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02.07.2007
L'élu et l'oublié... (3)
5. Le verbe dire, otage de la communication
Tout ce qui est manifeste (x2), fut-il parfaitement muet, comme par exemple une rose, dit son être au monde. Son expression est déjà et avant tout matérielle et morphologique. Mieux que le mot « ex-pression », qui sous-entend un dedans et un dehors, convient ici, à mon sens, celui de présence, de coïncidence première entre une chose et l’espace physique commun. [i]
« Il y a » veut dire un évènement en un lieu, indissolubles (sauf à vouloir savoir !). Simple est toute présence. [ii]
Le commerce des mots que font les hommes (je laisse ici de côté la communication animale) – cette énergie cinétique de paroles indéniablement présente – à la fois prolonge et dépasse tout évènement ; il est la manifestation aux hommes d’un moi immatériel ajouté, alloué au corps de chacun en tant que support et héraut d’un lien exogène aux corps individuels, aux autres moi :
La communication humaine veut dire : « il y a un autre il y a » !
Mais c’est donc à l’intérieur de cet espace de communication que « tout se passe » maintenant, en tant que chaque chose, quelque chose, est dit d’un homme à l’autre, « s’y trouve » même ! Autre « il y a » ! C’est par ce lien interne de chaque homme à l’espèce humaine que s’imprime en lui l’esprit de la communication. C’est pourquoi il est plus difficile de cerner d’emblée la manifestation au monde d’une pareille relation sociale entre les hommes (si ce n’est à l’échelle de l’espèce) que n’importe quelle présence « sans précédent ». Si son rapport au monde concret est un des aspects du langage, le sens de la communication, en revanche – c’est-à-dire à la fois pourquoi les choses sont dites (motivation cognisciste en l’occurrence) et qu’est-ce qu’elles deviennent au sein de la communication (soumises à l’économie du dire) – est bien plus spécifiquement endogène à l’espèce, à son fonctionnement, à son caractère, aux intérêts qui y grouillent. (Une autre espèce présentera les choses tout autrement).
Dans ces conditions, dire la vérité, ou plus simplement user du langage commun et collectif, permet semble-t-il à chaque moi, à la fois de se situer à l’intérieur du réseau de communication et de dire le monde. Cela lui confère-t-il un sentiment d’appartenance ? Oui, mais cela constitue aussi une forme de chantage : pourquoi mon rapport au monde est-il ainsi soumis à mon appartenance au réseau humain de communication ? C’est simple :
Parce que je dois tout à la société, jusques et y compris moi.
Sans langage communautaire et évolué appris, en effet, pas de conscience de moi ; sans un moi conscient, pas de conscience claire du « monde », aucun moyen de le dire ; sans savoir – ce mot résume la collusion entre langage, ego d’appoint et sectarisme humain – pas de dire aux autres efficace, crédible.
S’il en est ainsi, il n’est (en effet !) point nécessaire en matière d’éducation du petit de l’homme d’attendre que celui-ci ait l’âge d’un rapport au monde (êtres et choses) pour imprimer en lui le langage, c’est-à-dire l’esprit de la communication. Il est entendu qu’à cette seule condition – apprendre le langage – il pourra dire à la fois moi et le monde. Indissolublement ?
« Qui veut un moi et dire le monde ? » – voilà ce que signifie le langage, officiellement.
Mais pour l’enfant en bas âge, l’apprentissage du langage n’est pas tel qu’il lui permet, tel un outil placé dans ses mains par des personnes adultes, de conquérir le monde et son moi. L’ici et le maintenant auxquels on le forme sont ceux du langage en tant que l’espace même de la communication humaine, le langage fait espace (supra), le langage qui octroie tout et le droit afférent ! Cette suprême instance n’est donc pas « là » pour permettre à chacun d’en faire à sa guise avec « le monde » et avec « lui-même », mais pour le faire homme en exercice avant même – cela dût-il arriver – qu’il ne s’éveilla au monde ! Le langage est l’agent recruteur des futurs « moi » susceptibles d’entériner et d’entretenir l’autre « il y a ».
« Tu crois être toi, mais ton moi t’a été simplement alloué ; il est ton titre de transport dans le commerce des hommes » [iii]
Mais alors que se passe-t-il donc, en définitive, « à l’intérieur » de cet espace de communication humaine ? Si l’on admet que la Raison en est la fine fleur, elle serait donc cet intérieur, formé par tous les esprits égoïques humains, qui a décrété extérieur le réel.
A l’image de cette relation qu’entretient notre intérieur humain (fait de moi) à la réalité extérieure (faite de non-moi), la vérité apparaît dans le langage comme le sens donné au réel extérieur par l’intérieur… de la communication humaine.
