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15.01.2007

La vérité à la place du dire

[EPISTEMOFOLIE]

 

   Il y eut jadis des Sages. Puis il y en eut plus. Ont-ils cessé d’être Sages, ces Grecs, quand apparut Socrate ? Apollon, les Muses, Homère, Pindare, Héraclite, Parménide, etc.,  –  croit-on aujourd’hui qu’une imparable certitude, « forcément », les rendait Sages auprès des autres hommes et aussi pour eux-mêmes ? Croit-on que le doute s’est emparé brusquement des hommes  –  ce doute sacralisé depuis et qui fait foi aujourd’hui encore en matière de Savoir ? Croit-on que lui seul, le Doute, a jeté le discrédit sur ces Sages d’antan et dressé peu à peu contre eux le fabuleux essor, rendu enfin possible, de la Recherche et du Savoir, c’est-à-dire d’une quête infinie et sacrée  –  de l’infini même ?

Bref, possédaient-ils quelque Savoir privilégié, tous ces présocratiques ? Non  –  pas un savoir comme nous l’entendons ; ils avaient tous un rapport naturel à la parole, plus exactement au dire. C’est-à-dire, dirions-nous aujourd’hui, rapport au mythe de la parole en tant que chacun d’eux a pu dire :

 

L’expression est l’essence même de l’être au monde ; la sagesse humaine n’en est tout d’abord que la juste transcription. Oui, vraie est alors cette transcription juste de l’expression, loin encore de ce principe d’une Réalité en-soi, alors imminent, dont la Vérité vint bientôt se plaquer majestueusement sur chaque être au monde et recouvrir ainsi peu à peu le monde entier de son Dire  –  séparé.

 

Mais pour l’heure, qu’ont-ils donc fait, ces Sages, de cette expression juste de toutes choses simplement retranscrite en paroles ? Autrement dit, qu’ont-ils fait (du moins les hommes parmi ces Sages) de cette connaissance de ce qui fait l’essence de tout être au monde ? Ils s’y sont eux-mêmes conformés  –  par leur mode de vie !

 

Ce qui signifie : en conformité avec leur vision de l’être au monde (Seinsanschauung).

 

Que l’on compare ici Platon : il détruit ses tragédies, « images ultimes du mythe » comme l’écrit W.F. Otto. [Comprendre cette expression, c’est peut-être comprendre tout le cheminement du dire jusqu’à Platon]. Il passe des dialogues entre personnes à des explications entre concepts. Et il se dit philo-sophe !? Quelle est donc cette nouvelle parole que voudrait prononcer cet homme se disant ami de la sagesse, mais qui va pourtant en détourner le sens ? Une sagesse nouvelle !?

 

Des Sages à Platon et Aristote en passant par Socrate, quelque chose s’est en effet passé ; le dire s’est détourné de sa participation à l’essence du monde  –  quitte à se tromper  –  pour se planter « en face » de celui-ci, ou plus exactement se mettre à l’égard du réel en posture de (soi-disant) face-à-face. Sa parole se consacre désormais à autre chose  –  à toute « CHOSE » justement !

 

Elle N’Y participe plus, elle S’Y « con-sacre ».

 

Concernant la tâche et l’évolution de ce nouveau dire, tout s’accomplit ensuite très vite avec Aristote à partir de cette première distanciation (amorcée déjà bien avant Platon). Le mot ab-straction dit bien l’homme qui s’abstrait, la connaissance qui s’abstrait, s’appliquât-elle à des choses concrètes ! C’est l’époque  –  voilà bien le signe d’un tournant majeur  –  où le mot épistémè prend le sens de certitude. La vérité allait donc enfin pouvoir exister (jusque-là il n’y avait en effet pour les Grecs archaïques que du vraisemblable). Le sacré de la participation a passé le relais au sacré de la posture du « face-à-face ». A l’époque de Socrate déjà, ‘l’homme’ ne supporte plus le doute ou l’hypothèse, surtout il ne supporte plus qu’on lui suggère de conformer sa propre vie à une « image du monde » telle qu’en proposait chacun des Sages. Il veut maintenant savoir pour de bon, il veut la certitude au sujet de chaque chose. Pour répondre donc aux premières questions posées ci-dessus, et à la « certitude » qu’on croit devoir prêter aux Sages :

 

Les Sages assumaient pleinement leur croire et leur dire synonymes d’être au monde. A l’inverse, c’est bien parce que le nouvel homme (socratique) s’est mis en quête de certitude qu’il a rompu le lien entre son dire et l’être au monde.

