26.10.2007
"Ainsi parlait Nietzsche"
Seul le même reconnaît le même
[J'avais promis ce texte à Simone, alors voici. (Mais pardon de ne pas l'avoir retravaillé)]
Etat d’esprit et état d’âme.
Chacun sait que Nietzsche écrivit « Ainsi parlait Zarathoustra ».
Le titre de ce livre donne d’emblée à penser qu’il s’agit d’un ouvrage historique traitant en l’occurrence des « dits » du personnage Zarathoustra.
Il n’en est rien : le Zoroastre historique (nommé aussi Zarathoustra) n’a rien à voir avec le Zarathoustra dont Nietzsche retrace la pensée et, un tant soit peu, le mode de vie, si ce n’est peut-être qu’à l’image du réformateur religieux que fut Zoroastre, lui aussi, Nietzsche, se voulut un réformateur religieux.
Pourquoi donc ce réformateur religieux plutôt qu’un autre ?
J’ai proposé ailleurs l’hypothèse suivant laquelle le mot même, Zarathoustra, illustrerait le renversement total des valeurs auquel Nietzsche s’atèle : Zarathoustra, de Z à A…
C’est amusant, judicieux, mais un peu léger.
On se souvient plutôt de l’hostilité de Nietzsche envers l’historiographie en général. Nietzsche était philologue avant d’être ce penseur résolument hors Histoire (mais non pas hors de son temps). On peut donc également suggérer que le titre de son ouvrage fut simplement un pied-de-nez à l’historiographie, justement.
C’eut été là une coquette rancune, là encore un peu légère.
Il est une autre hypothèse que je voudrais soumettre : « Seul le même reconnaît le même ». Voilà un antique adage[1] qui a tout d’abord servi, il me semble, à étayer le postulat d’une « parenté native »* entre l’être (des choses, le réel, leur cognoscibilité) et la pensée (humaine sinon divine, l’esprit). Mais cet adage est-il jamais invoqué aujourd’hui encore pour qualifier la parenté – entre deux hommes ?
Tâchant par exemple de comprendre Parménide et de retrouver ou de découvrir chez lui, peut-être, ma propre pensée, j’ai lu quelques ouvrages traitant objectivement de son intelligence du monde. On voit ici d’emblée la différence entre ces auteurs et moi : eux, tous philologues méritants, s’enquièrent de révéler la pensée de Parménide, remuent des centaines d’ouvrages passés et présents, regroupent, recoupent, analysent et finalement tentent une synthèse de leur découverte. La part de subjectivité qui demeure de leurs travaux est à leurs yeux mêmes préjudiciable. « Parménide » est pour chacun d’eux cette seule vérité historique d’une pensée philosophique qu’il convient de « retracer ».
Mais retracer n’est pas être sur les traces !
[Voir les premiers mots de Heidegger à son « Nietzsche »]
Quel intérêt pour nous, lecteurs amateurs et profanes mais en quête de vie, de savoir ce que Parménide a pensé ? Quel intérêt trouve-t-on, en comparaison, dans la pensée d’un philosophe actuel ? Quelle différence de traitement faisons-nous subir à l’un et l’autre de ces deux types de philosophes eu égard leurs époques respectives ? Bref, quelle différence de comportement nous inspirent-ils ?
De façon générale, les hommes du passé, on s’enquiert de retracer leur vie, leurs écrits, leur pensée, leur influence. Aussitôt morts, il se trouve en effet une foule de volontaires pour nous les expliquer…
Est-ce donc la seule façon, pour nous, d’être sur leurs traces ?
Les hommes du présent, en revanche, on s’enquiert généralement de les suivre, de les imiter, de les critiquer, de les réfuter, de les dépasser, de les discuter.
Mais est-ce bien d’une pareille conjecture (d’époque et de spécialistes) que nos dires et nos pensées à nous, lecteurs présents, doivent dépendre ?
Quelque exagérée que puisse être cette affirmation, il n’empêche que nous n’aurions pas le même comportement envers Parménide s’il vivait aujourd’hui parmi nous. Qui se demande en effet aujourd’hui ce qu’il écrirait alors ?
