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16.04.2007

Signe après-coureur (1)

Alétheia (Vérité) : premier Principe, déesse d’un nouveau genre.

« La déesse de Parménide n’est pas déesse de la vérité comme Apollon est le dieu de la poésie. Elle est la vérité, elle est retranchement. », écrit J. Beaufret dans son ouvrage consacré à Parménide. Est-ce à dire qu’elle est « au-dessus » ou « en dessous » des dieux et déesses, ces Puissances personnifiées ? Ou bien plutôt une déesse d’un nouveau genre ? Il se peut en effet qu’elle soit le premier exemple d’un dieu-concept, première abstraction au sens encore actuel du mot, complément de nom.[1] Elle serait donc une pure abstraction eu égard ces dieux invisibles, eux aussi, mais bien plus présents et bien plus manifestement actifs puisqu’ils interviennent sans cesse dans les affaires humaines. La vérité selon Parménide est peut-être un des premiers principes dans l’histoire de la pensée.

 

La nature de cette Vérité-là, toute nouvelle, forcément « aime se cacher » :[2] elle est de ne pas apparaître tout d’abord ; elle est d’apparaître longtemps même après les dieux !...  

 

«Vérité n’est qu’une voix, mais elle se réfère elle-même à une déesse supérieure : l’Anagxé ou la Moira », nous dit encore Beaufret. Vérité n’est qu’une voix mais elle est la voix de la nécessité à laquelle même les dieux obéissent… La vérité énonce ici un principe.

 

 

Parole court maintenant après la vérité.

Faisons un petit retour en arrière. La Parole humaine alimentait et conservait jusque-là Mémoire. Celle-ci était alors parmi les Grecs archaïques la seule vérité possible. Avec toutes les réserves d’usage, on peut dire qu’elle leur servait à la fois d’« Histoire » et de « Constitution », de « morale » et de « législation », etc.[3] Mais les choses ont changé. La Vérité s’est constituée en tant que telle,[4] elle a sa propre déesse ; plutôt, elle est déesse, déesse d’un nouveau genre, qui personnifie mais cette fois  –  « l’être » ; et c’est au devant de celle-ci que la parole désormais court :

 

C’est le char de Parménide !

 

Jusqu’alors, les Puissants de la terre avaient une généalogie héroïque et divine, et la Parole alimentait Mémoire. Une parole venant du cœur sans tremblement « de la Vérité » est désormais cette nouvelle autorité que la parole humaine va chercher à dire, et que l’homme va, pour cette raison, vouloir connaître. Elle redessinera à coup sûr la carte du ciel, même…[5]  

 

 

A-létheia : réalité ablative ou unité indissoluble ?

C’est une question fort controversée, savoir si Alétheia, la vérité, est A-létheia, c’est-à-dire le privatif de Léthé, l’oubli, ou si au contraire elle aurait dès l’origine la valeur d’une indissoluble unité. [6] La particule (le a privatif) porte sur la racine du verbe Lantano qui donne aussi le mot Léthé. Léthé, « un nuage sans indice », écrit Pindare ; « Initialité fondamentale à la vérité » ajoute Beaufret.  

Je ne suis pas en mesure d’entrer à mon tour dans la polémique. Je remarque simplement que dans l’hypothèse d’un Léthé antérieur à l’Alétheia, d’un « nuage sans indice » antérieur ou initial à la « vérité », on retrouve tout entier le rapport nécessaire d’antériorité du signe sur le sens, du signe sur lequel va se bâtir le sens en vérité.[7] Serait-ce ce signe que fait « le Maître dont l’oracle est à Delphes », lequel justement « ne déclare pas, ne dérobe pas, mais fait signe », dont parle Héraclite ? [8]

Parménide déplorait le mélange « être / non-être » grâce auquel les hommes croient pouvoir connaître le monde. Pour ma conception de l’être, Alétheia indissoluble unité... de l’être-relation  –  voilà précisément quel pourrait être le signe unitaire antérieur à un sens du monde bâti sur l’érection d’un « face à face départageur » purement cognisciste. [9]

 

Selon que le signe fait sens,[10] ou que l’on considère ce dernier seul comme « la vérité », on donne au mot vérité le sens d’unité de l’être au monde ou de ce que la connaissance humaine, « postée en face », extrait « des choses mêmes » (des signes).

 

 

A-létheia : dé-voilement ?

Héraclite dit de l’Alétheia qu’elle « aime » Léthé. Et Beaufret en déduit que le principe suprême selon Parménide, la Moira, le destin, ce principe, cette vérité à laquelle même les dieux obéissent et participent en quelque façon, rejoint ici peut-être « la nature (qui) aime se cacher » d’Héraclite. Voilà qui soulève une autre controverse également débattue, savoir si Léthé signifie oubli ou bien voilement, et si donc A-létheia, la vérité, est ce qui sort de l’oubli ou bien le dé-voilement de ce qui aime par essence à se cacher.  

