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11.12.2006
[Après trois mois de blog]
Certains blogueurs ont fait part de leurs débuts dans la blogosphère, j’espère que ces quelques mots pourront à leur tour profiter à d’autres.
1) A peine ouvert mon blog, j’ai cru pouvoir, en protestant, l’épargner de l’atmosphère de suspicion propre aux échanges sur le net – je veux parler des différents problèmes que pose l’anonymat. Celui-ci fait pourtant de chacun de nous une ombre ! Et c’est bien là, à mon sens, qu’est le véritable virtuel ! Mais bon – la grande majorité des internautes semblent s’en accommoder, alors…
2) J’ai cru ensuite pouvoir désencombrer nos échanges des interférences parasites en proposant une correspondance individuelle par mail : ce fut une maladresse de ma part (bien que cette correspondance existe a profit), elle a jeté sur moi le doute, voire alimenté une suspicion particulière (suspicion qu’un intervenant, manifestement paranoïaque du reste, entretient ici même ouvertement, mais aussi auprès d’autres personnes, en privé !).
3) Puis j’ai cru devoir assainir l’espace commentaires au nom des lecteurs* en supprimant à l’écran les injonctions, insinuations et autres insultes de « génie mal compris ». Ce fut une erreur car chacun, là encore, semble s’accommoder de ce type d’ivraie, ici comme ailleurs, ou pour le moins s’y résigne. Il semblerait qu’incombe à moi seul d’entretenir l’espace des commentaires…
4) Avant tout, le mot s’entredire en titre de mon blog a prêté à confusion, j’en ai conscience. On a pu croire en effet que j’ai voulu ouvrir une sorte de centre d’accueil dont je serais le tenancier, où chacun, ah la belle âme !, pourrait venir se désaltérer à une source commune… Voyez, déjà le style !
5) Mais ma plus grande erreur fut sans conteste un excès de scrupule indifférencié envers les commentateurs.
(*) J’ai appris en effet que certains ne lisaient même plus les commentaires.
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S’agissant du fonctionnement du blog, aujourd’hui il me semble que ça n’a aucun sens de donner à lire des notes d’un côté et de « tenir la chandelle » des commentaires de l’autre, d’abandonner l’espace des commentaires, de le laisser s’infester de propos inutiles ou déplacés où l’on n’a même plus envie de se rendre soi-même. Pour assurer une certaine cohérence de l’espace des commentaires avec celui des notes, je prends donc le parti d’y faire les coupes nécessaires. Je choisis sans plus de scrupules d’entreprendre d’alléger les commentaires de ce qui en encombre le plus la lecture et a pu en outre dissuader certains, sans nul doute, de participer. A commencer par moi. J’assumerai les conséquences.
C’est d’éléments pour une sagesse du dire qu’il est question sur ce blog, non d’y reproduire les rapports hétéroclites auxquels nous sommes par ailleurs coutumiers. A défaut de règles de s’entre-dire, riposter est partout la forme la plus courante des différents types du répondre (même étymologie), mais c’est aussi celle qui contient le moins de dire – proprement dit. Riposter c’est faire entrer son dire dans le seul faire à autrui. C’est sans nul doute un faire efficace pour attaquer l’autre ou se défendre, mais le contenu en véritable « dit » est alors nécessairement pauvre, voire nul. Les dérapages verbaux dans les commentaires comme dans la vie (je n’y échappe pas, je ne suis pas un sage) ne font qu’entériner l’absence de règles visant à un s’entre-dire qui ne soit pas seulement commerce entre ego(s) rompus à l’amour-propre et pressés de se dire comme on s’entre –tutoie / -tue / -toise. Le verbe dire doit pouvoir réserver autre chose, non ? Il me paraît insolent et complaisant de prétendre aspirer réellement à un échange véritable quand on n’a ni le désir ni le courage de participer à la construction préalable de l’espace nécessaire pour cela. La raison en est simple : le dire est généralement considéré et utilisé avant tout par chacun de nous comme une arme d’attaque et de défense et ce, consécutivement au désir profond de parler de soi et de se faire valoir auprès des autres. J’y ai fais allusion dans plusieurs notes déjà. Ainsi, c’est bien affaire de cohérence pour moi et pour mon blog que d’indiquer clairement que cet « entredire »-là que nous pratiquons à tout instant dans la vie de tous les jours, eh bien nous le connaissons tous déjà, et que c’est autre chose ici que je tente de présenter ici parce qu’il est justement question d’une sagesse du dire. (Voir plus bas).
