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30.04.2007

Une écologie du dire ?

Joruri, le 28 février dernier a écrit :

 

< L'entredire me semble ressortir d'une asocialité farouche ! Peut-on se constituer hors de toute vérité ? N'est-ce point en combattant des vérités transitoires que l'on parvient à des vérités futures ? Et d'ailleurs tout le travail sur l'entredire n'est-il pas lisible dans cette vérité qu'il y a une nécessité de la PAIX dans les relations entre les êtres ? La paix n'est-elle pas la VERITE sous-jacente qui oriente votre travail ? Et même les vérités ne sont-elles pas le préalable sine qua non de l'émancipation à leur égard et à l'égard de l'esprit groupe ("les autres ") ? >

 

NB/ Je réponds ici en partie. Le signe * équivaut à supra. La parution de ce billet a été pré-programmée. Je serai de retour mardi ou mercredi.

____

 

Le sens d'une sagesse du dire vise précisément, pour moi, ce potentiel dire la vérité. Voici donc : je concède une vérité cachée de l'être au monde à côté d’une vérité mondaine qui justement la cache,[1] ET aussi une possible éthique de la communication issue de leur confrontation, oui ! Mais je m'empresse d'ajouter, concernant du moins la vérité de l’être, qu'on ne peut la dire autrement qu'en étant, qu’en entérinant par notre façon d’être (privilège humain), c’est-à-dire par notre conscience d’être au monde. Point de Totem en vue, donc, comme vous disiez tantôt justement, sinon, si je puis dire :

 

« La figure dessinée par notre danse sur terre ».

 

Non pas qu’on ne puisse dire cette vérité parce qu'elle serait transcendamment ineffable et moi un mystique de quelque révélation, mais plus prosaïquement parce que notre être au monde précède et conditionne ante veritatem (sauf erreur d'orthographe) notre propre dire même. La vérité dicible est en bout de chaîne, une bulle de savon dans l’histoire de l’air sorti de la bouche des hommes,[2] et qui prétend à rebours signifier, contenir (!) et pas seulement dire tout ce qui « est » et tout ce qui « fut » (excusez du peu !). Pareille parole empiète pourtant là manifestement sur l’ineffable domaine de l’être au monde qui appartient justement   à tout le monde ! Autre figure de la chouette de Minerve qui, comme on sait, ne se lève qu’à la nuit tombée :

 

La mouche du coche ! Entendez, prétendument : « le sens de la présence ».[3]

 

La vérité dicible est aujourd’hui économique,[4] elle se situe donc très loin devant en aval de l’embouchure ontologique de notre dire. Mais elle n’en rend nullement compte ! « Oubli »,* peut-être ? Le verbe dire humain s'est largement passé de vérité spirituelle détachée, en-soi, durant des millénaires et, circonstance aggravante pour ses prétentions à dire MAINTENANT la vérité ETERNELLE, sa survenue (à elle) n’a manifestement eu de tous temps d’autres mobiles parmi les hommes que politiques ! Et donc la vérité hors (la vérité de) l’être ne regarde au fond que les hommes ; une « affaire interne »... !*

 

Or moi, la vérité de l’être au monde dite aussi par les  plantes et les animaux me comblerait !

 

Partant, il ne nous reste plus de vérité à dire que celle à laquelle vous faîtes allusion : celle qui nous relie les uns aux autres !

 

Tragique Inter-dire alors donc, si les autres êtres vivants (et toute matière même !) ne sont pas conviés à la Vérité par leur présence ![5]

 

Mais tout comme la vérité dicible, sa fille aînée, nous savons que l’Inter-dire humain est nécessaire à toute civilisation ! Donc je n'ai rien dit, je suis. Et je vous parle pour vous dire tout ça, ce mélange, cette vérité là, multiple, bariolée, véritable « vache bigarrée » comme dit N., dont on extrait, ensemble ou seul, cela seul qui est dicible pourvu – de communiquer. De se renvoyer l’un à l’autre quelque chose. On garde pour soi ce qu’on ne peut dire. On ne veut dire que ce dont on peut faire commerce.  Mais voyons : et si l’on se mettait une bonne fois à dire-être tout d’abord au monde, [6] les hommes l’entendraient-ils de cette oreille ? Non, bien sûr, ils ne comprendraient pas, ils n’y verraient qu’arrogante intention : « Je n’ai rien à VOUS dire » (Supra). Et pourtant…