On se souvient ici tout d’abord du rôle que joua Mémoire dans l’esprit des Grecs archaïques, et combien leur « vérité » consistait pour l’essentiel à sortir de l’oubli précisément la généalogie divine, les héros et les évènements passés. En ce sens A-létheia fut tout d’abord « histoire » et non « dé-couverte ».[11]

D’autre part, si la citation d’Héraclite ne signifie pas simplement que la nature semble prendre un malin plaisir à résister à notre appétit de savoir  –  ce qu’on lui reconnaît volontiers aujourd’hui encore  –  elle pourrait bien signifier ce déjà insinué plus haut, à savoir:

 

Il y a de bonnes raisons pour que la vérité de l’être échappe aux hommes, il y a de bonnes raisons pour que le signe soit étrangement absent du sens qu’ils donnent au monde, comme « oublié » par quelque Nécessité proprement humaine. N’ont-ils pas la Culture et l’Inter-dire pour subvenir à leurs besoins de vérité ? Ils sont forcés de s’en contenter  –  ils en vivent ! [12]

 

Bien sûr, cela signifie (…) que la vérité dont il est ici question échappe à qui s’en saisit parce qu’il s’en saisit. Elle est cette vérité de l’être au monde qui dit l’être quoiqu’il fasse. En ce sens, notre désir de savoir et tout le matériel cognitif imaginable ne constitueront jamais un élément de plus dans la vérité de l’être au monde. « L’être est ».

 

La vérité de l’être au monde serait que nous vivons exclusivement  –  de signes. La vérité selon la Culture humaine, en revanche, est que nous vivons  –  de sens.

 

Et bien sûr, selon notre Culture, le monde dans lequel nous vivons est « par essence » cognoscible, bien évidemment « plein de sens ».  

Aussi, notre Culture à son tour est bien plus une Histoire qu’une dé-couverte, a fortiori « la » découverte « fondamentale ». Car ce qu’il y a à découvrir « d’essentiel » dans la vérité de l’être au monde ne pourrait que mettre vraisemblablement la civilisation en danger. Comment pourrait-elle en effet renoncer à Mémoire et à Science ? Car ce serait là le prix à payer, c’est une conséquence de ce qui précède. Seul l’individu est donc apte à supporter pareille dé-couverte, pour peu qu’il renonce à temps aux désirs de gloire, de reconnaissance, et surtout de vérité partagée qui le relie à l’Inter-dire humain.[13] La vérité de l’être au monde n’est pas à dire dans les catégories de la connaissance ; « elle est » dirait Parménide. Elle se « vit », elle « s’éprouve » pourrions-nous dire à notre tour de façon plus triviale. Mais à condition d’ajouter :

 

La vérité de l’être au monde est hors catégorie, elle ne se sait pas. [14]

 

Ainsi, par-delà les époques et les Cultures, la relation qui unit l’être au dire (signe qu’il fait et que le dire fait en retour) n’a pas grand-chose à voir avec ce que les hommes « ont en vue », comme dit Parménide, à savoir une connaissance objective des objets et des évènements qui les entourent. Car cette connaissance-là requiert précisément, circonstance aggravante eu égard l’être au monde, l’attachement de chaque homme aux autres hommes, à l’Inter-dire

*

Il nous est loisible à présent [15] de nous pencher avec attention sur l’articulation de Mémoire-Culture (c’est-à-dire notre Passé-Présent) à l’utopie d’une Vérité-Dé-couverte (à venir) qui dirait simplement l’être-là, ici et maintenant, de tous temps.[16]

Or c’est ici, précisément, que se présente pour moi l’opportunité d’exprimer une articulation nouvelle de Léthé et d’Alétheia par un début d’éclaircissement de ce que je nommais tantôt « le plus difficile à comprendre » dans son rapport avec la vérité mondaine (vérité de Culture et d’Inter-dire) :

 

L’art d’être au monde nourrit lui aussi la Culture – mais en secret !

 

Le signe persiste donc et… signe. On va encore dire que la nature aime à se cacher. En réalité, c’est notre Culture qui sans cesse le cache au nom de… sa mondaine vérité.

Thucydide mit en doute la vérité traditionnelle, la recherche historique alors débuta ; À l’inverse, un quelconque artiste un peu fou invente aujourd’hui une pensée nouvelle, et aussitôt la Culture s’en empare, la « formate » et l’enseigne... De l’une à l’autre de ces deux anecdotes, c’est un aller-retour entre Léthé et Alétheia qui s’est produit…

A suivre…

 



[1] Non point encore vérité « en-soi », mais vérité de quelque chose, en l’occurrence : de toutes choses.

[2] Peut-être Parménide et Héraclite ont-ils dit la même chose ? demande Beaufret. La nature, autre nom pour l’Alétheia, ajoute-t-il. 

[3] Cf. l’œuvre d’Homère

[4] Mais sans être encore pour autant « en-soi ». Cela viendra plus tard.

[5] Passage obligé, pour l’époque. Voir la deuxième partie du Poème.

[6] C’est l’avis de Paul Friedländer par exemple, nous dit Beaufret, et c’est aussi le sens de mon billet précédent.

[7] Sur un autre plan, mais où le négatif précède aussi le positif, on peut rapprocher de ce rapport les injonctions toujours dissuasives (négatives) faites à Socrate par son daimôn, lequel Socrate passe pour l’initiateur de la morale prescriptive (positive). Une pareille concordance n’est peut-être pas un hasard ; elle tendrait à confirmer que la vérité ne fut l’objet d’une recherche (positive) qu’à dater d’un doute, et que lui précéda en effet une vérité passive (négative en ce sens), dans le sens d’un « état de fait », pas encore d’une recherche. (Cf. B. Snell).