Mais j’envisage aussi d’ouvrir un autre blog, « tout-venant », plus en conformité avec la diversité, et où je vais pouvoir moi aussi m’amuser. Il est entendu qu’à mon tour je n’y aurai rien à dire ! ;-)
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Pour ce qui est de l’expression « s’entredire », celle-ci désigne pour moi l’espace informel terminal d’une parole prenant racine (ou la retrouvant) dans l’espace physique concret. Je n’utilise pas l’expression comme un point de départ moral, animé d’une quelconque bonne volonté en matière de communication [je suis plutôt pessimiste en la matière]. Je n’utilise pas non plus l’expression pour signifier le fondement objectif d’une éthique du « dire » élaborée par une œuvre intellectuelle d’envergure (mienne) qui se serait penchée avec amour sur les vertus du « s’entre ». Je donne des éléments pour une sagesse de dire : après l’Etre (« épistémofolie »), dire-être au monde et aux hommes, s’entredire.
Voici le schéma central de ce que j’ai à dire (il ne s’éclaircira qu’au fur et à mesure des notes à venir) : Ce n’est, selon moi, qu’Après l’Etre et à la découverte du dire-être – dire-être au monde et aux hommes, les deux espaces du dire et de l’être, l’un physique, l’autre informel – que peut naître et que s’impose d’elle-même, il me semble, une certaine sagesse du dire. C’est-à-dire relative au s’entredire. Que cette sagesse s’éprouve un jour entre nous, ou même constitue une base pour un groupe de travail futur, c’est une autre histoire. Pour l’heure, je l’expérimente timidement moi-même tout en instruisant le procès de ce qui me paraît constituer l’Etat d’esprit dans lequel nous vivons et de son « épistémofolie », principal obstacle. [Je vais rendre la catégorie « Après l’Etre » visible].
C’est par souci d’honnêteté envers les lecteurs que j’ai parlé d’emblée de s’entredire et aussi, dès ma première note, d’une « improbable éthique de la communication », ne voulant pas faire naître l’idée qu’ici il y a un secret à découvrir qui vous tient en haleine, ne voulant pas donner à croire en un accompagnement du lecteur jusqu’à une révélation ultime. « Voilà où et à quoi nous aboutir(i)ons – maintenant vous savez tout » : tel était le sens du geste. Carte sur table ou peut-être utopie livrée aux fauves ? Qu’importe ! il reste quand même à jouer la partie… Ici simplement je dépose et peux tout à fait m’en contenter. Le don « à fonds perdu » de ce qu’on a à dire, en partie objet de ma note du 4 décembre dernier, n’est pas seulement un choix à faire : il n’y a, à mon avis, pas d’autre alternative à l’espace de communication actuel. Mais il esquisse déjà un nouveau mode de communication par la façon poïétique qu’aura tel ou tel autre de le recevoir. Comme il est dit plus bas, à chacun, s’il le veut, de construire.
Il y a une unité dans les notes qui alimentent les catégories « s’entredire », « Après l’Etre », et « dire-être » (catégorie que j’inclus dans la précédente). Je donne cette indication pour le cas où un lecteur (ou un éditeur !?) serait intéressé / tenté, à terme, de la reconstituer ou de la construire pour lui-même (et avec moi ?) dans un livre, c’est-à-dire veuille ce que moi je ne veux pas, à savoir écrire un livre à partir de ce qu’il trouvera ici sans passer par la pratique expérimentale de la sagesse dont il est question – et pour commencer :
N’écrire un livre qu’en désespoir de cause.
J’aurais aussi bien pu intituler mon blog « dire-être » ou « Après l’Etre ». J’ai préféré le « s’entredire » auquel ils s’articulent et sur lequel ils débouchent comme pratique vivante – au lieu d’écrire un livre.
*
Pour ce qui est enfin de mon identité personnelle (il paraît que j’intrigue), j’ai avant tout quelque chose à expliciter et non avant tout un espace de communication à créer, non avant tout quelque chose à vous dire, non avant tout un besoin de communiquer à n’importe quel prix : je ne suis pas un meneur d’hommes, je suis bien trop enclin au détachement, je n’ai pas de charis personnelle (comme l’a bien vu Koan), mais s’agissant d’échanges, je souscrirai à toute initiative éventuelle en vue de réfléchir ensemble, voire d’expérimenter ce que peut être un dialogue « véritable ».