 

Et pourtant ce n’est qu’au monde qu’une paix entre les êtres peut être signée ! Que vaudrait une paix entre les seuls hommes quand leur Vérité, purement économique, resterait exclusive à leur façon d’être ? [7]

 

Mais vous savez ce que c'est, toujours on cherche quand même ! Alors je vous fais lire encore ceci, qui pourtant ne vous éclairera sans doute pas plus : "Dire-être l'être" est la formule pour contourner l'impossibilité de dire l’être,[8] impossibilité due au statut ontologique du dire même ! Elle signifie bien que je n'ai pas ici dit « l'être » mais que je compte le "dire" quand même, à mon tour, DE LA FACON que le disent tous les autres êtres au monde.

 

Emboîter le pas du verbe présent en chaque être au monde…

 

…mais non sans veiller encore, en tant que je m’adresse à d’autres êtres « homme » au monde, à désamorcer par avance le danger d’exposer « l’être » à une quelconque théologie que je pourrais prendre plaisir à concevoir.[9]

 

 

 


 


[1] Le verbe savoir lié à la vérité mondaine se fonde sur un « oubli » du croire et du dire naturels et ontologiques partout à l’œuvre  (cf. billets précédents).

[2] « Flatus vocis », l’expression existe depuis longtemps semble-t-il.

[3] La recherche du « sens de l’être » entreprise par le jeune Heidegger relève de cette prétention cognisciste décrite dans le billet « Signe après-coureur ». 

[4] Le temps est révolu où il suffisait à Certains de dire pour que ce soit vrai ou fait. Il nous faut aujourd’hui nous référer à quelque Instance commune susceptible de juger de la valeur de notre dire ; instance que chacun a faite plus ou moins consciemment   sienne.

[5] Notre rapport aux morts déterminerait-il notre forme d’esprit ? Le lien en tout cas semble historique : à l’époque où les morts étaient PRESENTS parmi les vivants (et pas seulement dans leur cœur et leur mémoire), l’esprit des hommes s’en tenait partout à la présence (y compris celle des esprits donc). Aujourd’hui, notre esprit est tourné vers les « Lois de la nature », et les morts, comme si c’était là un fait concomitant (c’est là mon hypothèse), sont une figure semblable de L’ABSENCE (fussent-elles vraies à leur façon). A moins de « croire aux esprits », l’affect est désormais le seul espace où ils sont encore présents (je ne parle pas de la tombe, du lieu de re-cueillement…). Mais est-ce véritablement un lieu ? Et quel est le lieu des Lois de la nature ?

[6] Je renvoie ici au billet et comentaires faisant allusion au préalable « soi », seul susceptible de comprendre toute présence comme façon d’être au monde.

[7] Sans parler des quelques « Au-delà » réservés, bien sûr, aux seuls êtres humains...  Quant à la sempiternelle Raison, il est par trop évident que son cogniscisme ne fut jamais qu’un divin moyen pour « l’homme » de s’imposer sur terre…

[8] On n’en meurt pas et on n’en ressent pas nécessairement de si cruelle frustration ! Mais on peut gâcher sa vie à s’entêter à vouloir savoir et le dire aux autres.

[9] Je reprendrai cette question de la place de la parole dans le dire-être au monde dans le prochain billet : Dialogues ontologiques.

 

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Commentaires

La phrase de votre dit n'est en réalité composée que de verbes. Vous considérez semble t'il que "l'oxydation" que lui inflige les adjectifs est purement politique, c'est à dire qu'il a une intention AUTRE que l'expression de soi et de la conscience de l'être autour de soi. Vous cherchez en ceci à éviter être contre être.
Héraclite pourtant voit dans cette guerre même la continuation même de l'être. De la friction (guerre) naîssent pour lui les étincelles qui éclairent de nouveaux pans de l'Être. Ceci se passe t'il en interne ? C'est à dire, la guerre à l'intérieur de l'être n'est-elle pas l'agent de sa continuité ? Quand bien même n'y eut-il pas de non-être, l'être semble avoir besoin de lui pour perdurer...
Cette curiosité qui consiste à ne voir que sous l'aspect de la position doit pour se faire ignorer ou récupérer/assimiler toute négation; n'est-ce point là une contradiction en soi ?
Qu'il faille "prouver"que l'être seul est ne constitue t'il pas l'aveu qu'au moins doute il y a ?
Eliminer les "vérités/propagandes" INTERESSEES n'aboutit pas nécéssairement à la conclusion de l'être seul. Ne serait-ce que parce que dans son fond une vérité partielle et donc partiale a comme objectif de conforter celui qui y recours dans la sécurité (trompeuse) de sa continuité dans l'être (fut-ce aux dépends des autres) en quoi l'aveu du préssentiment d'une extinction de l'être vient sous-tendre sa "politique"...

