22.01.2007
Bribes d’épistémofolie
à NB / J’ajouterai chaque jour une ou deux courtes réflexions sur cette même page. En tout sur une quinzaine de jours.
Pour vos commentaires éventuels, merci d’indiquer le numéro de l’aphorisme auquel ils se rapportent.
1.
A chaque recommencement
Nu : à nouveau que faire, que dire.
De quoi me vêtir et revêtir le monde.
Et non pas cette cognisciste* question, moderne depuis longtemps déjà : « que suis-je, d’où viens-je, où cours-je, dans quel Etat j’erre » !
Adam et Eve bientôt philosophes ? Ils commencent par s’habiller et habiller le monde.
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(*) Cognisciste : qui assimile résolument l’être au monde à une connaissance.
2.
Découvrir
On ne découvre une pensée qu’en la dé-couvrant. Sans quoi on a tôt fait de l’abandonner à ces sempiternelles parures que sont le langage, la pensée, et tous ceux qui « communiquent » et s’en délectent ! (Supra)
Pareil recouvrements, c’est jusqu’à ce que quelqu’un enfin comprenne, scinde, garde et jette.
Enfin l’incarne.
Mais c’est alors, souvent, qu’il éprouve autrement le besoin de dire.
- Et peut-être comprend-il le don poïétique ? (Supra)
Dé-couvrir = qui a rapport à l’être au monde.
3.
Sous le masque du divin savoir : l’homme
La nature ne pense pas ; c’est en cela, et non pas seulement parce que l’homme lui appartient, qu’elle dépasse l’homme même déguisé en dieu : ce sujet devenu connaissant de l’en-soi en falsifiant son acte de naissance.
4.
Parenté de complaisance
La pensée humaine permet-elle de penser « la nature » ? Qu’on nomme celle-ci comme on veut, qu’on l’étudie en tant que telle ou en l’une quelconque de ses plus minuscules manifestations pourvu qu’on cherche « ce qui (y) Est », force est d’admettre que celle-ci en retour ne pense pas. Mais si cela ne veut pas dire pour autant qu’il y nécessairement incommensurabilité entre « nature » et « pensée », en tout cas il n’y a pas non plus de l’une à l’autre la « parenté native » que la science est forcée d’admettre implicitement pour pouvoir exercer. Nous sommes forcés de penser la nature comme si elle-même pensait, en quelque façon, en un regard croisé avec notre science.
« La nature aime à se cacher »,
En effet, elle ne dit pas volontiers ce qu’elle pense…
- Mais c’est sûrement parce qu’elle ne pense pas !
5.
Moi sans je et je sans moi
Ce qui dit « Je » en chacun de nous se comporte parfois comme un dieu-tyran envers l’estomac, le talon ou autre de nos organes. Il faut donc bien que chacun de ces organes ait un « moi », le cas échéant, pour se défendre !
Ce qui dit « Je » en chacun de nous se comporte parfois comme un serf envers la Culture, telle ou telle institution ou autre forme actuelle de l’Etat d’esprit. Il faut donc bien que chacun de ces Etres ait un « Je », le cas échéant, pour s’imposer !
6.
Connaissance d’homme
« Homme, connais-toi toi-même » = connais et reconnais tes limites ; ta connaissance ne peut être celle qu’aurait un dieu, il y a tant déjà dans ton dire ! Comment ton être au monde n’y serait-il pas inscrit en lettres à jamais indéfectibles !?
L’en-soi c’est quand la parole s’est « oubliée » qui conduisit jusqu’à lui ; la vérité suprême, c’est quand on a effacé derrière soi les traces de notre cheminement jusqu’à elle.
Si la connaissance est un chemin, il doit rester ouvert et visible, sous peine de faire apparaître injustement un dieu devant lequel à notre tour nous devrons, c’est sûr !, nous – effacer.
Ne repousser « une fois la vérité » aucune des échelles qui y mènent.
7.
La vérité appliquée à elle-même
Toute expérience faite de « la vérité » suppose la notion de vérité acquise. C’est dire que toutes les apparitions et autres révélations antérieures à l’avènement historique de la vérité en tant que telle ne sont que des croyances en une quelconque réalité. Le mot croyance n’est pas ici péjoratif, il dénote au contraire que le lien entre réalité perçue (quelle qu’elle soit) et vérité est un pas culturel qu’il a fallu franchir. Non pas une parenté innée, native, originelle. De la 'transcendance' et de 'l’immanence', il y en avait déjà dans la pratique de rites sacrés bien avant que la vérité "n'apparaisse" (et soit sacrée à son tour).
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08:55 Publié dans Après l'Etre | Lien permanent | Commentaires (114) | Envoyer cette note | Tags : Vêtir soi et le monde, découvrir une pensée