[8] Page 14. Beaufret écrit : « Ainsi dans l’Alétheia, l’élément positif apparemment nié, persiste énigmatiquement dans son contraire… ». Cela est au strict opposé de la pensée de Parménide, mais peut cependant être raccordé à mon hypothèse sans contredire à ce dernier en tant que le sens donné en vérité ne doit pas faire oublier le signe dont il est issu. Ainsi la vérité cognitive est-elle consciemment une partie tronquée de la vérité de l’être, destinée seulement à la communication humaine. Mais j’anticipe là sur la suite.

 

[9] Supra

[10] Et forment ensemble la vérité de l’être-relation

[11] Embryon de Culture par opposition à Dé-couverte (voir plus loin).

[12] De là à suspecter que les choses sont dîtes voilées « pour mieux être dévoilées, mon enfant » par une volonté qui serait avant tout de dire AUX AUTRES, il n’y a qu’un pas. L’hypothèse justifierait ainsi que le signe reste nécessairement caché pour que ladite vérité apparaisse en tant que telle. Communication oblige… Ses conditions prouveraient à rebours que le signe véritable n’est pas objet de communication. Mais réflexion pour une sagesse du dire ?

 

[13] Ni solipsiste, ni mystique pour autant, l’individu peut / doit appréhender seul l’être au monde, indépendamment de la connaissance (savoir) que lui offre la collectivité.

[14] C’est en tant qu’elle ne se sait pas qu’elle nous permet de comprendre le verbe croire à la fois comme signe, comme identité ontologique (pour nous et chaque chose) et comme mode nouveau et requis  « d’appréhension » de l’être.

[15] Je dis cela avec ironie.

[16] C’est-à-dire ce que la Culture ne cherche pas, ne favorise pas. « De tous temps » : pour ne pas dire « de toute éternité ».

Commentaires

Par décret collectif inconscient l'index est coupé à qui fait signe.
Très intéressante note Varna.

Ecrit par : . | 16.04.2007

Effet mutuel du signe et de ce qu'il dit...Mirage et miroir.
Mais franchement, vous devriez ouvrir un forum philo...

Ecrit par : joruri | 16.04.2007

Bonsoir Varna et vous tous,

Et bien j'ai compris (sourire). De plus il faut te dire que je me suis aidée d'un très bon livre qui est :

Le vocabulaire Européen des philosophes (sous la direction de Barbara Cassin) seuil Le Robert.

Alors j'en conclus que tu m'aides vraiment. Faire des recherches sur un axe défini est un régal pour l'esprit.

Je t'embrasse et vous souhaite une très bonne soirée.

Marie Christine

Ecrit par : Marie Christine | 16.04.2007

"La vérité de l’être au monde serait que nous vivons exclusivement – de signes. La vérité selon la Culture humaine, en revanche, est que nous vivons – de sens."

Mais que se passe t-il quand les signes font sens... ?
*****
Vous semblez dire quelque part qu'il peut y avoir une sorte d'autonomie du signe. Mais c'est une compulsion naturelle à relier les choses entre elles pour les faire raconter une histoire, c'est l'action cérébrale par excellence. Son absence s'appelle précisément autisme. Vraiment, cette tendance NATURELLE qu'on a à rassembler tous les éléments disponibles en une histoire qui se veut cohérente vient de ce que le conscient produit "une théorie de l'esprit" (Utah Frith) sans laquelle il ne reste que l'autisme.
Vous pourriez regarder comme une manifestation sine qua non de l'être au monde cette compulsion à faire sens de tout, quitte à élaborer les chateaux en Espagne les plus fous.

Ecrit par : joruri | 17.04.2007

"La vérité de l’être au monde serait que nous vivons exclusivement – de signes. La vérité selon la Culture humaine, en revanche, est que nous vivons – de sens."

... J'aurais parié l'inverse...

***

Et j'en viens à me dire que le hiatus se situe dans la différence entre le monde des phénomênes-extérieur, et le monde intérieur, psychique et conceptuel des hommes, et dont le langage (signe) constitue l'interface...
Dans le mot Mémoire, il y a "moire" moirer, refléter. Le monde des phénomênes comme reflêt du monde divin. Lecture Grec.
Il y a aussi deux mémoire, la mémoire mythologique, qui rend le passé présent, et la mémoire typologique, qui rend les archétypes "d'en-haut" présents en bas. Cette propension à la
pensée archétypale, à ramener à des types les phénomênes,
en réalité à faire du continu avec du discontinu est le mouvement même du psychisme humain. C'est pourquoi un simple être au monde, la saisie purement sensorielle et immédiate nous est non seulement interdite, mais encore impossible.

Ecrit par : joruri | 17.04.2007

Joruri > votre premier comm. m'a boulversée, comme si vous métiez ma mémoire en alerte. D'autant que je vous connais, en situation de père - qui vit. Ce qui m'interroge dans votre dire, est donc ce paradoxal échange où d'aucuns seront autistes et ne l'apparaîtront pas. Je ne comprends, ni ne conçois... que d'autres ou certains aient à supporter l'héritage de quelque trou dans l'atmosphère, et du langage humain ? Je crois que c'est lourd à porter...