Ce que diraient aujourd’hui Zarathoustra ou Parménide ne nous serait-il pas plus profitable, peut-être ? Or n’est-il pas là le sens du titre de l’ouvrage de Nietzsche « Ainsi parlait Zarathoustra » ? Ne signifie-t-il pas, peut-être :
« Ainsi parlait-il, ainsi moi je vous parle … », c’est-à-dire dans son prolongement ou son style, bref dans un même éternel (et donc à nouveau présent) état d’âme ?
A bien des égards l’intérêt historique d’une pensée nuit à notre pensée même, à notre parole présente. Les chercheurs laissent entendre par leurs travaux qu’ils assurent consciencieusement leur propre fonction auprès des autres hommes, (nous leur en sommes reconnaissants) mais aussi implicitement, hélas, que la vérité historique et objective à laquelle eux, les meilleurs spécialistes, s’adonnent, prime donc sur un quelconque engouement pour un « même » qui perpétuerait le « genre » d’une pensée ou d’un état d’âme plus ou moins intemporel, peut-être. L’arrêt sur « pensée », la cristallisation, l’intégration d’une pensée personnelle en mouvement dans une réalité historique qui toutes les « arrête », les répertorie, les classe et les collectionne, leur semblent plus sûrs, moins risqués que « l’aventure » d’une ressemblance... Il est vrai que nous, lecteurs, sommes tous censés vouloir seulement apprendre… [2]
Les plus intelligents parmi nous donneraient-ils donc le mauvais exemple ? [3]
Aubenque, Conche, Colli, Reinhardt, Couloubaritsis, etc., ont fait un choix ! Plus d’un parmi ces spécialistes de Parménide étaient capables de le réécrire personnellement, fut-ce sans même le nommer, fut-ce au travers d’un roman ! Pourquoi ne l’ont-ils pas faits ? Réponse : parce qu’ils auraient ainsi compromis la Raison, la vérité historique, mais aussi et surtout, il faut bien le dire – leur carrière professionnelle. [4]
Nietzsche écrivant « La Naissance de la Tragédie » eut le courage d’interrompre sa propre carrière professionnelle, et mit au jour dans son « Zarathoustra » sa parole présente ! [5]
Le divorce fut alors consommé entre l’Etat d’esprit (…) et son état d’âme : le même reconnaît le même, mais prend aussi conscience de l’intervalle cognisciste (légion de spécialistes en service à l’Histoire) qui l’en sépare et veille sans cesse à dissuader tout homme d’être au service d’une pensée « non ordonnée ».
Plutôt un petit intemporel Parménide qu’un grand connaisseur bien de son temps !
L’autre comportement en matière de dire
Le Zarathoustra de Nietzsche est précisément pour nous l’exemple d’une alternative à notre comportement habituel (sic) en matière de dire : dire-être plutôt que se mettre au service de l’Inter-dire. Dire (dire-être) au monde et aux hommes ce qu’on pense, ce qu’on est – avec ou sans trop de volonté de puissance – plutôt que de travailler pour l’Inter-dire, enseigner aux autres son propre cursus (!) et l’Histoire, le grand contenant, simplement parce qu’on est intelligent.
Pour autant, les deux « confessions » ne sont pas antagonistes ; elles se complètent et se chevauchent. L’important pour ceux qui veulent entreprendre, c’est d’être conscients qu’il existe deux sortes de « fidèles », ceux qui pratiquent en l’Eglise (de notre Culture), et ceux qui créent – à l’air libre.
Ainsi retrouvons-nous ici Nietzsche et son ouvrage sous un nouveau jour : le titre est certes un pied-de-nez à l’historiographie ; il est surtout un pied-de-nez à la vérité historique, à l’intérêt de et pour la vérité historique, à la supériorité entendue de celle-ci sur un véritable et « continuel renouveau » (continuelle réactualisation) de la pensée humaine qui vient la contredire et se fondre sur une parenté – inter-humaine : « le même reconnaît le même » signifie ici qu’un homme s’intéressant par exemple à Nietzsche ou à Parménide et se trouvant quelque affinité avec lui, va reconduire son état d’âme plutôt que de s’acharner à délivrer aux autres le « vrai » personnage (quand ça n’est pas à le récupérer !), le discuter... [6]
Par mes billets précédents inspirés de Parménide, il ne s’agissait pas pour moi de faire valoir une supériorité ou un intérêt supérieur quelconque du vivant que je suis sur le mort qu’est Parménide (est-il besoin de le dire !), mais de lui répondre par-delà les siècles dans une continuité d’état d’âme (peut-être !!) qui n’est pas celle des historiens mais est parallèle à leur Histoire.
