29.01.2007
Bribes...(suite)
(Suite...)
8.
Le contenu et la fonction
La vérité ne fut pas inventée ou découverte pour les oreilles des hommes (et encore moins pour leur faire plaisir !) mais pour leurs bouches, pour qu’elle soit dite, colportée et puisse ainsi agir sur les esprits…
Mauvaise langue !? Pas de risque pourtant que cette vérité-là soit colportée !
9.
Des petits malins
Voici longtemps déjà, un moi fut distribué à chacun des hommes – mais en petit ! c’est-à-dire livré avec l’humilité afférente ! – afin qu’il admire le grand Moi concomitant et le serve.
Mais depuis le début, certains plus malins que les autres ont flairé là une aubaine : pratiquer l’art de se retirer en soi.
Une erreur sur la personne largement pratiquée aujourd’hui encore.
10.
Connaissance semée d’embûches
C’est l’histoire d’un rapt : la philosophie commence avec Platon, mais la philosophie institutionnelle actuelle dit pourtant des Présocratiques qu’ils sont des « philosophes » !
C’est l’histoire d’une imposture : notre science sans conscience moderne commence avec le totalitarisme économique, mais notre science actuelle (relayée par la philosophie) dit pourtant des savants des siècles précédents qu’ils étaient déjà des « scientifiques » !
Dans le premier cas, le savoir en guise de sagesse veut « recouvrir »* la sagesse véritable qui se passait de savoir (supra) ; dans le second le pouvoir économique en place peut s’auréoler de la dignité des savants des siècles passés.
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(*) voir bribe 1
11.
Prométhée débouté ?
King Kong à la pointe extrême du gratte-ciel de la raison a gagné le prix Nobel de vérité, mais il a perdu pied. Les hommes lui donnent le vertige. Les corps et les personnes lui semblent de plus en plus lointains, étrangers, minuscules. Presque inutiles.
Heureusement il sert l’Humanité... qui l’honore !
12.
Une tâche ingrate
Philosophie improbable : observer et noter simplement ce que les hommes font par-delà leur savoir, c’est-à-dire précisément quand et pourquoi ils savent ! A la manière d’un Hérodote, elle ferait simplement son enquête, elle ne chercherait pas à savoir comme Thucydide qui remplaça paroles et mémoire par Histoire.
13.
Trois contraires pour elle toute seule ?
Erreur, oubli, et mensonge : si seul le mensonge est délibéré, alors lui seul est le véritable contraire de la vérité à vivre, car erreur et oubli dénotent simplement qu’on en vit pour le moment une autre, vérité, qu’on « est » pour l’instant sur un autre coup. Ce que l’erreur offre de vivre, ce peut être par exemple tous les passionnants aléas de la recherche de la vérité (…).
Quant à l’oubli, chacun sait à quelles vitales vérités de l’être au monde certain oubli nous permet parfois de nous raccrocher.
14.
Mystère du mythe
Soucieuse d’éthique, quand bien même la bocca della verita parlerait à des hommes libres, elle ne leur présenterait que des fictions.
15.
Raison moraliste
Par un heureux concours de circonstances, se voir tout d'un coup débarrassé d'un problème – voilà rarement le genre de solution qu’on attendait. Habituellement on s'acharne à lui chercher réponse. La réponse au problème est la seule solution recherchée.
Parce qu'on est habitué au dialogue intérieur, on n'imagine pas un monde "dialectique" ailleurs que dans le jeu du question-réponse. Jeter un livre par la fenêtre, par exemple, est pourtant aussi "de la dialectique", mais c'est précisément de celle – ‘dialectique’ – que le monde de la pensée rationnelle s'efforce de cacher. Hors la dialectique de la raison qui nous incite toujours à dialoguer, il n'y aurait, dit-elle, que violence...
Avons-nous obligation de répondre de tout ?
à la Raison est là, en guise de confidente…
16.
