« Teneur en sens et teneur en présence | Page d'accueil | [Récréation] »
26.02.2007
Sagesse activiste ?
Pour rebondir sur le com de Joruri du 17. 02.07 « J’ai l’impression que… » (Billet « Bribes, suite »). Note en quatre paragraphes, de lundi à jeudi.
1. Le plus difficile à comprendre
Toute sagesse n’est-elle pas nécessairement précédée d’une réflexion ? Et qu’est-ce qui fait suite à son tour à une sagesse ? Avant de passer d’une sagesse du dire, qui est aussi sagesse du dire aux autres, à une quelconque action militante, il faut bien voir d’une part toute la retenue réflexive envers autrui qu’induit logiquement toute sagesse du dire, et d’autre part la liberté qu’elle offre cependant de prendre une décision collective pratique (militante) pourvu qu’elle soit prise et partagée avec (c’est-à-dire en même temps que) d’autres personnes.
Que voudrait dire « sagesse du dire aux autres » si elle s’articulait d’emblée à une Vérité ou une Cause collective implicite ?* Elle n’aurait manifestement d’autre rapport avec le dire de chacun qu’en tant que celui-ci serait expressément « convié » à les colporter. Nous connaissons depuis longtemps déjà ce type de discours-qui-parle-tout-seul (supra), et comprenons aussi pourquoi il ne fut jamais question de sagesse du dire dans les rangs des partisans de la Vérité à tout prix, comme de la Fin qui justifie a priori les moyens. Toute sagesse du dire est à coup sûr leur plus grand obstacle car elle déplace manifestement le centre de gravité de la communication, et donc dérange radicalement celui fixé depuis des temps immémoriaux sur le seul Droit de la vérité à s’imposer – d’elle-même…
Une sagesse du dire n’est donc jamais livrée toute faite, elle ne donne jamais que des éléments. Il ne suffit même pas d’articuler logiquement ces éléments pour reconstituer le « tout » qu’est sa « philosophie », il convient encore de développer pour soi-même le préalable (supra) capable de les assembler authentiquement.
Le plus difficile à comprendre : dé-couvrir équivaut à créer.
___
(*) Chez certains amoureux de l’esprit de communion, « Le » s’entredire est en passe de devenir centre de gravité ! ;-)
2. Le message nu
Je dis ici ce que je crois et résiste déjà à mon niveau personnel à tout ce qui s’oppose à l’expression de notre dire-être au monde : le dire aux hommes étant déjà que trop bien balisé par la société (en l’Inter-dire), c’est en quelque sorte contre lui tout d’abord qu’il se constitue.* C’est délibérément dans le texte seulement que se manifestent donc chez moi cette volonté de dire-être au monde (créer / bâtir) et ce refus de dire aux hommes comme il est habituellement prescrit (savoir, enseigner, mener). Je « dépose », je n’inclus pas non plus dans mon texte ce que je fais de ma vie, je ne témoignerai pas ici de mon attitude politique de tous les jours, par exemple, fut-ce à ma maigre échelle individuelle :
J’ai choisi de dire-être par l’écrit, mais je ne veux pas user de cet outil de communication par excellence pour faire de mon dire-être autre chose qu’un message nu. La valeur de mon geste, et donc le message qu’il contient, eussent été exactement les mêmes si j’avais navigué ou peint. Je ne veux donc pas altérer mon dire-être en lui donnant un autre sens que celui, naturel, propre à la vie consciente d’elle-même chez quelques-uns d’entre nous.
Le désir de vérité est un désir de dire, dire-être un désir de s’ancrer sur le réel.
Les conditions mêmes d’une sagesse du dire définissent à mon sens les contours de celui-ci : d’une part mon dire présent n’entérine que l’espace dans lequel il s’inscrit** et non une quelconque morale ;*** d’autre part, de ma résistance personnelle à la création d’un réseau de militants plus ou moins actifs, il y a toute l’épaisseur d’une réalité qui ne dépend pas de moi : non par aveu d’impuissance, mais en raison précisément desdites conditions d’une sagesse du dire. Tant que j’adopterai(s) celle-ci, je ne lèverai(s) donc pas le petit doigt pour créer un tel réseau, mais y contribuerai(s) forcément et même avec joie s’il se constituait de lui-même, par la seule volonté de chacun.
Il ne s’agit donc pas pour moi, en recherche de sagesse de dire, de faire confiance ou pas a priori aux hommes, d’espérer par exemple que certains reprendront « le flambeau », mais de considérer séparément les deux niveaux ontologiques que sont d’une part notre dire-être individuel au monde et aux hommes, et d’autre part la décision prise collectivement d’agir, de nous doter de moyens, etc. Le premier niveau fait l’objet d’un préalable individuel déjà indiqué dans un billet précédent (dire-être au monde) et d’une éthique fondée sur « l’ontologie » même du verbe dire, également déjà invoquée (dire-être aux hommes). Le second est affaire de responsabilité consciemment prise (voir Epilogue, #4) :
De l’un à l’autre, c’est une autre fonction que revêt le dire.
____
(*) Le fameux préalable (supra) est un « je cherche à dire ; je n’ai rien à VOUS dire ».
(**) Je ne l’invente pas, il existe déjà, j’y « retourne » simplement.
(***) Il est clair qu’en certaines circonstances, le plus « sage » pour moi sera de dire à l’autre ce qu’il faut pour le tromper.