La différence de comportement révèle là encore notre Etat d’esprit officiel : du point de vue de l’état d’âme intemporel (tout aussi séculaire), l’erreur cognisciste perpétrée par l’enseignement est de faire croire à tout homme (qui est ainsi un élève…) qu’en effet la vérité objective d’une pensée importe plus que le perpétuel renouvellement d’un même état d’âme, que son incessante réactualisation, que le constant retour de différents types d’hommes et de pensées...
Peut-être y aurait-il eu d’autres Parménide au cours du temps si tant d’hommes attirés par sa pensée n’avaient aussitôt cherché qu’à nous le faire comprendre ?
Chez les uns il nous faut saluer le travail, mais chez les autres seuls – le courage.
<>
[1] Cf. Summetria d’Empédocle, par exemple.
[2] Et il n’est point étonnant de voir qualifier de « philosophes » des hommes ayant fuit la Philosophie et toute Histoire… Mais il est un titre d’ouvrage (je ne l’ai pas lu) qui semble faire quelque sourire bienveillant à tous les Hérodotes volontaires, sortis des rangs de la cohorte des apprenants et des enseignants : « Comment on écrit l’histoire » (Paul Veyne).
[3] Je songe ici également aux impudents musiciens ou chefs d’orchestres déclarant régulièrement que tout a déjà été inventé en matière de musique.
[4] En cela subsistera toujours un malentendu entre eux, savants interprètes, et nous, lecteurs en quête : nous lisons leurs philo-sophes, mais eux-mêmes ne semblent ne faire aucun usage personnel des sagesses dont ils nous parlent. Toujours écrire, toujours en quête d’un nouvel auteur à raconter, toujours enseigner… Et nous, ingénument et symétriquement : toujours en quête d’une nouvelle lecture, d’un nouvel auteur à découvrir, jamais prendre tel ou tel bus en marche et un jour descendre !…. Ah, pernicieuse pérennité de la lecture et de l’écriture… !
[5] Eternel retour du même ?...
[6] Dans le même esprit, on peut comprendre un homme préférant Hérodote à Thucydide, l’enquête personnelle au fonctionnaire chargé de mission par l’Histoire.
14:07 Publié dans Après l'Etre, Parménide | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : expression, communication, état d’esprit et état d’âme



Commentaires
Je me suis reconnu... (-:
C'est le problème de la plupart des universitaires, il est vrai, aussi brillants soient-ils.
En effet il s'agit d'être conscient de cette distinction.
Et être courageux. Bravo pour le tien. Et merci de ton post' sur mon blog.
Ecrit par : olivier | 27.10.2007
Le programme, enfin disponible :
Dire (dire-être) au monde et aux hommes ce qu’on pense, ce qu’on est sans volonté de puissance, créer à l’air libre, reconduire des états d’âme.
Ecrit par : Caillou | 27.10.2007
Pas de division. L'universitaire, le "savant" est d'abord un homme confronté au problème de l'être et du dire.
Il peut servir d'intermédiaire. Heiddeger ne me parle pas souvent mais Beauffret me rapporte ce qu'il a saisi et je l'entends, Héraclite m'est inaccessible sans traducteur, Conche témoigne pour lui, il dit qu'il l'a rencontré et je l'écoute. Mais ni Conche, ni Beauffret ne m'intéressent. Quand Conche se raconte, je ne vois rien d'autre qu'une suite de mots.
Ecrit par : Caillou | 28.10.2007
Je salue tout le monde de la même manière, je ne fais pas de distinction entre les hommes. Il n'y a pas de lieu pour se situer en dehors et séparer les courageux et les travailleurs. Certains me sont chaleureux et d'autres me laissent froid, je me rapproche des premiers et m'éloigne des autres.
Ecrit par : Caillou | 28.10.2007
A part ça, tout va bien, ce matin, dans la colline, j'ai même ressenti qu'être et penser étaient bien une seule et même chose...;-)
Ecrit par : Caillou | 28.10.2007
Encore un mot, (après j'arrête), j'ai beaucoup fréquenté Nietzsche, j'aimais bien nos discussions. Je n'ai jamais demandé à personne de me parler de lui.