 

Car vouloir ainsi se planter « en face » du monde, yeux dans les yeux avec lui  –   n’était-ce point là d’une effroyable arrogance ? Demander « Qu’est-ce que Le Beau en-soi, Le Bien en-soi, Le Bon en-soi, Le Juste en-soi, etc. »  –  c’est-à-dire en définitive « sans-nous », « sans lien avec notre dire »   –  n’était-ce pas vouloir prendre la place qu’occupaient alors les dieux ? Quel être encore au monde fut-il seulement en mesure de se placer ainsi « en face » de toutes choses et du monde !? « Accoster l’Autre Rive du Monde» qui jusque-là décidait du destin des hommes, voilà quelle fut l’aspiration nouvelle !

 

L’homme désamarré de son être au monde s’élève jusqu’aux dieux afin de rapporter au monde et de distribuer aux hommes la connaissance divine !?

 

Un autre vol commis après celui du Feu, mais commis cette fois par les hommes mêmes ? Disons que l’homme veut désormais apprendre « depuis » ou « à partir de » l’Autre, mais de l’Autre auquel il « emprunte » sa Connaissance sans se montrer trop regardant sur les conditions et sur les conséquences d’un tel exploit. Platon sacrifie ainsi la sagesse liée au dire conforme à celui qui dit à la recherche du savoir supposé lié à la SEULE parole, c’est-à-dire à la vérité en-soi désormais susceptible d’être dite. Il inaugure une Mythologie de la Parole séparée ! Il sacrifie le dire du Sage (du musicien jouant au sein de l’Orchestre des Sphères, si l’on veut) à la parole issue de cet espace nouveau, dialectique, impersonnel, pressenti par Héraclite :

 

Le Logos  plus pur que l’esprit  –  et séparé.

 

Il faut voir là, en filigrane déjà, « La Vérité », « La Raison », pour ne pas dire encore « La Pensée » qui rend désormais tout « dialectique ».  

 

C’est dire que chaque chose lui sera bientôt carrément redevable d’être, du fait que lui seul, Logos, donnera bientôt à son être son sens…

 

Platon sacrifie ainsi la poésie à la prose, un type de dire à un autre, plus proche, selon lui, de cet en-soi susceptible de tout nous révéler, de nous faire savoir, et que nous pourrions faire nôtre. Par exemple le Bien ou encore l’Un qu’il reprend à la suite de Parménide. Mais cette parole nouvelle issue d’un Langage fait espace et promise à tant d’avenir parmi les hommes l’éloigna personnellement de la réalité  –  qui est aussi celle du dire. Et il en va de même, depuis, de tous ceux qui savent à son exemple

 

Or ce que voulait jusque-là le dire du Sage  –  un dire en conformité duquel vivre, toute chose concrète dite n’étant alors que cet autre être au monde auquel l’on participait en le disant   –  c’est maintenant, avec Platon cristallisant sur lui-même tout un cheminement passé, « devenir Parole détachée de toute chose et de tout être mais disant QUAND MEME toute chose et tout être » – qu’il veut. On assiste alors à une exterritorialisation du dire attaché par essence à l’être au monde, on assiste à l'apparition d'un véritable monothéisme de la Parole détachée, "qui parle toute seule" – mais dont le dire constitue notre savoir :

 

Le sage croyait dans le dire, le savant sait désormais la vérité.

 

Ainsi, la bouche (l’expression) de toute chose et son dire (sa manifestation morphologique en premier lieu) ne comptent plus désormais qu’à titre d’incarnation de l’Etre, du Concept. L’apparition de cette première Théologie (née en même temps, est-ce un hasard ?, que l’histoire au sens moderne du mot  –  il n’y avait jusque-là que cosmogonies et généalogies divines et princières] les a extirpés de leur dire-être individuel, les a enrôlés dans un « être de sens » dit par le Langage, voire carrément de langage.

