16.10.2006

Dire-être

Ce qui Est ne peut qu’être Dit.
En ai-je besoin pour dire-être au monde !?
Je soupçonne le vouloir dire humain d’avoir jadis inventé et depuis abusé de la vérité et de toutes les autres légitimités possibles et imaginables à seule fin d’instaurer
un Dire,
« enfin »,
sur cette Terre.

Expliquer, hiérarchie oblige de tous les dires possibles,
Est aujourd’hui encore sa vocation,
Démontrer, sa jubilation.
On sait, on explique on démontre on érige,
Ergo est – Civilisation.

Le poète du dire-être vit dans cet autre espace
Dans lequel le langage n’est plus une Instance
Mais un outil parmi d’autres de l’être là.

C’est un inoffensif
(Je ne parle pas de celui qui croit faire du beau une arme)
Il peut se permettre de sembler Dire, lui aussi,
Mais c’est pour une tout autre raison et sans nuisance aucune
Pour qui l’écoute et vient à sa rencontre.

On a raison de ne rien craindre d’un tel poète
Il met bas, il ne connaît ni transcendance ni essence.
On n’a pas à admirer, il ne s’érige pas en prêtre
Il dit simplement être au monde comme toute présence.

Après l’Etre, la poésie, l’espace où l’on n’explique pas
Pour n’avoir pas à prendre à chacun, à empiéter, à omettre
A « faire être » comme ambitionne l’autre Dire.

Est-il clos cet espace de la toute-puissance sans effet ?
Ce n’est qu’après l’Etre, pourtant, que naît le véritable échange.