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09.04.2007
L'être sans partage (le même, plus fouillé)
Il y a et c’est un, donc c’est dicible et en vérité.
[C’est un, sinon on s’y fourvoie]
(…) « Or il faut que tu sois instruit de tout, du cœur sans tremblement de la vérité, sphère accomplie, mais aussi de ce qu’ont en vue les mortels, où l’on ne peut se fier à rien de vrai. Mais oui, apprends aussi comment la diversité qui fait montre d’elle-même devait déployer une présence digne d’être reçue, étendant son règne à travers toutes choses. » [Parménide, De la nature. (Jean Beaufret), fragment I].
Dans la première de ces deux propositions, Parménide n’oppose pas, comme on pourrait le croire, les deux aspects, « subjectif » et « objectif » du rapport homme / réalité. Il oppose le « cœur sans tremblement » de la vérité à ce qu’on en vue les mortels, et où on ne peut se fier à rien de vrai, à savoir la diversité.
Diversité à laquelle Parménide oppose l’unité de la présence de / dans la diversité :
A la suite de cette première proposition, en effet [« Mais oui, apprends aussi… »], Parménide, qui plus loin proscrira fermement de parler de ce qui n’est pas, reprend et articule les deux réalités susdites – sphère accomplie et diversité. Le mot « devait » indique bien qu’il songe à une « précédence » ou une « ascendance » (pour ne pas dire plus [1]) à la diversité. Il faut donc lire, sans arrière-pensée pour quelque transcendant « au-delà » : « Mais oui, apprends en effet comment la diversité qui fait montre d’elle-même est en réalité une, présence digne d’être reçue, sphère accomplie étendant son règne à travers toutes choses ». Parménide a en vue l’unité de / dans la diversité, mais non nécessairement par-delà celle-ci ; et il ne sous-entend pas non plus que la diversité est trompeuse ni qu’il lui concède malgré tout une certaine dignité ! [2]
Ce que Parménide récuse dans la suite de son poème, c’est précisément le mélange avec lequel les hommes, ne voyant pas l’unité, abordent la diversité. Mélange d’être et de non-être. Ne voyant pas l’unité de l’être, les hommes, se fiant à la seule diversité, ont recours pour pouvoir connaître au dualisme de l’être et du non-être. C’est parce qu’ils ne « voient » pas l’unité qu’ils se fient au dualisme. La diversité des choses [3] n’est « mise en cause » par Parménide (elle est appelée à témoigner d’elle-même, pour ainsi dire, mais non coupable) qu’en tant qu’elle peut mal inspirer les mortels. Mais en réalité, pour lui, Parménide, la diversité est une et le non-être dont l’affuble pour partie les hommes n’est qu’une funeste invention de leur part pour tenter d’appréhender à leur façon la réalité.
[Ce que parler veut dire].
Fragment II : « (…) Eh bien donc je vais parler – toi, écoute mes paroles et retiens-les – je vais te dire quelles sont les deux seules voies de recherche à concevoir : la première – comment il est [4] et qu’il n’est pas possible qu’il ne soit pas – est le chemin auquel se fier – car il suit la Vérité -. La seconde, à savoir qu’il n’est pas et que le non-être est nécessaire, cette voie, je te le dis, n’est qu’un sentier où ne se trouve absolument rien à quoi se fier. Car on ne peut ni connaître ce qui n’est pas – il n’y a pas là d’issue possible –, ni l’énoncer en une parole. »
Parménide campe ici une alternative absolue (fausse alternative en réalité puisque l’un des membres est nié) et récuse ainsi implicitement tout mélange des deux termes, tout compromis. C’est en ce sens qu’il parle de deux voies de recherche à concevoir – non pas que l’une et l’autre se valent, mais dans le sens où, si l’on ne choisit pas l’une, alors on choisit l’autre et – il faut alors en assumer les conséquences. En l’occurrence, si l’on pense que l’être n’est pas (c’est-à-dire qu’il n’y a rien en réalité), alors c’est que le non-être est – et il faut alors expliquer sa nécessité. Impossible ! En réalité, Parménide ne voit aucun dualisme ; pour lui, seul l’être est, et de lui seul on peut parler. Du non-être il n’y a rien à dire car il n’est pas et, à supposer qu’il est, alors on n’en peut rien dire. [5]
Vérité se dit s’il y a de l’être, non-être ne se dit pas puisqu’il n’est pas.