Joruri, c'est votre deuxième comm. qui m'intrigue.

"Cette propension à la pensée archétypale, à ramener à des types les phénomênes, en réalité à faire du continu avec du discontinu est le mouvement même du psychisme humain. C'est pourquoi un simple être au monde, la saisie purement sensorielle et immédiate nous est non seulement interdite, mais encore impossible."

En effet, lorque je confiai à un philosophe, mon impression nocturne ayant immédiatement succédé à la naissance de mon premier enfant, à propos de cette impossibilité à penser dieu créé sans lui retirer son "physique" (absent) de dieu, mais en faisant de lui un être forcément sectaire, sans doute - on me répondis l'inverse de ce que vous affirmez. Cela comme étant le b-a, ba - ou la toute première marche (au contraire) de la philosophie...

Merci, donc. Je vous suis.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 17.04.2007

Mon esprit tout d'abord intrigué, mis à mal parfois, cherchant comme par réflexe à l'intérieur de ses propres références ou perceptions, une clé pour comprendre un langage qui ne lui semblait pas totalement accessible, s'est vu tout à coup aspiré par un courant qui venait d'une porte entrouverte et loin de disparaître dans un tourbillon obscur s'est vu reparaître dans un courant de lumière... J'avance pas à pas et après avoir cligné longtemps des paupières, mon oeil s'habitue et mon esprit s'ouvre à une clarté nouvelle... Je comprend tout, le langage m'est devenu totalement accessible, chaque mot me parle et m'interroge, je goûte et j'apprécie et je vais enfin pouvoir prendre part !

Ecrit par : holly | 17.04.2007

Le signe aurait la trajectoire d'une étoile ? Il ne serait ouvert que trop tard, après la course?

Ecrit par : X | 17.04.2007

"La vérité de l'être au monde serait que nous vivons exclusivement de signes ; la vérité selon la Culture humaine en revanche, est que nous vivons - de sens"

Joruri > vous semblez ne pas avoir remarqué le conditionnel de la première proposition et le présent de la seconde, façon de montrer que je suis homme parlant à d'autres hommes et non un être faisant simplement signe pour être compris de tous les êtres au monde (sourire).

Quand les signes font sens ? Mais c'est dit dans la proposition, ils FONT sens. Loin d'isoler quelque terme (le titre dit bien le signe APRES coureur) je ne cesse de croire à l'être-RELATION. Le signe n'est donc tel que pour un cerveau qui en FAIT sens, bien sûr. Le problème que je soulève est que "faire sens" ne revient QUE chez l'homme à PARLER. En quoi PARLER diffère-t-il du sens que FONT les plantes et les animaux par exemple, de la même façon à partir de SIGNES ? [Et de surcroît -- vous l'aurez remarqué -- sans disposer d'une pensée consciente]

C'est encore et toujours le dire humain que j' interroge ici, sa place dans le monde... de l'être.

Vous me dîtes : "vous pourriez regarder comme une manifestation sine qua non de l'être au monde cette compulsion à faire sens de tout, quitte à élaborer les chateaux en Espagne les plus fous". -- Mais c'est exactement ce que je pense et ce que je fais, Joruri ! Et cela fait l'objet, là encore (sourire) d'un billet au moins à venir. Mon chateau est tout proche, hélas je ne suis pas bon architecte. D'autres le reprendront en sons ou en images, et réussiront mieux que moi. C'est tout ce que j'espère !

Nous sommes là pour croire et pour créer ! Est-ce que cela fait sens pour vous ? ;-)

Je brûle de livrer d'autres billets... mais bon.

Ecrit par : varna | 17.04.2007

Pour votre réflexion : toute détermination serait "arrêt sur image". L'intérieur et l'extérieur par exemple, auxquels, Joruri dit plus haut, le langage servirait d'interface. Danger pour chacun de nous d'en sortir, de désobéir. Et pourtant, il est aisé de semer le trouble, sans ruse, ni rhétorique aucune :

" Parce qu’ils ferment les yeux ils croient être à l’intérieur : ainsi sommeil, nuit, obscurité, essence en sont aussi.
Parce qu’ils ouvrent les yeux ils croient être à l’extérieur : ainsi veille, jour, lumière, expression le sont aussi."

Beaucoup ne tient qu'à très peu. Ca peut être effrayant. Alors, alors... ?

Ecrit par : varna | 17.04.2007

X > Vous semblez faire écho ici à la chouette de Minerve qui ne se lève qu'à la nuit tombée. Oui, la prétention de CONTENIR l'être, à laquelle aspire tout DIRE la Vérité, n'arrive pas seulement APRES COUP, elle fait mine d'accompagner EN COURS DE ROUTE, tout comme la mouche dans la fable qui la place à dessein de s'en moquer - au côté du coche...
C'est le destin de la dialectique que de mêler l'être à la parole... Bien lui en fasse.

Ecrit par : varna | 17.04.2007

Holly > Je me réjouis de bientôt voir à côté du mien -- votre chateau en Espagne ! ;-)

Merci à tous ; je suis conscient de la difficulté à laquelle vous avez ici à faire face.