Ecrit par : Caillou | 28.10.2007
Qu'est-ce que ça fait du bien de te lire ! Un nectar...
Purée, mais tu me dis que je ne me mets pas assez au travail, mais toi, tu nous laisses tomber comme des vieilles chaussettes !
Bon sang, varnémide va t-il se lâcher tout de bon ?
Ah, ça fait un bien...
Merci pour ce rappel, j'avais plus de gaz dans mon briquet :)))
Ecrit par : moi. Qui ? Ben moi ! | 28.10.2007
coucou !
(j'ai trouvé un passage secret pour surfer anonymement ..héhé)
j'ai de la lecture de retard ! (je viens seulement de finir les violences candides )
Ecrit par : mamy nanou | 29.10.2007
Salut Caillou !
< Le programme, enfin disponible : Dire (dire-être) au monde et aux hommes ce qu’on pense, ce qu’on est sans volonté de puissance, créer à l’air libre, reconduire des états d’âme >
-- Ca m’a l’air bien gentil tout ça. T’es sûr qu’il n’y a pas quelque chose de plus terrible derrière tout ça ?
< Pas de division. L'universitaire, le "savant" est d'abord un homme confronté au problème de l'être et du dire.>
--- Oui Caillou, confronté « au problème » ... pour la seule pensée, et au sein … de l’Inter-dire ! Mais justement y a un autrement dans le motif, la façon et la destination.
< Il peut servir d'intermédiaire. Heiddeger ne me parle pas souvent mais Beauffret me rapporte ce qu'il a saisi et je l'entends, Héraclite m'est inaccessible sans traducteur, Conche témoigne pour lui, il dit qu'il l'a rencontré et je l'écoute. Mais ni Conche, ni Beauffret ne m'intéressent. Quand Conche se raconte, je ne vois rien d'autre qu'une suite de mots. >
--- Je salue tous les intermédiaires que sont les « sachants » (sans ambiguïté, là), mais je crois bien qu’il faut les prendre comme tels -- comme tu fais = malgré eux !
< Je salue tout le monde de la même manière, je ne fais pas de distinction entre les hommes. Il n'y a pas de lieu pour se situer en dehors et séparer les courageux et les travailleurs. Certains me sont chaleureux et d'autres me laissent froid, je me rapproche des premiers et m'éloigne des autres.>
--- On salue tout le monde de la même manière, c’est après que ça se gâte … ;-) On ne fait donc que différer un peu les différences ; Rassurons-le, On n’a pas à chercher un lieu extérieur pour juger, ce lieu c’est On. ;-))
< A part ça, tout va bien, ce matin, dans la colline, j'ai même ressenti qu'être et penser étaient bien une seule et même chose...;-) >
--- J’ai comme l’impression d’avoir déjà une étiquette dans le dos ... ;-)
< Encore un mot, (après j'arrête), j'ai beaucoup fréquenté Nietzsche, j'aimais bien nos discussions. Je n'ai jamais demandé à personne de me parler de lui.>
--- Moi je veux bien que tu me parles de Nietzsche ! Sérieux !
Merci à toi.
Ecrit par : varna | 29.10.2007
"Seul le même reconnaît le même"
Poursuivras-tu à tenter de dire cette "mêmeté" qui défie l'historiographie?
Ecrit par : . | 30.10.2007
Frère d'âme de ceux qui savent que croire c'est créer
Et font comme l'unique le tour de leur propriété. ;-)
Ecrit par : varna | 30.10.2007
Les Phares.
....
C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel des chasseurs perdus dans les grands bois!
Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissons donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité!
Charles Beaudelaire.
alors, Kintana... -:)
Bonne vie Varna!
Ecrit par : kintana | 02.11.2007
Oui, les phares n'éclairent point la terre mais les cîmes !
C'est pourquoi on les voit du haut des volcans ... aussi ! ;-))
Merci Kinta pour le poème !
Ecrit par : varna | 02.11.2007
Les phares éclairaient la mer , pas les cimes... voyons Varna !
Si ma mémoire est bonne il n'y a pas de phare chez Nietzsche..
