01.11.2006
« Plaidé coupable », un casting machiavélique (II)
Pour nous, hommes et femmes ‘cultivés’, le réel serait-il (devenu) une digression sur le Cinéma ? Sur la Culture ? Sur l’affiche du réel : « Le réel affiche toujours un parallèle saisissant ! ».
En prose : casting d’une guerre en Irak, par exemple :
Spectateurisation préalable des masses (bande annonce) et Spectacularisation programmée du forfait (film).
Double jeu, double effet, double profit : politique et économique (gouvernement et médias, le couple) ;
Double joués : Irakiens dans le rôle des méchants, et Américains (sinon le monde entier) dans celui de spectateurs réglant dûment l’entrée (impôts, redevances) et pour lesquels – ils sont Les Citoyens ! Le Pays ! La Nation ! – … « on y va ».
C’est pourquoi la bande annonce de la guerre en Irak fut en substance, non sans cynisme : « Américains, la guerre en Irak, c’est la guerre dont vous êtes les commanditaires ! » [Interligne : « Vous la financez en amont par vos impôts, vous la rentabilisez en aval en assistant au spectacle »].
Ben quoi ! « Les infos » c’est bien du s’entredire, non ? Droit d’expression, droit à l’information ! Tout le monde en redemande ! Quand on vous dit que la scène n’est pas où l’on regarde, mais celle à laquelle on participe ! (Infra). Prochainement sur vos écrans ? Eh bien, encore et toujours nous-mêmes – dans la balance !
08:25 Publié dans s'entredire | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : s’entredire, spectacle, spectateur coupable, aveu, Solon, scène véritable, droit d’expression
30.10.2006
« Plaidé coupable », un casting machiavélique.
Le bruit courait partout : ce film renferme un secret. Tout le monde voulut aller le voir. Raison de plus, il n’était prévu qu’une seule séance en simultanée dans toute la France ! Tout cela était bien étrange… Un film qu’on ne reverrait jamais plus, pourquoi ça !? Certains spectateurs se montrèrent d’emblée perplexes, d’autres se firent forts de n’être point dupes, d’autres encore vinrent par jeu, amateurs de policiers, pour percer à leur tour « le mystère » – mais à vrai dire sans trop y croire : « Un coup de marketing médiatique, à coup sûr ! »
Tous ont vu, de leur propre aveu, un bon film. Aucun cependant ne sut rien dire du secret. Une simple devinette sans doute. Le scénario ? Rien de plus banal : une histoire d’amour, une intrigue, une scène ou deux de violence, quelqu’un meurt à la fin. C’est elle qui l’a tué…
Les gens sont sortis des salles un peu déroutés : « Le meurtre dont vous êtes le coupable » disait la bande annonce diffusée à la télé les jours précédents. C’était même écrit sur l’affiche à l’entrée des cinémas ! Cela pouvait faire penser à ces livres pour enfants où il est écrit en page de garde : « l’histoire dont vous êtes le héros ». On nous prend vraiment pour des imbéciles ! On aurait pu s’attendre à découvrir une sorte de « film à tiroir » première version. Mais mis à part le plaisir du film, personne ne comprit l’allusion.
Trois jours après, on apprit dans les journaux qu’un acteur était mort à la fin du tournage. Il s’appelait Solon*. Une enquête fut ouverte. Elle promit d'être longue...
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(*) Solon, comme le Sage grec qui s’opposait paraît-il au spectacle de tragédies… Allez comprendre !
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