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02.04.2007
L’être sans partage (A propos du Poème de Parménide)
Une sagesse du dire chez Parménide ?
Il n’est pas possible que ce qui est devant nous et s’offre à nos sens ne soit pas présence.
Présence de quelque chose.
Nous pouvons donc dire (chose et présence).
Dire en vertu de notre capacité de parole. La parole est là pour ça ; pourquoi d’autre sinon !?
Mais la parole a sa propre logique, son propre développement ;[1] elle permet de dire aussi des choses qui ne sont ni par la présence ni par l’absence (présence implicite ailleurs mais dans le même espace) : pur « non-être » imaginé par le seul langage et malheureusement transposé rétroactivement par les hommes dans les choses mêmes ! [2]
D’abord les hommes ont nommé les choses ; mais ensuite ils ont dit sur elles des choses qui ne sont pas.
Nombreux sont les points de contact entre le langage et la diversité des choses. Parménide cherche le seul point de contact authentique, selon lui, entre les manifestations de présence – et le langage.
Parménide cherche ce qu’il (nous) est honnêtement permis de dire par-delà ce qu’il est seulement possible de dire…
… fut-ce donc au prix de la liberté du langage. La vérité au prix de la liberté !? On comprend mieux à rebours, vu sous cet angle, à laquelle de ces deux valeurs a répondu le développement du langage, de la science, de la philosophie, de la communication... Il faut dire ici la créativité du rapport entre l’être et le langage, et par suite le questionnement qu’il suscite. Dans leur rapport réciproque, en effet, soit que le langage permet de déceler aussi le réel possible (retour à l’envoyeur, en quelque sorte), soit que la diversité du réel est à même de tromper le langage. Prudence !
*
Une petite synthèse :
1/ L’être ? à Il est dicible. Il ne peut pas ne pas être, sans quoi la parole non plus n’existe pas. C’est pour nous la seule voie à suivre.
« Je parle, donc c’est ? Je parle, donc il y a ? Non, pas nécessairement. Mais s’il y a de l’être, alors oui je dois pouvoir le dire ! »
2/ Le non-être ? à C’est impossible ! Donc « théoriquement » impossible aussi à dire… n’étaient la liberté et la créativité du langage, susceptibles de générer du non-être et de l’appliquer en « feed-back » sur le réel même. Cette voie de recherche est proscrite.
3/ La diversité des choses est-elle trompeuse ? En tout cas elle est infinie si on ne voit pas « en elle » l’unité ; car alors elle n’aboutit pas. Défaut d’unité et de finitude [3] – c’est là le reproche que lui fait Parménide ; la parole affiliée à la seule diversité est par conséquent dé-routée, route impossible, véritable labyrinthe, parole sans voix. Le sous-entendu logique est : si la parole n’atteint rien – alors même que l’être, lui, est plein et entier – c’est qu’elle n’est pas sur la bonne voie, n’est pas sa voix.
Si la parole dit l’approximatif, c’est qu’elle est littéralement ailleurs, et ce qu’elle dit mélange. [4]
Comment l’être pourrait-il être approximatif !? On ne peut le supposer. Il est là. Comment la parole pourrait-elle dire une approximation !? On ne peut croire que c’est là la vérité – celle-ci ne peut être que pleine et entière, tout comme l’être !
4/ Le mélange mi-être / mi non-être ? à C’est la voie de l’égarement qu’empruntent pourtant méthodiquement les hommes : ne voyant pas l’unité de l’être, et se fiant donc à la seule diversité, les hommes ont recours pour tout connaître au dualisme de l’être et du non-être et l’appliquent à toute chose. C’est parce qu’ils ne « voient » pas l’unité qu’ils croient et se fient à la dualité en chacune d’elle : Parménide nomme pour cette raison ces hommes : « double-têtes ».[5]
En définitive, ce qui est fixé à travers « l’être » parménidéen, c’est le lien qui unit la vérité avec la possibilité même de parole (et inversement), c’est-à-dire :
L’être parménidéen noue la réelle présence de l’être à la véritable possibilité d’en dire. Il articule la présence à la parole de vérité.