NB/ J’ouvre pour l’occasion une catégorie « A propos », en continuité de l’A propos en en-tête pour d’éventuelles autres « notes internes » à venir. « Six mois de blog », par exemple, ou encore « Neuf mois de s’entreblogres »! qui sait ? ;-)
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09:05 Publié dans A propos, suite | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : Blog-ajustage



Commentaires
Varna Max > tout se résume effectivement pour moi à la conscience entraînée à construire plutôt qu'à détruire, puisque dans ce domaine, rien ne sera à "écrouler" qui ne le serait déjà...
Le difficulté et le jeu de notre "aujourd'hui" est de savoir enjamber certains cadavres de moeurs, et d'idéaux défunts, sans jamais renier les valeurs qui les fondèrent en leurs temps, si tant est que nous y soyons encore attachés.
C'est ici le plaisir qu'il nous est - encore ? - donné de partager
Bon travail ?!
Ecrit par : Mastic | 11.12.2006
Mastic > oui.
Ecrit par : varna | 11.12.2006
Break-even vous vous souvenez ? arreté le jour de votre fête ...
Finalement la blogosphere n'est pas aussi vaste que l'on pourrait le croire.
Bonne continuation
Ecrit par : break.even | 12.12.2006
Break-even > content de vous retrouver ! Bien sûr que je me souviens !! Même que j'avais enregistré un texte de vous qui m'avait beaucoup impressionné, traitant d'une funeste face du s'entredire (enfin je le dis avec mes mots) : la manipulation. Manque de chance, oui, vous fermiez alors votre blog... L'avez-vous réouvert ou ouvert un autre ?
GAre ! sinon je retrouve votre note et la ressors ici ! ;-)))
A bientôt !
Ecrit par : varna | 13.12.2006
Varna
Il y avait plusieurs posts sur la manipulation. Est ce celui ou je parlais de 'La soumission librement consentie' ?
Vaste sujet la manipulation, mais j'avoue que c'est un peu comme la conscience, il y bien plus d'hypotheses que de connaissances. C'est un des sujets "tourne en rond" et ou on peut "blablater" sur des kilometres, dans quel but ?
Non je ne n'ai pas réouvert break even et le dernier en date vient aussi d'etre clos. Drôle de coïncidence non ?! Il est encore disponible en consultation mais n'a rien à voir avec Break even (encore moins avec "s'entredire", humm humm).
Vous pouvez le consulter en suivant l'URL, dans peu de temps il disparaitra aussi.
Un autre est en préparation encore différent.
J'en profite pour faire un petit coucou à Anne ;-), elle comprendra...
A bientôt
Syb
Ecrit par : syb (ex break even) | 15.12.2006
Syb > En gros j'arrive toujours chez vous quand le blog s'achève ! Dommage, je viens de consulter votre dernier blog, j'aurais bien réagi ici ou là, mais "en son temps" !
Eh ! Au prochain arrêt, faîtes- moi signe - que je.... remonte !
Ou bien voudrez-vous bien inverser la vapeur dés votre prochain départ ? ;-)
Ecrit par : varna | 15.12.2006
Soit "ENTRE-DIT" parmi... quelques un(e)s parmi nous ou parmi eux, la qualité de votre réflexion sur ce que certains appellent "la Pulsion BlogHic" ( Dans l'éternel registre : "le moi est haïssable...etc...") est tout à fait passonnante. Je vous découvre chez mon amie Poulpy et je voudrais bien savoir où va naviguer désormais votre pensée d'écran. Si vous bouclez la parenthèse, ce serait dommage... Il y a trois ans que je surfe sur toutes ces questions, et ma planche de saut (de salut ?) dans les vagues reste , et plus que toujours l'écriture poétique qui laisse passer la lumière dans les fêlures de l'ego démultiplié... A vous lire ICI ou AILLEURS ... Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'adresse... Bien cordialement. Mth P LA CAUSE DES CAUSEUSES
Ecrit par : Mth Peyrin | 22.12.2006
Bonjour Mth - j'ai cherché sans succès "Pulsion BlogHic" sur Google, je ne sais donc pas exactement à quoi vous faîtes allusion. Pensez-vous que j'ai l'air de dire que le moi est haïssable ? Ou peut-être qu'il y a mieux à poster sur un blog ?