3. Dire-être et Inter-dire ?
A l’encontre justement de cette sagesse du dire qui distingue ici la présence d’un être au monde et tout mouvement collectif au sein de l’humain, le militant / meneur d’hommes traditionnel part de son idée pour lui donner « corps » en y in-corporant d’autres individus.
Son texte est « là » pour motiver l’action et le rôle qu’il a prémédités pour autrui. Les hommes sont « là » pour incarner l’idée. Leur présence est convertie en finalité : servir son idée (idéal).
La plupart des mouvements politiques ou religieux ainsi constitués, fussent-ils assurés de défendre la bonne Cause et dotés des meilleures intentions, sont traditionnellement peu regardants sur le passé et les motivations de leurs membres pourvu – qu’ils soient membres. Quelque mensonge individuel ici ou là, voire l’organisation d’un grand mensonge de masse, ne nuit même pas à la bonne conscience dont ils s’auréolent puisque défendre une bonne cause, fut-ce avec des mauvais moyens, c’est donner selon eux à un Droit Majuscule les moyens légitimes et surtout la « chance », l’occasion rêvée, de « s’exprimer ».
S’aliéner à certain Droit passerait-il alors pour dire-être au monde ?
Et c’est bien parce que la fin a toujours justifié les moyens, tout comme la vérité a toujours justifié qu’on l’assène aux hommes, qu’il n’y a jamais eu de sagesse du dire inscrite au programme d’aucun parti, d’aucune école de vérité.
Ma pensée du dire-être – mon dire-être fut-il aux hommes – rechigne à tout enseignement, et plus encore à tout prosélytisme. Si elle « tutoie » chacun, parle au singulier, ça n’est pas par familiarité contrainte, mais parce qu’elle s’oppose à toute prescription, refuse d’établir quelque morale, de parler d’un quelconque Etre, et d’être ainsi amenée bientôt (si là n’était pas l’objectif premier) à s’adresser à « vous », à prononcer plus ou moins en douce le trop fameux « Ecoutez-moi, vous tous ! »*. A ce sujet, il est amusant de constater que la pratique du tutoiement sur le Net vise au contraire à créer artificiellement les conditions favorables d’une impression générale de convivialité, d’une tonalité affective heureuse, bref d’un réseau plus ou moins communautaire : le « tu » de rigueur est censé encenser un « nous ». Même si, lors d’un entretien privé, le vouvoiement réapparaît parfois, comme s’il était plus naturel. Le monde à l’envers ?
Le monde à l’envers : le Net, une religion de la communication ?
___
(*) Il ne faut pas croire que parce que quelqu’un « publie » en un espace public, il adopte aussitôt et nécessairement la posture d’un je qui s’adresse à tous.
4. Epilogue : Gai mutisme, ou la liberté responsable
Puisqu’il ne peut y avoir de lien prémédité entre sagesse du dire et activisme, est-ce à dire que la sagesse n’assume pas ses conséquences ? Ou bien cela signifie-t-il qu’elle « veut » à la fois laisser rayonner en chacun sa propre liberté et se montrer elle-même libre, à titre d’exemple, justement, de dire-être au monde (libre) ?
La sagesse du dire ne vient-elle pas épauler ici cette précédente liberté historique que fut la raison, aujourd’hui bien en peine à force d’être mal utilisée, vendue précisément à la « communication » ?
Il lui faut donc à son tour se protéger. Son lien avec quelque activisme, comme précédemment dans l’histoire le lien entre la raison et l’activisme, chacun l’établit, ou au contraire limitera la sagesse du dire au dire, et ne se refusera donc pas à l’occasion le plaisir de la jeter par la fenêtre quand il conviendra selon lui d’agir autrement. Mais dans ce dernier cas, ladite sagesse ne sera pas perdue pour autant dans la mesure où il ne pourra alors plus l’invoquer si facilement pour soutenir ses choix.
Même rejetée, du seul fait qu’on l’aura comprise une fois, la sagesse du dire nous priverait à jamais de justifier nos désirs par un dire de mauvaise foi. On sera plus poussé à déclarer simplement :
« Je l’ai voulu ainsi ».
La raison fut dévoyée à une certaine fonction, la sagesse du dire le serait très vite à son tour si elle prenait corps. « Je l’ai voulu ainsi » est ma façon de protéger, sinon « la sagesse du dire », du moins mon dire-être au monde et aux hommes – d’un Inter-dire humain qui se prend pour le monde.
___
08:15 Publié dans sagesse du dire | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note | Tags : sagesse activiste, épauler la raison, liberté responsable, gai mutisme



Commentaires
C'est pourquoi, il est si facile de se défigurer - après avoir caricaturé son "modèle" en le réduisant aux deux profils sexués - voire à un seul - superposé - qui attacherait à la vérité faite.
Conséquence à l'attitude exponnentielle consistant à (se) rassurer par la baston verbale à coups de valeurs et de mots dits magiques que l'on croira retrouver chez un autre sensible (mais sensible à quoi ?!) - autopersuadé d'avoir été dans le vrai, d'où tous les coups seront toujours permis...
Ridicule assassin - dénoncé, entre autres - par la littérature psycho-généalogique qui lirait l'échec d'une vie à soi rendue à l'autre.
Varna, je crois - aussi - que la "frontière" qui sépare fluidité de pensée au sein du dialogue et confusion d'un gel imposé agressivement à l'esprit, est tout simplement morale.