Parménide s’agace sûrement de la liberté de langage qui permet à la fois au non-être en tant que tel et au non-être mélangé à l’être (susdit « le mélange ») d’avoir, si je puis dire, « pignon sur Agora ».
*
Mais Parménide ne conclue-t-il pas trop vite de la diversité au mélange ? Se pourrait-il qu’il y ait une troisième voie et non seulement deux ? [6] Car la diversité sans l’unité ne conduit pas nécessairement sur la voie du mélange, du compromis, de l’hétérogénéité. En l’occurrence, la sagesse d’un être homme – et par conséquent de son dire – pourrait bien consister à « s’aligner » sur tous les autres êtres : être comme tout ce qui est, mais aussi homme, bien sûr.[7] Une autre idée du « Même ». La participation ?
(A suivre : la même chose, plus fouillée)
___[1] Développement à la fois logico-grammatical et économique au sein de l’Inter-dire humain, suis-je tenté d’ajouter.
[2] Parménide est ici compris contre ses commentateurs Beaufret et Heidegger pour lesquels « la pensée du non-être nous libère de la tentation de l’étant » et de la diversité !
[3] La finitude reste en réalité problématique dans le Poème (à suivre).
[4] Voir ci-après. Mais Parménide ne songe pas à aucun ailleurs, espace mental s’il en est, où le non-être et autres êtres imaginaires pourraient avoir droit de cité. Il ne consent qu’à un seul espace, à la fois physique et mental, « mêmes » (Infra).
[5] Leur croire fait l’objet de la deuxième partie de son poème.
[6] La voie de l’être et la voie du non-être appliquée à la diversité.
[7] Supra. Un peu de Varne en bout de piste ne devrait rien gâcher ;-)
07:30 Publié dans Parménide, sagesse du dire | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : Parménide, sagesse du dire, présence et langage, liberté du langage et non-être, interactivité de l’être et du langage



Commentaires
Je fonds.
Et l'eau du bain est propre, limpide et claire : elle coule de source, comme un filet à la patte et salvateur des dieux de notre poème...
La question que je me pose, Varna, est double et s'expose en ces termes :
1/ comment vivre dans l'intensité de l'expérience la recherche de la troisième voie ?
2/ où trouver le courage à dire comme des pions solides et galets d'or les valeurs correspondant à nos choix routiers, sans crainte d'une accusation vulgaire confondant précision et lapalissade autour d'un fond d'innocuité ?
Ecrit par : Marie Gabrielle | 02.04.2007
Max... avant de filer. En rangeotant ce matin, étant donné qu'ayant perdu la pratique de l'anglais, j'adore toujours le lire à voix haute en britishisant parfaitement la chose... et que j'ai toujours aimé ouvrir au hasard... j'ai pilé sur mon vieux calendrier offert par cette amie écossaise... et voici le texte sur lequel je suis tombée, à vos pieds...
Donc, du Dalaï Lama :
When I doubt that I exist, I pinch myself. Even il our knowledge of the world and of ourselves is illusory, a "not-born" a "not-become" exists. Without it we wouldn't exist. But we exist in a way that is at once relative (to the activity of our mind) and conditioned (by all the other existences).
A très bientôt... okay.
Ecrit par : Marie Gabrielle | 02.04.2007
Le propos me depasse largement, surtout compte tenu des circonstance, mais le troisième terme de ce binaire ne pourrait-il être la SYNTHESE ?
Autre pensée au sujet du "dire ce qui n'est pas" , serait-ce créèr ? le verbe comme force d'invocation amenant à l'être ce qui n'y est point encore ? Une sorte de transposition sur le futur ? Une SYNTHESE encore, puisque même l'imagination la plus débridée ne s'exerce pas ex nihilo. Ce "qui n'est pas" voulant alors dire, "ce qui pourrait être" ? Ce que le dire permet
d'élaborer au-delà du factuel ? Le rôle, en somme, de l'imagination...