La différence entre les deux voies, celle de l’être et celle du non-être, tient à ce qu’une seule des deux, dit Parménide, suit la Vérité. On pourrait dire ici, en anticipant : une seule des deux est voix, la voix même de l’être. Par contraste, il dit en effet de l’autre voie que rien ne s’y trouve à quoi l’on peut se fier, qu’on ne peut ni rien connaître, ni énoncer une parole. La première voie est la seule à laquelle se fier car c’est la seule où l’on peut dire, c’est-à-dire où l’on peut suivre quelque chose : ce chemin-là qu’emprunte l’être même (de la chose). [6] Qu’est-ce que la vérité ? La vérité selon Parménide est ce que l’on peut connaître et énoncer en une parole… à condition de suivre correctement ce qui est. Pour pouvoir connaître il faut qu’il y ait quelque chose ; pour dire la vérité il faut qu’il y ait quelque chose possible à dire, c’est-à-dire à suivre. Mais la parole est libre et possiblement « déconnectée » de ce qui est. Aussi, la parole vraie, et elle seule, est l’embouchure de la vérité sur la voie de l’être [7] ou, si l’on veut :
L’être s’écoule sur la voie d’une Vérité que vient recueillir à son embouchure la parole de l’homme.
Dans l’autre cas, quand on emprunterait l’autre voie, on parlerait sur « rien », à propos de « rien ». Mais le rien lui-même n’existe pas. On parlerait donc là doublement dans le vide. On ne parle dans pareil cas, en réalité, même pas. Parménide montre ici la nécessité absolue qu’existe l’objet pour pouvoir en parler. La vérité est ici le lien, ce « même » dont parle le Poème, ce qui valide la parole (de la pensée) ET atteste de l’être (existence réelle) de l’objet parlé. Dans ces conditions, on comprend qu’il déclare : « c’est le même, penser et ce à dessein de quoi il y a pensée » (fragment VIII), c’est-à-dire : mêmes sont la parole qui dit « en vérité » et l’être qui existe « en être ».
Le même, un même chemin : La parole dit « en vérité » tout comme l’être existe « en être ».
Par conséquent, on comprend que Parménide puisse écrire : « Ce m’est tout un par où je commence, car là à nouveau je viendrai en retour » (fragment. V), c’est-à-dire : « c’est égal que je commence par l’être ou par la vérité puisque l’un et l’autre se conditionnent réciproquement – et suppose pareillement l’être (penser + parole) d’un Parménide pour le dire ». En effet, si Parménide écrit : « Or c’est le même, penser et ce à dessein de quoi il y a pensée », il ajoute aussitôt : « Car jamais sans l’être où il est devenu parole, tu ne trouveras le penser » (fragment VIII) [8]
L’homme est cet être unique au monde qui réunit en sa pensée l’être et la possibilité même d’une parole.
[« L’être en vérité »]
De ce qui précède on peut déduire, en résumé, que :
On ne parle réellement que si on dit quelque chose de réel.
On ne peut donc parler réellement qu’en vérité.
On ne peut parler en vérité que de l’être, que de ce qui est. Parler et être (de la chose) se conditionnent réciproquement. L’être dont on parle en vérité nécessairement est (existe).[9]
Par conséquent, on est forcément tenté ici de réunir l’être et la vérité en une seule parole, à condition qu’à son tour cette dernière ne trahisse pas non plus, malgré leur « mêmeté », leur respective concomitance.[10] Si la parole dit vrai comme l’être est, alors on doit pouvoir les dire tous deux à leur tour en un : la parole ici se dédouble-t-elle ? Dépasse-t-elle sa condition première de juge et partie ? L’être « version vérité » [pour ne pas dire « l’être en vérité »], c’est l’être parrain de la parole dicible ; il est nécessairement présent :
La vérité lui fait écho dans la parole – ou la parole lui fait écho en vérité. C’est le même.