L’être au monde « sortait » jusque-là, en tant que manifestation, de la présence de chaque chose, c’est-à-dire du dire-être au monde de chaque chose. Le verbe savoir, dont le dire est désormais seul légitimé à faire autorité parmi les hommes, sort quant à lui de la bouche de la seule, unique et universelle  –  « Bouche de la Vérité ». Parole de vérité, bientôt Pensée, sacrée d’ores et déjà « sœur jumelle du Réel », et déjà détachée de tout être au monde et souveraine. Déité.

 

* 

 

Alternative :

 

Pour un dire sage en conformité duquel vivre OU BIEN pour un dire un savoir divin qui nous abstrait ? C’est-à-dire :

Voulons-nous d’une connaissance humaine OU BIEN encore et toujours le savoir séparé d’un dieu ?

Voulons-nous transcrire toute chose et le monde avec ce que nous sommes OU BIEN continuer de faire parler toute chose et nous-mêmes le Langage de l’Etre en-soi, comme si tout voulait dire (x2) réellement dans cet Espace de vérité qui serait seul véritable ?

En somme :

 

Voulons-nous savoir encore et toujours par opposition à croire OU BIEN situer désormais notre dire d’homme, en tant qu’être au monde, de part et d’autre de la Vérité ?

 

Car n’avons-nous pas un jour ou l’autre, à l’échelle individuelle sinon collective, à reprendre conscience de ce que c’est simplement que d’être au monde et donc pour cela à récupérer notre dire-être ?  

 

[A suivre]

 

Commentaires

Présocratique chant, c'est en toi que j'allais, en tes fragments... pourtant pas lus alors !

Ecrit par : . | 15.01.2007

"récupérer notre dire-être" qui est l'expression d'une jonglerie.

Ecrit par : Mastic | 15.01.2007

Récupère-t-on une fonction, si on l'a perdue ?

Ecrit par : . | 15.01.2007

Mastic > Oui, une jonglerie avec différents modes d'être, certains purement animals, d'autres purement divins. Et puis notre (sempi-éternelle ?) identité quelque part au milieu.

Point > Oui si nous sommes bien un résumé de tout le passé et non, comme on le croit bêtement, simplement le résultat. Car alors c'est de l'ordre de l'anmnèse.
Notre penser s'ancre dans notre corps (historique) mais aussi dans des états d'esprit ancestraux. Non ?

[A l'appui de cette dernière hypothèse : Déjà d'une génération à l'autre : des traits de caractères communs avec leurs parents chez des enfants orphelins dès leur naissance - et donc ne les ayant pas connus. Autre exemple : des enfants dont le caractère ne peut être déduit ni de leurs parents, ni de leur éducation reçue. Plus loin, des comportements chez certains individus semblant résurgir d'un autre âge, etc.]

Ecrit par : varna | 15.01.2007

ça vaut le coup de lire jusqu'au bout , merci pour cette lecture tres instrustive.

Ecrit par : virgote | 15.01.2007

Varna > il me semble inéressant de souligner le rapport de force qui semble s'être installé à la défaveur des présocratiques ? C'est un peu comme si sur un ring, un poids plume était en train de sauter sauvagement sur le colosse, non ?

C'est pourquoi il me semble alors utile d'envisager une autre "entrée" où la littérature paraitrait toute désignée, par le biais d'une inspiration dont la source est plus naturelle sans doute que l'on ne se l'imagine au contact des "Beatrice, Laure..." - toutes muses à l'appel ?

L'angle religieux me semble avoir été abordé, mais n'y aurait-il pas moyen, en restant plus terre à terre - de développer la notion de proche, ou personne qui se rencontre ?

En tout cas, vous avez raison de procéder méthodiquement, parce que le sujet auquel vous nous "attablez"... se trouve sans doute parmi les plus vivants qui soient. Merci pour ça.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 15.01.2007

intéressant... oui, intéressant.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 15.01.2007

...que de vrais-semblants ! La difficulté SEMBLE résider dans le choix d'une approche par le haut, plutôt que par le bas, n'est-ce pas, Varna ?

La théorie ou la vie ?

Pas de vie, pas de possibilité de théoriser, transmettre/éduquer.... pas d'éducation, pas de moyens d'aller plus loin.