Ecrit par : joruri | 01.05.2007

Joruri > Quand il nous suffirait, entre nous, de pointer du doigt pour que des adjectifs seuls sortent de nos bouches, nous aurions éliminé les Noms, et donc les raisons pour lesquelles nous avons jusque-là déclaré tant de guerres : définition.
Je vous prends le mot « oxydation » pour illustrer ce que le Nom fait aux verbes et aux adjectifs dans leur convergente fluidité expressive de l’être au monde. Le Nom est éminemment politique, oui, il a une intention autre que l’expression de soi et de la conscience qu’il y a « de l’être » autour de soi. Il est cause que c’est seulement lui (le Nom), au mieux, que nous partageons au lieu de partager nos qualificatifs émerveillés ou pas, issus ouvertement du verbe de chacun. Héraclite ne change rien à l’affaire, puisque les adjectifs « contraires » passent dès lors par un même milieu. Seuls l’empire des Noms impose de nier ce juste milieu et le milieu commun (dans l’autre sens du mot) qui les inspire. En langue sans Nom, le non-être se dit blanc ou noir, grand ou petit, dense ou vaporeux, etc. Bien fasse donc à chacun de nous que son blanc doive tout au noir du voisin, ou qu’en d’autres contrées le grand se trouve petit et inversement – qu’est-ce que ça peut bien faire ! La négation n’est pas le fait des négationnistes du non-être, mais de ceux qui affirment les contraires en-soi sur la base des Noms. Ainsi donc, la logique qui voudrait bien s’appliquer sur toutes choses et toute pensée ou action humaine sans distinction s’arrête pourtant là où l’on se met à l’œuvre, faisant fi présentement de tout ce qui « se cache derrière » (un peu comme la volonté farouche d’aimer fait fi des avertissements). C’est le « gai mutisme », tout d’abord, qui toujours refuse de surajouter à la réalité présente, lui qui cesse de croire que tout n’est pas là, tout entier, maintenant, devant soi, et rien de plus. Aucune plus-value ne vient contrarier le plus fécond présent. Il ne s'agit pas d'omniprésence (inflation du moi au autre) mais de simplicité d’être, comme quand on n’a plus de nom pour dire soi, rien que du verbe en mouvement et des adjectifs à faire pousser partout des arbres.

Ecrit par : varna | 03.05.2007

J'adore... :))) J'avais été perturbé par un littérateur professionnel qui fustigeait l'usage selon lui excessif des adjectifs. Moi qui aime tant les adjectifs sans sujet...
Nous sommes bien là sur la même longueur d'onde. Tout est art (et pour moi , grâce) sur le chemin de la quête du réèl. Vous arrivez ici sur un plateau, vaste et solitaire, celui de l'art, un art que ne se jette pas dans le nihilisme du non-sens et des inventaires à la Prévert, mais d'une fulgurance qui nous relie plutôt à la voix qui est en nous témoins précisément de ce que nous SOMMES, étant.
Il ne faut plus craindre les raccourcis, il faut oser l'art du tir à l'arc Japonais avec la flêche des mots et la tension du désir d'être...
Nous sommes seuls ici, je suis un peu essoufflé. je vous connais, la halte sera courte, mais je profite de cet instant étoilé qui luit au fond de votre commentaire, la scintillation d'une vie qui s'enchante d'être ce qu'elle est.

Ecrit par : joruri | 04.05.2007

... Donc si je vous suis bien, on édicte les QUALITES de préférences aux IDENTITES ?