Ainsi, l’idée même de vérité dans la tête d’un individu procède de sa formation à l’esprit de la communication – et non d’un rapport naturel (s’il en fut, personnel ou pas) au monde et aux autres hommes. [iv]
Il n’y a de moi pareil qu’en perpétuel mouvement, en perpétuel commerce, en perpétuelle communication ; aussitôt qu’il s’arrête, qu’il sort du cercle de l’il y a officiel, il n’y a plus personne, il n’y a plus qu’un moi effaré de se retrouver seul au monde, se demandant qui il est et s’empressant aussitôt, le plus souvent, de retourner dans la ronde.
Un moi de locataire et une capacité bien affûtée de dire aux autres – mais pas de rapport personnel aux êtres, aux choses, au monde – : Ecce homo (voici l’homme).
[i] Relation primordiale et a priori de tout être-relation : la relation à l’espace commun d’où apparaissent toutes les autres (Cf. l’oiseau s’enfuyant à mon approche et révélant ainsi ce qu’est la présence, supra). Je zappe ici le rapport cognitif traditionnel établi entre essence et apparence.
[ii] Michelstaedter définit l’homme qui sait comme affirmant en réalité doublement sa présence.
[iii] « Circulez, il n’y a rien d’autre à être ! ». [Entre nous : mauvais élève, mieux au monde et déjoué moi ?]
[iv] Une nouvelle « révolution copernicienne » sur le marché de l’Inter-dire humain ?
07:20 Publié dans Après l'Etre, s'entredire | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : otage de la communication



Commentaires
"simple est toute présence".
voilà, mais la conscience d'être conscient permet elle encore cette simplicité?
pourtant, douce comme une quête est la simple présence.
et la communication intérieure qui prolonge le dire au réel extérieur, autre versant du 'moi alloué' ou un autre espace de présence? alors, présenceà quoi... Qui? :-))
j'aimerai donc relire avant de continuer les questions.
Bonne vie, Varna!
Ecrit par : kintana | 02.07.2007
je ne saurai donc jamais quel est mon moi intérieur parce que les mots même que j'emploie pour le dire sont des mots que l'on m'a inculqué pour entrer dans la ronde de la communication entre les hommes, des mots pour dire aux autres dans un langage commun qui convient à tous alors que si j'avais pu hors de toute convention ( mais comment ) créer mon langage propre, j'aurais pu exprimer mon moi intérieur dans sa vérité personnelle, individuelle... mais alors je me serais retrouvée sans doute bien isolée dans un monde dont je n'aurais pas eu les codes et je n'aurais pas pu exprimer aux autres ma présence, ils m'auraient vu et finalement cela aurait peut-être suffi !
et pourquoi, je ramène tout ça à ma petite personne, peut-être le besoin de me situer tout simplement, de comprendre mon rapport tout comme le rapport de tout être au monde...
Ecrit par : holly | 02.07.2007
Kintana > il n'est plus besoin de cet intérieur-là, peut-être, quand il coïncide avec l'extérieur. Donc si vous voulez garder l'un, vous garderez nécessairement l'Autre, et la présence ne sera pas si simple ! ;-))
Holly > mais là est peut-être le piège, je veux dire de raisonner comme si le moi dont vous parlez était entité grandie à part du langage et de l'éducation. Si vous et moi n'avions été à l'école qu'à partir de 25 ou 30 ans, nous aurions su qui nous sommes en découvrant ce qui nous intéressait... vraiment.
Qui peut se vanter qu'on lui ait laissé le temps de découvrir et d'aller à la rencontre de soi, des êtres et des choses ?
Ecrit par : varna | 03.07.2007
"Qui peut se vanter qu'on lui ait laissé le temps de découvrir et d'aller à la rencontre de soi, des êtres et des choses ?"
Ce temps laissé pour compte, d'aucuns le prennent, en faisant farouchement abstraction.
Ecrit par : G | 03.07.2007
G > Faire farouchement abstraction des abstractions que nous prenions jusque-là pour des réalités, avouez que ça n'est pas chose facile ! Comment faire ? Devenir point ou lettre unique, par exemple ? ;-))
Ecrit par : varna | 04.07.2007
La question du comment ne se pose pas. La réponse à chaque fois est immédiate, inconsciente, violente et sans appel. Rétrospectivement sa logique vitale est époustouflante. Allez savoir!
Ecrit par : G | 04.07.2007
G > Rétrospectivement je n'irai pas savoir, mais je pourrais bien comprendre : pendant que notre pensée s'en-tête, l'heureux instinct (sans tête) qu'est la logique vitale décide, s'incarne comme refus.
Mon "Gai mutisme" ?
Ecrit par : varna | 04.07.2007
Oui. Mais ce temps de l'en-têtement (bien vue cette écriture) de la pensée, que conforte l'heureuse rétrospective (trop peut-être, mea-culpa,-)) est le temps du hiatus. Dans le savoir du non savoir qui engorge la tête la gaité et l'angoisse, la folie et la sagesse, sont aux prises, et les pieds et les mains sont liés.