[La vérité en présence, peut-être ?]
Mais la parole est présente à son tour, comme l’homme qui la prononce, « Car jamais sans l’être où il est devenu parole, tu ne trouveras le penser » (cité ci-dessus).[11]
Plus haut, la vérité était le lien attesté entre l’être et le dicible. Ici la présence est à la fois la condition de l’être et du dire la vérité. Présence de la chose (être) d’un côté, mais aussi présence de l’homme qui la dit de l’autre (être), réunis dans une même parole.
La vérité, rencontre de deux présences – une chose qui est, un homme qui dit :
Parole. [12]
A suivre…
[6] Mais l’idée ne vient pas à Parménide que ce chemin pourrait être « dialectique ».
07:11 Publié dans Parménide, sagesse du dire | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : Parménide, être, présence, vérité, parole



Commentaires
L'être est puissance d'être. Véracité.
Ecrit par : . | 09.04.2007
Je lis et relis, je suis troublé (comme l'eau remuée). J'essaierai de traduire ce mouvement en paroles.
Ecrit par : DD | 09.04.2007
DD > ... Et un jour peut-être en peinture ? C'est ce genre de mouvement qui décidera pour partie de l'avenir d'internet, je crois. Puissions-nous faire de celui-ci un "réseau fléché" de co-répondances, en dehors de tout esprit de chapelle, simplement pour occuper cet espace d'une présence expressive collective enfin imperméable au savoir et au mercantilisme ! Le nombre de blogs ou de sites perso n'y fera rien ; seul une trame de "renvoi continuel" d'un travail particulier à un autre travail particulier qu'il aura inspiré est susceptible d'assurer son existence. (je ne parle pas des liens de copinages existants).
Si ça existe déjà, je ne suis pas au courant.
Ecrit par : varna | 09.04.2007
Je vous rejoins encore. Rester présent et tisser patiemment ce réseau désintéressé.
Ecrit par : DD | 09.04.2007
Si la vérité est ce qu'on peut connaître et énoncer en une parole
cela veut-il signifier que tout énoncé est vrai à partir du moment où on peut l'exprimer en une parole ?
Ecrit par : holly | 10.04.2007
Aïe ! Holly... Le l apostrophe de votre seconde partie de phrase semble désigner la vérité même. Dès lors cette seconde partie de phrase se suffit à elle-même :
"Tout énoncé est-il vrai à partir du moment où on peut exprimer une vérité en parole ?"
Et ça devient là une question touchant au "style" de réponse, savoir lequel est le plus approprié. Est-ce là ce que vous demandiez ?
Toujours est-il qu'il manque ici à mon avis le référent commun, en l'occurence l'être, par exemple en tant que la vérité fait le juste milieu (selon Parménide) entre lui (l'être) et la parole qui l'énonce.
Ecrit par : varna | 10.04.2007
On pourrait quand même tenter une approche apophatique, en disant ce que l'être n'est pas...
Ecrit par : joruri | 10.04.2007
Joruri > On réserve habituellement cette méthode aux seules "réalités" dont on ne peut justement rien dire (de positif). Ainsi naquit la théologie négative, vous le savez.
Faut-il pour autant imaginer une "ontologie négative" si l'être en question est celui de toute présence ? Cela constituerait un aveu, de facto il me semble, que l'on ne peut non plus rien dire positivement de ce qui est présent...