Merci de me contredire...
Ecrit par : Marie Gabrielle | 26.02.2007
S'entendre ... ( comprendre, pour moi )
La sagesse ? " être sans idée (privilégiée), sans nécessité (prédéterminée), sans position (arrêtée) et sans moi (particulier) ". (François Jullien citant Confucius).
La sagesse, contrairement à la philosophie, ne visant pas à percer l'énigme, mais à élucider l'évidence, j'attends la suite, sagement.
Ecrit par : Dehorsdedans | 26.02.2007
DD > La philosophie en trois leçons, peut-être - mais la sagesse en trois privations (trois "sans"), sûrement ? ;-)
"E-luci-der l'évidence" : Oups... il me semble que toute évidence, par définition, est déjà "lumière", et que vouloir la mettre en lumière présuppose qu'elle n'est qu'apparence (fameuse prétention /ambition de la vérité : éclairer la "fausseté" de l'apparence).
Ou bien voulez-vous dire "traduire toute présence en exprimant la sienne propre ", preuve qu'on l'aura COMPRISE ? Pardon si je vous ai mal compris...
Ecrit par : varna | 26.02.2007
DD > Hum !
Varna > ça grouille...
Ecrit par : Mastic | 26.02.2007
Le silence va finir par prendre le pouvoir... La Con-templation atteinte de l'objet du dire. Laissons "l'objet" parler. Laissons l'envol de l'oiseau (supra) MANIFESTER l'être au (même) monde, (sans être du même langage en l'occurence).
La sagesse promène son regard plus que sa langue, invite à voir et dire, ne SURIMPOSE PAS LA PAROLE au dire...
Le terme commun d'une commune méditation a en soi une force conclusive...
Les forcenés de la "vérité" en tant qu'elle ne jour aucun autre jeu que celui d'OCCUPER SI POSSIBLE TOUT L'ESPACE MENTAL DES TOUS, connaissent peut-être l'art de la rhétorique, mais celui de "com-unir" ?
J'ai laissé mon bagage d'expérience pour m'entredire içi. Pour ne pas "militer". Est-ce que ça se voit ? :))
Ecrit par : joruri | 26.02.2007
Ps. Je me dis qu'avant la réfléxion il y a une expérience, et de même que la fin du dire aussi est une expérience...Nous ne nous payons pas de mots, ils sont comparables à des véhicules qui transportent nos pensées, mais vers quoi, ou vers QUI ?
Car toute pensée ne vise t'elle pas au fond l'avènement d'un nouvel être, (doté d'une conscience renouvelée) en nous comme autour de nous ? Que ce que je conçois me change...
Vous connaissez cette citation de Pascal Quignard :
"Il y a des gens qui que l'on peut se rendre heureux par sa façon de penser; ceux qui nourrissent cette illusion s'appellent des intellectuels"...
Le rôle de la pensée ne consisterait-il pas à préparer le chemin de l'expérience, ou de la vision ?
Ecrit par : joruri | 26.02.2007
Marie-Gabrielle > Oui, la frontière que vous dîtes est morale. Mais si ce caractère moral d'un dialogue entre deux personnes émane chez elles d'une même compréhension fluide du verbe s'entredire - et non d'une gelée dogmatique prescriptive (pour reprendre vos jolis mots) - n'en est-il pas d'autant plus beau ?
Pourtant, cela ne revient-il pas à dire en quelque sorte, pour paraphraser une veille maxime, "qu'ailleurs" on ne ferait donc le "mal-dialogue" que par ignorance ? Or déclamer une telle démarcation ne risque-t-elle pas d'engluer tout nouveau venu dans une gelée moraliste ? J’en connais qui piaffe de se mettre en colère, est-ce nécessairement mal ? ;-)
Ecrit par : varna | 26.02.2007
Joruri > Sur votre premier com : vous militez déjà avec ces mots pour une confluence d'horizons divers en un même "gai mutisme" (...).
Des différences qui s'accordent là où on ne les attend pas (en chacun de nous les siennes propres / de l'un à l'autre celles de l'un à celles de l'autre) -- et l'univers, s'il ne retient pas son souffle, forcément tend quand même l'oreille, intrigué : vu d'En Haut, tout ce qui n'est pas réuni autour de quelque Vérité, c'est forcément louche ! ;-))
Ecrit par : varna | 26.02.2007
Et la peur ici d'agir, Varna : n'est-elle pas là pire ?
Ecrit par : Marie Gabrielle | 26.02.2007
Marie-Gabrielle > Je ne comprends pas. Que voulez-vous dire ? Où ça "ici" ? Pire que quoi ?
Ecrit par : varna | 26.02.2007
(là).
Non, mon propos n'est pas encore d'adopter la sécheresse de ton, Varna, plutôt que la résistance exprimée...
Je ne pourrai sans doute pas revenir vous lire avant demain.
Merci de votre réponse, étudiée..
Et une bonne soirée à vous tous.
Ecrit par : Marie Gabrielle | 26.02.2007
Quelle est la fonction du dire ? Echapper à la "singletonerie". Chacun sur son île, Robinson interpellant les autres; ne saurait suffire à s'entredire. Il y a tomber (s'elever) d'accord qui nous desingletonise.
Y a t'il un en haut ? N'est-il pas dogmatique de fonder qu'il n'y en a pas et que donc rien ne tient de la relation que l'instant de son dit ? Alors l'orgasme est vraiment le sommet de l'entredire...