Ecrit par : varna | 17.04.2007

Varna bonjour, et pour tout vous dire, je n'ai pas encore lu le billet... (sauf les titres). J'y viens, ou viendrai.

En tout cas, ce qui me donne ici à réagir (je n'ai d'ailleurs rien contre), est la notion d'effort, tout autant que la réalité d'une fatigue parfois à communiquer, comme... s'agissant d'un rempart à presser ou plutôt, d'un rouleau de vagues. Bien sûr qu'il n'est question ici et nulle part encore de magnétisme - enfin - pas encore ?

Le fait est que je suis en désaccord partiel avec vous (même si je trouve aussi agréable que vous d'avoir à ouvrir et fermer les yeux - autant que d'entrer dans un seau à bonne température).

Je suis donc... trrrès en colère (parler de rage serait plus juste, et pourquoi pas d'un des bords de la crise de nerfs ?) :

"Quand les signes font sens ? Mais c'est dit dans la proposition, ils FONT sens. Loin d'isoler quelque terme (le titre dit bien le signe APRES coureur) je ne cesse de croire à l'être-RELATION. Le signe n'est donc tel que pour un cerveau qui en FAIT sens, bien sûr. Le problème que je soulève est que "faire sens" ne revient QUE chez l'homme à PARLER. En quoi PARLER diffère-t-il du sens que FONT les plantes et les animaux par exemple, de la même façon à partir de SIGNES ? [Et de surcroît -- vous l'aurez remarqué -- sans disposer d'une pensée consciente]"


Car vous parlez d'APRES-coureur, mais s'agissant d'avant ? La fameuse "analyse transactionnelle" (qu'on aura choisi d'enseigner dans nos grandes écoles, je crois pourtant) - qui dit qui dit... me conduit (par maîtrise...) donc à abréger : connaissez-vous pour beaucoup la perversité d'un comportement animal et même végétal-carnassier ? Avez-vous vu jamais trahir l'homme par l'humain ?!!


En revanche... par le langage des singes...


Bises à vous, Varna... en attendant votre réponse et tout particulièrement dans cette espérance à vous lire.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 17.04.2007

"c'est exactement ce que je pense et ce que je fais, Joruri !"

Je ne cherche pas à contredire Varna, mais verbaliser me permet d'internaliser...
La question est alors: vis à vis de la vérité, sommes-nous dans le "processus du ressouvenir" Platonicien, (donc dans le monde d'une Idée antérieure à la conscience qui l'observe) ou en sommes-nous les auteurs-en temps réèl-par son énoncé même ( signe) ? Mais Varna, ne sont-ce point là les deux faces d'une même entité ? Pourquoi l'une empécherait-elle forcément l'autre ?
Je ne peux pour ma part sortir du rayonnement descendant d'un tropisme ("la loi morale au-dedans de moi" de Kant) qui prouve son influence sur moi précisément en m'incitant à me questionner comme je le fais par exemple grâce à votre travail ici. Et je ne puis concevoir ce tropisme que comme placé dans mon futur... Vous me suivez ? Je veux dire, je pense toujours en direction de l'avenir, se projetter, anticiper, imaginer sont des réalités connexes qui donnent l'impression que toute l'architecture de notre conscience semble s'élever grâce à un tuteur...Voilà pourquoi le monde des idées a tant d'emprise sur nous: il témoigne en négatif de notre ignorance, plus que de notre connaissance...
Mais je m'emballe...

Ecrit par : joruri | 17.04.2007

"Avez-vous vu jamais trahir l'homme par l'humain ?!!"

Il me semble qu'à chaque fois c'est le sens interdicteur trop humain qui trahit les signes de l'homme entier. Sa cruauté ?

Ecrit par : X | 17.04.2007

Ps (je m'incruste).... Une piste : Il y a un signe particulier auquel on prête un pouvoir très particulier, le pouvoir d'ACTUALISER, et c'est le symbole... Lui ne suit peut-être pas après coup(reur), lui peut-être incarne l'Idée à laquelle il se réfère. Les deux Idée/signe, devenant simultanés...

Ecrit par : joruri | 17.04.2007

Pardon pardon, c'est encore moi... Une remarque, pour ce qui me concerne, je ne suis jamais plus à l'intérieur que les yeux écarquillés devant un paysage. Rien de plus intérieur que la marche, et rien de plus sensuel que les yeux clos, vous diront les amants...:)))

Ecrit par : joruri | 17.04.2007

Vous ne parlez certainement pas des amants de la vérité..Ceux-là ont les yeux ouverts quand ils dorment et jamais autant que dans le sommeil ils sont criblés de signes.

Ecrit par : X | 17.04.2007

"Héraclite dit de l’Alétheia qu’elle « aime » Léthé."

Vous pouvez citer le fragment Varna?

Ecrit par : X | 17.04.2007

Marie-Gabrielle > S’agissant d’avant ? Du signe avant-coureur ? Mais là encore (sourire), le mot ne dit-il pas l’ouverture au sens qu’il est ? L’analyse transactionnelle ? Connais pas. Dois-je ? L’homme trahi par l’humain ? Mais l’humain, s’il en est, (je dirais l’être /homme /) est lui-même trahi par « l’homme » au singulier, non ? Mais sans doute n’ai-je pas bien compris votre question.