Grammaire par le verbe
La vérité n’est pas, elle Existe (Supra). N’est que l’homme plein de choses à offrir, sincère, et même assez honnête, ontologiquement parlant, pour incarner ce qu’il y peut y avoir de vrai dans l’être…
L'iNOMmable est verbe. Plus près de lui que ne le sera jamais le Nom et toute Connaissance fondée sur celui-ci est – l'adjectif : « Il court vite », « il pense droit » signifient que c’est « courir vite » et « penser droit » qu’on admire. L'adjectif nous permet, si on le veut, de parler du verbe sans avoir à utiliser de Nom. Car toi qui cours si vite et pense si droit, tu es innommable, tu n'es pas la vérité-Nom et ne saurais en prêcher aucune : tu es simplement là, verbe avant toute « chose », répondant à la question : « être » ?
– oui !
Mais on dira que TU es « ceci » ou « cela » dès lors que l’on inclut la vérité-Nom qui te nomme dans TON être-au-monde…
17.
Une citation faite sur le blog « Et si la beauté » http://etsilabeaute.hautetfort.com/
Musique : "Art qui chante le divin sans avoir à croire en Dieu"... (H.Michaux)
Voilà une réalité et une pratique venues tout droit de la grammaire originelle : l'adjectif et le verbe étaient là bien avant le Nom ; c'est pourquoi le monde, alors divin, fut tout d'abord chanté par les hommes avant d’être nommé, dit, et – disent-ils parce qu’ils ne le chantent plus – compris.
Au commencement était la grande partition ? - Entre verbes et adjectifs !
Aussi longtemps qu’il n’y eut que lui sur la terre, le verbe être resta sans nom. L’adjectif était alors son seul et fidèle compagnon.
18.
Arrogance des humbles ?
L’exigence de l’homme-femme du commun envers la vérité est avant tout qu’elle se livre à lui et qu’elle lui sied. Un pareil désir de vérité revient pourtant à adopter les postures de l’élève appliqué et de la coquette réunies. Tout un symbole, presque une essence ! La vérité n’est pas seulement une parure pour ce que je peux avoir à dire, elle doit aussi être sympathique, elle doit contenir assez de sagesse en-soi pour « me prendre comme je suis ».
19.
Le savoir locataire
Espace physique et espace mental : dans l’un et l’autre, mêlés, tous les êtres vivants croient, mais dans un seul un seul être vivant sait.
Ainsi, les termes de transcendance et autre immanence, par exemple, manifestent simplement l’effort pour attribuer un espace « objectif » à certaines catégories d’Existants* invisibles, certains types de vérités-réalités. Mais quelquefois, à l’inverse, c’est tel ou tel espace découvert par d’autres que nous nous empressions d’aménager : tel « l’Inconscient » ou encore « le Moi ».
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(*) Nom donné à tout ce qui est cru et doté de la majuscule (comme les substantifs en allemand) pour signifier leur réalité, quelle qu’en soit la nature. (Supra)
20
Comprendre par défaut
Pour comprendre selon le savoir il faut et il suffit :
a) D’un objet, d’une chose, ou d’un phénomène à comprendre, au moins ;
b) D’un sujet connaissant rompu à la méthode : être soi-même selon le canon sanitaire ;
c) D’un interlocuteur sain pour dire à son tour (ce) qu’on sait.
Or on les a tous les trois à tout moment sous la main.
C’est bien parce que nous pensons à tout moment « il y a là à savoir » en guise de « il y a là quelque chose » que si peu d’hommes s’intéressent à autre chose… (qu’à savoir).
Comment comprendre autrement !? - A chacun de voir autrement quand « il y a quelque chose » !
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NB/ Bribe parallèle à la note « Désapprendre à lire ce qui se donne à voir »
21.
Dans la rubrique « C’est dans le bien que le mal a son plus sûr repaire » :
- Un idéal de connaissance des hommes habite certains hommes ;
- L’ambition d’exploiter les connaissances de l’homme anime d’autres.
De l’un à l’autre : toute l’irresponsable complaisance de l’idéaliste auquel on fournit tous les moyens nécessaires de savoir.