Ecrit par : joruri | 27.02.2007
Rien de saillant. OK, mais je suis confuse.
C'est un peu "court", de mon côté je crois... mais je me permets d'allonger mon dire de votre tissu d'images troublant : "naviguer ou peindre...".
Et bien, je partageais ces jours mon étonnement heureux et amical face aux ami(e)s que je rencontre. Mon impression est que nous vaquons sur de grandes routes (du type américaines) et pouvons partager - de l'endroit de nos "croisements" - avant, après, ou pendant - c'est égal et ne fait que changer la couleur et la matérialité du souvenir.
C'est pourquoi paradoxalement, autant le temps peut nous être nécessaire à l'expérience vécue, autant perd-il de son importance lors du partage. Non ?
Ecrit par : Marie Gabrielle | 27.02.2007
Joruri > "Robinson de l'être au monde", oui, c'est ainsi que je me nomme parfois, pour me moquer de moi-même. Irréductible ? De ceux (toute proportion gardée) dont parle aujourd'hui DD sur son blog ? Sans doute, car j'ai la chance d'avoir "quelque chose" à dire et de suivre avant tout le chemin de l'expression quand d'autres n'ont que leur moi pour guide...
Ou peut-être même, qui sait ?, un de ces personnages du célèbre petit village gaulois. Si oui, je vous laisse décider lequel... ;-)
Mais de là à conclure à l'égotisme du personnage et à son monolithisme "philosophique" - cette objection que je vois poindre en vos mots - il y a un pas. L'inflation orgasmique du moi a d'autres ressources que celles que vous trouverez sur ce blog, il me semble. Mais bon, vous êtes libre de penser, bien sûr - et même pire ! ;-)
Savoir si "il y a" un Haut, nous en discuterons, une fois le langage désenglué de nos moi respectifs. Car alors seulement nous pourrons nous demander quel est ce "y" dans "il Y a", savoir s'il nous est intérieur ou extérieur, s'il dépend de notre RELATION ou de quelque appropriation égoïste du langage commun, peut-être.
Ecrit par : varna | 27.02.2007
Non ! Je ne pensais pas à ça : "Mais de là à conclure à l'égotisme du personnage et à son monolithisme "philosophique"... Non, je pensais plutôt à l'état de vide dans lequel un s'entredire "pur" d'intention égotique risquerait d'aboutir sans cet "oxyde", folle du logis, ect que joue, (utilement peut-être ?) le rôle du "j'ai raison"... Je ne pensais pas à vous, comment pouvez-vous encore croire que... ? C'est l'aspect imparfait, insuffisant peut-être de la relation qui induit les découvertes les plus étonnantes. Comme la vie génétique qui ne "reproduit" pas seulement mais sait innover.
Je craignais en somme que l'on aboutisse à une retenue un peu forcée qui limiterait plus qu'elle ne libèrerait la parole.
Même si le "savoir plus", ou mieux, tuent la relation.
C'est vrai qu'il nous faut descendre de nos chaires. mais Varna, croyez-vous que l'humilité s'apprend ? N'est-ce pas quand on rencontre véritablement son supèrieur, dans tel ou tel domaine que l'on devient plus humble ?
Bien sûr j'entraine la discussion vers sa praxis. Car ce que je ne peux me figurer, pour moi, n'existe pas.
Ecrit par : joruri | 27.02.2007
Message si nu qu'il est son propre contenu. Et justement en orbite autour de ce trou noir d'un dire qui se dérobe, entouré de mots-décor, on assiste au silence. Silex frotté sur du beurre.
Vous n'empécherez pas facilement le gens de placer d'une manière ou d'une autre un totem au centre de cette absence.
Il y a eu des mots sur le séxué et l'aséxué plus haut me semble t'il.
Une parole reconnaissable par son seul espace, qui ne dirait qu'elle ? Mon terme personel est "parole nue" Je l'emploie pour décrire le cri-de-Dieu en moi...
Et le cri-de-dieu en moi est plus moi que moi et son dire transpose le mien ad infinitum...D'où la difficulté A TAIRE ce qui est fait pour être dit (verbe) et dont la nature est d'être indicible...
Une espèce de traversée entre les deux frontières extrêmes du langage : le dire-être dépris de toute intention, de toute adresse à, et le verbe dont l'absoluité éradique toute vélléité d'énoncé...Infiniment superlatif...
Voilà l'espace de dire défini, en ce qui me concerne...
Ecrit par : joruri | 27.02.2007
"le dire de chacun"... Je me demande si cela éxiste Varna. Un dire qui ne "proclame" pas un au delà de soi, ou un outre soi...? Eux-mêmes les discours relayés n'étant au fond que les symboles ou la forme même de ce que l'on veut dire de soi... Ou si même il existe un être dont le dire soit en-soi...Le dire en-soi, arrivé à cette épure où toute emprise abolie ne laisserait peut-être qu'un soupir.
Dans "se dire", pour vous, qu'est le "se" ?
Ecrit par : joruri | 27.02.2007
« Des différences qui s'accordent là où on ne les attend pas »
« changer la couleur et la matérialité du souvenir. »
« la chance d'avoir "quelque chose" à dire et de suivre avant tout le chemin de l'expression quand d'autres n'ont que leur moi pour guide.. »
« Message si nu qu'il est son propre contenu. Et justement en orbite autour de ce trou noir d'un dire qui se dérobe, entouré de mots-décor, on assiste au silence. Silex frotté sur du beurre.