Ecrit par : joruri | 05.05.2007

Deux personnages le long d'une passerelle, observant l'eau s'écouler sous leurs pieds... :
- Et que feras-tu quand tu seras grand ?
- Quand je serai grand, je serai philosophe ou poète !
- Ah ? Et de quoi cela dépend-il donc que tu deviennes l'un plutôt que l'autre ?
- Eh bien, c'est selon que je serai seul ou bien qu'avec les autres on s'inspirera tous mutuellement !
- (Après un silence) Voilà donc, j'ai fait mon choix - désormais je te parlerai autrement !

;-))

Ecrit par : varna | 05.05.2007

Dialogue de vieillards.

Ecrit par : Berthe | 05.05.2007

La circulation murmurante de l'être, ruisseau qui nous monte aux lêvres, avec son jeu rutilant de clartés stellaires fait mémoire en nous d'un temps où l'être ne se conjuguait qu'au présent. Absolument.

Ecrit par : joruri | 05.05.2007

Ca vaut mieux qu'un postillon jeune con boutonneux...

Ecrit par : joruri | 05.05.2007

Un enfant ne boutonne pas. Il questionne , pense, rigole si on le traite de philosophe...ou de poète. Les vieillards ne font pas la différence entre son rire frais et leurs ...postillons.

Ecrit par : Berthe | 05.05.2007

Qu'est-ce que tu en sais ? Je m'en fous de ton avis. Tu n'aimes pas ce qu'on dit ? pars ! Va écouter la starac et fiche-nous la paix.

Ecrit par : joruri | 05.05.2007

J'en ai marre de ces apprentis moralistes...Au lieu de faire ce que n'importe quel lecteur de minute sait faire, baver sans rien savoir, pourquoi ne pas lire et réfléchir, pour changer ? Discussion de vieillards ? il y a plus de cervelle chez bien des vieillards que chez des morveux arrogants, (y compris chez les éligibles...)
Partager un emerveillement, ça se mérite, et la position de machine, là-haut, témoigne de ceci: un aveu inconscient d'indignité ! Elle s'exclue elle-même de cette relation (plutôt que réfléxion) parce qu'elle ne trouve pas où placer son petit droit d'auteur dans ces billets, parce que râler dans le vide, n'importe qui peut le faire, minute fait ça mieux qu'elle, mais les penser, les écrire, les composer, les travailler, les proposer, c'est une autre paire de manches ! Et voilà l'aveu d'impuissance qui s'essaie au mépris, arme des faiblards.
Quel manque de dignité ! Quelle épaisseur dans cette discourtoisie balourde et ces gromellements inutiles ! Ca me déprime de voir que depuis toujours les belles oeuvres doivent être la risée des ignorants, des aboyeurs et des persifleurs stériles ! N'importe quelle personne un tant soi peu sensée se demanderait quelle passion peut justifier un travail de cette nature, mais non, il faut toujours un ou une aigrie pour cracher dans la soupe. C'est stupide , vide, bête, prévisible,
laid, malodorant et surtout, chiant comme comme une colique pendant une lune de miel...
Beuark, relents...
Varna, si vous détruisez ce com, il n'y aura pas de mal; lmais j'espère que trucmuche aura eu le temps de lire.
Je vous présente mon mépris, mêdême.

Ecrit par : joruri | 05.05.2007

...et vous savez quoi, Joruri (salut Varna, je reviens), vos mots me plaisent parce que le transfert d'idées prend forme au final (je semble aimer beaucoup cette expression...) dans mon esprit, en parallèle.

A vous lire, je comprends l'ayant conçu, que notre corps est uniquement nôtre et que nulle part ne nous serait demandé de nous départir de sa beauté (même toute relative, mais beauté tout de même).

Je ne me rends pas compte si je fais ici ce matin le cheveu, mais cela me fait plaisir de vous retrouver en ces lieux. Bisous d'amour à tous. Je n'ai pas dit... amers... si ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 06.05.2007

Un peu d'humour que diable! Si en plus on joue nos grosses Bertha !
Bisous légers, à tous, aussi.

Ecrit par : Berthe | 06.05.2007

Ah ! Alors dans ce cas oui, bisous à tous et à toues !