Ecrit par : joruri | 02.04.2007
... Une chose est "présence", mais non pas en soi n'est-ce pas ? Elle ne peut être présence qu'à nous-mêmes. Elle ne passe dans le dire qu'une fois "oxydée" ou filtrée par notre dire (le mode de notre saisie intellectuelle des phénomênes) Ainsi ne pouvons-nous dire quelque chose d'une chose sans nous dire nous-mêmes, sans "trahir" la nature de notre subjectivité.
J'imagine bien entendu que les philosophes ont recherché depuis longtemps cette articulation entre la chose (rès) et celui qui l'observe. Mais ont-ils conclu que celui qui observe est en face du miroir de ce qu'il projette de lui dans la chose ?
Une chose, pour être a t'elle besoin d'être nommée, de s'incarner dans un dire ? Le monde n'est-il en gros que l'écran sur lequel nous projettons "la face de l'homme" ?
Quand le philosophe (Protagoras ?) dit , "l'homme est la mesure de toute chose", est-ce cette notion qu'il a en tête ?
Ecrit par : joruri | 02.04.2007
Joruri > La présence ne se dit pas, n'a pas besoin de se dire au sens propre du mot tel que vous le décrivez dans votre commentaire. Avez-vous déjà oublié l'oiseau qui s'enfuit à notre approche ? Voilà un geste probant, un silence probant de sa part. Voulez-vous que nous éprouvions ce silence du signe en nous rencontrant physiquement un jour ?
Quand j'invoque la présence, ici, en mon nom ou en celui, hypothétique, de Parménide, c'est pour souligner qu'elle est à la fois ce qui nous "autorise" à dire la chose "en vérité", et que la chose n'a pas besoin de notre dire ou de notre percevoir pour être au monde. Dans le prolongement et redite (à venir) de ce billet, la dichotomie subjectif / objectif est précisément, dans la compréhension de Parménide (à mon avis !), un des écueils à éviter. Il n'y a pas de face à face "cognisciste" mais une relation dans laquelle être et penser sont les deux faces d'un "même".
Ecrit par : varna | 02.04.2007
Marie-Gabrielle > La voie de l'être que nous propose de suivre Parménide est à mon sens "mélange" elle aussi. Non pas mélange d'être et de non-être (ce que précisément il récuse fermement), mais mélange de volonté de savoir ("ce qu'est") et de compréhension de la présence de toutes choses ("que c'est"). Oui, j'introduis ici une différence entre savoir et comprendre qu'il me faudra expliciter. Mais plus tard si vous permettez.
La troisième voie, selon moi, ne serait pas "cognisciste"; elle pourrait se situer dans la position "de part et d'autre de la vérité" d'une conscience poétique de dire-être au monde... J'ai déjà fait allusion à ces notions dans d'autres billets. Là encore, j'y reviendrai.
Ecrit par : varna | 02.04.2007
Là encore, j'y reviendrai.
C'est bien aimable de votre part !!! :)))
Ecrit par : joruri | 02.04.2007
Varna > votre dire laisse ici parler ma sensibilité profonde, qui serait exprimée dans la douceur.
En revanche, mon intellect me ramène comme un cadavre de la mer, la mémoire de l'interdit rivé à nos esprits philosophes condamnant encore si légèrement à notre époque - dans un souci alors tout autre qu'économe... le besoin qui est peut-être, et de loin - le plus puissant des nôtres à nous laisser vivants : comprendre...
Présence, donc, d'une illusion qui aurait offert à d'aucun(e)s ce "raccourci réel et idéal" vers le lâcher-prise devenu si "fameux" en quelques décennies, quand il n'aurait été vraiment que "nécessaire" ?
Oui, il me plait de voir dans votre approche, Max, la sensibilité primaire, première et surtout amoureuse, s'attacher, mais paradoxalement - au cognitif. Car, d'après moi, Varna, la compréhension du : "que c'est" disant déjà "que c'est là" : bien ou mal, c'est ici... où moi aussi je suis et donc où j'ai ma place.
