les fishes, les cailloux et les varnes. Pas besoin de savoir l'égocentrisme de chacun, pas besoin de savoir pourquoi tant de femmes aiment Nietzsche le misogyne, pas besoin de savoir pourquoi tu devrais lire Stirner le tendre (malgré les apparences s'entend), etc.
Je n'ai pas besoin de le savoir - JE LE SAIS !
Partant, tout est dans le NONOBSTANT ! La preuve - déjà tu comprends !
(mdr)
Et puis si tu nous invites un jour à manger chez toi et qu'il y a une tâche sur la nappe, ta compagne (enfin... du moment) sera bien inspirée de mettre dessus un joli bouquet de fleurs ! Même toi, chuis sûr, tu seras content ! ;-))
Ecrit par : varna | 01.02.2008
ARGGLE.
J'avais commencé par "NONOBSTANT" avant de l'effacer. J'y crois pas.
Ecrit par : caillou | 01.02.2008
Eh eh ... NONOBSTANT = quelques secondes volées sur notre emploi du temps ! ;-))
Nonobstemps ?
Comme quoi il suffit de peu de choses, hein Fish !?
Caillou's blog : http://restesdumonde.blogspot.com
Ecrit par : varna | 01.02.2008
Bon alors.... ... :-).
1) Stirner c'est noté. merci.
2) J'invite jamais jamais, absolument jamais, et mes connaissances pourraient te le confirmer, quelqu'un à manger chez moi. Entrer chez moi c'est commetre un sacrilège, et je deconne pas !! :-) ...Bon, parfois il y a des exeptions j'avoue, mais c'est pas pour manger :-)
Donc je vous proserais plutôt un restau ;-)
Ecrit par : Fishturn | 02.02.2008
Je ne suis pas libre.
Ecrit par : Caillou | 03.02.2008
rire
Ecrit par : Fishturn | 03.02.2008
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