Joruri > Mais je ne me défends pas, cher Joruri ! Quand j’ai à le faire je préfère me taire, vous le savez, non ? Sinon, j’aime quand vous vous emballez, car alors vous commencez à vous dire. Allez-vous répondre à votre propre question ? Je suis intéressé par votre réponse ! Pourquoi ne vous lancez-vous pas, comme moi, dans un long travail d’explicitation ? Qu’attendez-vous donc !
A votre P.S. : entre anamnèse, vérité instantanée (comme du café soluble, dirait M.G.) et symbole, la vérité n’a qu’à bien se tenir. Dans ce billet, ce sont un peu les deux espaces de la nature et de la culture qui se disputent la « vraie » vérité ; mais en réalité, l’une des deux sourit et préfère se taire. Elle fait signe à qui l’entend, voilà tout. Le signe après-coureur est le signe / enrichi / de la vérité, de son « trempage » – mais venant après elle. Après l’Etre ?

X > Non, j’ai repris ce que dit Beaufret page 14, mais il ne donne pas de référence. Si vous voulez je vous recopie tout ou partie du contexte.

Ecrit par : varna | 17.04.2007

Je veux bien Varna.

Ecrit par : X | 17.04.2007

Je n'ai pas "d'idées" à défendre, c'est peut-être d'ailleurs ce qui fait que bon an mal an nous nous entendons plutôt bien. Ma réponse à ma question çi-dessus est eternité/présent, qui ne sont qu'une seule dimension. Mais je n'ai pas la patience du developpement, je n'ai pas la patience du philosophe ou de l'épistémologue. Pour moi, tout (n')est (qu')intuition, et si elle est simplement crédible, je la suis...
Pour MOI, la nature en tant qu"avant l'être" est le SIGNE premier, la vraie enigme que tous nous partageons, posée là. Et tous nos mots ensuite "après-coureurs" ne cessent de formuler la QUESTION (de préférence sous forme d'affirmation-vérité pour ne pas perdre la face).
Vous le savez, le refus d'accepter l'idée que nous ne sommes pas maîtres de notre sort nous incite à nous pavaner bardés de vérités/amulettes/gri-gri que le premier coup de zéphir rejette dans la poussière; l'amour des simulacres est l'aveu de notre mortalité...Trois points c'est tout.
Ainsi, espérant survivre, nous nous identifions à nos signes...qui ne sont au vrai, que de simples idoles. Na ! :)))

Ecrit par : joruri | 17.04.2007

Ayant trouvé passionnant ce récit, Varna, je n'ai vraiment rien envie d'y ajouter ni d'en soustraire, si ce n'est mon questionnement quand à la forme et au développement de ce que vous auriez qualifié "d'aller-retour"... Toujours bien à vous.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 18.04.2007

Joruri > Je ne crains pas de n'être pas maître de mon sort dans la mesure où mon bonheur d'expliciter suffit à me le faire accepter. Je l'accepterais plus forcé encore dans le cas d'un malheur pire ;-)
Il s'agit donc moins pour moi - et à faire passer - de vérité que de bâtir. Ce premier tourment auquel je faisais tantôt allusion avait trait au dilemme "comprendre OU construire ?". Je crois que dès lors que l'un d'entre nous recèle en lui suffisamment d'outils, d'enthousiasme et de matière pour bâtir, il ne se préoccupe plus trop à la fois de son moi et de l'en-soi de la vérité qu'il expose. La vérité de l'être n'est-elle pas la vérité de l'exposition ? Après (après l'être) c'est affaire de communication. Alors oui, faut faire gaffe à pas dire n'importe quoi.
Est-ce là une autre compréhension possible de la proposition de Parménide : "L'être est.... un point c'est tout", dès lors qu'on s'applique UNIFIFE (accent aigu) à l'adage "Une chose est importante" ?

Et donc vous, Joruri mais aussi vous autres, auriez-vous à choisir entre la vérité révélée EN FACE de vous et votre créativité révélée qui UNIFIE vous et le monde -- que choisiriez-vous ?

