15.11.2006
Philosophie et / ou connais-toi toi-même ?
[Un prolongement des deux notes précédentes]
Quand elle ne cherche pas la vérité en soi,
La philosophie se nourrit d’un paradoxe :
Elle enseigne à chacun comment penser « par soi-même ».
Ce qui signifie, selon elle, penser droit.
Ainsi chacun est censé a priori être en mesure
De penser droit comme on rabote droit une planche
C’est là le savoir-faire du philosophe, il m’enseigne comment faire
Il veut le faire mien, que ce soit bien « moi ».
Mais si je ne suis pas en mesure de penser droit ?
Alors c’est que je suis de travers.
La philosophie vient corriger l’être que je suis, elle rabote mon être
Jusqu’à ce que je sois en mesure de filer droit comme une planche.
Me voilà donc ramené dans le droit chemin.
Mais est-ce qu’on pense mieux « par soi-même » quand on est raboté de toutes parts ?
Est-ce qu’on n’est pas plutôt conforme à l’idée du « soi-même » que la philosophie enseigne ?
Il suffit. La philosophie est au service de La Pensée,
La Pensée qui dit la norme et prescrit
Elle n’a rien à voir avec mon dire-être
Dire-être par soi-même
S’exprimer tout d’abord à soi-même soi Avant que d’aller penser avec les autres « pour être »09:00 Publié dans Après l'Etre | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : connais-toi toi-même, penser droit, penser par soi-même, philosophie, « pour être ».
12.11.2006
Les deux envers d'un droit
(Prolongement de la note précédente)
L’Inter-dire (définition) : La Loi et l’usage en matière de dire. [Rappel : nul n’est censé ignorer la Loi].
Par exemple :
1) Tu aimeras les contacts humains comme toi-même. [Ca tombe bien, j’ai besoin de m’aimer au contact des autres !]
2) Tu t’efforceras d’avoir l’esprit de communication : c’est moins important ce que tu penses que de le dire à quelqu’un.[Ca tombe bien, ce que je veux avant tout, c’est de faire savoir aux autres !]
3) L’important pour chacun est de ne point rester seul. [Ca tombe bien, seul je m’insupporte !]
4) Tu as le devoir de répondre. [Ca tombe bien, j’ai un amour-propre à défendre !]
5) Voilà, tu as maintenant le droit à l’expression. [Ah, à moi, à nous deux le monde !]
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Sous couvert de son droit à l’expression et de son intérêt aux contacts humains, chacun est soumis en fait à l’obligation (plus importante, plus nécessaire collectivement) de se mêler très tôt, trop tôt aux autres et de répondre à tout sans préalable : répondre de ses actes, répondre quand on lui parle. « Je te parle, quoi que je te dise tu as obligation de me répondre".
Répondre de ses actes en toutes circonstances, Répondre à tout interlocuteur quel qu’il soit.
Autrefois c’était l’honneur du clan, aujourd’hui c’est l’amour-propre de chacun qui est ainsi titillé dès l’enfance et relève insidieusement d’un usage strictement collectif de chaque « moi ». L’amour-propre de chacun est en effet flatté et aiguisé par une liberté d’expression en guise de connais-toi toi-même. « Tu vis en société, tu n’as pas le droit de t’isoler. S’isoler est lâche. Tu n’es rien sans nous, nous seuls pouvons t’aider à être toi. Voilà. – Mais tu as le droit de t’exprimer !…. ».
Mais c’est un véritable mot d’ordre, ça ! Et si je n’en veux pas de votre manigance !? Et si je préfère me taire ? « Pourquoi le dire si on peut le taire ? » - voilà une formule bien imprudente ! N’a-t-on pas le droit de comprendre qu’il s’y cache peut-être un trésor !? Serions-nous pour autant des abrutis, des aliénés, des parias, des solitaires, des tours d’ivoire ? Question : le droit d’expression, c’est juste un questionnaire ou bien c’est déjà un interrogatoire ?
Permettez ! – avant d’user de ce droit, laissez-moi d’abord éclore
Eclore, c’est l’art d’approcher et de bien user du droit aux autres
Eclore, car alors seulement se présente le véritable choix :
(parce qu’)On s’est connu seul avec soi,
On s’applique maintenant à de vraies rencontres
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Dit autrement : Par sa façon de flatter l’amour-propre de chacun avant même que celui-ci soit (‘lui-même’), la liberté d’expression – une Loi de l’Inter-dire, une de ces pirouettes juridiques « façon Droit » destinée à imprimer dans les esprits l’idée d’un devoir, en contrepartie, de répondre – précipite chacun de nous sur les autres, le prive ainsi de tout préalable ‘connais-toi toi-même’… Le seul « soi » promu et qui « intéresse » vaut en tant qu’amour-propre : plus on est nombreux plus on (se) partage. Plus grandes seront la confusion et l’absence, meilleur sera le mélange….
Chacun croit ainsi « s’enrichir » sans préalable au contact de l’autre ; en réalité il cherche avec les autres comment commercer ensemble en dépit de l’absence et du manque... [On n’a rien à dire, mais on le partage]
Les deux offres à l’envers d’un même Droit :
« Tu n’es qu’amour-propre
Tu dois aller vers les autres car tu es absent,
Vois, je te jette sur eux, tu es libre de leur répondre.
Je t’offre ainsi de te connaître,
De suppléer par les autres à ton manque
Sans plus besoin de « connais-toi » signé « toi-même »
Juste ce qu’il faut de toi-même pour pouvoir te défendre »
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Imaginons un dire qui ne soit ni d'amour-propre ni de riposte : dire-être au monde !?
[[autre prolongement suit]
08:00 Publié dans Après l'Etre | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : aliénation par l’amour-propre, liberté d’expression, connais-toi toi-même, droit aux autres.