Ecrit par : G | 04.07.2007
Ce moi attribué par la société-par le 'il y a', par l'autre-, qui ouvre (ou ferme, c'est selon) à la communication et permet à la réalité extérieure,à la réalité humaine, d'être, nous permet-il donc d'exister-au-monde plus primitivement, de l'intérieur, à l'écoute de nos instincts? Dans l'immédiateteté de notre (en italique) relation au monde, êtres et choses?
Fort intéressant ce site, merci, je reviendrai ! (-:
Ecrit par : olivier | 05.07.2007
Bonjour Olivier, merci de votre visite.
Je vous soumets ici deux définitions provisoires, en guise de réponse:
Logologie : à la fois Logos et langage. Relation fusionnelle. Logique développée à partir du seul langage et, inversement, langage développé à partir de la seule logique. Exemple entre tous : la contradiction appliquée à toute « chose », par pur principe (par exemple : être ? Donc non-être !). Rien n’arrête le processus de contradiction, toute chose a son contraire, y compris le contraire et son contraire. Etc.
Logologie : une valse tourbillonnante, les yeux dans les yeux, à l’image des deux hélices de l’ADN, tourbillonnant ensemble, chacune fascinée par l’autre, parcourant et recréant ainsi, dans le même temps, le monde.
Aliénation de l’être homme : il s’alimente constamment d’un langage qui sans cesse le distrait de la présence et de la mise en scène véridiques (et en cela véritables), se crée ainsi des conditions ontologiques nouvelles, incorporelles, sans cinéma, qui l’amènent à penser selon les conditions du langage, lui donnant à croire qu’au contraire il est d’autant plus sur terre (sur scène) qu’il sait la vérité et communique grâce au langage avec les autres hommes.
Ecrit par : varna | 06.07.2007
Merci de vos définitions.
Intéressants ces définitions de la logologie; fascinant, en effet, cette valse de la logologie. Comment donc rompre avec cette relation fusionnelle du logos et du langage?, a-t-on seulement intérêt de tenter d'en sortir? Cette aliénation de l'être homme n'est-elle pas nécessaire, afin de demeurer humain?
Cordialement,
Olivier
Ecrit par : olivier | 06.07.2007
Olivier > Les définitions en général sont plus qu'intéressantes, je crois, quand elles sortent du seul champ sémantique et nous convoquent directement à vif (tripes, âme) et in situ (ici, maintenant). C'est justement en quoi vos questions sont cruciales - et cruelles. Au diable donc les définitions, voici l'heure du choix. Ma réponse à moi est délicate...
Quelle est la vôtre ?
Ecrit par : varna | 07.07.2007
Pourtant à chaque fois que se produit la présence(extatique) le langage ne s'interrompt pas mais prend une autre tournure. Affrontant l'énigmatique il n'use plus de la contradiction mais devient paradoxal et comme secondaire au silence et à l'imagination.
Ecrit par : G | 09.07.2007
G > Je ne saisis pas la portée (ou portance ?) de votre "pourtant". Auriez-vous fait quelque extatique expérience ? Quoi qu'il en soit, je rebondis sur le paradoxe du langage en vous offrant cette réflexion :
Paradoxe parlant
Il y a un amont et il y a un aval.
En aval habitent toutes les vérités du monde
En amont le verbe qui fait dire les hommes.
Dit-on la vérité de l’en amont ? – c’est qu’il est mis en aval !
Le profond apparaît-il à la surface ? – c’est qu’il n’est plus profond !
Le dedans apparaît-il au dehors ? – c’est qu’il n’est plus au dedans !
Ce qui est dit « être » n’est déjà plus au moment où c’est dit.
Le verbe dire est en amont – mais ceci n’est pas une vérité
Ce qui est dit est en aval – ceci est plein de vérités.
Ecrit par : varna | 12.07.2007
Il y a un amont et il y a un aval
-mais c'est le même fleuve
En aval habitent toutes les vérités du monde
En amont le verbe qui fait dire les hommes.
-Les vérités du monde font barrage au verbe qui fait dire les hommes.
Dit-on la vérité de l’en amont ? – c’est qu’il est mis en aval !
-L'en amont ne peut être que proféré en aval, où il se précipite, foncièrement injustifié.
Le profond apparaît-il à la surface ? – c’est qu’il n’est plus profond !
Le profond apparait-il à la surface- c'est qu'il en a été arraché.
Le dedans apparaît-il au dehors ? – c’est qu’il n’est plus au dedans !
-Dedans retourné, comme une peau saignante, à l'air libre qui blesse la blessure.
Ce qui est dit « être » n’est déjà plus au moment où c’est dit.