Ecrit par : joruri | 06.05.2007

"Emboîter le pas du verbe présent en chaque être au monde…"
Ou bien PAR chaque être au monde...
Marrant, vous lisant, plutôt qu'à Parménide et Héraclite, je pense
à Seth, Horus...Et Thot...
"Prête l'oreille, mon fils Horus car tu entends ici la doctrine secrête que mon aïeul Kaméphis apprit d'Hermès, le mémorialiste qui relate tous les faits, puis moi de Khaméphis, notre ancêtre à tous, quand il m'honora du don du noir parfait..."
Hermès trimégiste; Korè kosmou (fille du monde)
Ca en jette pas vrai ? :)))

Ecrit par : joruri | 06.05.2007

Ps. Jolie manière d'être A LA FOIS poète et philosophe...

Ecrit par : joruri | 06.05.2007

"Donc je n'ai rien dit, je suis".

Varna... j'ignorai en copiant ces quelques mots - le souvenir que j'en avais gardés. J'ai donc eu la surprise de les découvrir, ces quelques épis arrachés au passage de ma lecture de ce texte difficile.

Je suis heureuse du choix de ma main... de mes doigts sanglés par les herbes. Je recueille vos phrases comme une musique harassée. J'éprouvais le besoin de réduire encore vos "résumés en gras" (?)...

Les quelques restes qui s'y seraient trouvés à dire, auraient été : "j'aime" - ou les trois (mots) mau-dits, n'est-ce pas ?
Cependant que la musique de l'écriture bien travaillée les remplace.

Il me semblait pourtant important de le dire et préciser, parce que les idées faites et fausses à propos de liens vérifiables, est parfois source d'erreur.

En d'autres termes, je cherche le moyen d'adapter le niveau de vos interventions à ma maigre intelligence... et pourtant, j'aime vous lire. Merci.

Ecrit par : Marie Gabrielle | 06.05.2007

Joruri > J'écris en français, mais, comme un lointain immigré qui aurait très bien assimilé la langue, peut-être que je pense cependant toujours dans une autre langue, celle qui origine ? Non, ce serait là prétention inutile. Toujours est-il que je suis plus curieux des en-deça que des au-delà ! Connaître les moyens dont il dispose et l'intention qui l'anime suffit à comprendre chaque écrit (je crois) - ce que d'aucuns nomment "resituer dans son contexte, son époque". Pourtant, s'il est vrai qu'on ne peut faire fi de ce que nous avons "en plus" des autres époques et modes de pensée, il est aussi vrai que nous ne sommes pas obligés de tout croire d'aujourd'hui, de tout prendre. L'alternative est toujours, je crois, la suivante : comprendre l'autre, est-ce le comprendre à partir de soi ou bien à partir de lui-même ? Vaste débat, n'est-ce pas ? Donc, va pour Hermès, j'entends bien que vous m'initiez un de ces jours au mystère ;-)

Marie-Gabrielle > Votre langue est unique, exemple réjouissant de mésusage comme on peut les aimer en poésie. Hélas, vous le savez, c'est en cela que nos "niveaux" respectifs (puisque vous osez cette trivialité) parfois s'inversent. Merci encore et toujours pour votre générosité ! Je n'envisage pas me passer de vous, même à ne pas toujours vous répondre.

Berthe > J'ai cru comprendre en quoi, malgré les apparences, vous aviez chaussé les pointes : le dialogue mettant en scène un enfant, votre coup de butoir signifiait simplement que vous lui déconseilliez de devenir l'un ou l'autre : poète ou philosophe. Mais un enfant peut-il rester un enfant ? Ce que cela entraîne, vous le savez bien !

Ecrit par : varna | 06.05.2007

Cela entraîne, pas "ce que cela entraîne".

Ecrit par : Berthe | 06.05.2007

Le mystère tient à l'indicibilité des structures (réèlles ou supposées) sous-jacentes de l'être. Ce romantisme est délicieux
et se révèle souvent si expressif que ce serait bien triste de ne pas utiliser sa palette d'expressions, ses couleurs, ses FORMULES, ses joliesses. Enfin un langage qui n'est pas, du moins volontairement, publicitaire !
Nous pouvons nous renvoyer des balles lexicales chargées de potentiel poétique. C'est ce qui fait que j'aime l'hermétisme. Quant à ses buts, fins et moyens, ce sont déjà des "vérités" oxydées par une volonté de puissance un peu louche, à mes yeux.

Ecrit par : joruri | 07.05.2007

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