Vous n'empêcherez pas facilement le gens de placer d'une manière ou d'une autre un totem au centre de cette absence.. »
"arrivé à cette épure où toute emprise abolie ne laisserait peut-être qu'un soupir.
Percevoir toutes les strates de la parole d’un autre est aussi compliqué qu’avoir à s’approcher d’un oiseau sans l’effaroucher. Mais à la différence de l’oiseau non dépendant de l’humain, ce dernier a besoin de l’autre et il le sait même s’il en récuse les contraintes . Non seulement sa manœuvre de proximité est hasardeuse, mais elle est furtive à chaque tentative.
Au milieu d’une volière c’est encore pire, impression de tout désorganiser pour rien ,ou pour pas grand chose il y a des coups de bec, des coups de tête et on y perd des plumes, parfois les meilleures, celles qui permettaient de rêver avec davantage d’air. On parlait de l’ajournement plus haut, et même de l’exagération qu’on s’octroie parmi les humains dans ce registre, allant jusqu’à l’atermoiement et pour finir la négligence. Est-ce que la « non-action » , le « non-vouloir , le repli méditatif ou contemplatif nous permettent de mieux percevoir le discours intérieur et les manifestations éventuelles de celui ou celle qui est en face de nous ? Il m’est difficile de trancher une fois pour toutes, mais j’ai tout de même le sentiment que je dois répondre par l’affirmative. Et aussitôt ajouter que cela n’est pas un mouvement naturel ni efficace facilement, je sais que je dois le construire pas à pas pour en retirer le bénéfice de sérénité que je vise. « Ni attraction, Ni répulsion » serait la sagesse ancienne ainsi re- préconisée. Et je sais combien c’est difficile à tenir avec ce « moi » qui déclame et réclame sans cesse , qui veut en découdre, argumenter pour prétendre se mettre hors d’attaque, s’occuper prioritairement à sa jouissance privative, trouver la bonne distance d’échange parmi les autres. Satisfaire aussi son besoin de transcendance et de joie stable. Si j’ai prélevé plus haut ces quelques phrases parmi un trop grand nombre, si je ne fais pas l’effort d’en indiquer l’auteur et les éléments de contextualisation, c’est que j’imagine que la saveur du langage partagé réside là : dans cette déprise tranquille de l’appropriation, dans cet espace ténu de la présence de sens dont ,il faudrait , comme me le suggère la métaphore de Marie-Gabrielle ( que je prénomme pour le coup) à faire du gel pour nos tartines verbales et conviviales du matin. Les oiseaux s’approcheraient pour picorer nos miettes sans se départir de leur méfiance, mais leur compagnie nous rassurerait un peu sur nos intentions prédatrices immédiates. Ce n’est qu’à la fin de la collation que nous lâcherions nos soupirs, nos sourires aussi. Et dans le ciel recoloré nos mémoires se dilueraient placidement et sans délai. On dit que la vérité est nue… Nuage aussi ?
La nuit, je la devine... je ne l'attrape pas...
Ecrit par : Mth P | 28.02.2007
Mth P. J'adore votre com...
Ecrit par : joruri | 28.02.2007
Joruri, au premier de vos trois derniers messages > Dans la mesure où j’insiste sur une définition de l’être en tant que relation /et donc / sur le préalable d’une personnalité qui se construit avant de se confronter à la vérité et aux autres hommes, l’objection est / était prévisible. Je l’ai manifestement devancée, en effet. Mais il n’y a pas de dommage, je crois. N’est-ce pas ?
Pour dire cette idée de façon provocatrice et polémique (aïe !) : « Pas de vérité à lui dire ou à en attendre d’une personne qui ne s’est pas encore écartée, qui ne s’est pas constituée a parte (de toute vérité et des autres) ».
Un « s’entredire » pur de tout échange égotique entre personnes constituées (sourire) ferait prendre à chacun pleinement conscience du plaisir qu’il y a à voir et à rencontrer l’autre dans son altérité, fut-elle étrange : dialogue entre la vache et le papillon, discours serré entre le rhinocéros et la plume d’oie – pour ne citer que quelques exemples. ;-) [NB/ « Toute ressemblance…]
L’humilité, à mon sens, doit être ôtée des mains de la morale. Elle cache trop souvent là un orgueil de rechange. Mais elle est naturelle, il me semble, quand on a conscience de sa force ou de sa richesse au point de n’avoir point désir de les défendre. Il est certaine richesse intérieure qui ne se confond pas avec /moi / : c’est le cas de la bonté naturelle et d’une vie tournée sur la seule expression. Alors, humble de la sorte (naturellement), on n’a pas même à s’humilier devant qui que ce soit !
Ecrit par : varna | 28.02.2007
Mth > A la fois (il me semble) vous tentez une approche prudente et raisonnée de l'autre et / mais rassemblez ici pourtant les propositions des uns et des autres, /indistinctement /, au point de n'avoir plus au final de relation personnelle qu'avec... le langage.
Sommes-nous à ce point des êtres de seul langage autour d'une commune mangeoire pour n'avoir pas à reconnaître un tel, à distinguer tel autre, à aimer comment l'un se construit, à deviner comment l'autre s'est unifié et maintenant se dit, à observer comment un troisième se débat encore dans son dilemme, etc. ?
