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06.08.2007

Présent (3)

3/ Ecouter dire

 

« Tout est illusion ! ». Il n’a pas manqué d’hommes, tout au long de l’histoire, et aujourd’hui encore, pour proclamer pareille sentence !

Quand Parménide exprime son doute sur la réalité de l’existence, devons-nous le croire ?

Quand lui ou un autre s’interroge sur la réalité de ce qui est présent, là, devant lui, n’est-il pas dans la situation décrite ci-dessus ? (Cf. § 2) Son doute au sujet de l’existence réelle du monde ne prouve-t-il pas, paradoxalement, que celui-ci existe ?

En effet, me dira-t-on, mais sa question fut, plus précisément : existe-t-il vraiment ? n’est-il pas une illusion ? Alors mettons-nous d’accord : loin de douter du monde même   son propre corps en atteste, est le monde  notre homme cherche donc à transposer ce qu’il y a    en une vérité. Son doute veut dire : je doute de ma capacité à traduire la réalité du monde  en vérité.

Une plante ou un animal ne doute pas du monde qui l’entoure. Si l’homme, lui, s’autorise à en douter, c’est qu’il « vise » autre chose, précisément : à dire la vérité. 

Le doute quant à la réalité de l’existence ne remet donc pas en cause (ce) qu’il y a, mais la vérité qu’on peut en extraire. Le doute prétendu quant à la « réalité de l’existence » trahit une volonté de dire autrement, voire autre chose : non plus le monde, comme toujours jusqu’alors, mais    la vérité même.

Le doute, c’est ce qui a permis aux hommes de passer d’un dire simplement « le monde » ou « ce qui est », à un dire « la vérité », seulement la vérité. Nous avons alors changé de monde.

 

Quelle sera la prochaine étape, notre prochain dire, notre prochain monde ?

Commentaires

On se le demande.
D'ailleurs, depuis quelques décennies, n'a t-on pas renoncé à la vérité ? N'a t-on pas assumé l'arbitraire ? N'avons-nous pas dogmatisé le relativisme. Une parole "démocratique" (Voulue acceptable par le plus grand nombre...) a pris le pas sur l'affirmation et la position, dans nos sociétés, le respect, c'est à dire au fond l'indifférence officielle, interdit de dire oui ou non. La prochaine étape c'est le grand peut-être, irrésolu, l'indécidable devenu certitude...

Ecrit par : joruri | 06.08.2007

Au fait, salut l'ami...:)
Je vois que le talent demeure...

Ecrit par : joruri | 06.08.2007

Salut Joruri, merci pour le compliment ! Mais à vrai dire, je sens plus vite l'ami que mon talent ! ;-)

La prochaine étape, une révolution silencieuse ?

Ecrit par : varna | 06.08.2007

"Quelle sera la prochaine étape, notre prochain dire, notre prochain monde ?"

Nous nous dirigeons vers les regrets mes semble t-il...

Ecrit par : joruri | 07.08.2007

S'il s'agit bien d'une autre façon de dire d'où découlerait un autre type de relations aux êtres et donc au monde (utopique à l'échelle collective, c'est entendu), alors dire ses regrets serait encore réactionnaire ! ;-)

Ecrit par : varna | 07.08.2007

"dire ses regrets serait encore réactionnaire ! ;-)"

Ce que nous sommes tous assurément...

Ecrit par : joruri | 07.08.2007

"Si l’homme, lui, s’autorise à en douter, c’est qu’il « vise » autre chose, précisément : à dire la vérité. "

Oui, mais pourquoi ? S'il était satisfait en l'état, dans une simplicité première (animale si on veut) chercherait-il hors de ce qui est ?
Car s'il le fait, c'est aussi parce qu'il en a la possibilité. Les animaux n'ont pas ce choix.
Quant au sacrificum intellectus, lorsqu'il a lieu, il l'est lui aussi en vue de quelque fruit qui dépasse l'appréhension de l'intellect. C'est pour plus de saisie, et non pour moins qu'on y consent.
Cette absence de "désintéressement" constitue en quelque sorte le drame de sa vocation originale. Il lui faudrait un suicide de l'intelligence pour parvenir à cet Eden de l'innocence insoucieuse, immédiate, pré-verbale.
J'en tiens pour preuve la sophistication même de vos développements qui exigent précisément une capacité d'abstraction tout à fait considérable...
Cette fuite en avant n'est pas due à une malignité que vous semblez sous-entendre dans vos remarques et votre ironie, mais bien à une sorte d'impératif catégorique auquel les êtres humains sont soumis par la présence même sous leur crâne d'un cerveau tel qui ne se satisfait décidément pas du rassasiement des besoins immédiats et d'une relation directe... La recherche de "l'au-delà" est le fait de tous. Au-delà sensuel et intellectuel, au-delà émotionnel, ect. Nous vivons en marche vers un "au-delà". Et même, cette marche est ce qui nous caractérise... Le "Da sein" nous étant décidément fermé du moins expérienciellement.

Ecrit par : joruri | 08.08.2007

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