Ecrit par : . | 02.11.2007
Nietzsche. Il m'a beaucoup parlé, m'a enthousiasmé, mais jamais complètement convaincu. Quand il était pas là, je pensais à lui et le trouvais un peu dingue, pas tranquille comme gars, c'était sûr qu'il allait mal finir, trop excité, trop tranché, excessif le bonhomme. Au début, c'était un gars terrible, des idées sur tout, et puis il s'est emballé, s'est pris pour le prophète et après c'était un peu n'importe quoi. Mais, bon, moi, ce que j'en dis, c'est pas très philosophique. Moi, c'est plutôt au bar ou dans la rue que je le croisais... Je sais pas si je le reconnaîtrai si je le rencontrais aujourd'hui. Faut dire que j'ai bien changé depuis cette époque...
Ecrit par : Caillou | 08.11.2007
Simone > les phares ne clignotent que pour les gens de la mer. Les autres, ils savent qu'il tourne, et même se retourne pour éclairer les points de la terre environnante qui sont à sa hauteur et d'où, précisément, l'on regarde comme depuis un bateau = au loin. ;-)
Caillou > t'es dingue comme mec ! T'as exactement compris ce qu'il y a à comprendre d'un philosophe ! (enfin à mon sens --- ton avant dernière phrase). Alors ne dis pas que c'est pas très "philosophique" hein ... sinon je vais croire que t'es en classe et que tu fayottes ! ;-)
T'as changé ? T'es quand même pas un coquillage académique, dis ? (je déconne)
Ecrit par : varna | 08.11.2007
" académique" voilà le mot que je cherchais quand j'ai écrit " philosophique"....;-)
Ecrit par : Caillou | 08.11.2007
"les phares ne clignotent que pour les gens de la mer. Les autres, ils savent qu'il tourne, et même se retourne pour éclairer les points de la terre environnante qui sont à sa hauteur et d'où, précisément, l'on regarde comme depuis un bateau = au loin. ;-)"
Dit comme ça, ça a le mérite de me faire réfléchir à partir de ce que ça me rappelle ;-)
Ecrit par : . | 09.11.2007
"Seul le même reconnait le même"... mais le même n'est jamais le même, comme le phare il tourne de la mer à la terre, pour que "l'ardent" puisse rouler à travers les âges et les espaces. C'est cet ardent, sanglotant ou espérant, mais avant tout créant, qui se reconnait et fait le même... idées en passant, en image de spirale.
Bonsoir Simone. contente de te retrouver.
Salutations aux passants de chez Varna, académiques ou non.
mais où peut-on donc rencontrer des philosophes si on ne va pas dans les bars? :-))
Ecrit par : kintana | 09.11.2007
Je suis toujours hors de ça.
J'ecoute tous ces ramages, où chacun appose sa griffe, où chacun veut se fondre à l'ombre de telle ou telle gloire.
Là des Nietzschéens, là des Deuleuziens, des Spinozistes, des Hégéliens.
Brassées de mots; mots qu'on se lance à la tête, courbettes à griffes, injonctions prophétiques.
On s'égosille on s'égratigne. On n'est disponible pour rien d'autre.
Chaque Je ne vivant que par son autre.
On s'arcqueboute sur les théologies qu'on en fait, la canonicité exigée impitoyablement qui voue aux railleries, aux crachats ou au fouet le malheureux qui doute. Le pauvret qui ne sait pas...Ou qui s'en branle...
Moi, j'ai rencontré Dieu il y a des décennies. Tout le monde s'en fout.
Un pauvre écrivaillon mort depuis des lustres a posé là une virgule ? Qu'on en fasse un temple, une église, et un monde...
Ecrit par : joruri | 09.11.2007
Le même est formel, Kintana, un état d'âme, un style, un écho, une amitié. Tout le contraire d'une leçon apprise. D'où l'importance des bars. Il n'y a que là qu'on cherche un homme ...
Le même peut s'incarner à des degrés divers chez nombre d'hommes et de femmes très différents. Pour preuve : quand c'est entre cîmes, les cîmes partent dans tous les sens ! ;-)
Ecrit par : varna | 09.11.2007
D'accord.
Anyway, comme disait Deleuze, "enseigner une philosophie, c'est toujours lui faire un enfant dans le dos."
Et puis tout le monde ne peut pas écrire Zarathoustra (heureusement ?). C'est donc quitte ou double : soit le commentateur est intelligent, auquel cas son commentaire nous fera nous-mêmes réfléchir et donc ré-actualiser, dynamiser, la pensée première. Soit il ne l'est pas. Auquel cas sa médiocrité ne peut que nous encourager à creuser plus avant.