[Rajouté après coup : or pour Parménide c'est justement que l'être soit qui est la condition sine qua non de tout dire vrai]
Mais peut-être la démarche s'impose-t-elle justement animée d'un désir de raccorder à tout prix ce qui est présent à quelque dieu, voire, plus laïquement, à un besoin de certitude ? A mon sens, ne point douter ne signifie pas "être sûr". Pour m'assurer que je suis, je n'ai pas besoin de penser (Descartes) ; l'oiseau qui s'enfuit à mon approche m'indique beaucoup plus et sans que nous ayions échangé un seul mot. Un signe a suffi. "L'absence racontée" ne me dira rien de plus. Elle me fera simplement voir d'autres univers ; mentaux en l'occurence : intellectuel, affectif, moral, etc.
Ecrit par : varna | 11.04.2007
Soit... Une autre piste. Parménide, pour qui seul l'être est, est mort. Que dirait-il de sa "disparition", de quelle sorte d'être s'agit-il là ? Ici, il semble bien que l'être se trouve un opposé : la mort...
Ecrit par : joruri | 11.04.2007
Joruri > Je ne peux répondre à la place de Parménide, je le "travaille" suffisamment ainsi à mon profit, pour exprimer ma pensée.
Pour ma part, comme vous savez, je suis prêt à tout croire, à croire en n'importe quel Existant pourvu qu'on m'en montre l'espace. Alors peut-être il me sera présent.
L'espace en question, selon moi, est double : il peut être soit celui dans lequel précisément cet Existant "est" (les morts seraient dans l'Hadès ou en transit au Purgatoire, etc.), soit LE LIEU D'OU, en moi, cet Existant apparaît. Et donc le chemin que j'ai à faire si je veux le voir exister.
En ce sens, les "nombres imaginaires" mathématiques sont un exemple frappant de bonne volonté de notre part : on n'interroge pas leur "pertinence" en termes de vie ou de mort.
En fin de compte, chacun ne "décide"-t-il pas de ce qui est (selon lui, pour lui, avec lui, sans lui) et de ce qui n'est pas ? Mais peut-être peut-on aussi décider une bonne fois que le problème de l'être s'applique certes à ce qui vit, ce qui meurt, ce qu'on imagine, ce qu'on pense, etc., mais est avant tout celui de savoir qu'est-ce que c'est que "être au monde" ? C'est justement la question que j'ai choisi de poser après d'autres. Et il s'avère qu'elle est étroitement liée, selon moi, à la question.... d'espace.
Ecrit par : varna | 12.04.2007
"Espace" dans le sens d'étendue ?
Ecrit par : joruri | 12.04.2007
De quel espace parlons-nous, Joruri ? De celui qui "contient" quel Existant ?
Celui "entre tous", selon moi, celui qui me sert de "preuve" que c'est là "qu'il faut être tout d'abord", est celui dans lequel, manifestement pour tous le même, évoluent animaux, végétaux, minéraux. C'est là que je veux être et reconnaître les autres êtres et là encore que je veux faire connaissance. Est-il "étendue" ? Je ne sais pas ce que veut exactement dire ce mot, quels sont les sous-entendus qui en font l'espace de la pensée cartésienne. Pensez-vous qu'il me serait important que je l'apprenne ?
Cet espace commun de l'être, je le qualifie habituellement de "physique" ou de "concret". Mais puisque ce sont tous les êtres qui m'en attestent et me disent que c'est là que l'être "est relation", cet espace est tout simplement - écologique, non ?
Ecrit par : varna | 12.04.2007
Bonsoir Mr Descartes,
Vous pensez DONC vous êtes ? Etes-vous donc... par l'esprit ?
Moi, je m’approche d’un oiseau et celui-ci aussitôt s’enfuit – DONC nous sommes en relation muette, immédiate ET dans un même monde.
Sans doute l'"être" et l"étendue" de l'un de nous deux passent /chronologiquement / avant ceux de l'autre, mais au moins nous avons en commun d'utiliser un même donc !
Donc ? ;-)
Ecrit par : varna | 12.04.2007
Donc oui, il y a là de l'étendue-physique. Mais cette étendue est remplie de vide/non-être, qui semble lui-même constitutif de l'espace...Qu'est-ce qui permet l'émergence de l'être, sinon le vide ?