Mais oui, à la fin soupirons en choeur en un joyeux gai mutisme !
Ecrit par : varna | 28.02.2007
Le préalable de l'humilité affirmative ne s'atteint évidemment pas d'un seul coup d'aile présomptueux mais par une lente traversée des leurres, attentive aux rencontres coïncidentes.
Ecrit par : . | 28.02.2007
.> A mon avis, le préalable /à / l'humilité affirmative n'a pas que la confrontation radicale au leurre (et donc à la vérité soustendue) pour s'éveiller. Elle peut aussi bien s'inaugurer par une affirmation risquée, insolente, gratuite - ET / MAIS pleinement assumée. Façon de prendre goût à l'expression libre, celle vers laquelle on se sent alors entraîné, pourvu de lâcher un peu de soi, /parce que / on a lâché un peu de soi. C'est alors que la coïncidence dont vous parlez s'opère, comme par miracle.
Fatum de l'art ? Rire de tout orgueil, larguer les amarres !
Etre "soi" ? Façon de laisser faire...
Oser l'inspiration ?
Ecrit par : varna | 28.02.2007
Oups... presque j'ai envie de dire là :
"Le soi retient, seul le non-soi donne...."
Ca va sûrement faire écho à certaines âmes !
[Mais non, ça n'est pas moi qui dit là puisque je donne ! ;-)
Ecrit par : varna | 28.02.2007
Le don est délestage. D'un ciel non lesté ne peut venir l'éclair .
Ecrit par : . | 28.02.2007
Je préfère dire "traversée radicale " du leurre que confrontation radicale au leurre. Votre expression suppose implicitement un orgueil démesuré .
Ecrit par : . | 28.02.2007
De la même humble manière n'oser l'inspiration que dans un air ambiant irrespirable. Respirer, autrement, devrait suffire.
Ecrit par : . | 28.02.2007
.> Une confrontation radicale au "leurre" (c'est votre mot, pas le mien) ne vient pas nécessairement d'une décision prise, et donc de l'orgueil qu'il y a à se confronter au Terrible -- si tant est qu'on est cette liberté. Elle peut opérer comme un effondrement soudain ni voulu, ni attendu : je pense à certaine expérience mystique en l'occurence. "Effondrement en Dieu", par exemple (Ca n'est pas mon expérience).
N'oser l'inspiration que dans un air irrespirable ? Et pourquoi donc ? Pour s'époumonner d'une bouffée "d'air personnel" gonflé d'orgueil justement ?
Je vous en prie, continuez donc de vous délester.. ;-)
Ecrit par : varna | 28.02.2007
L'entredire me semble ressortir d'une asocialité farouche !
Peut-on se constituer hors de toute vérité ? N'est-ce point en combattant des vérités transitoires que l'on parvient à des vérités futures. Et d'ailleurs tout le travail sur l'entedire n'est-il pas lisible dans cette vérité qu'il y a une nécéssité de la PAIX dans les relations entre les êtres ? La paix n'est-elle pas la VERITE sous-jacente qui oriente votre travial ? Et même les vérités ne sont-elles pas le préalable sine qua non de l'émancipation à leur égard et à l'égard de l'esprit groupe ("les autres ") ?
Je ne pensais pas à l'humilité sur un plan moral, mais au fait de simplement savoir à qui on a à faire avec soi-même-ce qui est ma définition de l'humilité.
Ecrit par : joruri | 28.02.2007
La rencontre du terrible (l'expérience mystique, l'extase) suffit en soi à rendre l'air ambiant irrespirable donc à susciter l'inspiration.
Ecrit par : . | 28.02.2007
Joruri > Je sais à quoi vous tenez, je ne cherche(rai) pas à vous l'enlever, à vous en dissuader. Je vous promets une note en réponse à votre com ci-dessus (la réponse que j'ai commencé est déjà trop longue).
Ecrit par : varna | 28.02.2007
Je vous fais bosser ? :)))
Il vous serait impossible de m'enlever ce à quoi je tiens, car c'est moi qui suis tenu ! Cependant merci pour votre sage réserve...
Ecrit par : joruri | 28.02.2007
Oui, Varna, les trapézistes s'arrêtent de temps en temps au bord des tremplins pour réfléchir. La simple sagesse semble leur dicter l'idée du leurre de vouloir rattraper tous les partenaires de langage à la fois , plutôt qu'alternativement, dans un espace où tous et toutes se lanceraient dans l'air sans distinction de délai et de prudence. Il peut y avoir une velléité de virevoltes plus raisonnables de volte-faces plus heureuses , le spectacle devient alors réceptacle et filet d'harmonie comme en musique , et le vide au milieu apparaît moins abyssal. Je suis sensible à la beauté éphémère des mouvements de langage entre les gens et peut-être de moins en moins aux contenus qui me semblent bien souvent que des redites et des arabesques héroïques. Or, je sens , plus que je ne sais
que nos compétences langagières sont fortement conditionnées par nos champs respectifs de culture de référence, ce qui nous limite dans nos prouesses respectives. D'où le réflexe de s'appuyer sur celles des autres pour "donner" de l'ampleur et de l'allure à nos mouvements d'esprit dans le vide métaphore du vacant( place à prendre ou à suspendre ?). Mais ce n'est jamais une dérision pour moi que de muscler la langue pour affronter la vie d'acrobates que nous vivons tous.