Merci... et pour cela je me permets de vous embrasser glacée.
Ecrit par : Marie Gabrielle | 03.04.2007
Complément alimentaire... trouvé sur Wikipédia (j'ai été tentée par le biais en ligne récemment), que j'offre à votre lecture :
Biais cognitif
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, Rechercher
"Un biais cognitif est une erreur dans la prise de décision et/ou le comportement adopté face à une situation donnée résultant d'une faille ou d'une faiblesse dans le traitement des informations disponibles. L'étude des biais cognitifs fait l'objet de nombreux travaux en psychologie du raisonnement, en psychologie sociale et plus généralement en sciences cognitives. Le terme biais fait référence au fait que l'erreur ainsi commise présente un caractère relativement systématique dont les déterminants sont à rechercher dans les mécanismes mis en jeu dans le traitement cognitif erroné appliqué à la situation.
Les travaux en psychologie ont identifié de nombreux biais cognitifs propres à l'esprit humain à travers de multiples domaines : perception, statistiques, logique, causalité, interactions sociales, etc. La multitude de ces biais cognitifs et le fait qu'ils ne sont généralement pas conscients et leur caractérisation est importante aussi bien dans les domaines judiciaire que scientifique. Par exemple, ils impliquent d'ausculter avec soin les témoignages avant de conclure à leur véracité.
La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base, ...).
La survenance des biais cognitifs est liée au capital culturel d'un individu ou d'un groupe d'individus. On voit apparaître de nos jours des méthodes basées sur le capital culturel, afin de réduire les biais cognitifs."
PS de ma part : le deuxième paragraphe est mal monté... mais le travail de ce privé n'en demeure pas moins intéressant et méritant.
Ecrit par : Marie Gabrielle | 03.04.2007
Les dites "faille ou faiblesse dans le traitement des informations disponibles" laissent-ils indidieusement à penser qu'il y a un traitement des informations disponibles qui soit sans faille ni faiblesse ?
Voilà un biais cognitif qui sait parler de lui-même, car une information disponible dont n'a manifestement pas usé l'auteur de ces lignes, c'est que chacun prend PEUT-ETRE à tout moment ce dont il a besoin, selon ses propres capacités, ses désirs, etc.
Alors donc PEUT-ETRE n'y a-t-il jamais de faille ni de faiblesse dans nos analyses et autres comportements, mais une juste coïncidence entre ce qu'on est à un moment x et ce qu'on fait dans le même... temps ?
Et ainsi de suite sans doute, car je ne saurais échapper moi non plus à quelque biais. C'est même une preuve qu'on suit... sa propre ligne droite : ce qu'on est.
Résultat des courses ?
Merci beaucoup Marie-Gabrielle, tout de même, pour cette citation et votre propre travail de recherche. J'apprécie !
Ecrit par : varna | 03.04.2007
Il était encore un facteur dialogue... perdu au fond d'une tirelire de porc...
Je prends votre suite sans chercher d'effet dans la réponse, mais éventuellement un grand large - yes, indeed ??
Quelque voile sans doute, qui me fait m'arracher - la dent ou le sommeil - de moi dans cette toile ?
Oui, le biais se trouve aussi dans la perspective et la coupe, le bon doublement, losange, croix, et foot... pauvre foot ? et bientôt à l'aiguille en arc..
Ecrit par : Marie Gabrielle | 03.04.2007
(à propos... moi j'aurais mis : "La multitude de ces biais cognitifs vient du fait qu'ils ne sont généralement pas conscients"...).
Ecrit par : Marie Gabrielle | 03.04.2007
Les lectures de Jean B. ont bercé mes après-midi. Celles de Martin H. m'ont entraîné sur de drôles de chemins... Revenir fouiller dans les restes du Poème pour recommencer l'aventure. Partir de ce rivage pour trouver un autre passage.
Je vous suis, pas à pas.