Ils ne sont pas inutiles, les toujours-déjà fossilisés de l'Université - ne serait-ce que pour apprendre à se méfier des puits de savoir.
Ecrit par : Milo | 21.11.2007
A relire vraiment...Je veux dire toi varna...
Ecrit par : joruri | 09.01.2008
Il était une fois l’histoire d’un chameau, d’un lion et d’un enfant….
Que d’incomplétude au sens de la vie ! …et nous avons gardé le sens de la fracture pour que la fraction nous perpétue éveillé. Et le sens du sourire pour nous pardonner à nous-même de notre non-extension.
Ecrit par : B | 14.01.2008
;-)
Ecrit par : petit point | 14.06.2008
Bonjour à toi, Varna! Ton blog m'étourdit un peu: mes études de philo-lettres sont loin derrière moi et de ma comprenure.
Ne t'inquiète donc pas de ma lenteur, mais j'aime prendre le temps de comprendre.
Au sujet de Zarathoustra: il me semble que le titre: "Ainsi parlait Z", est un plagiat de Nietzche: une manière de se moquer de Jésus dans la Bible, de se mettre au même niveau.
On lit souvent dans le nouveau Testament: "Ainsi parlait Jésus"... N'étant pas moi-même d'une religion fervente, la lecture puis le travail en philo sur ce livre m'avait passionnée, d'autant plus qu'il est écrit avec une fort belle plume.
Merci de ta contribution à notre débat. Nous tournions carrément en rond, avant ton intervention, et celle de Fardoise!
Ecrit par : LN | 10.08.2008
Bonjour LN ! Hum ... quand on s'excuse de son peu d'études (ou de leur oubli), j'ai toujours l'impression qu'on croit devoir penser par elles ... N'est-ce point une confrontation possible (avec soi, pour peu qu'on s'est construit), plutôt qu'une référence, qu'il faut en attendre ? Mais bon, je ne suis pas un bon élève, je ne saurais faire un bon professeur ! ;-)
Oui, il y a dans le Zarathoustra de Nietzsche une foule de clin dieu ou de contrepied à la Bible. Même le "Ecce homo" final est encore un appel du pied. Ceci dit, je crois bien que Nietzsche, comme beaucoup d'autres, s'est moins moqué de la personne Jésus que du christianisme et ses propagateurs !
Merci de ta visite ! (il en reste un, entreparleur, non ? ;-))
Ecrit par : varna | 10.08.2008
Justement, le fait de "revendiquer" mon "inculture", sert plutôt à dire qu'il me faut plus de temps pour être sûre de bien comprendre, dans le sens d'"appréhender"; mais ce recul vis-à-vis de mes connaissances me permet aussi, je crois, de me forger une opinion, sans être "parasitée" par un savoir. Je ne sais si tu me comprends, si je sais m'exprimer, mais j'ai perçu sur notre blog que justement, trop de savoir pouvait conduire à ne pas "écouter" l'autre. Il me semble que c'est une réponse directe à ton com.
Quant-à Anne-Laure, elle est fort occupée en ce moment, et nous rejoindra bientôt...
Je prendrai le temps de lire tout ce que tu as rajouté sur ton blog. Il me semble aussi que la véritable manière de réfléchir à plusieurs sur un thème donné, suppose qu'on ne juge pas l'autre. Nous rejoignons-nous ou me trouve-tu insupportable?
Amitiés sincères,
LN
Ecrit par : LN | 10.08.2008
J'aime ce mot, "appréhender" (je l'emploie aussi), opposé à "savoir" (verbe), et aussi le courage de toute personne désirant se faire une opinion, et qui n'attend pas pour cela d'en savoir "suffisamment" ! Comme s'il y avait jamais un "suffisamment " ! ...
Ah bien sûr, oser des opinions, fussent-elles provisoires, plutôt que de s'abriter derrière son inculture, cela suppose de prendre en retour des coups, les coups du savoir bien sûr, délivrés avec générosité (toujours !) par les autres ! - mais c'est peut-être cela, "apprendre" ! Et pourquoi apprend-on sinon pour perfectionner toujours plus notre opinion, voire en conquérir une plus puissante ? Et se faire une opinion en dépit de tout notre savoir, même, n'est-ce point déjà la marque d'un CERTAIN type de dialogue ?