Ecrit par : joruri | 12.04.2007
Ps. Je pense au tsin tsoum de la mystique cabbaliste...
Ecrit par : joruri | 12.04.2007
Oups... je croyais mon com' parti depuis longtemps...
Excusez-moi, Joruri, c'est à vous de répondre aux questions fondées sur ces hypothèses : "étendue", "remplie de vide", "non-être constitutif de l'espace"... car je ne vous suis pas, là.
Dans mon langage, "l'émergence de l'être" ce doit être une naissance ; et "le vide qui le permet" est sûrement un plein de gamètes ! ;-)
Je vous écoute volontiers à propos de la mystique cabbaliste.
Ecrit par : varna | 13.04.2007
"La vérité est une exigence de l’âme. La vérité c’est la beauté, l’émotion esthétique est d’ordre mystique" Pascal
Alors, oui, la beauté est un volcan de lave héritée ! ;-]
Ecrit par : Well | 13.04.2007
Vous savez gra^ce à quoi une roue tourne ? grâce au vide qu'il y a au centre du moyeu. Vous savez pourquoi on peut mettre quelque chose dans un vase ? Parce qu'il est vide, non ? Lao Tseu ne fait pas partie de votre tribu ? :))
Ecrit par : joruri | 13.04.2007
"l'émergence de l'être" ce doit être une naissance ; et "le vide qui le permet" est sûrement un plein de gamètes ! ;-)
Et "l'émergence du vide" ce doit être une mort et la plénitude qui le permet est sûrement sans doute aussi ce même plein de gamètes...
Ecrit par : . | 13.04.2007
Well > Ce dont Pascal a manifestement hérité, au vu de cette citation, c'est d'une certaine conception de la vérité...
Joruri > Je me demande comment notre ami Lao Tseu aurait résolu le problème de ce dont le centre est partout et la circonférence nulle part ! ;-)
.> Un plein de gamètes conduit à la vie aussitôt mourante, oui. (notez que c'est vous qui ajoutez ici la mort à côté du vide)
Ecrit par : varna | 14.04.2007
Je le note d'autant mieux que vous parlez de vie aussitôt mourante, alors que j'avais je crois en tête le bonheur du couteau.
Ecrit par : . | 14.04.2007
Notez que c'est vous qui mettez de l'être partout... :)))
Ecrit par : joruri | 14.04.2007
Bonjour Varna et vous tous,
La vérité, souvent je me pose la question. Qu'est ce que la vérité en fait ?
Je dis la vérité qui sort de mon coeur car pour moi elle est vérité ou dois-je me référer à autrui afin qu'il me confirme que c'est la vérité ? De plus cette vérité que je pense à l'instant présent peut elle ne plus devenir vérité demain ? Alors hier me serais-je trompée seule ou avec la confirmation d'autrui ?
J'ai besoin de tes lumières Varna et vous tous à ce sujet. Merci d'avance.
Dans cette attente je vous souhaite à tous une très bonne soirée.
Marie Christine
Ecrit par : Marie Christine | 14.04.2007
Je ressens comme une impossibilité à la lecture de vos textes.
J'écris souvent un commentaire que j'efface, le trouvant toujours à côté. En ouvrant la fenêtre, aujourd'hui, un sens qui m'avait échappé m'a sauté à la figure: "être SANS PARTAGE", que voulez-vous VRAIMENT nous DIRE ?...
Pour être le plus sincère possible, j'avais ressenti une OUVERTURE, une faille à la fin des six premiers mois, dans vos derniers commmentaires, je m'étais alors attendu à la FERMETURE prochaine de votre site...
Amicalement.
Ecrit par : DD | 15.04.2007
La pierre polie à la PERFECTION passe par la transparence avant de disparaître tout à fait.