Où je vais "naviguer" maintenant ? ("naviguer", plus loin "planche de salut".... vous arrivez bien de chez Poulpi!). Faîtes-vous allusion à l'autre blog que j'envisage d'ouvrir ? Si oui j'y ferai mention ici même.
Vous intéressez-vous à la poésie parce "qu'elle laisse passer la lumière dans les fêlures de l'ego démultiplié" ? Une psychologie de la poésie, peut-être, c'est cela qui vous intéresse ?
Enfin quelle est donc la cause des causeuses ? (Je demande, c'est pour gagner du temps car je vais venir bien sûr vous lire).
Euh... je ne sais si je dois m'excuser pour toutes ces questions ! Mais bon, il le fallait ;-)
Merci à vous, Mth, et désolé si je ne vous réponds pas avant lundi. Je m'absente jusque-là.
Ecrit par : varna | 22.12.2006
Pirouette apéritive : Les réponses sont dans vosequestions et vice versa...
C'est vrai ...je ne vous aide pas beaucoup, mais je prends mon temps aussi pour cheminer vers vous, tout en avançant pas à pas. C'est rigolo de tout chercher sur internet ! L'appellation BLOG-HIC n'existait pas jusque là, maintenant Google a dû l'avaler sans beurre ni cornichon... Il s'agit en fait de "la pulsion bloguique" , formulation entendue dans un enregistrement de colloque mise en ligne par un internaute récemment. Le phénomène des blogs suscite de nombreuses controverses et une mobilisation assez burlesque des institutions de médias classiques pour cerner son objet et ses conséquences . "Le moi haïssable" était une sorte de hochet verbal agité par un modérateur comme pour évacuer d'emblée les discours redondants sur l'idée que le blogueur ne représente en fait que lui même et son autopromotion encombrante. J'ai lu votre texte avec ce genre de parasitage en tête et je l'ai relié avec votre constat des us et coutumes sur la question. Le blog est-il haîssable lui aussi. J'avoue que cela est loin de me paraître donné d'avance. Et ce n'est sans doute pas cela que vous avez dit. Vous visez plus fin et plus argumenté.
Oui, si vous ouvrez un autre blog, j'irai sans doute à la godille tranquille jusqu'à vous. Seulement si cela ne vous importune pas.
Je ne sépare pas la psychologie de l'écriture ( poésie ou prose) . J'emploie d'autres termes qui n'ont rien d'original, il y a la dimension affective de l'écriture, son soubassement pulsionnel et le travail de "secondarisation" requis par tout contenu symboligène qui permet d'échafauder des "représentations" partageables ( les codes barres ne sont pas l'objet, ils signalent ses caractéristiques, l'identifient parmi d'autres objets). La poésie est une langue qui suppose un écart plus grand et plus flottant (plus indéterminé) entre le mot-image et la réalité. A cet égard , il permet un dégagement des codes représentatifs. Si j'utilise par exemple l'expression "l'objet de ma flamme...", je donne accés à une représentation qui reste à imaginer entièrement et qui reste unique en son genre, le détour permet une forme d'attention et de respect plus stimulant que si j'écris simplement "Gérard mon camionneur"... La poésie fomente la version tendue et tendre de l'image , elle la creuse et la fait évoluer, dériver... Oui, c'est cela qui m'intéresse.
La CAUSE DES CAUSEUSES , c'est tout expliqué dedans.
Cliquez sur A PROPOS dans la Page d' Accueil et vous aurez toute la genèse. Ensuite c'est votre pulsion labyrinthique qui vous guidera. Ne pas vous affoler si vous vous perdez, le blog arrive à trois ans d'âge , il est plein comme un oeuf... Il a même deux succursales : VENDANGES POETIQUES et LECTURES SENTINELLES.
A vous lire et à lundi ?
Ecrit par : Mth Peyrin | 22.12.2006
Chouette. Vous parlez de l'émouvant Charles Juliet chez vous, Mth Peyrin, c'est rare et c'est bien. Merci.
Ecrit par : koan | 23.12.2006
Mth > J'ai l'opportunité de vous répondre, je la saisis, ça ne devrait pas contrarier le Père Noël ;-)
Je vous remercie d'avoir déparasité votre lecture de "blog opératoire". Pour moi personnellement, un blog est un formidable outil pour faire parole de ses écrits, pour "socratiser Platon" en quelque sorte (j'y reviendrai). J'en veux pour preuve l'évolution de mon dire sur ce blog, indépendamment de ce que j'ai à dire. J'envisage même d'en changer le titre, de l'élargir à cause des (ou grâce aux !) évènements qui s'y sont passés.