Ecrit par : DD | 03.04.2007
Joruri > Un petit mot de plus, que j'avais en fait préparé pour vous avant d'envoyer celui ci-dessus : A mon sens, la synthèse n’est pas à chercher dans une quelconque connaissance, mais dans des retrouvailles. Celles-là même qui nous rendraient à la fraîcheur originelle du verbe traduit en français par « faire connaissance ». Là encore j'y reviendrai ;-)), mais pas plus tard (si tout va bien) que dans deux billets !
DD > Je ne suis que mon chemin, je ne suis pas un guide, et pour la première fois j'éprouve le sentiment d'avoir trois compagnons... Combien il m'est agréable de pouvoir poursuivre de la sorte !
MERCI !
Ecrit par : varna | 03.04.2007
C'est aussi mon avis. Vous parlez de retrouvailles ? (hi hi hi ce que ce terme contient pour moi est ici hors sujet) Je parlerai de reveil comme retour à l'état de veille (différent d'eveil qui serait
un radicale nouveauté) ...Se RAPPELER ? Ou être rappelé ?
Ecrit par : joruri | 03.04.2007
je suis là, je n'en perd pas une miette et j'avoue attendre avec impatience la deuxième partie du billet celle-là même qui sans aucun doute me permettra d'exprimer ma pensée parce que plus d'éléments seront offerts à ma réflexion encore maladroite...
Ecrit par : holly | 04.04.2007
"Vous dites " Je ne suis que mon chemin" ... "On n'est que notre chemin", c'est bien cela que j'avais compris ...et quand j'écris "je vous suis", j'aurais du préciser " je vous suis - reconnaissant- " et "je fais une partie du chemin avec vous ".
Amicalement.
Ecrit par : DD | 04.04.2007
Bonjour Varna et vous tous,
Je suis vraiment heureuse de te retrouver. Un vrai plaisir même si ton billet est un peu casse tête pour moi (sourire). Je lis les commentaires et j'apprécie les dialogues qui en découlent.
Ce qui est certain c'est que je vais revenir car il y a moult croisées sur mon chemin. Parfois il m'arrive de me tromper de route mais très rapidement j'en prends conscience et hop un pas vers la droite et je me retrouve sur le bon chemin, celui qui mène vers la connaissance.
Très bonne journée à tous et à très bientôt,
Marie Christine
Ecrit par : Marie Christine | 04.04.2007
...trois compagnons - Varna et Max (je vous dessine ici ce visage si étrange...) : votre vérité poignante me fait penser à un rêve lointain que l'on m'avait assuré pouvoir lire en autant de ces sens (connus ?)... c'est beau, et resterait tronqué ?
Une note bien ronde, pour vous souhaiter à tous de Joyeuses Fêtes de Pâques... oui, Monsieur S'entredire, votre mot est médité.
Ecrit par : Marie Gabrielle | 04.04.2007
En tout cas, que ce soit Parménidien ou autre, l'Etre est moralement neutre. Une pierre EST, ou plutôt éxiste. Peut-on dire que pierre est à l'instar, ou à égalité avec, par exemple Mozart ?
La gène que j'éprouve par rapport à ce genre d'abstraction, c'est que je me demande si le penseur observe les phénomênes ou si il explore, sans toujours le savoir, les capacités cognitives de son propre cerveau en listant des catégories et sous-catégories à l'infini...
Pour finir, je préfère méditer sur l'amour au sens Johannite du terme à l'être, car on est placé alors devant une ACTIVITE intense impliquant la liberté. Or, peut -on parler d'être pour un solide quelquonque, comme on parle d'être pour des personnes moralement responsables de leurs choix ? Je n'arrive tout simplement pas à les considérer comme réduite à leur plus bas dénominateur commun: "l'être". AUtrement dit, je regarde le terme "Être" comme une simple commodité de langage sur lequel la méditation ne rendra personne ni meilleur ni pire...En tout cas, voilà où j'en suis à cet instant.
Ecrit par : joruri | 05.04.2007
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