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13.08.2007

Présent (4/4)

4/ Dire présent, vérité différée…

 

Y dire parce qu’on Y est. 

 

 « C’est le même penser et la pensée qu’il y a. Car sans l’être dans lequel il est devenu parole, tu ne trouverais pas le penser » [Parménide. Marcel Conche, Fragment 8, vers 35 et 36]

Le penser a trouvé à se dire dans l’il y a ; si parole il y a, c’est donc bien parce qu’il y a des choses présentes auxquelles la parole se joint. « Il y a » est le lieu naturel de parole.

Mais tout dire, pourtant, toute parole n’y est pas forcément ![1] D’où la question : quand donc la parole est-elle réellement  ? Réponse : quand elle dit ce qu’il y a vraiment. Le raisonnement est circulaire, mais avec lui on a pour le moins deux critères : 

 

Une même appartenance et leur coïncidence…

 

Avec Parménide (revisité ?), on s’interdit toute parole utilisant le langage d’un autre monde, en l’occurrence celui emprunté à quelque dieu : on ne veut pas d’un langage qui nous autoriserait à parler de notre monde… sans y être !

Or, un langage emprunté jadis au dieu pour que nous puissions dire la vérité de notre monde autorise aujourd’hui encore notre dire, le plus scientifique même, à n’y être pas (au monde) : est-ce bien humainement honnête ?

 

Véridique est la parole entée sur la présence de tous dires et trouvant parmi eux sa place. L’il y a bien pensé, la parole peut s’y dire. [2]

 

Paroles d’Inter-dire, en revanche, (sans autre lieu que fantasque, imaginaire, cognisciste, de propagande…) sont toutes ces paroles entées sur un de ces espaces imaginés par la pensée humaine, coupant et coupée, extrayant et extraite, abstrayant et abstraite, divinisant et divinisée  

 

Dire la vérité de l’être par la véridicité de notre dire signifie que celui-ci se conforme à l’être, en l’espace de l’il y a. [3]

___

Voilà qui paraît bien étrange ! un dire soucieux de se conformer au réel avant de s’y présenter à son tour ! Cela nous change d’une vérité habituellement peu soucieuse du dire-être au monde de chacun (être vivant ou chose) ![4] Dire-être : je dis, je dépose des mots, mes mots. Non point dans le langage, non point tout à fait dans l’Inter-dire (bien que seuls des hommes le recueilleront), mais au monde, en tant que dire-être, signe (entre autres) de ma présence parmi d’autres présences.

 

Parce que j’y suis, j’y dis Et aussi longtemps que j’y dis, j’y suis. Tout notre savoir, même, n’est jamais que notre façon d’être là   ou de n’ y être pas !

 

Parménide cherchait à dire ce qui est vraiment, et découvrit avec surprise son dire parmi d’autres dires :

 

Quoi !? le dire humain est prisonnier de l’être au monde ? Qu’à cela ne tienne, en cela il est véridique ! Restons donc présents, différons simplement toute vérité qui va sans dire ou nous ferait être au monde !

 


 


[1] C’est là que commence l’étonnement de Parménide et son interrogation sur « l’opinion », la doxa (supra).

[2] Voir le rapport pistis-vérité, supra.

[3] Celles, autres paroles, qui n’y sont plus parce qu’elles se sont détournées de lui au profit de l’ambitieux Inter-dire, inventent nécessairement d’autres espaces.

[4]  Vérité candide, violence candide ? (objet d’un prochain billet, en principe).

Commentaires

il ya trois canards sur le pré.
mandarins verts, liserés dorés.
je suis bien loin du pré.
c'est mon ami qui me l'a raconté.
sa parole sonnait juste à mes oreilles.
elle m'a transportée, et merveille :
il y a trois canards sur le pré.
mandarins verts, liserés dorés.
présence différée, présence en vérité?

hi!hi!hi!
bonne vie, Varna!

Ecrit par : kintana | 14.08.2007

Excellent ! Je veux bien marcher sur la tête, Kinta, pour te voir me remettre ainsi sur pied ! Ta vérité à toi, au moins, ne fait pas de doute ! Il te suffit manifestement qu'on raconte qu'on est là...

Ecrit par : varna | 14.08.2007

Pris par le chemin du vent. Un silence simple de frissons.
Par monts et vaux d'un pas ailé,
jusqu'au silence du tout dit, remonté...

Ecrit par : joruri | 15.08.2007

Parole parturiente d'alevins
les poissons grandissent
si la rivière le veut
tous ne vont pas jusqu'à la mer
ils sont trop nombreux
le pêcheur s'en contente
sa poêle à frire sévit
elle enfume la cuisine
le citron apparaît et
tranche


Ouf !
j'avais une faim de canard !

Ecrit par : Mth P | 17.08.2007

Que des commentaires parfumés - un régal ! Merci !

Ecrit par : varna | 17.08.2007

Coucou Varna,

Rien à voir, a priori, (désolé!!), mais c'est juste pr te dire que j'ai essayé de répondre à la question que tu as pos(t)é sur mon blog. (tu effaceras ce commentaire si tu veux, seulement pr te le signaler). Sur la vérité... Si elle s'enseigne ou pas...

Longue vie à toi--je te le souhaite aussi. (-:

Olivier

Ecrit par : olivier | 20.08.2007

Salut Olivier ! Tu as bien fait de m'aviser de ta réponse car ton blog n'affiche que 1 en nombre de commentaire(s), ce qui n'invite pas à aller voir /quand même / -- et je n'ai pas non plus reçu de "suivi du sujet" dans ma boîte aux lettres. Donc là j'ai répondu, et il devrait afficher 3 ! Si tu te sens stimulé pour le 4, fais-moi donc signe par mail, si tu veux, ou bien je fais exploser ton blogmat -- car maintenant j'aurais toujours un doute ! ;-)

Ecrit par : varna | 20.08.2007

Je te salue, Varna, et suis heureux de voir que tu écris encore de temps en temps. Comme l’année dernière, jour pour jour, je propose une enquête sur Méditer faute de mieux. Tu avais participé en 2006. Me feras-tu le même plaisir cette année? Je te souhaite une heureuse année 2008, cela dit.

Ecrit par : Marc | 30.12.2007

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