Peut-être suis-je influencée ces temps par la relecture de Nathalie Sarraute dans "L'ère du soupçon". Quant à la mystique, son attraction me provient de son délicieux ou terrifiant irrationnel ( selon l'usage collectif qui en est fait)... qui tente de remettre un soupçon de transcendance dans une existence qui n'effeuillerait sinon que des pâquerettes printanières. Mais il faut des fleurs et des mots pour ne pas désespérer à plein temps de l'humain . Le mutisme des fleurs est la seule question qui ne nécessite pas d'emballement dans la réponse. C'est un peu comme la simplicité du chant des oiseaux peureux. Et pourtant, j'en conviens, ça ne suffit pas...
Ecrit par : Mth P | 28.02.2007
L'enfer c'est le rythme des autres dit Michaux rythme dont ils endiablent, (d'autant plus qu'ils se confondent tous dans le même pas de charge de la peur) la parole prophétique, quand le risque est imminent qu'elle leur vienne par un autre .
Ecrit par : . | 28.02.2007
Quelqu'un qui ne signe pas n'a aucune espèce d'intérêt. Je ne vous parle pas à vous, fichez donc le camp et allez faire la maline (maligne) ailleurs ça nous fera des vacances !
Ecrit par : joruri | 28.02.2007
Je croise votre chemin et fais quelques pas avec vous avant de m'écarter pour aller où mon humeur me conduit. Je n'arrive pas à vous suivre plus loin. Mais les quelques mots passés en votre compagnie s'insinuent et modifient mon trajet. En agissant ainsi, votre projet pose, en douceur, une voie, sur laquelle je dépose, à mon tour, sans contrainte, des remarques de sens, qui à leur tour, incidemment, attireront l'attention d'autres passants... Subtilement, vos "dire" s'infiltrent, et de proche en proche, se dissolvent dans les pensées... La sagesse n'aspire à rien de plus.
Ecrit par : Dehorsdedans | 28.02.2007
DD > Je devine votre humeur sage. J'aime en outre ce jeu de reflets réciproques, tout en profonde douceur, conduit par l'idée que la sagesse est de s'inspirer d'autrui pour dire ce qu'on a, pourtant soi, à dire.
Nous tous "en harmonie" ? Non, chacun l'harmonique d'un autre, ce serait déjà trop beau ! Avec vous déjà, pour ma part, une consonance.
Ecrit par : varna | 28.02.2007
Bonsoir Varna et vous tous,
La sagesse ? Dans un mot toute une vie en fait. Naissons nous sage ? Non, je ne crois pas. Je pense honnetement que certains évènements peuvent nous porter vers cette sagesse. Pour cela en un, ne pas oublier ce qui nous a fait souffrir afin de mieux comprendre certaines situations dans un futur. Reconnaître également nos défauts et essayer de taper sur notre pierre brut à la base et la polir ensuite. Un dur travail. Poursuivre notre chemin dans notre labyrinthe et rencontrer en son centre le minautore qui n'est peut être que notre égo. Faire connaissance avec soi-mème est quelque chose de formidable. La tolérance aussi peut nous guider sur le bon chemin mais pas le laxisme. La sagesse dit aussi qu'il faut être juste en fait.
Je pourrais continuer longtemps sur ce mot mais ma toute petite sagesse me dit d'arrêter au risque de vous ennuyer peut être. Je préfère continuer à découvrir les grands sages, les décoder, m'enrichir pour enfin m'améliorer car je le veux avant tout.
Voilà pour moi avec une grande humilité ce qu'est une des facettes de la sagesse. Un chemin ou chaque instant est une source de réflexion qui peut être mise à l'épreuve car c'est dans les erreurs que l'on se façonne.
Très bonne soirée à toi ainsi qu'à vous tous.
Marie Christine
Ecrit par : Marie Christine | 28.02.2007
Il faut lire plus que le mot "harmonie" , Varna : "filet d'harmonie comme en musique", l'harmonie musicale provient d'une mise en présence très subtile et reproductible de sons (on peut même en faire des partitions) qui ne sont pas n'importe lesquels, même s'ils ont l'air dispersés à l'état solitaire, ils sont orchestrables, ils peuvent tomber entre les mailles de l'ensemble... Mais Je cite de mémoire , Pablo Casals qui disait en substance "il faut parfois avoir le courage de tenir à l'archet une fausse note jusqu'au bout"....
Mais j'insiste pour rien car la réponse à mon questionnement est ici- tout est presque dit :
(*) Il ne faut pas croire que parce que quelqu’un « publie » en un espace public, il adopte aussitôt et nécessairement la posture d’un je qui s’adresse à tous."
Il ne s'agirait donc pas d'une tentative d'orchestration , Varna. Alors qu'est-ce que c'est ? La réponse n'est pas urgente...
Ecrit par : Mth P | 01.03.2007
Encore faut-il avoir quelque chose à dire. Ca va être le problême...
le dire à ce point expurgé a t'il encore assez de substance, ou bien tourne t'il le dos et va t'il vivre sa vie ailleurs ?
Lisant cela dans un livre sur l'autisme et en observant le fonctionnement de mon fils qui est frappé d'autisme, je comprends cela : que ce que vous appelez péjorativement "vérités" naît de la propension qu'a notre esprit à relier entre eux autant d'éléments possibles, faire des ponts créer des réseaux, agencer, faire des histoires; c'est une compulsion naturelle, celle de mettre du sens de la cohérence, du reliement en tout, toujours et partout sans quoi, tout nous semblerait détaché, désordonné, incohérent, effrayant. Je commence à me dire que l'entredire est irréalisable. Tout au plus permet-il de relativiser les vérités qui nous font monter sur nos grands chevaux et partir en croisade...
