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26.12.2006

[Titre de blog élargi]

Ce que veut dire.

 

J’élargis la préoccupation première de ce blog. Il se nomme désormais Ce que veut dire. Il sera donc maintenant plus personnel, plus relatif à ce que je pense, mais sans que le verbe s’entredire cesse pour autant d’être l’affaire de chacun et de tous. Je ne m’accapare pas plus qu’avant ce verbe, mais au moins j’espère ainsi ne plus donner le sentiment de « réquisitionner » l’autre, comme il me fut dit récemment. Je comprends qu’à vouloir interroger le geste de dire de chacun à l’égard des autres et indépendamment du « contenu », j’ai pu donner à maintes reprises cette impression. Mais je comprends aussi que personne ou presque n’entend peu ou prou remettre sa propre façon de dire en cause. Pour autant, le dérangement causé par les questions que je pose n’est pas tel que je renonce à pointer ici ou là, à l’occasion, différents types de dire. Il sera dit que je n’invite plus chacun à se poser les mêmes questions que moi, mais que simplement c’est là…  ce que je pense ;-)

 

La preuve est faite que ce blog est bien un essai de dire !

 

« Ce que veut dire ». J’élargis également le sens du verbe dire. Un verbe peut-il vouloir ? Non, il ne s’agit pas de dire ce que « veut » le verbe dire, mais ce qu’il traduit comme présences, comme existences, comme gestes et comme relations, à savoir ce qu’il « veut dire », ce qu’il signifie (de signe) sur le plan ontologique et non purement noétique (pensée). Cela permet à mon sens d’appréhender autrement « l’être au monde ». Le verbe « veut », dans cette expression, est une façon de placer délibérément la question du dire dans une relation, celle d’un être au monde qui serait « en même temps » un dire-être au monde et aux autres (de même espèce ou pas !). Le monde y est implicite. La relation n’est pas réduite simplement à du « subjectif » face à de « l’objectif » ou inversement, pas seulement non plus entre deux interlocuteurs. « Dire », en ses multiples façons, c’est la manifestation même de l’être au monde.

 

La suite dans la note « Dire, entre être et faire exister » (ci-dessus) 

 

 

Commentaires

Varna... ayant tout considéré pris le parti de regarder partir vos trains l'un après l'autre, je ne comprends pas moi-même par quel miracle je me trouve à leur arrivée avec autant de bonheur à vous lire...
Non, "réquisitionner" ne m'a pas ennuyée... seulement un peu gênée puisque l'ayant spontanément (et sans vous avoir encore lu) utilisé cette semaine à propos d'une adresse de blog à laisser en lien de "correspondance" chez moi...
Bien sûr que j'ai une âme et surtout un langage parfois encore de guerrière, et que le doute faisant, je pourrais y voir là toujours une tarre de naissance, mais ce n'est pas le cas, tandis que je revendique alors ce verbe...

Néanmoins, vous n'obtenez pas mon indulgence... car il existerait d'autres lectures plus directement liées à un respect instinctif de la syntaxe par exemple :
"Ce QUE veut dire :" = ce QUOI veut dire = en rappel à l'ordre du "quoi, pourquoi, comment", qui reste constitutif de notre approche culturelle et bien française aussi = "Ce que veut dire = QUOI !?"

Je vous dois cependant le respect : parce qu'oser mettre les mains dans ce panier d'épines (les requins) auquel correspondrait la "deuxième partie de la phrase" qui associée à la chair se résumait déjà à vos mots... chapeau !

"Le monde y est implicite. La relation n’est pas réduite simplement à du « subjectif » face à de « l’objectif » ou inversement, pas seulement non plus entre deux interlocuteurs."

Si... je vous fait déjà un reproche - affecteux et interrogatif quand au joint : ne vallait-il mieux pas respecter d'avantage la règle... et plus justement dire : "pas seulement non plus à deux interlocuteurs" ?
A moins que la lumière ici ne soit consciemment jetée sur la notion de réduction ?

Un grand merci, Varna, et d'avance, aussi ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 08.01.2007

Bonjour Marie-Gabrielle > Si vous êtes présente à l’arrivée de chaque train que vous avez précédemment regarder partir, c’est que vous courez drôlement vite !
Je vous réponds ici point par point (hélas, le copié-collé ne marche pas, mais vous vous y retrouverez).

> "Réquisitionner" et suivant...
Libre à chacun de réquisitionner, en effet il n’y a pas nécessairement à en avoir honte. Mais l’avantage que présentait pour moi le verbe s’entredire (en titre de blog) a dû céder devant l’ambiguïté (de l’interprétation) et les inconvénients qu’il suscitait. Cet avantage était d’être un verbe appartenant pour ainsi dire à tout le monde. Il écartait ainsi autant que possible la question, toujours posée d’emblée mais par habitude, du Nom, du quoi, du QUE est-ce, etc. Avec « ce que veut dire », en quelque sorte, je reprends depuis le début, de la façon la plus conventionnelle : je dis ce que je pense. Mais au moins j’aurais « averti » que le verbe auquel je pense peut être dit sans passer par la série de Noms qu’impose le raisonnement habituel. Ce sont EUX les théologiques, et non les verbes !

> Quoi, que, comment, etc..
--- C’est vrai que l’expression « ce que veut dire » m’a plu en ce qu’elle contournait l’obstacle susdit. Bien que commençant cette fois par « Ce » (et donc objet, et donc nom, etc.), la voir utilisée de la sorte, simplement, « ce que veut dire », pareil « tronquage » renvoie malicieusement au GESTE contenu dans une expression habituellement suivie d’un nom : « ce que veut dire… ceci ou cela » (« Ce que veut dire le verbe être » est le piège dans lequel ne pas tomber !!). Par là et malgré les apparences, l’expression déjoue en quelque sorte la contrainte qu’on cherchait à imposer au verbe crûment exprimé : s’entredire. Malgré tout, dans l’expression « ce que veut dire » il est bien question de CE que le verbe dire traduit comme présences, comme existences, comme gestes et comme relations.

> "Entre" ou "à" ?

--- Par le mot « entre », je faisais allusion à la prétention sécessionniste du langage (supra), prétention du savoir à dire le monde, à créer un espace ENTRE NOUS (la Pensée, Inter-dire humain ET reflet du monde) où tout se reflète et y prend sens. Car, si notre dire ne s’hypnotise plus (sciemment) de CE qu’il dit, s’il est DEJA un geste au monde (donc un verbe), alors il est DEJA un /mode d’être/ au monde (tout comme écrire est un mode de vie). En ce sens, oui, le monde de l’être-relation est implicite à toute relation « A » deux. [mais là on s’en doutait un peu].

Ecrit par : varna | 08.01.2007

Varna > je ne fais que courir... je suis très facile à faire marcher... je ne vais plus chercher.

Si j'ai bien compris : on ne rentre pas dans le lard / on charme, mais ne prononcez pas s'il-vous plait la sécession dont je souffre trop de ne pas me rappeler toujours le chant (qui se siffle et) que j'aime tant !

Phase finale en ce qui me concerne, Varna... je vais craquer. J'AI claqué.

Amitiés,

Ecrit par : Marie Gabrielle | 08.01.2007

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