Nous n'avons pas la même conception de la poésie, j'en ai peur. Mais sans doute sommes-nous autant psychologues ? Ca nous aidera ;-)
Oups... quand c'est trop riche, c'est comme dans la vie, je suis moins tenté... je parle de votre blog. Mais je vous promets d'aller voir, vous promets de ne pas m'affoler puisque vous m'avez averti !
Merci à vous !
Ecrit par : varna | 24.12.2006
Votre conception de la poésie ?
Ne promettez rien, c'est pas demandé, vous sembliez réclamer le mode d'emploi de la CdC alors j'ai essayé de vous l'expliquer. Il est impossible d'aller jusqu'au fond du grenier, ce serait perdre votre temps.
On passerait du Blog Opératoire au Blog Symboligène ?
On est pas sortis du grenier !!!
Il faut apprendre à picorer ...comme les oiseaux qui connaissent la capacité de leur estomac...
Bien cordialement.
Ecrit par : Mth P | 26.12.2006
Comme vous en parlez c'est sûrement un grenier à grain, votre blog ! De quoi picorer longtemps ! J'y ai déjà jeté un oeil, pourquoi y perdrais-je mon temps ! Mais il est vrai, j'ai tellement à moudre de mon propre grain ! A bientôt tout de même. Merci Mth.
Ecrit par : varna | 26.12.2006
MthP, j'adore te voir ici, mettre un peu de grain dans ce moulin ci ! La meule y est un peu trop lourde pour moi, mais je lis, comme chez toi, à petites miettes à picorer. Et j'attends avec impatience les mots de varna sur sa conception de la poésie...
Ecrit par : Miss poulpi | 26.12.2006
Ici on aime les mots et les joutes de mots. Plus loin on aime les mots et les jeux de mots, plus loin encore on aime les mots et les jolis bouquets... Les jeux jolis des joutes font parfois des bouquets qu'on lance en l'air comme des feux d'artifice, d'artifice donc éphémères et diffluents. Il y a différentes manières d'aimer les voir et les renouveler. La CdC a choisi les silos à mots, mais de ceux qui fomentent quelque chose de l'ordre d'une entente colorée, apaisante pour ceux qui n'ont rien à prouver sinon retrouver une semence de parole intime qui s'accorde le plus possible à soi puis par hasard heureux à quelques autres paroles. C'est parfois impossible. Pas vraiment au long terme, si l' on prend discrètement de la graine à faire germer dans son propre humus. Il faut un peu de patience et d'endurance. Miss Poulpy en sait quelque chose. Nous sommes très complémentaires toutes deux en matière de voix femmes et Freud n'y est pour rien. Il nous disait "continent noir", et il était lucide... Faites au mieux et surtout comme vous l'entendez, sans trop faire attention à ce qui n'est pas dans votre sillon Socratique si cela vous déplaît...Nous vivons l'accouchement à une autre échelle, probablement plus charnelle, douloureuse et méditée ad libitum... Ne pensez pas qu'il est inutile d'aborder le sujet en poésie, il m'arrive de penser qu'elle ne sert qu'à cela... Bonne journée et à plus tard.
Ecrit par : Mth P | 27.12.2006
Merci de ce com, Mth, il me permet de répondre sans avoir à contenir comme trop souvent ma colère. Pourquoi devrais-je répéter ce que j’ai dit déjà plusieurs fois ?
Je ne me suis mis « aux mots » que tardivement, mais j’ai exprimé mon opinion : ils ne sont qu’outils. Beaux outils, certes, mais outils quand même. En comparaison de ce qu’ils (me) permettent de dire, je peux affirmer, oui, que je n’aime pas les mots /pour eux-mêmes/ comme il semble que ce soit très souvent le cas… en poésie. (Voilà pour l’instant, Miss Poulpi ;-)).