Se dire, ça implique de conserver un certain naturel, non ?
Ecrit par : joruri | 01.03.2007
Jojuri > permettez-moi ce cousinage matinal avec la mauvaise foi, qui me fait récupérer (comme ce godillot repêché) une seule de vos phrases :
"Je commence à me dire que l'entredire est irréalisable."
Réaliser, to realise, être réalisé, s'être réalisé, réalisation, réalisations... nous voici face à un exemple d'inconfort de la pensée au tri - ne trouvez-vous pas ?
Au feeling, je sens le danger grand à croire que nous traitons chacun (de ? avec ?) la même réalité ; certains, j'en suis sûre, dans la rencontre avec le réel, font des rencontres que d'autres reconnaîtront avoir seulement aperçues, et cela dans le meilleur des cas de la santé mentale, et j'ajoute ici bien volontiers : morale.
Alors, effectivement, le craquement d'un morceau de la banquise laisse parfois orphelin, et pour longtemps. A qui les les larmes ne viendraient-elles pas en de pareilles circonstances ? (autre question qui ne peut pas attendre).
C'est donc de la réaction aux larmes, qu'il faudrait je crois parler.
Bien affectueusement, et à vous.
Ecrit par : Marie Gabrielle | 01.03.2007
Varna > je me permets de vous copier l'un des qques para-graphes que j'ai lus ce matin - d'un abécédaire théologique, qui se trouve - à l'adresse suivante :
http://dsaurel.free.fr/Islam/Sainte_Vierge.htm
"Points d'achoppement: on retrouve, ici, entre chrétiens et musulmans, la même limite que celle établie pour Jésus. L'immaculée conception de Marie et la naissance virginale de Jésus sont reconnues par le Coran, mais elles ne sauraient dans ce cas prêter à confusion sur la nature de Jésus: pour l'Islam, quoique Dieu ait mis en lui sa bénédiction, il demeure un homme, et seulement un homme. Jésus est soumis à Allah, tout comme le fut Marie. Dans le Coran, Marie n'a pas à faire de choix, elle est soumise d'office à la volonté souveraine d'Allah. Tout différemment, dans l'Evangile de Saint Luc (Luc 1.26-38), le "Fiat" de Marie, c'est-à-dire son libre consentement, est irremplaçable: il rachète la désobéissance d'Eve et ouvre la voix du salut à l'humanité en donnant le Christ Jésus au monde. Pour les musulmans, le "Fiat" de Marie n'a aucun sens, car il n'y a, dans l'Islam, ni péché originel ni libre arbitre de la créature face à Dieu. On mesurera, dès lors, combien l'Immaculée Conception se trouve dans les deux religions sans autre correspondance qu'une vague notion de pureté, au-delà de laquelle tout se révèle être en opposition."
Et je quête... pour notre méditation.
A bientôt,
Ecrit par : Marie Gabrielle | 01.03.2007
Désolé, je n'ai rien compris...
Ecrit par : joruri | 01.03.2007
On ne rencontre le réel qu'en jouant, en se jouant soi-même . Autrement on se contente (est-on content pour autant ?) de jouer un jeu, sans remise en question des rêgles ni se poser la question du maître du jeu.
L'entredire irréalisable ? ça dépend des joueurs.
Ecrit par : . | 01.03.2007
Quel réèl , en jouant à quoi, en se jouant quoi ? Quel jeu ? Quelles rêgles ? Quel maître du jeu, quel entredire et quel joueurs ?
Ecrit par : joruri | 01.03.2007
Bonjour Varna,
Je vous remercie d’avoir répondu à ma question « Quelle livre emporteriez-vous lors d’un très long voyage ? » lors de l’enquête proposée sur mon blog. Les réponses ont été listées en bas du commentaire 41 de la page suivante (enquête du 19/2):
http://fautedemieux.over-blog.com/categorie-933103.html
Intéressant pour des idées de lecture ! Notez aussi que je propose une énigme aujourd’hui, deux mars. Si cela vous dit…
A très bientôt,
Marc
Ecrit par : Marc | 02.03.2007
Pour moi il y a telle vérité que je n'aurais pu la vouloir...Ne pouvant la supposer... Je ne peux dire que : j'en suis victime.
J'ai voulu la vérité, mais je ne pouvais pas la supposer telle !
J'ai demandé une miette j'ai eu mille boulangeries...
Dépassé, désarçonné, par un dire que je porte mais ne puis retraduire en langue d'homme, je furête ici et là en quête d'un POUVOIR DIRE, qui me libérerait...Mais les mots sont comme un anneau périphérique qui dissimule l'astre... Ils usurpent le sens...
Ecrit par : joruri | 03.03.2007
Bonsoir Varna et vous tous,
De voyagge sur la toile bien sur j'arrête mon véhicule sur ton site.
A chaque fois les écrits contreversés bien souvent réveillent ma réflexion et j'avoue que j'adore. C'est un grand plaisir pour moi comme pour vous je suppose. Je remercie notre hôte pour ces instants privilégiés.
Très bonne soirée à tous,
Marie Christine
Ecrit par : Marie Christine | 03.03.2007
Ecrire un commentaire