Ecrit par : varna | 18.04.2007

X > Voici l'extrait demandé, J. Beaufret, Parménide p. 14

"Ainsi dans l'Alétheia telle que la nomment les Grecs, l'élément positif, apparemment nié, persiste énigmatiquement dans son contraire, comme la dissymétrie préserve une symétrie latente ou comme le règne du sens s'étend secrtètement jusqu'aux limites du non-sens. N'est-ce pas ce que nous dit Héraclite, proclamant que "le Maïtre dont l'oracle est à Delphes ne déclare pas, ne dérobe apas, mais fait signe" ? Et n'est-ce pas dans Héraclite qu'il est aussi question, au plus intime de la physis - d'un ajointement antagoniste, comme l'arc ou la lyre ? Que ce contraste perçu par Héraclite culmine originellement dans la structure même du mot Alétheia, c'est ce qui n'est pas dit, mais c'est ce que nous pouvons toutefois soupçonner en méditant enfin sur une autre Parole du même Héraclite : l'énigmatique "physis kriptestai philei". On traduit couramment et sans trop de risques "la nature aime se cacher". La traduction courante est évidemment exacte, à supposer que physis puisse se traduire par nature. Mais si l'on s'avise que la "nature" que nomme Héraclite n'est nullement ce que nous pouvons savoir de la nature dans le cadre d'une physique ou d'une biologie, mais bien l'éclosion sans déclin à laquelle nul ne peut se dérober, donc un autre nom, pour l'Alétheia elle-même, alors le kriptestai soudain fait problème, relié qu'il est à la physis-Aletheia par le lien d'intimité qu'indique le verbe philein. Héraclite dit ainsi de l'Alétheia qu'elle "aime" Lethé, au non-dévoilement de laquelle elle arrache cependant en un combat la lumière qui lui est propre. Mais peut-on mieux dire dès lors que le dévoilement de la physis n'est là que /pour/ le non-dévoilement qu'indique le verbe kriptestai ? Ainsi la parole essentielle, loin d'être abolition du silence, en protège au contraire le retrait dans le don du Poème. Parole gardienne de l'inouï dont son amour abrite et défend la réserve, bien qu'elle se prodigue à nous avec l'ouverture d'un séjour. ""

Ouf !

Ecrit par : varna | 18.04.2007

Et donc vous, Joruri mais aussi vous autres, auriez-vous à choisir entre la vérité révélée EN FACE de vous et votre créativité révélée qui UNIFIE vous et le monde -- que choisiriez-vous ?

Mais quand la seconde voie empruntée se trouve barrée par une falaise semble-t-il infranchissable? Quand la puissance de la volonté unificatrice se trouve séparée de ce qu'elle peut ? ..."VIVA LA MUERTE" !?

Ecrit par : X | 18.04.2007

"Et donc vous, Joruri mais aussi vous autres, auriez-vous à choisir entre la vérité révélée EN FACE de vous et votre créativité révélée qui UNIFIE vous et le monde -- que choisiriez-vous ?"

La vérité révélée en face est la source d'inspiration qui relance la créativité qui (en effet) unifie. Pourquoi dissocier ces janus que sont la vérité QUI VIENT d'avec la vérité qu'on dit ? La vérité en face fait exploser la parole en nous. "Tout est là et ce qui n'est pas là n'est nulle part". Tiruvalluvar.

Ecrit par : joruri | 18.04.2007

La vérité qui vient ne peut être que signe . Elle n'a rien à voir avec la vérité révélée, admise, entérinée,occultante, dressée en face de nous.

Ecrit par : X | 18.04.2007

Ormis donc, x, celle que vous venez de placer là comme une icône...Passons...

Ecrit par : joruri | 18.04.2007

Oui Passons...comme les signes.

Ecrit par : X | 18.04.2007

Cette affaire de Léthé me rappelle ce qui constitue, me semble t'il le début des Upanishads : "Alors, ni l'être ni le non-être n'éxistaient". Lier la vérité à la Mémoire... Mais la mémoire elle-même doit avoir un contenu. Il s'agit de remonter au primus motor, au fait (anagramme de fiat) originel, principiel. Immanquablement se pose le problême d'un évènement originel
quand on parle de vérité et de mémoire...
Pour Parménide tel que vous le citez, l'être apparaît comme une fatalité. En tant que telle, il est éternel, ne pouvant avoir été précédé de son contraire; alors je pose la question; mémoire de quoi ? De banales généalogies de princes déifiés ? De forces personnifiées en dieux ? Il me semble qu'il y a un abîme chez les Grecs entre la question vérité/mémoire et le caractère contingent, si humain, de la réponse. Si l'on place l'être comme seul , dans une perspective éternelle (le terrible eternel retour) en quoi la mémoire peut-elle être de la moindre utilité ? s'agit-il de se remémorer CE QUI EST et non ce qui fut ?

Ecrit par : joruri | 18.04.2007

Il se pourrait que la faculté d'oubli de la mémoire soit la chrysalide où les signes se transformeraient , d'où ils s'envoleraient pour aller butiner la vérité de l'être ...L'alithéa aime Léthé , oui. Mais alors pourquoi "l'éternel retour " est-il terrible? Parce que justement il est involontaire? Que la fatalité déniée viendrait par lui nous frapper? Nous immobiliser?

Ecrit par : X | 18.04.2007

Parce qu'il est le secret occulte du désespoir.

Ecrit par : joruri | 18.04.2007

< Lier la vérité à la Mémoire...>, non pas comme VOUS le faîtes, Joruri, mais la Mémoire comme ayant "servie" de "vérité" AVANT l'avènement de celle-ci au sens moderne du mot. Si la Mémoire avait en effet un contenu (cosmogonies et autres épopées), les questions que vous lui posez sont anachroniques : de Mémoire (Institution et non faculté psychologique) servant d'un peu tout et ayant un contenu -- à Vérité répondant à des QUESTIONS, il y eut cette période de doute, de remise en question des autorités, du passé, de la légitimité, etc. (la naissance du droit en Grèce est contemporaine d'une pareille recherche). Il fallut /s'approprier / la question même...