Je n’aime pas non plus les joutes oratoires, je ne joue que sur un court instant ; la polémique est pour moi une perte de temps, surtout quand il s’agirait le plus souvent de dire à l’autre ses erreurs, ses préjugés, ses présomptions etc. Je préfère ne pas critiquer l’autre, il pense trop souvent comme il /est/, ça ne changerait rien. Je me reconnais volontiers dans ceux dont vous parlez, qui n’ont rien à prouver « sinon retrouver une semence de parole intime qui s’accorde le plus possible à soi puis par (un) hasard heureux à quelques autres paroles ». Voilà la co-répondance que j’attends, à défaut d’une compréhension de ce que j’écris. Au fond, vaut mieux rebondir pour son propre compte, n’est-ce pas ? Au moins la mécompréhension n’est pas source de tension ! ;-)
Et puis je ne tiens pas non plus tribune, je l’ai dit, et si mon blog a du succès (5000 entrées à ce jour pour le mois en cours, c’est plus que je ne l’espèrerais), je ne vois pas en quoi je devrais l’assumer – je réponds ici à Koan. Je ne suis pas un homme public, je ne suis pas médiatique, je n’ai pas de pensée à vendre, je n’ai personne à convertir, et je ne m’identifie pas à une pensée, la mienne ou celle d’un autre. C’est /elle/ que je livre. Moi, je dis-être (infra) au monde et autant que je le peux aussi aux hommes. Je « dépose » ici simplement un travail (moins cérébral qu’épidermique) fait à partir de ce qu’il est convenu d’appeler une « pensée ». Qu’elle soit polysémique, eh bien tant pis et tant mieux – comment pourrais-je vouloir assumer la gestion de « Ma Pensée » auprès de la compréhension d’autrui ? Est-ce que je monte ici une entreprise ? Dois-je assurer le SAV auprès d’une clientèle ? Ma pensée m’appartient-elle au point que je la contrôle, en définitive, auprès d’autrui ? J’ai déjà assez à faire parfois le ménage, auquel on m’a contraint, sur mon blog ! Je le demande : y a-t-il un seul texte, une seule parole dans toute l’histoire qui soit resté indemne de la lecture des hommes et de leur désir surtout de propager la bonne parole !? Je n’ai pas de bonne parole à propager, je n’ai pas d’interview à assumer ; Si j’écrivais un livre, j’aimerais qu’il soit le livre DE personne et DE tout le monde (et non « pour » dans les deux cas). Voilà qui me paraît clair, et pourtant…
A l’inverse de vous, Mth, je ne cherche pas à apaiser ; « S’il y a quelque chose à donner aux autres, le plus courageux des dons serait de leur enlever quelque chose. ». Je ne suis pas assez généreux ni optimiste pour ça. J’écris pour celle ou celui auquel cela profite, c’est tout. Ce que j’entends par dire-être au monde et aux hommes ressort d’une appréhension de l’espace physique commun à tous les êtres et à leur (notre) présence commune, jointe à la conscience de ce qui existe en sus grâce à (ou à cause de !!) notre inter-dire. La poésie pourrait bien être, pour ceux qui le veulent ainsi, avant tout un geste et non nécessairement un écrit.
Je répondrai plus tard à la question de Miss Poulpi à propos de l’espace blog ! Je suis forcé d’arrêter là. Je m’absente normalement jusqu’à jeudi. Je laisse la place à d’autres dire-être, y compris les sans-monde… ;-)
Merci.
Ecrit par : varna | 27.12.2006
Nous sommes sur la même longueur d'ondes Varna comme pour une chaîne psychotrope à chaque bout de la flèche entre l'incision et la sédation. Principe Masculin et Principe Féminin. Vous avez raison, c'est parce qu'on a rien à prouver qu'on attire la parole d'autrui, ils veulent s'attaquer au secret de fabrication, que nous méconnaissons tous en profondeur. On se rencontrera parfois au mlilieu. Je l'espère "vivement". A Jeudi donc...
Ecrit par : Mth P | 27.12.2006
P.S. Archi Oui ! Pour le poème comme mouvement...
Ecrit par : Mth P | 27.12.2006
Mth > De l'incision à la sédation, dîtes-vous. Comme l'arc musical ? Il ne cesse d'intriguer, car à la fin - est-il arc ou est-il lyre !?
Cette idée d'une origine commune de l'arc et de la lyre est fort ancienne. Quelqu'un ici veut-il en faire un poème ? Je passe commande ;-)
Voici ma suggestion : La flèche atteint sa cible, mais la musique aussi. Au fond, un archer musicien est peut-être moins un homme muni d'une flèche et pointant un objet précis, qu'une corde cherchant à vibrer, se prolongeant elle-même dans la flèche, et cherchant à atteindre quelque caisse de résonnance...