Ecrit par : Mastic | 15.01.2007

L'objectivation qui met l'être à distance de soi est le pire de mes ennemis. Ce grand réificateur à binocles s'est octroyé le don de ne rien CO-NAITRE. Sa majesté MESURE, bêtement.
Il n'est pas incarné dans son savoir. Cette fracture de la mise en regard distancée est un exil de l'être au monde. D'où une déprise/méprise affreuse. Il ne lui reste plus qu'à vomir sur ses pères et mères, ce qu'il fait : ouvrez vos narines.
Je me place dans ma démarche PERSONNELLE sur le plan d'une réconciliation vis à vis de ce que vous appelez l'être au monde et que moi, j'appelle le réèl. Ma poésie naïve et naturaliste témoigne de cette BLESSURE, de cet arrachement qui m'empêche et empêche tout homme de participer à son propre être, jouet qu'il est d'une critique (auto-critique aussi bien) de sa présence au monde par laquelle il devient, vaguement, l'objet d'un manuel, au lieu d'un vivant relié au Vivant par la fraternité de la sensibilté et le drame (fécond) de la mortalité.
Je méprise SPONTANEMENT ce savoir qui DESCEND du haut d'une chaire et dont la foule colossale des imitateurs autistiques qui jettent des vérités hors d'eux-mêmes comme des augures estampillés par l'université ne cesse de s'accroître. Ainsi que Thamous le dit à theut, avec l'écriture ce n'est pas la connaissance qui a grandi, mais seulement "le processus du ressouvenir qui a trouvé sa solution", puisque n'ayant plus qu'à lire sans l'effort intérieur d'appropriation ; expérienciel, ce sont savants d'ignorance que ces savants sont devenus". Hautains et le verbe haut ils toisent tout, eux qui n'ont pas seulement commencé à SE vivre.
Et maintenant que j'ai réglé deux trois comptes avec des cerbères à la tête gonflée d'appendices inutiles et obscurcissants , je vais simplement vous dire à quoi me conduit votre délicieuse réflexion qui fait de hautetfort un lieu véritablement festif:
Marshall mc Luhan. Car peut-on dire que l'écriture, cette parole au-dehors est la figure de cette relation mise à la porte de l'être avec l'ensemble du réèl, qui en devient exangue ?
Et qu'est-ce qui a précédé, les êtres-en soi c'est à dire les concepts) ou l'écriture ? Quels furent les interactions de l'un sur l'autre ? Historien par la bande, vous saurez répondre.
Je n'ai pas ce soir la patience de faire autre chose que me DIRE, c'est à dire me condouloir avec toutes les victimes SENSIBLES d'une raison de papier, à la fois pédante et bavarde. Ce sera ma façon de renvoyer quelques maîtres auto-proclamés à leurs jouets théoriques et de faire un clin d'oeil à AME QUI VIVE qui d'aventure passerait par içi.
Je suppose que vous allez me tancer vertement après cette envolée. Mais les pandors de la raison raisonneuse, pour ceux qui ont eu le courage de vous suivre jusque là feraient bien de l'apprendre une fois pour toute : "on ne va pas se laisser condamner à défaire les chignons de bronze" et à adorer leurs idoles en carton.
Maintenant , allez-y, engueulez moi.

Ecrit par : koan | 15.01.2007

Koan > merci.

J'ai lu un jour chez Réfracteur (Popée - en correspondance chez moi) : "le diable est dans la nuance" ; je garde en moi le parfum de cette phrase, et c'est la raison pour laquelle je recrache ces mots :

"avec l'ensemble du réèl, qui en devient exangue ?".

Le point est ici double, révélateur, détonateur, etc..

En effet - et je parle d'expérience longue - la manipulation d'un être heureusement lourd à déplacer - cela s'expliquant par des vues sur son potentiel d'énergie vitale (je choque ?) inclut un programme visant à affaiblir dans le mental d'autrui, ses propres croyances sur une aide possible à venir de l'extérieur (pas assez riches / trop parfaits / cons...).
En ce sens : oui, c'est le réel qui en devient exsangue...

En réalité : la conscience non entraînée à ce combat tellement anti-naturel (comme vous l'indiquiez) s'étant laissé isoler, vit en effet l'exil - ce qui ne sera pas manqué de lui être rappelé sous une forme, ou sous une autre - mais généralement psy ou par un référencement d'ordre spirituel forçant la bonne intention... exil conduisant à une vision faussée (série de mirages ?) puis, à une privation de l'accès à ses capacités cognitives - va savoir, et pourquoi, et comment...