Jusque-là, j’imagine qu’apprendre par chœur dix mille vers laissait peu de place au questionnement. Vous remarquerez qu’aujourd’hui c’est dix mille questions que nous avons à la place… ;-))

Pour l'essentiel, je crois important de saisir que la Vérité ne fut pas dès son origine et d'emblée objet de RECHERCHE. Ni même et surtout d'un DROIT PERSONNEL de s'en mêler ! Mémoire servait de vérité à l’époque archaïque en ce sens que, quand on voulait savoir, eh bien on consultait celui qui savait ou qui pouvait se mettre en contact avec le dieu ; on apprenait de la Mémoire comme d'autres aujourd'hui apprennent par exemple de la Bible… sauf qu'aujourd'hui nous avons pourtant d'autres ressources et que la question du savoir et de la vérité appartient désormais -- à tout le monde !

< Immanquablement se pose le problême d'un évènement originel quand on parle de vérité et de mémoire...>
Peut-être comprenez-vous ce que votre proposition contient, à mon avis, de trop "moderne" en rapport à la question de Mémoire et de l'être de Parménide.

Ecrit par : varna | 19.04.2007

Mais pourtant, c'était bien le rôle des mythologies de remplir le vide du "ciel" n'est-ce pas ? Pensez-vous réèllement que les quetions/vérités ont changé au long des siècles (exception faite des vérités de foi). Ou bien qu'un élitisme réservait la vérité métaphysique à certains et laissait à d'autres des manières de contes concernant les aléas du quotidien ?
Peut-on dater le moment où la recherche de la vérité "en-soi" a supplanté le récit des sages, et surtout, quel est dans cette perspective épistémologique le DOUTE originel qui a introduit ce changement ? Car il a bien fallu douter de la Pythie ou des sages pour en venir à interroger une "vérité en-soi..."

Ecrit par : joruri | 19.04.2007

Joruri> Là je ne peux que vous renvoyer aux ouvrages sur la question. Je vous recommande celui déjà mentionné : La découverte de l'esprit, la genèse de la pensée européenne chez les Grecs - de Bruno Snell ; plus loin ceux de J.P. Vernant : Mythe et pensée ; Mythe et Tragédie ou encore Marcel Détienne : les Maîtres de vérité en Grèce ancienne.

Pour ma part, vous le savez, il ne s'agit pas d'entasser des connaissances mais de tenter de retrouver trace de mon "intuition" dans l'histoire.
Merci de votre fidélité.

Ecrit par : varna | 19.04.2007

Au sujet de la question suivante posée...

""Et donc vous, Joruri mais aussi vous autres, auriez-vous à choisir entre la vérité révélée EN FACE de vous et votre créativité révélée qui UNIFIE vous et le monde -- que choisiriez-vous ?""

... "X" a écrit :

"" Mais quand la seconde voie empruntée se trouve barrée par une falaise semble-t-il infranchissable? Quand la puissance de la volonté unificatrice se trouve séparée de ce qu'elle peut ? ..."VIVA LA MUERTE" !?""

A quoi je réponds...
par cette réflexion que je me suis faite aujourd'hui à propos du livre de Carlo Michelstaedter /La persuasion et la rhétorique/ :
Michelstaedter ne fut pas « persuadé » et exécrait la « rhétorique », et ce fut l’occasion pour lui d’écrire un livre. Ce qu’il écrivit le poussa ainsi à se tuer (si ce n'était décidé avant de l'écrire), mais d’avoir écrit un livre et pu ainsi expliciter sa pensée aurait dû suffire à l’en dissuader...

Et donc la falaise en question considérée comme un obstacle mortel peut être aussi l'occasion de la décrire, d'y écrire, de s'y inscrire, d'y vivre, et même de s'y pendre -- ce qui constitue de facto une reconnaissance de notre part : dans tous ces cas la puissance a su tourner le mauvais destin à son avantage...
Donc à vous.

Ecrit par : varna | 19.04.2007

Oui. J'ai aussi ma falaise. Mais on ne peut pas toujours en dire. Dire c'est afin d'être entendu, et certaines intensités ne sont pas dicibles...
Pouh, quelle bibliographie... Vous me surestimez largement Varna...

Ecrit par : joruri | 19.04.2007

"Ainsi la vérité cognitive est-elle consciemment une partie tronquée de la vérité de l’être, destinée seulement à la communication humaine. Mais j’anticipe là sur la suite."

Ca va faire des vagues...Par "tronquée", pensez-vous partielle ? Quoi qu'il en soit je trouve cette perspective intéressante !

Ecrit par : joruri | 20.04.2007

Bon vote à toi et que le meilleur gagne . Bise et bon dimanche.

Ecrit par : virgote | 22.04.2007

Si seulement c'était toujours le meilleur qui gagnait...Ca se saurait...

Ecrit par : joruri | 22.04.2007

Carlo Michelstaedter /La persuasion et la rhétorique/ :

Merci pour ce lien pour moi essentiel Varna. Je ne connaissais pas cet auteur.

Ecrit par : X | 26.04.2007

Bonjour

Le signe répète l'être, le menant vers l'étant, soit au singulier (1), soit au pluriel (11). Puis tout cela se meut: génération, corruption, subsistance, néance.

L'être est alors capturé pour le savoir

Mais cette machinerie est plongée dans un extra-mécanique. Cet extra mécanique fait Etre

Ecrit par : Dominique martin | 26.04.2007

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