Ecrit par : varna | 28.12.2006
"Le discordant, s’accorde avec soi-même ; accord de tensions inverses, comme dans l’arc ou la lyre.
51. Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-même peut s’accorder. L’harmonie du monde est par tensions opposées, comme pour la lyre et pour l’arc"
Ecrit par : Héraclite | 28.12.2006
L'archer se doit d'ignorer la lyre quand il lance sa flèche car sa cible est l'avalanche du son .
Ecrit par : . | 28.12.2006
.> Euh...je comprends pas ce que vous voulez dire, mais grâce à vous j'ai pu corriger une faute d'orthographe dans mon commentaire, plus haut : il fallait lire "archer musicien" et non "archet musicien".
"... car sa cible est l'avalanche du son" ???
Ecrit par : varna | 28.12.2006
Alors quoi ! Quel son fait naître la flèche de l'archer musicien quand elle atteint enfin sa caisse de résonnance ? Et d'abord, quelle est cette caisse de résonnance visée ? Le coeur d'autrui ? La présence de toutes choses ? Les vers du poète ? Le principe féminin ? (Mth). L'océan maternel originel ? Quel son fait la mère océane quand la flèche du poète l'atteint en son sein ? Il faut bien voir qu'en chemin la flèche se métamorphose en archet ! Un archet pour faire vibrer la maternité, c'est peut-être là le secret de l'archer musicien !
Allez, à vos délires prophétiques, apollinien(ne)s ! :-)
Ecrit par : varna | 28.12.2006
Dites moi Varna,
Les poètes seraient-ils réduits au statut de machines à produire des métaphores !? on pourrait le croire vu la manière dont vous passez "commande"
Si vous sentez, le sujet, lancez vous ... allez hop hop
Ecrit par : syb | 28.12.2006
L'image est pour moi élémentaire, réelle , donc inexplicable . Nul n'est tenu à l'expérience . Ne vous énervez donc pas . Désolée Varna mais avec vos suppositions inattentives vous avez là tout faux .
Ecrit par : . | 28.12.2006
On est plutôt dans l'arc électrique des tentatives de soudure que dans l'art musical cher Varna. Le défi poétique est une lame de fond qu'on ne peut pas soulever d'un simple geste d'archet... Il y faut moins de forces en présence, moins d'antagonismes latents. Difficile de savoir comment aborder la lyre ainsi posée à côté d'un arc à flèche... Je pense soudain à un titre d'article dont l'auteur a été croisé un jour et qui évoquait "la trajectoire interminable d'un javelot", la perplexité qui en découlait... Je suis dans cette expectative là. Sans trop savoir quelle posture de compréhension prendre. Je ne sais pas encore lire vos partitions mais je sais que votre petite musique sonne juste.Je ne vous flatte pas. Je me fie à mon intuition. Pour l'instant les instruments n'ont pas trouvé le déjà-là... Mais c'est une question de patience et de cordes à changer.... Je propose la Harpe comme modèle plutôt que l'Arbalète... Qu'en pensez-vous ?
Ecrit par : Mth P | 29.12.2006
Oui Mth, vous avez raison, l'arc est en réalité électrique, il suffit de voir ce qui est entendu alentour lorsque, par le jeu d'un corde qui se détent, un la amusé est donné pour suggérer à chacun d'entonner à son tour...
Figurez-vous que je songeais hier à la harpe, me disant que, munie elle aussi de cordes et dotée d'une forme aérodynamique, elle devait elle aussi pouvoir envoyer des flèches. Mais la harpe, c'est pour charmer et apaiser, non ? Donc je reprends "l'arc posé à côté de la lyre" et tente à nouveau de faire entendre ses flèches ;-)
Pour ce qui est du javelot, j'ai bien peur qu'il impatiente longtemps car je préfère montrer une trajectoire qu'un point de retombée dont le seul intérêt est de fixer une distance. Le javelot tombe aux pieds de chacun, je veux dire : quand il cesse de le regarder... Je n'ai donc pas de point de chute à proposer. Que chacun dessine dans le ciel une flèche qui siffle et qui persiffle. Même si c'est sur moi qu'il la fera retomber (Ca, c'est pour embêter - sourires).
Merci de votre confiance, Mth !
Ecrit par : varna | 29.12.2006
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