J'ai fini ? Je crois. A vous de déduire...

Encore merci pour la beauté des images de votre texte, Koan, et pour l'invite à y répondre inqualifiable.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Euh. j'avais sous-entendu qu'à regarder le monde comme une chose nous en étions venus à regarder les autres comme des chose et puis enfin nous-mêmes comme des choses et maintenant un matériau et demain un tas de molécules pour les menguélés officiels...Mais peut-être avez-vous eu cette sensation de cesser d'être un être aux yeux de quiquonque...
Devenir un solide inorganisé... Salaud de Platon !

Ecrit par : koan | 16.01.2007

... Diogène! ou l'intuition souveraine de la castration par la dialectique ...

Ecrit par : Arnold | 16.01.2007

... Diogène! ou l'intuition souveraine de la castration par la dialectique ...

Ecrit par : Arnold | 16.01.2007

Arnold > craignant que ma question ne vous fasse l'effet d'une douche (...lorsqu'à 15 ans j'eus doucement prononcé ces mots : "de toute façon, on est tous des batards" (contexte religieux)... un certain Guy vint soudainement me demander ce que j'avais voulu dire - et je lui en suis aujourd'hui encore reconnaissante) froide - je la pose quand même en y mettant les formes :

"qu'entendez-vous par castration" ? Ayant moi-même pour habitude de dire qu'il y eût eu façon et façon d'aborder le sujet...

Diogène, oui, un joli modèle pour les petits garçons. Il paraît.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Constatez MG que j'ai pris la peine d'isoler ma phrase .

Ecrit par : Arnold | 16.01.2007

Constatez MG que j'ai pris la peine d'isoler ma phrase .

Ecrit par : Arnold | 16.01.2007

Oui.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Les gens se placent hors du sujet observé. S'ils observent l'homme, ils se castrent (frustrent) d'une relation vivante, empathique avec lui. En cela "objec/tiver, c'est tuer.
On refuse à l'homme d'être un vivant quand par exemple on le définit dans des termes "impies" tel que "consommateur".
Le roi David fit le dénombrement du peuple d'Israël, ce qui provoqua la colère de Dieu, qui lui prit son fils. Hors de toute interprétation littérale, cela signifie pour moi que dénombrer-compter-les hommes comme des solides quelquonques, c'est les réduire à l'état de chose, or, bibliquement parlant, l'homme est "à l'image et à la ressemblance de Dieu" et non un objet qui se compte.
Je ressens des liens entre ce que je dépose là et la question superbe de Varna sur la dichotomie observé/observateur qui rompt le courant de l'empathie avec le monde et avec les autres. Mais, et là n'est pas le lieu de le faire, la Bible COMMENCE à peu près par cette rupture...Je sais que le mot Bible fout les boules à tout le monde, alors j'arrête.

Ecrit par : koan | 16.01.2007

Koan > je lirai votre en tête juste après... et réagis au premier : "cesser d'être", disiez-vous, mais j'interroge : qui valide l'être ? et to be n'est-il pas un bobard ? Je sens pourtant la situation mûre pour m'éclairer définitivement sur les débordements de l'existence sur l'être (auxquels je n'ai jusqu'à présent jamais rien compris...).
A partir de là, bien des illusions seraient susceptibles de se voir défaites, non ? Bien des traquenards de cendre balayés par les méandres...

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Longue histoire, sous forme d'enigme : l'être est validé par le nom... Ah ah... tiens tiens tiens...Mm, quoi t'est-ce ?

Ecrit par : koan | 16.01.2007

Hum. et l'existence est toute relative ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Relative ? A quoi ? rela-tion ? A qui ? Reliée ?

Ecrit par : koan | 16.01.2007

Koan > Oui, je me disais qu'exister se poétisait en buée... la relation étant à l'intérieur avec soi-même, en quête et en partance vers l'autre, sans la crainte de nous accompagner.

Varna > ...on y va ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Koan > Oui, je me disais qu'exister se poétisait en buée... la relation étant à l'intérieur avec soi-même, en quête et en partance vers l'autre, sans la crainte de nous accompagner.