Ecrit par : joruri | 15.04.2007
Marie-Christine > 1/ Ta question soulève un dilemme central : la vérité est-elle telle que chacun peut la vérifier, tous la discuter, et finalement la reconnaître --- ou bien est-elle en définitive seulement le fruit d’un accord entre tous les hommes, autant par leur constitution commune (mentale, psychologique) que par leur conditionnement culturel ? Je ne peux répondre, là.
2/ Sans doute faut-il distinguer ce qu’on croit personnellement en quelque sorte sans avoir besoin ni envie de le dire (est-ce vérité ? Ou bien préjugé ? Ou bien les deux ? Autre ?) - de ce que l’on éprouve le besoin de dire aux autres EN TANT que ce serait (que C’EST) la vérité.
Ma prochaine note (demain) est difficile de lecture, je n’ai pu faire autrement. Mais elle va dans le sens de ce questionnement.
DD > 1/ Je suis ravi de vous donner matière à expliciter pour vous-même, ce serait tout à fait dans ma conception d’une inspiration réciproque ! C’est ce même travail d’explicitation que j’entreprends ici pour mon compte -- bien plus désormais qu’un dire à autrui. Je m’en suis expliqué au premier ou second virage négocié sur ce blog, celui qui m’a fait quitter « s’entredire » pour « ce que VEUT dire ». Le fond est ce qu’il est ; la forme vous dit « A vous ! ».
2/ Vous ne devriez pas penser que je cherche à dire VRAIMENT autrement qu’en le disant… ;-) « L’être sans partage » n’est que l’écho de la formule la plus connue de Parménide « l’être est, le non-être n’est pas ». Je pensais que cette sorte de « radicalité » chez lui m’autorisait à laisser entendre que son « être » est bien ainsi « sans partage », c’est-à-dire aussi, selon le mot largement employé à ce propos dans mon billet, sans / mélange /. Pour ma part, même l’opposition que je ressens entre la vérité de l’être et la vérité mondaine (culturelle, de l’inter-dire) n’est pas une opposition frontale. Elle n’est pas possible.
Joruri > Je ne sais ce que (pour le coup !) vous voulez VRAIMENT dire ;-). Peut-être que la présence la plus totale, l’éveil le plus parfait au monde, seraient dilution totale ?
Ecrit par : varna | 15.04.2007
En fait, mon idée était très perverse. L'être à son apogée disparaît PRESQUE. Comme le polygone inscrit qui multipliant ses facette approcherait de la circonférence du cercle sans l'atteindre tout à fait.
La "vérité", la "perfection" seraient des engrammes, un tropisme
nous incitant à évoluer. A vous de voir le rapport avec votre billet, s'il y en a un.
Ecrit par : joruri | 15.04.2007
Bonjour Varna et vous tous,
Merci pour cette réponse. Je vais étudier avec attention ton nouveau billet. J'espère que je ne vais pas me perdre. Le principal est d'avoir un réflexion. Déja vouloir, du moins essayer est déjà un grand pas à mon sens. Tout est un apprentissage.
Je t'embrasse et je vous souhaite une très bonne journée.
Marie Christine
Ecrit par : Marie Christine | 16.04.2007
Varna, et tous... même si je ne lirai les comm. qu'après. Je me sens dans les mains pleines (ou le tablier), une seule phrase :
"C’est parce qu’ils ne « voient » pas l’unité qu’ils se fient au dualisme."
Je crois qu'elle correspond au "coup". Porté ?
En tout cas, j'admets et admire les mots et la démarche, Varna, parce qu'ils sont précis et ici segmentaires... même si ce qu'il m'intéresserait de savoir concerne bien leur importance, et le choix que chacun en fait.
Ainsi pourrions-nous tous échanger, mais à partir d'où et de quoi ? Probablement de ce regard, mais aussi du pas à faire ou pas (ce qui est rendu douloureux).
Ainsi m'arrive-t-il ces (derniers) temps, de comprendre et n'avoir plus qu'à me rappeler que le geste et l'acte font aussi le langage.
C'était tout pour cette fois, Varna... avec de la tendresse un peu.
A+
Ecrit par : Marie Gabrielle | 16.04.2007
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