Des millions d’hommes approfondissent tous les jours la connaissance de « l’homme », entendu : ils lui fournissent sans cesse de nouveaux fouets pour dresser et de nouveaux moules pour façonner les hommes. Mais qui donc est « l’homme » !?
22.
Savoir-croire d’espèce (Supra)
Etrange : La plupart des hommes prétendent chercher la vérité, mais sur la base pourtant d’une certitude : celle de ne jamais la trouver ! Goût du paradoxe, de l’infinitude et de l’infinité, sans doute ! Ah ! malin génie gardien de la pérennité du dire et du dire et encore du dire ! C’est « en suspension dans l’air » que cette vérité-là ferait le mieux vivre ! C’est là qu’elle serait la plus utile aux hommes, au verbe s’entredire….
23.
Fidèles de l’immaculé Concept
Quelle puissance magnifique exerce sur notre monde humain actuel la théologie… du Concept ! La théologie masquée* de la « réalité-Concept », c’est le succès enfin avéré de cette entreprise historique qui prit des siècles et consista à rendre la réalité définitivement invisible ! Alors que les hommes d’antan voyaient véritablement leurs dieux commander leurs propres organes (réceptifs, réactifs), aujourd’hui, à l’inverse :
« Nous sommes athées et nos sens nous trompent », disent en chœur les hommes !
Mais chacun d’eux balaie pourtant devant la porte de « l’Univers », cherche « la Vérité », dénigre ses propres sens (ils ne seraient « qu’illusions »), parle aux autres la langue du Savoir, décline fidèlement tous les modes prescrits de l’Impersonnalité civique, et montre par là sa pieuse soumission à l’Etat d’esprit.
Slogan religieux le plus efficace : « Tous ensemble dans la Grande Gestion du Monde ! »
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(*) La fonction primitive du masque fut de convoquer le dieu, le forcer à apparaître dans ce miroir tendu, cet eidolon qui l’appelle.
24.
Le sous-nihilisteLe contraire du surhomme n’est pas le soushomme, c’est le sous-nihiliste, celui qui ne franchit pas le pont, qui sait pourtant tout ce qu’il lui faut savoir, mais qui en redemande encore et toujours, ne cherchant – le lâche ! – qu’à retarder l’échéance.
25.
Après l’Etre, l’utopie ?
La vérité sans plus d’enjeu économique pour notre dire – voilà qui nous dispenserait enfin de ne dire toujours à l’autre qu’en passant par le sommet du triangle que forme la communication légale : un qui dit, un qui écoute, et puis « lui » – à la fois Etre en-soi, Référence, Autorité et Légitimité :
Le fonds de notre commerce.
On pourrait alors s’entredire « directement », en tête à tête, sans avoir à invoquer à tout bout de champ cet importun « Tiers Inclus ». Nos discours se transformeraient alors en paroles de personne à personne ; la communication ne « s’accomplirait » plus entre fidèles d’un seul type de discours, celui-là même qui rendait jusqu’ici nos dialogues courus d’avance ; les paroles seraient désormais propres à chacun, riches, libres et forcément étranges. Nos chairs avanceraient seules, nous n’incarnerions, enfin, plus.
La science et les religions ne seraient alors plus que des jardins publics de notre pensée, à la périphérie de nos cités (d’art ?) et de nos relations humaines.
Mais c’est la pub, de nos jours, qui occupe de plus en plus cette place : entremetteuse, elle s’immisce de plus en plus dans nos relations personnelles (du moins ce qu’il en reste) comme Le Tiers incontournable, « la référence même » en matière de « communication » avec autrui. [Jusque sur nos blogs ?] Elle reste tout aussi importune que l’autre Référence, son colistier de fond, mais elle est bien plus – influente. Parce qu’elle occupe le devant de la scène.
Cqfd.
Epistémo-folie : la mienne ou celle que je dénonce ?
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08:55 Publié dans Après l'Etre | Lien permanent | Commentaires (166) | Envoyer cette note | Tags : Folies de la connaissance