Varna > ...on y va ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

Bon, pas de nouvelles de Varna et je retourne dans mes quartiers, pour y camper encore qqques mois... A bientôt ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.01.2007

C'est décidé, je n'ecouterais plus rien, tant qu'on ne m'aura pas démontré que l'homme s'est crée lui-même, ex nihilo.
Démentez clairement "ex nihilo nihil". Sinon tout cela repose sur un hypothèse fausse dès le départ.

Ecrit par : koan | 17.01.2007

Ca fait peur pas vrai ?

Ecrit par : koan | 17.01.2007

Koan > "Je souffre que la différence soit à la base de tout" (dixit MG) : déclinez ?

Et j'aimerais m'expliquer en même temps qu'à vous comment la vie ressemble à ce jeu de mains d'enfants et d'adultes où l'une couvrant l'autre... l'on tente d'y échapper ? Matelas de paumes renversées, donc...

Ce jeu comme exemple comporte tant de ces vérités (sévérité ?) dont la mienne en ce lieu - monstrueuse, puisqu'elle y fera constater combien l'être ne fait que se créer, au contraire (ou à partir) des tentatives multipliées et tellement intériorisées, mémorisées... d'applanissement de sa différence (y compris par les tenants de la différence !! quand elle serait catégorisée ?).

Voilà. Satisfait... ol serait difficile de faire à plus clair sans la mesure de notre amitié...

Ecrit par : Marie Gabrielle | 18.01.2007

...mais vous savez, Koan, puisqu'il n'est pas là, je peux le dire : l'autre ne serait pas là sans l'autre... qui ne peut pas s'inventer.

Amitiés tristes de l'absence d'étrangeté,

Ecrit par : Marie Gabrielle | 18.01.2007

...J'ai repensé au contenu du billet et pour l'instant j'en arrive à un jeu de mot banal : A l'epoque que vous décrivez fut donc inventée la réfléxion/réfléchir/refêter/speculer (de spéculus: voir dans un miroir...) Et là serait notre exil intérieur cette dichotomie entre l'objet et l'observateur... Il faudrait alors enlever le ET entre objet ET observateur ?
objet-observateur d'une seule et même nature : participants de l'être ?

Ecrit par : koan | 18.01.2007

perso, je trouve ça un peu gênant. Comme je n'y comprends goutte, je me sens debout dans le wagon trop serrée, voyez ?

(Pardon pour l'image, mais elle est incontournable !).

A moins d'être A2 ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 18.01.2007

"perso, je trouve ça un peu gênant. Comme je n'y comprends goutte, je me sens debout dans le wagon trop serrée, voyez ?"

C'est exactement ce que je ressens quasi toujours en lisant votre blog, MG !

Tant de choses échappent, c'est dommage. Vraiment. Pourquoi ne pas écrire avec plus de simplicité ? Hum ?

Ecrit par : l'autre | 19.01.2007

Bonjour Varna et vous tous,

Je découvre ton blog grace au blog d'Arianil. Il a vraiment raison. Ta planche est vraiment d'une très haute qualité. Moi qui suit en voyage tel un compagnon, je te confirme que tu viens d'apporter une très belle pierre à mon édifice. Je vais te suivre avec un très grand intérêt.

Je te souhaite une très bonne journée ainsi qu'a vous tous

Marie Christine

Ecrit par : Marie Christine | 19.01.2007

Bonjour Varna. Quelle joie de tomber sur un blog philosophique... je suis venue te visiter suite à la réponse que tu avais laissé au commentaire chez Marie Christine, et je ne suis pas déçue. Tes écrits sont très instructifs. J'ai d'ailleurs répondu à ton nouveau commentaire sur la musique, en espérant que cette réponse éclairera un peu les points restés obscurs dans ma première intervention.

A bientot.

Ecrit par : Julie | 20.01.2007

Bonsoir Varna et vous tous,

Un passage pour te souhaiter une très bonne soirée ainsi qu'a vous tous. Je vois que Julie arrive également. Je suis certaine que allez vraiment vous apprécier. J'en suis très heureuse.

Bien à toi, bien à vous,
Marie Christine

Ecrit par : Marie Christine | 20.01.2007

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