Quelle sorte de discussion est-ce, à l'inverse, que de s'envoyer sans cesse, ici ou là et exclusivement, des références ? Quelle façon est-ce de traiter l'autre qui, peut-être, a moins de savoir mais peut-être aussi plus de courage ?
Oui, LN, toute la première partie de ton message répond directement à mon com' précédent ! Nous nous rejoignons donc, et ta dernière question pousse forcément à te trouver ... attachante ! ;-)
Ecrit par : varna | 10.08.2008
Ouf!(J'essuie la sueur qui dégoûlinait de mon front)...
D'accord encore avec toi, Varna, sur le fait que... Etaler sa culture n'est pas mieux que de manger de la confiture!
En revanche, sache que je ne me cache JAMAIS derrière mon inculture supposée. Il est certain que j'en sais beaucoup moins qu"Abellion et toi...J'ai juste, parfois, un peu de mal à vous suivre. Quant-au fait de prendre des coups, moi aussi, j'accepte! (Cela m'arrive assez souvent, d'ailleurs...)
J'ai rectifié deux ou trois choses sur notre blog. Car je pense qu'il y a malentendu, et que c'est en partie ma faute.
Je connais Abellion: il est cultivé, certes, et c'est tant mieux, mais habituellement il est très ouvert d'esprit.
Et toi, Monsieur Varna Cher, tu me parais aussi éminemment sympathique, et passionnant!
Donc, voilà. J'espère avoir fait ce qu'il fallait afin de pouvoir rétablir la communication entre personnes de bonne compagnie, sur notre blog. Je ne te baiserai pas la main, étant plus que femme, mais je te tends la mienne...
LN
Ecrit par : LN | 10.08.2008
"La philosophie aujourd'hui est morte plus que toute autre expression culturelle (le commandant est vaincu). Pour qu'elle renaisse, il faut l'imagination universelle, traversant toutes les choses, avec un esprit dominateur, les reliant entre elles en conservant leurs diversités essentielles et racontant ses visions dans des mythes métaphysiques: ainsi elle recréera la culture, c'est-à-dire qu'elle éduquera les esprits non finalistes en vue de la constitution d'une société séparée de l'Etat. Unique exemple moderne : "Zarathoustra".
(révolution formelle)
G. COLLI, philosophie de la distance, p. 53
Ecrit par : varna | 24.11.2008
Se distille la goutte
de la douleur,
se fane la corolle
brillante de l'illusion,
les invincibles, on les tue
par le silence.
aubes qui reviennent
couleur de perle,
et le cœur encore est vivant,
les murs blanchissent
et plus noirs se font les contours
des arbres, lors que de l'abîme
monte la lumière.
L'oubli est le plus grand ennemi,
mais si les dieux se sont montrés
sur ton chemin,
l'oubli est en déroute.
- Sais-tu ce qu'est l'âme ?
- C'est une partie du corps.
- Sans doute, mais dans cette partie
habitent les dieux.
- Quelle est la différence entre les dieux et les hommes ?
Le battement du cil
ouvre la digue,
et se précipite
l'eau du glacier.
L'image de joie
ne mourra pas :
le reste ne compte pas.
Ecrit par : (G.Colli) | 02.12.2008
Du courage oui, à supposer que les dialogues ne soient pas pré-établis. J'allais dire ça:
"Quant-au fait de prendre des coups, moi aussi, j'accepte! (Cela m'arrive assez souvent, d'ailleurs...)" "Pas à dire seule, pas besoin de nous citer" Encore raté: Sur les références, déjà dit aussi. Tout est prévu, bon.
Du courage quand même donc pour dire...rien, sous le regard bienveillant de ceux qui m'encouragent à me faire sujet d'expériences, pour me mettre au travail; ça je le sais.
Alors: Rien. Mais un rien assassiné et larmoyant. Sur son sort oui. Regardez l'expérience à la phase "l'eau du glacier se précipite". Merde encore ripé, j'ai cité. (110volts) Désolée pour "l'image de joie" (220volts) "ne mourra pas" -------------(éléctrochocs, réanimation)
Ecrit par : 110-220 | 29.10.2009
Ecrire un commentaire