-Avant d'être dit "être", il n'était pas encore.
"Le verbe dire est en amont – mais ceci n’est pas une vérité
Ce qui est dit est en aval – ceci est plein de vérités."
-Les vérités arrachées qui dérivent en aval se souviennent du verbe qui se retenait de dire en amont, et l'interrogent.
Les vérités de l'être au monde ne sont pas les vérités du monde.
..
Et merci! Varna;-)
Ecrit par : G | 12.07.2007
"Je ne saisis pas la portée (ou portance ?) de votre "pourtant". Auriez-vous fait quelque extatique expérience ? "
Moi c'est votre question que je ne saisis pas, comme si elle m'était posée par quelqu'un qui ne vivrait pas sur la planête où je vis. Que peut bien être , sinon une absence, une présence qui ne serait pas extatique?
Ecrit par : G | 12.07.2007
G > L'oiseau qui s'envole à mon approche* ne me dit pas mon extase, il me rappelle à notre commune présence. Serions-nous selon vous, malgré lui et malgré moi -- absents ?
L'extase serait-elle votre menu quotidien ? ;-)
Ecrit par : varna | 12.07.2007
L'extase serait-elle votre menu quotidien ? ;-)
L'absence est évidemment absence de la présence extatique. Quoi d'autre? La commune présence avec l'oiseau qui s'envole à l'approche nous le rappelle. Nous sommes l'un et l'autre chacun une partie d'une présence dont notre commune "présence" éprouve le symbole brisé dans un sentiment de nostalgie. Si l'oiseau reconnaissait en nous sa complétude, il ne s'envolerait pas à notre approche (cela bien sûr indépendamment de la présence physique.)
De là à dire que l'absence extatique est notre menu quotidien ;-) ...mais qui célèbre une présence ...Hum, c'est pas clair !...
Ecrit par : G | 12.07.2007
Holly > Il y a là un paradoxe en forme de challenge. Comprendre cela, déjà peut-être suffit :
Créer son langage propre n'est pas "exprimer son soi intérieur dans sa vérité personnelle" mais découvrir que la question du soi ne se pose pas, plus, qu'elle ne se posait qu'en les termes, précisément, du langage collectif imprimé dans l'esprit de chacun. Mon prochain billet vous inspirera, peut-être. J'en serais content.
G > Vous franchissez un pas, il me semble, que je refuse pour mon compte : écrire la présence avec un P majuscule, comme un En-soi dont nous serions chacun un des fragments épars, fut-il symbole. Si vous vous nourrissez de cette Présence, peut-être (et vous avez sûrement raison !), l'oiseau et moi faisons sans. Mais bienvenue au club quand même, moi je ne m'envolerai pas ! ;-)
Kintana > La conscience d'être conscient (ou plutôt d'être présent, non ?) peut conduire à la simplicité, non pas de l'ignorant dont on observe la simplicité (dans les deux sens, laudatif et péjoratif du mot), mais à la simplicité d'une conscience du "tout" et du "maintenant".... magiques.
Alors on pose, je crois, son bagage (et son rigolo moi ?), et on s'en va rejoindre tous ceux qui ne sont plus QUE présents.
(Exit bien des pensées, certaines ambitions et autres modes de relation).
Ecrit par : varna | 13.07.2007
L'extase ...Cette expérience hors langage...qui largue le moi constitué sans tambour ni trompette souffle avec force contre le langage qui s'approche pour la dire...Insupportable pourtant son approximation...Nietzsche et Bataille qui ont connu l'extase se méfiaient comme de la peste du vide littéraire (sans expérience ?) dont l'environnent les poêtes, se détestaient de recourir eux-mêmes à la poésie...
Avec pudence je dirais, que s'il y a bien franchissement dans l'extase, ce n'est pas alors le "moi" qui franchit mais qu'il est franchi involontairement...par le pas...Alors la question: pourquoi certains "moi" et pas tous. Pourquoi cette expérience est-elle si rare, si isolée...si séparatrice des vérités du monde? Faut-il déjà être dans le pas pour que le pas nous franchisse?......
Ecrit par : G. | 13.07.2007
Je ne sais pas pourquoi je ne pouvais plus venir. Je devais être en vacances. Ce texte est un festin subtil et délicat, un délice.
Ecrit par : Caillou | 07.09.2007
Tu crois ? Je vais relire pour voir...
Tu sais quoi ? J'ai déjà anticipé sur ton prochain blog, après les aventures de Je Suis, celles de il Y A ! Ou plutôt celles de Je Suis dans l'il Y A...*
* Où le "A" n'est autre que "Suis" privé de Je et retrouvant l'Il ! Allez, avoue que ça te tente ! (Mdr)
Ecrit par : varna | 08.09.2007
l'IL de la tentation?
Ecrit par : Caillou | 08.09.2007
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